‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 48 sur 334 · VRAIES RELIQUES · texte numérisé non relu

VRAIES RELIQUES

trahit une révélation subite de l'avenir, et non moins que son amour pour son fils unique, sa résignation généreuse à la volonté du ciel. Jésus, le front illuminé, le regard plein de douceur, la bouche presque sévère, a déjà quelque chose de la victime marquée pour le sacrifice. Au reste, la vie même de l'artisan dans le milieu grossier où, en dehors du cercle intime de la famille, il était condamné à vivre, n'était-ce pas pour lui, à travers le choc des passions humaines, sous le coup des jalousies ou des haines précoces qui durent l'entourer, un perpétuel crucifiement?

Aussi faut-il trouver naturel qu'il aimât à s'isoler au sommet de la montagne, au bord du torrent, au-dessus de la plaine, où planaient les grands souvenirs d'Israël. Que me parlez-vous des reliques obscures et froides de vos citernes desséchées ? Ici les souvenirs de Jésus sont tous au grand air. Ils sont dans ce soleil qui réchauffa ses membres, dans ce ciel pur où son âme contempla l'image du Père bien-aimé, sur ces collines où, enfant, il a couru, sur ces rochers où, jeune homme, il s'est assis pour méditer, autour de ces fleurs qu'il a cueillies pour admirer et bénir la main céleste qui les habille, parmi ces troupeaux où il voyait l'emblème d'Israël et du pasteur donnant sa vie pour ses brebis, dans ces oiseaux qui volent, dans la brise qui passe, dans la poussière que je foule. Tout ici est plein de Jésus, et mon âme, qui le sent, qui l'entend, qui le touche, éprouve le plus indicible bonheur.

Il n'y eut jamais qu'une fontaine à Nazareth.

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