PLAINE D'ESDRELON - AÏN DJALOUD
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core assez abondant, à travers des roseaux et des touffes d'agnus castus, pour faire tourner des moulins à peu près toute l'année. Rien d'ailleurs n'est plus inégal que les cours d'eau de cette plaine selon les périodes annuelles de pluie ou de sécheresse. Au point même où ce soir nous passerons à sec une des branches du Cison, au-dessous de Dabourieh, l'histoire raconte que le 16 avril 1799, après la fameuse bataille du mont Thabor, beaucoup de Turcs périrent rejetés dans le torrent par l'armée française. La source que nous avons vu jaillir si abondante à Djenin vient de disparaître dans des crevasses et des fondrières. Enfin cette fontaine d'Aïn-Maîteh, auprès de laquelle nous arrivons, était desséchée depuis un demi-siècle. Voici qu'elle a reparu et qu'elle suffit aujourd'hui aux habitants et aux troupeaux de Zeraîn.
Faut-il y reconnaître la célèbre fontaine «le Jezraël? C'est possible, car elle est plus rapprochée de la ville de ce nom que l'Aïn-Djaloùd, où nous passerons dans dix minutes. Ce serait donc ici que Satil campa, tandis que les Philistins étaient établis à Apheo, peut-être Afouleh actuel, où nous serons dans une heure. L Israélites, au lieu do soutenir vaillamment le choc de L'ennemi, prirent lâchement la fuite et se firent égorger sur les collines de Gelboé. Jonathas el deux de ses frères périrent sans pouvoir les rallier. Satll, blessé par les archers, se jeta sur son épée pour échapper à la cruauté de ses ennemis, qui suspendirent triomphale-
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JEZRAEL
mont son cadavre et celui de ses fils aux murs de Bethsan. Ce désastre inspira à David le chant élégiaque dont nous avons parlé. Des bergers qui abreuvent leurs troupeaux nous offrent du lait excellent.
L'Aïn-Djaloud, à dix minutes d'ici vers le levant, répond peut-être à la fontaine d'Harad, près de laquelle Gédéon campa quand les Madianites, ces Bédouins d'autrefois, eurent envahi la plaine d'Esdrelon pour y opérer une de ces razzias qui sont encore la terreur du pays. La source, très abondante, jaillit d'un rocher creusé en forme de grotte. Après avoir rempli de ses eaux limpides un petit bassin jadis pavé, elle se dirige vers l'orient pour se jeter dans le Jourdain. C'est au-dessus de la fontaine, sur le versant septentrional des monts Gelboé, que Gédéon dut s'établir avec les siens. Madian, Amalck, et tous les fils de l'Orient étaient répandus dans la vallée, vers la colline de More, peut-être le petit Hermon actuel, « comme une multitude de sauterelles », dit l'Écriture. Leurs chameaux étaient aussi nombreux que les grains de sable sur le bord de la mer. Au milieu de la nuit, le chef d'Israël descendit silencieusement de la colline avec les trois cents braves qui avaient lapé l'eau dans leur main. Brandissant tout à coup les torches enflammées qu'ils avaient dissimulées dans des pots de terre et sonnant de la trompette autour des ennemis, ils se mirent à crier : « Épée pour Jéhovah! Épée pour Gédéon! » et les Madianites effrayés s'égorgeaient
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les uns les autres ou s'enfuyaient vers le désert d'où ils étaient venus.
Zeraïn, petit village que nous trouvons au pied d'une tour carrée, mal construite et à moitié renversée, n'est autre que l'ancienne Jezraël. Quelques ruines et de nombreuses citen abandonnées marquent encore l'enceinte de la ville des rois d'Israël. Là donc fut la vigne de Naboth. Quelqu'une de ces pierres que heurtent nos chevaux a peut-être servi à lapider l'honnête homme qu'il fallait déposséder. Ici B'accomplit la terrible prédiction d'Élie le Thesbite sur Aehab, dont le sang fut léché par les chiens, tandis qu'on lavait son char à la fontaine de Jezraël, devenue dès lors la fontaine des courtisanes; sur son lils Joram, dont le cadavre fut jeté dans la terre de Naboth; enfin sur Jézabel, l'inspiratrice du crime, qui, foulée aux pieds des chevaux, fut dévorée par les chiens de la cité. Du haut (\r<, remparts, ou peut-être d'une tour principale dont celle-ci a pris la place, on regardait venir Jéhu comme l'ouragan. Les messagers avaient beau se succéder pour lui dire : l'or' tu la paix ou la guerre? » à chacun d'eux, le terrible général répondait : « Passe ici et suismoi. » Pour Joram et Ochozias il n'y eut pas de merci. Ils périrent, sous les flèches des archers, et quand Jézabel, parée et fardée, osa, de la fenêtre du palais, insulter le vainqueur, celui-ci cria aux eunuques : « Jetez-la en bas. » Du beau palais d'Achab, il ne reste rien. Peut-être quelques sarcophages soigneusement sculptés, quo
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