‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 315 sur 334 · L'ÉGLISE CORINTHIENNE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE CORINTHIENNE

C'est aux Corinthiens qu'il adressa les deux incomparables lettres dont, assis sur un vieux bloc de marbre, près du sanctuaire silencieux, nous nous plaisons à relire quelques passages. La seconde est certainement ce que Paul a écrit de plus éloquent et de plus ému. Elles me font comprendre ce qu'il y eut de vivant dans ces chrétiens de la première heure qui se réclamaient chacun d'un chef et constituaient déjà des partis, alors qu'ils étaient à peine disciples de l'Évangile. Paul, Céphas, Apollon, étaient des noms qu'ils faisaient sonner très haut, dans la joie qu'ils éprouvaient d'avoir été affranchis du péché par leur ministère. La grâce d'en haut manifestait en même temps sa présence dans la jeune Église par l'abondance des dons spirituels qu'elle y répandait. Et pourtant le vieil homme n'était pas tout à fait mort dans ces nouveaux convertis. L'atmosphère impure de la ville dissolue souillait plus d'une fois les faibles, et ce spectacle rendait les plus forts trop intolérants. Paul criait à ceux-là : « Respectez vos corps, qui sont le temple du Saint-Esprit. » Il disait à ceux-ci : « La virginité est belle, mais ne condamnez pas le mariage, car il est saint. » Il attaquait vigoureusement tous les abus en rappelant qu'il faut avoir l'esprit de corps et craindre de faire mépriser l'Église, a Les païens vous regardent », ajoutait-il. C'est aux Corinthiens qu'il écrivait son admirable page sur l'Eucharistie, mémorial et sacrifice auquel l'homme doit intimement prendre part pour être

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