‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 232 sur 334 · LE PAYS DE L'ILIADE · texte numérisé non relu

LE PAYS DE L'ILIADE

une étreinte d'apôtre et de père, de nous ressusciter!

L'île aux teintes grises que nous avons à gauche est Ténédos, celle-là même où dans une feinte retraite allèrent se cacher les Grecs, pour mieux surprendre Troie, la ville imprenable.

Est in conspectu Tenerlos notissima fama.

De ses rives escarpées vinrent, au dire de Virgile, les deux affreux serpents qui dévorèrent Laocoon et ses deux fils.

Ecce autem gemini a Tenedo, tranquilla j>or alla. Horresco referons, immensis orbibus anguea

Incumbunt pclago, etc.

La ville est pourtant jolie. .Ses maisons blanches et jaunes groupées au pied de la montagne, le château fort où se promènent deux ou trois soldats, des moulins à vent au nord et au sud, un troupeau de chèvres, dos gens qui gravissent la colline et viennent de l'office divin avec leurs habits de fête, des salves répétées de petite artillerie sur la place publique, à l'occasion des lennités pascales, tout contribue à rendre le paysage fort animé. Nous en jouissons à l'aise, car le bateau stationne ici quelques heures. Entre l'île et la côte, fort rapprochées l'une de l'autre, se dresse un rocher avec un phare.

Les rives que nous côtoyons maintenant sont celles-là même que le génie d'Homère s'est plu à célébrer. Un premier tumulus sans nom se détache sur des terres couvertes de verdure. Puis

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