‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 40 sur 334 · LE THABOR · texte numérisé non relu

LE THABOR

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parle de Juifs habitant la montagne, et qui, faute d'eau, durent se rendre à Placidus.

Je crois que saint Cyrille et saint Jérôme sont les premiers représentants de la tradition indiquant le Thabor comme théâtre de la Transfiguration. Avant eux elle devait être fort incertaine, car le Pèlerin de Bordeaux, vers 333, voit près du mont des Oliviers et aux portes de Jérusalem la colline (monticulus) où le Seigneur fut glorifié par son Père entre Moïse et Élie. Évidemment, d'après les textes évangéliques, cette dernière indication est plus insoutenable encore que celle de saint Cyrille et de saint Jérôme, mais elle prouve qu'à cette date on no savait rien de bien précis. Quels arguments sont survenus au siècle suivant en faveur du Thabor? Nul ne saurait le dire. En tout cas, ils n'ont pas été emprunté l'Écriture, dont les textes, pris dans leur sens naturel, font songer non pas à la hauteur que nous voyons ici, mais à l'une de celles que nous trouverons au pied du Grand-IIermon. En fait de montagnes, saint Jérôme a parfois de singulières indications. C'est ainsi qu'à l'exemple d'Eusèbo, il place près de Jéricho, et non près de Sichem, l'Ébal et le Garizim, et déclare tout à fait insoutenables les prétentions des Samaritains. Après cela on comprendra que l'ascension du Thabor ne nous tente pas. Ce qu'il y a de plus authentique, c'est (pue de tout temps il fut le théâtre do luttes sanglantes, car depuis Barac et Sisara jusqu'aux Juifs, écrasés par Vespasien, depuis les frères de Gédéon massacrés par les

LE TIIADOR

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princes de Madian jusqu'à Saladin et au sultan Bibars, les armées se disputèrent cette forte position. La piété chrétienne y a réédifié avec une persévérance admirable des sanctuaires que l'islamisme renversait périodiquement. Saluons ces ruines où de grandes âmes ont prié. Quoi qu'il en soit de l'authenticité du site, sa beauté est incontestable, et les cœurs pieux, saisis par tant de souvenirs qui montent de toutes parts autour de ce point central et culminant des terres évangéliques, devaient naturellement y sentir Dieu de près et y glorifier son divin Fils.

C'est sous un figuier comme celui-ci, et peutêtre non loin du lieu où nous sommes, que se trouvait Nathanaël quand le Maître le vit. Ils remontèrent ensemble vers Cana, de l'autre côté du Thabor. Il faut, nous aussi, nous mettre en route pour Nazareth. La chaleur est atroce. Je ne m'étonne pas que dans cette plaine le fils de la Sunamite, allant rejoindre son père, prit la fatale insolation qui lui faisait répéter : a Ma tête! ma tête! » A midi, appuyé sur les genoux de sa mère, le pauvre enfant fut mort.

Nous passons à pied sec plusieurs ruisseaux qui, au temps des pluies, descendent impétueux du Petit-Hermon, du Thabor et des hauteurs de Dabourieh. Ils s'unissent vers le milieu de la plaine avec ceux qui viennent des monts Gelboé, de Djenin et de Ledjoum, pour constituer le Cison proprement dit, ou le Nahr-el-Moukattah actuel. Après avoir traversé la plaine en longeant la partie septentrionale du Carmel, le petit fleuve

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