‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 282 sur 334 · PLATON ET L'ACADÉMIE · texte numérisé non relu

PLATON ET L'ACADÉMIE

Le fameux jardin d'Académus se trouvait à un kilomètre environ de la ville. Nous allons le chercher à travers les oliviers du Céphise et les hêtres du Kolokytou. Des ruines insignifiantes qu'on nous montre sont-elles les débris de cet enclos célèbre où l'homme parla tant de fois le vrai langage de la sagesse et de la vertu ? Que sont devenus les riants bosquets et les ruisseaux limpides qui y entretenaient une perpétuelle fraîcheur? Le sol y est aujourd'hui poudreux et brûlant. On y montrait jadis un très vieil olivier, le second qui eût été planté dans l'Attique. A-t-il engendré ceux qui y sont encore ? On y voyait les tombeaux de Thrasybule, de Périclès, et de quelques autres grands citoyens, des sanctuaires consacrés à Diane, à l'Amour et à Promethée. Tout a complètement disparu. C'est de l'autel de Promethée que partaient les jeunes coureurs exécutant, aux Panathénées ou aux Dionysiaques, la fameuse course aux flambeaux. Le vainqueur était celui qui arrivait le premier à la ville avec sa torche encore allumée.

Non loin d'ici fut la Tour de Timon le Misanthrope. Beaucoup plus frappé des vices des hommes que de leurs vertus, cet Athénien se mit à détester indistinctement tous ses semblables, parce qu'il les jugeait tous trompeurs, cupides et méchants. Plutôt que d'accepter leurs soins, il préféra mourir de la gangrène. C'était excessif et injuste vis-à-vis de la pauvre humanité, où un peu de bien doit nous faire oublier beaucoup de mal, et qu'il faut sincèrement aimer malgré ses

$sjs

Page 1