A LA FETE JUIVE
arracha un cri d'admiration à Jésus étonné. Cependant la fête juive devient de plus en plus bruyante. Nous demandons à nous y mêler. Rien de plus intéressant que d'observer de prés cette foule de six à huit mille israélites se livrant avec une joie naïve à des réjouissances qui n'ont rien de compromettant. Sous leurs vêtements de fête, avec un peu d'enthousiasme au front et de gaieté dans la démarche, ces gens-là sont pour nous toute une révélation. Nous n'avions encore vu partout que des juifs tristes et humiliés. Ici ils sont triomphants. Des groupes d'hommes et de femmes s'avancent vers nous en dansant au son du tambourin, avec des refrains que la foule répète. D'autres font des rondes autour des grands oliviers. Les femmes sont remarquables par la richesse de leurs costumes. Les couleurs voyantes leur plaisent entn- toutes, et du blanc au rouge écarlate, du jaune au bleu zaphir, elles épuisent les diverses variétés dt- ton, et obtiennent des effets d'une grâce infinie. Elles portent un premier bracelet d'or ou d'ivoire au poignet et un second au coude, le çamid el L'eç'ada des anciens. De petits sacs richement brodés (charxlim) pendent à leur ceinture. Comme au temps do Jérémic, on peut dire qu'elles se déchirent encore et se fendent les yeux avec le pouch, extrait do plomb qui sert à colorer les alentours des paupières pour rendre le regard plus doux et plus brillant. Quelques-unes tiennent un narguileh et fument, ce qui est moins patriarcal. La plupart n'ont pas de cheveux. D'après un usage
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