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LES GRIMACES

La Vérité de son puits

Sort, et puis Dans leur splendeur ingénue Montrant son sein et son flanc

De lys blanc, Apparaît, superbe et nue.

Mais aussitôt, les satins

Des catins Se hérissent d'épouvante, Et ce peuple en falbala

Traite la Nymphe, comme une servante.

Malgré sa noble fraîcheur, La blancheur

De ces poudrederizées

Obscurcit les purs accords De son corps,

Dont elles font des risées.

Fi! disent-elles. Pour nous,

Fronts si doux, Quel deuil que ce jaune ivoire!

Elle n'a donc ni pudeur

Ni candeur!

La vilaine, qu'elle est noire!

En sa toilette, aucun art!

Pas de nard, Et le seul zéphyr la gante.

Sa croupe même est en vrai!

Sans délai Chassez-moi cette arrogante.

NOUS TOUS. lia

La Nymphe au regard divin

Tâche en vain D'apaiser tonl ce tumulte ; Avec un grand cri moqueur,

Tout le chœur Des filles roses l'insulte.

Ce qu'il vous faut encor, c'est Un corset,

Disent-elles. Nous, vos dupes!

Nenni. Pour avoir du chic

En public, Vous manquez par trop de jupes.

Non, ce qui plaît et fleurit

Pour l'esprit, C'est la robe, quand on l'ouvre.

Belle affaire, un sein vivant!

On en vend Aux Grands Magasins du Louvre.

Cachez-le, votre corps beau,

Ce corbeau Près de nos blancheurs de cygne !

Impudente, détalez.

Vite, allez Mettre une feuille de vigne !

18 janvier 1884.

NOUS TOUS. Il-'

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