SARDES
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tantôt à d'immenses obélisques, tantôt à des châteaux crénelés, n'est-elle pas l'ancienne Sardes, capitale de la Lydie, que Cyrus enleva à Crésus, son dernier roi? Le vieux temple de Cybèle ou de Jupiter Olympien, aussi ancien qu'Alexandre, ne méritait-il pas d'être visité avec ses deux colonnes ioniennes de vingt mètres de haut, qui s'enfoncent peu à peu dans la terre tout en restant debout? On ne l'a pas encore fouillé. Nous aurions cherché des paillettes d'or dans le Pactole, que l'on traverse sur une planche au milieu des prairies. C'est à l'ange de Sardes que le Voyant disait : « On croit que tu es vivant, et tu es mort. » Les mœurs des Lydiens étaient déplorables. D'importants débris marquent la place d'un gymnase d'après les uns, d'une basilique d'après les autres. Au versant de la montagne où fut l'acropole, on voit les restes d'un théâtre, la place du stade et de deux églises consacrées, l'une à la Vierge, et l'autre à saint Jean.
Magnésie du Sipyle, près des hauteurs abruptes, ville turque d'une part et grecque de l'autre, vieille et neuve, au milieu de ses bosquets, ne se trouvait-elle pas sur cette même route? Il fallait voir à côté d'elle la statue, fruste mais grandiose, de Niobé, la pauvre mère qui vit périr ses sept fils et ses sept filles sous les flèches d'Apollon et de Diane, les deux jumeaux de Latone méprisée. Jupiter l'avait changée en ce bloc de marbre sous lequel elle pleure encore :
Et lacrymis etiam nunc marmora manant.
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