‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 77 sur 334 · ADIEU AU LAC — KÉRAZEH · texte numérisé non relu

ADIEU AU LAC — KÉRAZEH

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portaient. La direction des rues est facile à suivre. Une construction en pierres basaltiques qu'on y visite fut une église ou une synagogue. Des tronçons de colonnes avec chapiteaux d'un style à part y sont entassés pêle-mêle. Le linteau d'une porte soigneusement sculpté gît à terre. On donne à ces ruines le nom de Kérazeh, et plusieurs veulent y retrouver Corozaïn de l'Évangile. Mais, outre que l'on ne voit ici aucun signe certain de haute antiquité, nous savons par saint Jérôme que Corozaïn était sur le bord de la mer, comme Capharnaiim, Tibériade et Bethsaïda. Sans doute c'est bien dans cette direction au nord du lac qu'il faut la chercher, mais plus près de ses bords, et peut-être même à Tell-IIum. Si Bethsaïda fut réellemont sur la rive droite du Jourdain, l'ordre que suit Notre-Seigneur dans ses malédictions paraît très exact : « Malheur à toi, Corozaïn ! Malheur à toi, Bethsaïda! » Quant au nom de Kérazeh donné à ces ruines, il pourrait prouver tout au plus que Corozaïn ayant été détruite, les habitants se retirèrent vers la partie déserte et montagneuse du pays pour y bâtir une cité nouvelle.

A midi nous arrivons au khan Djoubb-Yousef, le plus complet que nous ayons encore vu, et dont il faudrait reproduire le plan quand on veut rendre intelligibles l'hôtellerie et l'étable de Bethléem. Comme celui de Minych, il est bâti par assises variées de calcaire blanc et de basalte. On y pénètre par un large passage cintré entre des appartements qui, à droite et à gauche,

KHAN — DJOUBB-YOUSEF

constituent le diversorium ou logement des voyageurs, cette partie du caravansérail où Joseph et Marie ne trouvèrent pas de place, et on débouche dans une cour, environnée d'une galerie intérieure, où sont couchés quelques chameaux venant de Damas et allant à Saint- Jean- d'Acro. La partie d< galerie adossée à la colline trouve une sorte de prolong ment dans des grottes profondes où quelques chèvres dorment à l'ombre, pendant qu'au deb le soleil jette du feu dans l'atmosphère. I grottes doivent être aussi utiles en hiver. Leurs ouvertures naturelles, trop larges pour garantir du froid, sont réduites par une maçonnerie grossière à de simples portes où les bœul ut à peine. C'est dans un pareil réduit que Jésus naquit à Bethléem.

Comme tout cela est prodigieusement sale, nous demandons à prendre notre repas sous le mur extérieur du khan, près de L'entrée. Il n'y a pas d'autre ombre a proximité. Le seul arbre, que nous voyons à deux cents mètres loin d'ici, abrite déjà une caravane <>ii l'on parle allemand. Par contre un jeune soldat turc nous accoste en bon français. Il a passé son enfance en Algérie. Nous mangeons en hâte un pou d'agneau froid, une aile de poulet ('tique et de la .salade; c'est le menu invariable de tous nos repas Par l'escalier extérieur nous abordons la terrasse du khan, et de là nous contemplons encore le lac sous le soleil de midi. C'est un disque argenté absolument immobile, où la réverbération des rayons

ROUTE DE SAPIIED

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