‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 283 sur 334 · COLON E · texte numérisé non relu

COLON E

faiblesses. C'est le seul moyen de l'améliorer.

Prenant sa direction vers l'orient, l'honnête

Maltais qui conduit notre voiture s'arrête bientôt

devant une petite colline, au levant de la route.

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dis-je à M. Vigouroux qui s'étonne, comme moi, de la vulgarité du site. Où sont les lauriers, les oliviers, les vignes, les bois peuplés de rossignols à la voix mélodieuse, dont Antigone parlait au vieil Œdipe? Quant aux pierres mal polies, il y en a encore. Du sombre bosquet des Euménidcs, toutes traces ont disparu. La petite hauteur de Colone est absolument nue, déserte et aride. Il pourrait se faire toutefois que la chapelle de la Vierge Compatissante (Panh&gia Eléoussa) marquât la place du .sanctuaire des Euménidcs, ces divinités devenues propices aux pauvres criminels. L'église de Saint-Nicolas a-telle remplacé le temple de Neptune, où, d'après Sophocle, Prométhée avait aussi son autel? Cette substitution du culte de saint Nicolas à celui de Neptune est fréquente en Orient. Je n'en sais pas le motif, mais je constate le fait. A travers une marc où nagent des canards, nous abordons, pour y remplir un devoir de piété nationale, la petite colline couverte d'insignifiants débris. Pour M. Vigoureux, c'est un peu le pèlerinage de l'amitié, car il connaît beaucoup et console quelquefois M"1 Lcnormant, une des femmes les plus distinguées que j'aie eu l'honneur de voir à Paris.

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