‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 3 sur 334 · DÉPART · texte numérisé non relu

DÉPART

P.DGv'

deux véhicules et je grimpe dans le second. Les PP. Dominicains, à qui nous avons témoigne toute notre reconnaissance pour leur si douce hospitalité, nous serrent une dernière fois la main et nous regardent partir, non sans inquiétude, car nos attelages semblent peu faits au nouveau système de locomotion. Allons! à la

garde de Dieu!

= Cinq mulets, dont quatre pour nos palanquins et un pour les bagages; deux ânes pour les provisions, un cheval pour le drogman, enfin cinq hommes pour les bêtes ou pour nous, voila le total de la caravane. Moukres et mulets semblent alertes et solides. Je marche en tête, parce qu'on m'a fait honneur du moukrc principal, le jeune Abeth, qui connaît le pays mieux que le drogman, mais qui, en dehors de l'arabe, ne comprend pas un traître mot de quoi que ce soit. Sa physionomie sauvage me rappelle les têtes de Turc que nos enfants cueillaient au bout de leurs sabres, à nos carrousels du collège. Sale, borgne, l'air 'idiot ou farouche, taciturne et effrayant, il est d'une force prodigieuse à dix-neuf ans. Sur son bras il me soulève et me transporte comme un jeune bébé, ce que, hélas! je ne suis plus. Dompter ce sauvage me tente. Parions qu'avant d'arriver à Damas j'aurai fait sa conquête/

Nous remarquons à gauche la butte des Cendres On sait que, malgré la tradition populaire qui voit, dans ces amas considérables de cendres jaunâtres, les résidus agglomérés des savonneries de Jérusalem, M. de Saulcy aimait mieux

LE SCOPUS

y chercher, d'après certaines indications scripturaires, les restes des holocaustes du Temple. L'analyse a démontré que c'était là des cendres de charbon ou de bois, mais non d'animaux consumés. Il est donc resté pour toute consolation à notre ingénieux explorateur le droit de supposer qu'elles provenaient des brasiers ayant servi aux sacrifices. Malheureusement encore pour cette dernière hypothèse, nous trouverons à Naplousc, à Damas, à Tripoli, et partout où l'industrie des savons est répandue, des monticules semblables.

A droite, nous laissons le tombeau des Rois, puis rOuely-du-Cheïk-Djerra, et suivant toujours la voie romaine, aussi détestable ici que vers Ilébron ou Jéricho, à travers les roches fixes et les pierres roulantes, nous traversons la vallée supérieure du Cédron, pour atteindre bientôt la hauteur dite du Scopus. On croit qu'ici Cestius Gallus, et ensuite Titus, assirent leur camp à sept stades de Jérusalem. Quatre siècles avant, le grand prêtre Jaddus, pan-, comme ses lévil de ses [dus beaux ornements, el suivi du peuple en longs vêtements blancs, y serait venu audevant de cet Alexandre devanl qui la terre n'avait plus qu'à se taire. En lisant sur la plaque d'or qui ornait la tiare du pontife le nom de Jéhovah, le fils de Philippe fut tout à coup saisi par une intuition subite de la vérité, ou, comme il s'en expliqua avec Parménion, par la réminiscence d'un songe qui l'avait étrangement préoccupé depuis son départ de Macédoine.

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