RUINES DU TEMPLE D'ELEUSIS
Nous atteignons ensuite les bords de la mer.
Le coup d'œil sur Salamine est ravissant. Les eaux argentées et presque immobiles de l'anse que nous contournons nous rappellent celles du lac de Génézareth. Deux étangs, Rheili, que nous traversons, sont ceux-là même dont la pêche était réservée aux prêtres de Cérès. Ils marquaient les limites des territoires d'Athènes et d'Eleusis. A voir la campagne presque inculte, on ne se douterait pas que nous sommes au pays où Cérés enseigna à semer le blé.
L'église de Saint-Zacharie, vers l'entrée du village, indique la place d'un temple élevé à Triptolème. Là fut trouvé le magnifique basrelief que nous avons vu hier au Musée national. Eleusis (le lieu de l'arrivée de Cérès) n'est plus qu'un mauvais petit bourg. Je salue, en y entrant, le souvenir d'Eschyle, qui y est né, et, laissant là notre équipage, nous nous aventurons au milieu des ruines.
Deux dames sont installées sous de vastes parasols au bord du puits Callichoron. Veulentelles y vénérer le souvenir des Grecques illustres qui jadis chantaient ici et dansaient en l'honneur de Proserpine retrouvée et de Cérès, sa mère réjouie? Je ne le pense pas. Malgré les livres dont elles se sont entourées, elles paraissent fort embarrassées pour se reconnaître au milieu des blocs énormes que les récentes fouilles ont dégagés. Nous aurions mauvaise grâce d'en être surpris, car nous-mêmes, après avoir tout examiné, depuis ces successions de