‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 255 sur 334 · LE GOLFE SARONIQUE · texte numérisé non relu

LE GOLFE SARONIQUE

cap Sunium, que nous touchons presque, un admirateur de la philosophie de Socrate se précipita dans la mer pour arriver plus vite au bonheur lumineux de la vie future.

Sur notre gauche, nous distinguons l'île de Calaurie. Il y eut là un temple de Neptune, où Démosthènes se réfugia pour éviter la mort. Les sicairo* d'Antipalcr l'y suivirent. Le grand orateur, les voyant prêts à toutes les violences, promit, pour leur épargner un sacrilège, de sortir du lieu saint et de se livrer lui-même, après avoir écrit ses adieux à sa famille. Or, il avait l'habitude, en composant, de porter à sa bouche le roseau ou le stylet dont il se servait. Cette fois, il le lit longuement, jusqu'à ce qu'il eût absorbé un poison violent qu'il y avait caché. Voilant ensuite sa face sous son manteau, il parut se recueillir. On crut qu'il avait peur. Mais, quand le poison commença à raidir ses membres, il se leva, et, découvrant fièrement tête déjà saisie parla mort, il fixa Archias, qui le pressait de sortir : « Vas-tu maintenant jouer le rôle de Créon, dit-il, et défendre qu'on ensevelisse mon cadavre, comme celui de Polynio Puis, se retournant vers la statue du dieu : « 0 Neptune, dit-il, je sors vivant de ton temple, mais Antipater et les Macédoniens n'en sont pas moins coupables envers toi. » Il chancela aussitôt et voulut s'appuyer. En passant devant l'autel, il mourut.

La côte qui domine l'île, c'est l'Argolide avec Tirynthe, Argos, Mycènes et les souvenirs san-

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