SUN A M
nous remarquons à travers les ruines, ont-ils servi à la sépulture des rois prévaricateurs. Achab avait soixante-dix fils à Samarie; Jéhu commanda qu'on les égorgeât tous et, de leurs têtes sanglantes portées à Jezraël, il fit deux pyramides à l'entrée de la ville. Puis vint le tour des autres parents, des courtisans, des amis, des prêtres qui avaient été attachés à Achab. De si cruelles exécutions ne sont pas rares dans l'histoire de cet Orient sanguinaire, où, les hommes naissant si nombreux, il semble que leur vie n'est rien et que la mollesse et la barbarie peuvent impunément s'y donner la main pour rendre les plus odieux excès possibles.
Mais arrivons à de moins affreux souvenirs : après avoir traversé un torrent à peu près sec, on se rapproche des pentes du Petit-Hermon, aujourd'hui le Djébel-Dahy, et, en quarante minutes, on atteint Soulam ou Sunam, théâtre des miracles du prophète Elisée et célèbre par l'amabilité de ses femmes.
L'état présent de sa population ne semble guère légitimer cette antique réputation, car les habitants s'y montrent aussi laids que peu avenants. Les maisons, mal bâties, sont généralement entourées de jardins auxquels d'immenses cactus servent de muraille. Dans l'une d'elles, non loin de la fontaine, on montre la chambre de la Sunamite ou Sulamite, car l'un et l'autre se disent. Est-ce dans ce réduit, où l'on descend par plusieurs degrés, sous cette voûte cintrée, qu'Elisée ressuscita le fils de celle
EL-FOULEH — AFOULEE
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qui lui donnait l'hospitalité quand il passait ici, allant du Carmel à Galgala? Rien de sérieux ne porte à le croire, et les gens du pays n'ont récemment imaginé ce sanctuaire que pour se donner un droit aux baghehichs des pèlerins. C'est d'ici que fut Abisag, la belle jeune vierge que l'on fit venir à Jérusalem pour réchauffer David dans son extrême vieillesse. Nous contemplons avec pitié deux de ses compatriotes qui, attelées à une charrue, labourent un champ. Leur mari, ayant sans doute perdu ses bêtes de somme, a imaginé ce moyen économique de les remplacer.
Contournant toujours le Petit-llermon, nous saluons à El-Foûleh les souvenirs de Kléber et de Junot, qui écrasèrent ici l'armée musulmane. Dans ces champs où les grandes marguerites blanches, les iris bleus, les anémones écarlates leur font encore un linceul tricolore, dorment quelques soldats français, héros d'un grand peuple et d'une grande époque. La terre, engraissée do sang humain, est dans toute cette partie de la plaine d'une étonnante fécondité. Des gazelles courent çà et là. De grands aigles volent au ciel, et des nuées de cailles se dirigent vers la mer. Elles arriveront en Europe avant nous.
Afouleh, un autre petit village voisin, peutêtre l'antique Aphec, vit la lutte d'Israël contre l'arméo innombrable de Benadad. Les soldats d'Achab en face de leurs ennemis étaient à peine, selon l'expression de l'Écriture, « comme deux petits troupeaux do chèvres », tandis que les Sy-