POMME DE .CÈDRE PIN D'ALE-P , G-ÉNÈVRIEP
solaires doit être terrible. Si nous nous retournons vers le nord, nous remarquons à notre droite une montagne parsemée de pierres sphériques; ce sont de noirs fragments de basalte arrondis. Les Arabes les nomment larmes de Jacob. Ils supposent, fort mal à propos, que Joseph fut descendu par ses frères dans une vieille citerne creusée sur la hauteur, ou même dans celle qui est ici, à nos pieds, dans la cour, d'où est venu le nom de khan Djoubb-Yousef. On sait que Dothaïn fut ailleurs et que Jacob n'alla jamais pleurer près de la citerne, ignorant qu'on y eût descendu son fils.
Notre soldat turc nous indique un raccourci qui doit abréger de deux heures le chemin de Saphed. Il s'agit tout simplement d'escalader une haute montagne rocheuse. C'est une folie, mais mon terrible moukre Abeth veut tenter l'expérience; je le laisse faire, et malgré les protestations violentes du reste de la caravane, nos mules donnant l'exemple, nous montons tous vaillamment à l'assaut. Les braves, les terribles, les incomparables bêtes! elles grimpent à travers les rocs dénudés, glissent, tombent, se relèvent, et nous restons impassibles dans nos palanquins, sûrs de leur triomphe définitif. Nous ne descendons que quand le siège ne peut plus passer entre les rochers. Alors les moukres le soulèvent sur leurs épaules, et nous reprenons aussitôt notre vertigineuse ascension.
Il est d'usage qu'à toute montée correspond une descente, celle-ci étant d'ordinaire plus cri-
.SAI'HED
tique que celle-là. Apres mille péripéties, nous atteignons le ravin qui nous mène au pied de Saphed. Il est agréablement planté de grenadiers, d'oliviers et d'amandiers. Une source, autour de laquelle des hommes et des femmes exécutent très gravement des danses de caractère, aux applaudissements des spectateurs, dous offrirait bien de l'eau fraîche, mais à travers cette' multitude bruyante il serait difficile d'y arriver. Il parait que c'est aujourd'hui grande fête les Juifs. Ils ont envahi tout le versant oriental de la colline, qui à cette heure se trouve à l'ombre. Respectons leurs pieuses réjouissances.
Sapbed.
Saphed est à plus de huit cents mètres au-dessus du niveau d>- la mer et de mille au-dessus du lac. (J'est dire que, depuis ce matin, nous avons fait une rude ascension. Le dernier coup de collier nous amené par le plus étroii des sentiers, et en côtoyant un précipice, au sommet île la montagne co n i' pie o ii la ville est bâtie. Vers le milieu du douzième siècle, Saphed avait été fortifiée par les Croisés. On voit encore lès restes de L'enceinte flanquée de tours qui entoura .sa partie la plus élevée et la trace du double fossé, creusé dans le roc, qui protégea ses remparts. 11 est aujourd'hui envahi parles décombres. Depuis le moyen âge, cette cité joua un rôle dans les guerres qui ensanglantèrent le pays. Au point de VUS biblique