‹ Nous tousChapitre 12 sur 86 · LES JEUNES · texte numérisé non relu

LES JEUNES

Beaucoup de jeunes assassins Couvant le meurtre dans leurs seins, Charment de leur front taciturne Le ciel nocturne.

Us se traînent le long d'un mur.

La lune qui luit dans l'azur Argenté, plus verte que l'herbe, Leur joue imberbe.

Ici Polyte encore enfant, A l'air candide et triomphant, Terrasse une vieille et la vole, Et puis s'envole.

lui'-.

Plus loin, c'esl le petil Loulou

Déjà meurtrier et filou, Qui, rose avec un œil qui brille, , ble une fille.

Chérubin triste au poil naissant, Il se jette sur un passant Dont l'habit cossu le renseigne, Et vous le saigne.

Et puis, dans un bouge rieur Du boulevard extérieur Il s'en va. pale encor du drame, Trouver sa femme.

Joyeux, il la saisit aux flancs Avec ses doigts encor sanglants, Et baise sa joue éraillée Et maquillée.

Et tous les deux, le front pesant, Us boivent, en s'entre-baisant, Une eau-de-vie épouvantable Qui les accable.

Et Loulou murmure tout bas :

Cache cet or dans ton vieux bas.

J'ai fait une bonne rencontre; Tiens, vois la montre !

J'ai mes dix-sept ans révolus :

Donc l'atelier, il n'en faut plus.

Assez de travail et de jeûnes.

Quoi ! place aux jeunes !

7 décembre 1883.

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