‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 231 sur 334 · ALEXANDRIE DE TROADE · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE DE TROADE

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sables ont envahi cette anse déserte. Quelques colonnes de granit portant la trace d'amarres se voient sur la rive. La felouque qui emmena Paul vers l'Europe y fut attachée. Ma main montre avec respect et mon œil regarde avec amour le point d'où elle mit à la voile. A travers de hautes broussailles, les restes d'un vaste gymnase émergent en arceaux d'inégale grandeur. Un pli de terrain laisse soupçonner l'hémicycle d'un grand théâtre. Quelques barques de pécheurs avec leurs blanches voiles sillonnent les flots. Par leur forme gracieuse, elles rappellent les navires aux proues et aux poupes recourbées de la Grèce antique.

C'est aujourd'hui dimanche. A pareil jour de la semaine, Paul donna ici une dernière conférence à la jeune église de Troas. On y rompit le pain eucharistique, ce que nous n'aurons pas le bonheur de faire nous-mêmes, car le navire n'a rien de ce qu'il faut pour cela; on y écouta très longuement la parole de l'Apôtre, plaisir que je me donne en relisant une de ses immortelles épitres. Parmi ses auditeurs, un jeune homme appelé Eutyque, ayant pris place sur une fenêtre ouverte, soit qu'il n'en eût pas trouvé ailleurs, soit qu'il fût incommodé par la chaleur de l'appartement, s'endormit et tomba du troisième étage en bas. On le releva mort. Paul s'étendit sur lui et, en l'embrassant, le ressuscita. Quels dormeurs et quels morts nous sommes nous-mêmes, si je compare notre vie à celle des lutteurs de cette glorieuse époque, et que Paul ferait bien, dans

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