DON JUAN
Voilà don Juan de retour Et, sous les traits de Lassalle, Ce grand ouvrier d'amour Étonne et ravit la salle.
Esprit où rien n'est sans art, Pour ouvrir tous les calices, C'est la langue de Mozart Qu'il parle avec ses délices.
Et la Femme, être qui sait Tout ce qu'elle s'assimile, Dit tout bas : Quel vainqueur c'est'.
Il en a caressé mille !
Mesdames, non, mille trois!
Prises sur toutes les routes.
Certes, dans nos cœurs étroits Elles ne tiendraient pas toutes;
liais toi. don Juan, que tua
Le blanc commandeur de marbre,
Tu pouvais, Gargantua,
Manger tous les fruits d'un arbre
Et ceux de tout un verger!
Heureux de ces amalgames, Tu menais, comme un berger, Le pâle troupeau des femmes.
C'est l'infini que tu bois!
Tu les trouvais toutes douces :
Comme les feuilles d'un bois, Brunes, ou blondes, ou rousses.
Rien ne te fut importun, Ni la duchesse pensive, Ni la vachère au front brun Lavant ses pieds dans l'eau vive.
NOUS Tn 151
Tu pouvais, monstre adoré, Décnirer ta folle trame;
Mais quand on a respiré La grisante odeur de femme
Parmi des milliers d'amours Et des milliers d'amourettes, Gela vous cherche toujours :
C'est comme les cigarettes!
7 février 1884.
158 HOUS TOUS.