‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 47 sur 334 · ATELIER DE CHARPENTIER · texte numérisé non relu

ATELIER DE CHARPENTIER

bonnes maisons ont des toitures en voûte et les mauvaises se contentent de quelques couches d'herbes sèches et de terre glaise, supportées par des arbres grossièrement travaillés. Les instruments du charpentier sont rudimentaires. Une hache-marteau, quelques ciseaux, un maillet, morceau de bois très dur arrondi par un bout et aminci de l'autre, un vilebrequin tournant à l'aide d'une corde, quelques scies à poignée, suffisent à ces ouvriers, qui réussissent à se passer d'étau en serrant entre leurs pieds nus la pièce qu'ils fabriquent tout assis. Et jusqu'à trente ans Jésus a travaillé de la sorte! Il a sué pour gagner son pain, comme ce jeune homme que je regarde avec attendrissement, car au-dessus de lui j'entrevois le sublime idéal qui remplit mon âme de sa personnalité, de sa divinité, de son amour! Il avait la vérité et la lumière célestes en lui, et il les a tenues trente ans captives, entendant toutes les sottises des désœuvrés qui venaient le voir à l'œuvre et perdre leur temps non pas à faire do la politique, ce n'était pas encore à la mode, mais à dire ces mille riens qui sont le bonheur des âmes vulgaires et l'effroi des hommes supérieurs.

Un peintre allemand, je crois, a représenté une belle scène qui me revient en mémoire dans cet atelier de Nazareth. Tandis (pic Joseph et Jésus sont péniblement inclinés sur leur travail, deux bois, que celui-ci vient d'équarrir, projettent sur le mur l'ombro sinistro d'une croix. Marie la regarde saisie, stupéfaite, navrée. Son émotion

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