‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 7 sur 334 · NOB · texte numérisé non relu

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qu'on ait offert des sacrifices à Jéhovah. Malheureusement pour l'hypothèse, Ramathaïm veut dire les Deux-Montagnes, et ici il n'y en a qu'une. En outre, ce nom se complique de celui de Sophim, qui indique peut-être le territoire de Zuph, situé loin d'ici.

Mais est-il sûr que la ville décrite au premier livre des Rois fut Ramathaïm? Samuel était-il dans la cité de son père quand Saiil, cherchant ses ânesses, vint le consulter? Rien ne l'indique clairement. Au contraire, des jeunes filles allant puiser de l'eau à la fontaine disent aux deux voyageurs que le Voyant vient ce jour-là dans leur ville. Et, en réalité, on sait que Samuel faisait annuellement la tournée d'Israël, pour juger le peuple et lui rappeler les droits de Dieu. En tout cas, s'il était à Ramathaïm, comme en le quittant pour rentrer chez son père, à Tselah ou à Gabaath, Saiil doit passer près du tombeau de Rachel, il faudrait chercher Ramathaïm en dehors des montagnes d'Éphraïm, ce qui serait positivement contre l'Écriture. Toutes ces hypothèses semblent donc très hasardées, et, ce qu'il y a de plus clair, c'est l'ignorance complète où nous sommes d'une multitude de localités jadis célèbres et aujourd'hui complètement disparues, surtout dans la zone où nous entrons maintenant.

Ainsi il faudrait trouver sur nos pas les ruines de Nob, cette ville sacerdotale où David vint demander à Achimélec les pains de proposition et le glaive de Goliath, enveloppé dans un drap derrière l'éphod. L'Écriture laisse visiblement

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entendre que Nob était près de Gabaath, la demeure royale de Saiil. Or Gabaath était, d'après Josèphe, à trente stades au nord de Jérusalem, sans doute à Tcll-el-Foûl, que nous allons atteindre dans un quart d'heure. En outre Nob, d'après le second livre d'Esdras, se trouvait près d'Anathoth, et Isaïe fixe sa place en vue de Jérusalem, lorsque, décrivant la marche foudroyante des Assyriens à travers le pays, il s'écrie :

Encore un jour d'arrêl à Nob, Et il menace <lo sa main la montagne de la fille de Sion, La colline de Jérusalem.

A notre droite, et vis-à-vis le petit village de Chafat, qui n'a, je pense, rien de commun avec Masphat, on ne pourrait, en effet, y trouver qu'un fort médiocre observatoire, — nous remarquons une colline de forme conique. Tell-es-Sôma, au sommet de laquelle sont quelques ruines, des citernes à moitié comblées et des pierres d'assez médiocre appareil. ( !elles-ci tendenl à disparaître chaque jour, emportées Bur des .'nies et des chameaux par les maçons de Jérusalem. Des débris de maisons et îles traces de rempart s'étendent sur le versant de la colline. Est-ce là Nobî Plusieurs l'assurent. De son sommet on voit le mont Sion. Mais cela suffit-il pour conclure qu'ici fut la ville OÙ l'année assyrienne lit sa dernière halte?

Plus plausible semble l'identification de Tellel-Foûl avec Gabaath de Sattl; non pas que son nom actuel, la Colline des Fèves, ait peut-être rien

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de commun avec ses antiques souvenirs, mais cette localité est assez exactement à la distance que Josèphe indique à partir de Jérusalem. L'historien juif dit, en effet, que Titus, marchant sur la ville sainte, vint de Gophna à Gabaath- Saoul. Il se trouvait là à trente stades environ de la capitale, soit les six kilomètres que nous avons parcourus. Ce fut, d'après saint Jérôme, la dernière station de sainte Paule avant d'entrer dans Jérusalem. Il constate qu'à cette époque Gabaath était déjà complètement ruinée. Ces débris d'une vaste tour rectangulaire au sommet du Tell, à notre droite, marqueraient donc la place de la vieille ville de Saiil. On y voit, entre ses quatre murs, un puits carré d'une disposition singulière. Est-ce là la citadelle de ces vaillants, mais criminels Benjamites, qui tinrent tête un moment à tout Israël? Est-ce sur cette hauteur que Saûl s'asseyait à l'ombre du grenadier, la lance à la main, entouré de ses fidèles et donnant un libre cours à sa haine jalouse contre David? Est-ce là que Doëg, le chef des bergers, remplit si odieusement le rôle de délateur, racontant ce qu'il avait vu à Nob pendant qu'il était devant 1 Eternel? C'est possible. Ces rochers auraient donc été rougis du sang d'Achimélec et des quatre-vingt-cinq hommes portant l'éphod de lin, accusés devant le roi d'avoir favorisé la fuite du fils de Jessé. Les coureurs qui étaient allés les prendre à Nob refusèrent de tremper leurs mains dans le sang des prêtres, et c'est à l'Edomite, leur dénonciateur, que revint le rôle odieux

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de les immoler sans merci. En même temps, Saiil faisait tout massacrer à Nob, bêtes et gens. Ici se passèrent ces délicieuses scènes d'amitié entre David et Jonathas, qui consolent un peu de la folie furieuse du malheureux roi contre le héros d'Israël. C'est peut-être dans ce ravin que David se tenait caché quand Jonathas lançait dos flèches, en criant au serviteur qui allait les ramasser les paroles convenues pour déterminer son ami à prendre la fuite. Là ils s'embrassèrent et pleurèrent ensemble. David surtout pleura beaucoup. Et Jonathas lui dit : « Va en paix. Devant l'Eternel, nous nous sommes promis une amitié qui ne finira plus! » Et David s'en alla à Nob, et Jonathas rentra à < labaath.

La ville, comme les ruines l'indiquent encore, devait s'étendre jusqu'au bas de la colline, i ici qu'un soir arriva avec sa femme, son serviteur et deux ânes, le lévite d'Ephraîm. Il étail parti tard de Bethléhem, et bien que le jour baissât, n'ayant pas voulu s'arrêter à Jébus, où n'habitaient pas encore les enfants d'Israël, il atteignait Gabaath au soleil coucha ni. Sauf le Logement, il avait tout pour passer la nuit, car il portait avec lui la nourriture de sa femme, de son serviteur

et de ses bêtes. Or ils attendaient sur la place

publique, el personne ne leur offrait l'hospitalité, quand un vieillard des montagnes d'Ephraîm, transplanté à Gabaath par hasard el revenant des champs, les vit et les reçut chez lui. On sait le reste, et comment le lendemain le Lévite, qui avait dû, pour éviter un crime plus odieux en-

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core, livrer sa femme aux hommes de Gabaath, trouva la malheureuse étendue à l'entrée de la maison, les mains sur le seuil de la porte. Il lui dit : « Lève-toi et allons-nous-en. » Elle ne répondit pas, car elle était morte. Il emporta sur son âne ce cadavre souillé, et rentré dans sa demeure il le coupa en douze morceaux, pour adresser avec chacun d'eux sa protestation sanglante à tout Israël. L'émotion fut grande partout, et on jura de punir les infâmes de Gabaath. Mais la tribu de Benjamin refusa de les livrer et soutint la lutte contre tout Israël réuni. Malgré ses sept cents hommes d'élite, gauchers, qui pouvaient avec la fronde lancer leur pierre à un cheveu sans le manquer, les Benjamites, pris dans une embuscade, furent tous passés au fil de l'épée, sauf six cents qui s'enfuirent vers le désert et se cachèrent au rocher de Rimmon. Les villes furent brûlées et les femmes massacrées. Israël avait juré à Maspha que nul ne donnerait désormais sa fille à un Benjamite, et on put croire un moment que la onzième tribu allait disparaître d'Israël.

Sur cette montagne, du consentement de David, pour apaiser le courroux du ciel, les Gabaonites mirent en croix sept hommes d'entre les descendants de Satil, leur persécuteur. Deux, Armoni et Méphisboseth étaient fils de Respha. La malheureuse mère étendit ici son cilice contre une pierre, et pendant de longs mois, depuis la moisson jusqu'à ce que la pluie tombât sur eux, elle protégea contre les bêtes fauves et les oiseaux

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du ciel ces deux cadavres aimés. Quand David le sut, il donna ordre d'aller recueillir à Jabès de Galaad les restes de SaUl et de Jonathas, pour les ensevelir avec les sept crucifiés, à Tsélah, dans le tombeau de Cis, qui devait être non loin d'ici, peut-être au flanc de l'une de ces collines entourant Gabaath, où Saul avait son patrimoine. Ce serait une belle découverte que celle de l'antique tombeau du premier roi d'Israël.

Nous avons à peine le temps de donner un coup d'oeil à d'autres ruines que nous voyons çà et là dans le lointain, et auxquelles se rattachent aussi de grands souvenirs. Au sud-est, c'est Anatoth, la patrie de Jérémie. Ses maisons aux terrasses semi-sphériques couvrent un mamelon entouré d'oliviers et d'un gracieux effet. Là fut le champ que, pour rassurer le peuple sur la fin de l'exil, le prophète prisonnier acheta de son cousin Anancel en disant à Baruch son ami : « Voilà deux contrais, l'un scellé, l'autre ouvert; mets-les dans un pot de terre afin qu'ils se conservent Longtemps, car le Seigneur, Dieu des armées, a dit : On achètera encore en ce pays des maisons, des champs cl des vignes. » Or, à ce moment, Jérusalem était cernée par l'armée du roi de Babylone.

En avançant sur notre route vers le nord, El- Djib devient visible à notre gauche. C'est l'ancienne Gabaon, où Josué commanda au soleil de lui laisser achever sa victoire. Là campèrent plus tard les armées de David et d Isboscth, séparées l'une de l'autre par une piscine. Là eut

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