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LA MODE

Oh! les beautés au chaste front!

Tout est bien, si tout est pour elles. Les robes, cette année, auront Des franges de fleurs naturelles.

Rien n'est plus fier que les satins ; Mais on complétera le charme Et la gloire de leurs destins, Par des violettes de Parme.

Puis on mêlera, pour changer Des coutumes enfin usées, Les lilas aux fleurs d'oranger, Sur le voile des épousées.

One adroite e( Bavante main

Garnira les robes, de roses, Et les corsages, de jasmin.

C'en est t'ait des pierres moroses.

Allez vous ca< her, diamants, Saphirs, chrysoprases, topazes!

Ce ne sont plus vos feux dormants Qui nous jettent dans les extases.

On verra des fleurs en collier Qui sur la chair viendront éclore.

Et des touffes, sur le soulier.

Flore sera la joaillière.

Des fleurs sur le front, sur les bras ! Chaque femme sera fleurie.

C'est ainsi que tu reviendras, Toute consolée et guérie,

Du haut du ciel aérien.

Simplicité que nous lésâmes.

Chez nous on ne verra plus rien D'artificiel, — que les àm<

21 décembre 1883.

PETIT XOEL

Le petit à face minée, Dont l'œil est comme un pâle ciel, S'approche de la cheminée, Tout tremhlant, le soir de Noël.

Pourtant, la misère et la fièvre

N'ont pas diminué l'air lin

Et spirituel de sa lèvre.

Il est très maigre, et bleu de faim.

Depuis si longtemps qu'il l'a mise Traînent les lambeaux décousus De sa malheureuse chemise.

Oh! dit-il, bon petit Jésus!

Toi sur qui la lumière joue Et qui souris dans Ion berceau!

Je marche pieds nus dans la rue El dans la fange du ruisseau.

0 petit Jésus adorable, Que parent de riches colliers!

Si tu veux m'être secourable, Donne-moi d'abord des souliers.

Des souliers trop neufs pour se taire, Des souliers qui fassent : Coin ! coin ! Et mènent tant de bruit par terre Qu'on m'entende venir de loin.

Puis, comme toi seul es le maître, Afin de m'aiguiser les dents, Bon Jésus, tu pourras peut-être Mettre un peu de bonbon dedans!

28 décembre 1883.

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