‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 320 sur 334 · LE GOLFE DE CORINTHK · texte numérisé non relu

LE GOLFE DE CORINTHK

de l'Achaïe, où passe la voie ferrée, a été couverte d'alluvions par des torrents impétueux qui se précipitent à travers les coupures des collines. La pluie qui est tombée cette nuit nous permet de soupçonner ce qu'ils sont en temps d'orage. Les gorges où ils coulent, ombragées d'oliviers, de pins ou de myrtes, peuvent rivaliser avec les plus pittoresques que j'aie admirées en Suisse et dans la Forêt-Noire. Il est même probable qu'une série de monticules boisés, éparpillés de distance en distance et aussi gracieux que ceux-ci, ne se retrouve nulle part. Tout à coup l'un d'eux s'élève en immense cône isolé et nous arrache un cri d'admiration. La gorge de Diacopton est la plus belles de toutes. Sur l'autre rive, et dans le lointain, l'Hélicon lève son sommet boisé, où la poésie faisait délicieusement errer les Muscs. Dans l'échappée de vue qu'il laisse au sud-est furent Leuctres, Platées et Thèbes, avec le souvenir de ses grands capitaines, Pélopidas et Epaminondas. Plus loin dans les terres, vers le nord-ouest, c'est le Parnasse avec ses deux cimes distinctes, où nous ne voyons pas de neige, bien qu'elles s'élèvent à deux mille cinq cents mètres de hauteur. Là régnait Apollon, et les Muses venaient l'y visiter auprès de la fontaine Castalie. Là sont les roches Phœdriades, d'où l'on précipitait les parjures. Là furent Delphes et le temple d'Apollon, qui s'élevait sur la plate-forme d'un rocher. Sur ses murs les sages avaient fait graver leurs plus belles sentences : « Connais-

Page 1