PAUL A CORINTHE
plus responsable, dès maintenant je vais aux Gentils. » Et il établit aux portes mêmes de la synagogue, chez un prosélyte, Titus Justus, sa petite église, dont le chef de la synagogue, Crispus et sa famille, devinrent les premiers membres. C'est à Corinthe que Dieu dit à son apôtre : « Paul, n'aie pas peur, je suis avec toi, et jo me réserve dans cette ville do nombreux adorateurs. » Et à la cité voluptueuse et corrompue, Paul se mit à prêcher Jésus crucifié, ne voulant plus savoir ni dire autre chose dans un milieu si sensuel. Avec une sainte témérité, à ce monde de soldats retraités, de marchands, de marins, d'esclaves, de petits bourgeois et de riches parvenus, il annonça l'Évangile sous sa formo la plus nue et la plus simple, et sa prédication réussit à fonder, paradoxe aussi consolant qu'étrange, une église du Crucifié dans L'immorale ville de Vénus. Il dépensa près de deux ans à ce rude mais fructueux labeur. Ces pierres l'ont entendu. Il est passé dans cette poussière, quand on le menait au tribunal du proconsul Gallion, ce frère de Sénèque, célèbre, dit-on, par sa douceur, mais dont nous constatons surtout le mépris pour les Juifs et les questions religieuses qui pouvaient les préoccuper. A Corinthe, Paul eut des amis fidèles, des disciples dévoués, Stéphanas, Caïus et les autres. Comment se l'ait-il qu'ici, pas plus qu'à Damas et à Ephèse, nous ne trouvions pas même la trace de quelque sanctuaire consacrant lo souvenir de son passage?
/On