LA FOURMI ET LA CIGALE
Laure, belle entre les grasses, Qui porto avec mille grâces
Los diamants, Sans jamais en être vaine, Trouve qu'elle a trop de peine
Et trop d'à niants.
Elle dit : Je me fatigue De tout ce luxe prodigue,
De tous ces ors.
Tout cola, c'est trop d'affaire, Et je ne sais plus que faire
De mes trésors.
246 NOUS rOOS.
Chacun a la fantaisie De goûter à l'ambroisie
De mes baisers.
Ils arrivent des deux pôles, Et les lys de mes épaules
En sont usés.
Ils me disent trop de phrases.
D'ailleurs, j'ai trop de topazes
Et de rubis.
Faut-il donc les mettre en poudre, Ou, plus simplement, les coudre
Sur mes habits?
Telle se désole, en prose, Laure, pareille à la rose
Qui resplendit. Elle se moque d'un prince Et d'un banquier. Mais la mince
Irma lui dit :
NOUS 1 '»l s.
le n'ai rien dans mon armoire, Car les satins el la moire
Se vendent cher, Et si, L'hiver, je frissonne,
C'est que j'ai sur ma personne Trop peu de chair.
Si les faiseurs de tapages
< ml mis trop d'or sur les pages
De ton roman, Ne jette pas tout, ma belle, Dans les boîtes de Poubelle,
Et donne-m'en !
8 mars 1884.