‹ Nous tousChapitre 22 sur 86 · RUE DE SEZE · texte numérisé non relu

RUE DE SEZE

Dans les clairs salons de la rue De Sèze, vit l'âme française, Comme elle est jadis apparue Sous Louis Quinze et Louis Seize.

Dix-huitième siècle adorable, Oh! comme avec délicatesse Il sut avoir la mémorable Élégance de sa tristesse!

0 boîtes d'or, miniatures,

Déités vaguement surprises

Parmi d'idéales natures ;

Nymphes des bois dans l'herbe assises;

Satins, étoffes envolées, Éventails qui semblez suffire A calmer les Grâces troublées, Par la caresse de Zéphire ;

Calmes et souriant s visages Rythmés, où pas un pli ne bouge Et qui, parmi les paysages, Nous charmez, vivants sous le rouge;

Extases de la bucolique, Frondaisons pleines de mystères;

a que le mélancolique Watteau guidera vers Cythère.

Avec de longs pleurs taciturnes Je vous suis, et sous les portiques Je vois couler l'eau de vos urnes, 0 bleus paradis poétiques!

Et je vois, dans un vague souffle De voluptés et de délire, Pompadour ôtant sa pantoufle Et du Barry tenant la lyre.

21 décembre 1883.

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