‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 254 sur 334 · THESSALONIQUE · texte numérisé non relu

THESSALONIQUE

monde, demandèrent le baptême. Le succès du prédicateur, prenant des proportions si inattendues, irrita vivement les Juifs. Ils soulevèrent une émeute, et des hommes sans aveu furent soudoyés pour aller accuser Paul devant les politarques en disant : « Ces prêcheurs qui bouleversent le monde entier, les voilà dans votre ville, Jason les a reçus, et tous ensemble ils agissent contre l'autorité de César, annonçant qu'il y a un autre roi Jésus. » L'émotion fut grande. Jason et les nouveaux convertis se hâtèrent de donner des explications, et ils arrangèrent tout en se portant garants pour Paul et les siens. La nuit suivante ils dirigèrent l'Apôtre sur Borée, d'où il se rendit à Athènes. Thcssalonique et Pliilippes ne cessèrent d'être pour l'Apôtre l'objet de la plus tendre sollicitude. Assis sur la passerelle, près du capitaine, un Italien complaisant qui veut bien mo rendre l'isolement facile, je relis avec une consolation intérieure très grande les lettres touchantes que Paul écrivit à ces deux Églises.

En attendant, nous voguons entre Psyra et Scyros, l'ilo où mourut Thésée, le héros légendaire qui avait tué le Minotaurc, visité les enfers ot créé la vie politique de l'Attiquc. La mer est splendido; elle n'a pas une seule vague. Sur le vaste miroir d'azur notro bateau laisse un blanc sillage, comme un long adieu à des pays qu'on ne voudrait jamais quitter. Salonique', Philippes, les couvents du mont Athos avec les manuscrits qu'ils cachent, mo rappelleront tôt ou tard sur

LE GOLFE 8ARONIQJE

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la côte de Macédoine, aussi bien que les Sept Églises en Asie Mineure. »

Le soleil se couche derrière les montagnes de l'ile Eubée. Nous nous réveillerons demain en vue d'Athènes.

Athènes, H mai.

J'ai passé la meilleure moitié de ma vie la Bible d'une main et les classiques de l'autre. Celle-là pour le cœur, ceux-ci pour l'esprit; quelle douce et bonne société! Donc, lorsque, venant de Palestine, je me réveille à Athènes, il me semble que c'est la même conversation qui alterne, et je vais jouir ici, mars par une autre partie de moi-même, comme j'avais joui à Jérusalem, à Nazareth et à Tibériade. Tout me parle mer, îles, rochers, promontoires aux grands souvenirs. Là-bas, c'était Dieu que mon âme cherchait et voyait; ici, c'est l'homme, l'homme écrivant si glorieusement dans ses œuvres ce qu'hélas! il ne sut pas mettre dans ses doctrines : qu'il est fils de Dieu et qu'il va à Dieu.

Le soleil se lève derrière nous comme un immense incendie embrasant l'horizon. Nous venons d'entrer dans le golfe Saronique. A notre droite, se dressent les montagnes de l'Attique, cette terre qui tiendrait dans la moitié du plus petit de nos départements et qui n'en a pas moins rempli le monde entier de son nom, de ses œuvres et de son influence, balançant à elle seule la gloire du grand empire romain. De ce

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