‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 39 sur 334 · LE THABOR · texte numérisé non relu

LE THABOR

qui ne nous quittent pas, nous empêchent malheureusement d'en jouir à l'aise. Le vrai pays de l'Évangile est bien dans ce périmètre que notre œil embrasse, d'ici aux collines bleues du lac de Tibériade et de là aux blanches maisons de Nazareth. Jésus a passé presque toute sa vie dans ces vingt ou trente kilomètres carrés.

Le Thabor, masse isolée d'un gris fauve, arrondi comme une coupe renversée, semé de lentisques, de chênes verts et de térébinthes, est devant nous. S'il avait été réellement le théâtre de la Transfiguration, il y aurait un rapprochement naturel à faire aujourd'hui, et à cette heure anniversaire de la mort de Jésus, entre lui et le Golgotha. Mais l'Évangile, précisant d'une part que la manifestation glorieuse du Seigneur eut lieu six jours après la confession de Pierre, sur le chemin de Césarée de Philippe, sans marquer que l'on fût retourné en Galilée, et indiquant de l'autre que l'on y revint après la Transfiguration, semble interdire de placer sur le Thabor ce grand événement de la vie publique. Et de fait, sommes-nous ici devant la montagne élevée, solitaire, dont parlent les saints Livres? Le Thabor est moins haut que les collines avoisinantes, et il a toujours été habité. Deux siècles avant l'ère chrétienne, on y voyait une ville importante que Polybe appelle Atabyrion. Antiochus le Grand, s'en étant emparé, la fortifia. L'an 67 de l'ère chrétienne, les Juifs s'y établirent, probablement parce qu'il y avait une place de défense, et Vespasien vint les y attaquer. Enfin Josèphe nous

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