‹ Nous divorçons!Chapitre 8 sur 13 · SCÈNE VII PAUL, PAULINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII PAUL, PAULINE

Paul.

J' su' sûr d'une chose, ma chère ! toé et moé, on s' chicanera jamais comme ces malhureux !

Pauline.

J' le pense ben, car si t'avais 1' ma'heiir de m' dire des infâmies pareilles, j'appellerais la police

tout d' suite ! (Sou irant (t minaudant.) Ah !...

j'étais ben folle quand j' t'ai marié !

Paul.

Es-tu encore folle, à c't'heure ?

Pauline.

Non I Dieu merci !

Paul.

Alors, tu devrais me r'mercier de t'avoir raffinée ! (Paul ajustant ses lunettes et prenant la gazette.)

J'ai ben envie de fermer d'main. pendant que j'

réduirai mes boissons seulement j' sais pas quel

prétexte prendre.

Pauline.

T'es bête; mets un écriteau avec ces mots: — ''Fermé pour un baptême."

Paul.

T'as ben raison. (Lisant.) Hier, s'est éteint dans le quartier (nom) un brave homme pleuré des siens

et d' sa belle-mère (Parlé.) D' sa belle mère !... .

Ben, en v'ià une bonne !... Qui s' que ça peut être?... T'as pas d'idée, Pauline? — « (Lisant.) "Le défunt, mari modèle, ne sortit pas une seule fois, le soir, durant les quarante-trois années de mariage

Pauline (l 'interrompant) .

Hein! c'est beau, Paul? Quarante trois ans

de mariage sans sortir une fois 1' soir! pas d*

club ! pas d'amis !

Paul (lisant).

Il ne sortait même pas le jour ; l'infortuné était

paralysé! (Pauline s'évente furieusement avec son

tablier ; Paul rit derrière son journal. )

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