‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 13 sur 61 · I.V CONTROVERSE SUR l'aMÉRICANISME · texte numérisé non relu

I.V CONTROVERSE SUR l'aMÉRICANISME

donnent la réplique, car le temps des monologues est passé. »

Au lieu de mesurer les doctrines en les ramenant à l'étalon théologique des grands maîtres et des constitutions apostoliques, on cherche à présent la règle de sa croyance aux « dernières NOUVELLES )) dcs joumaux.

Nulle part, cette pauvreté d'idées, ce vide de pensées n'est apparu plus lamentahle que dans la série d'articles consacrés par M. l'abhé Naudet, dans la Justice Sociale, aux prétendus « dessous » de notre «campagne (1). On songe avec tristesse à ce que pourrait être le clergé, si de telles lectures devenaient l'aliment de sa vie intellectuelle.

Nous n'en sommes pas là, heureusement.

En regard de cette prose verbeuse et bourdonnante qui bat les oreilles sans pénétrer jusqu'à l'esprit, il faut signaler de sérieuses et fortes études, qui ouvrent à la pensée des horizons nouveaux et nourrissent l'intelligence de saine théologie. Tels : la savante brochure du R. P. Delattre intitulée : Un catholicisme américain; l'article du R. P. Hyppolyte Martin dans les Etudes Religieuses ; celui du R. P. Paquet, S. J., dans \'à Revue Générale de Bruxelles ; celui de VAtni du Clergé (principalement les paragrapiies : Mystique américaine et la Démocratie

\\) Voir la Justice Sociale, juillet et août 1898.

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et l'Esprit Saint), enfin l'article de la Revue Canonique (juin 1898) article entièrement favorable à nos idées et publié avec V Imprimatur du cardinal Richard, archevêque de Paris. Ces travaux, remarquables à plus d'un titre et dont chacun mettait en relief, éclairait d'une lumière plus vive, quelqu'un des aspects si variés du sujet, étaient tous en parfaite harmonie avec les tiièses que nous soutenions. A cette liste d'études vraiment originales et doctrinales sur l'américanisme, il faut ajouter la série d'articles que pu. blia M. le chanoine Delassus dans la Semaine Religieuse de Cambrai sur les tenants etlesaôoutissants d'un eatholicistne américain, et qui, réunis en volume, forment un important ouvrag-e intitule : L'Américanisme et la conjuration antichrétienne.

Il n'y a rien, du côté de la presse américaniste, qui puisse être mis en parallèle avec ces savantes études. Rien non plus, qu'elle puisse opposer aux lettres d'approbation que nous ont adressées des cardinaux, des évêques, des supérieurs généraux d'ordres, des théologiens universellement estimés.

Beaucoup de bruit, d'injures, de menaces? d'insinuations malveillantes — presque toutes anonymes — telle fut la tactique défensive de l'américanisme en Europe et aux États-Unis.

Les « grandes figures d'hommes d'action » si complaisamment recensées par M. Charbonnel,

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dans un article de la Revue Chrétienne, auraient pu mieux défendre leur cause et engager la lutte sur un meilleur terrain.

Au lieu de se placer sur le terrain de la doctrine et de répondre à nos critiques par des raisons et des preuves contraires, tout le premier effort de la riposte tendit à persuader au public que le T. R. P. Lepidi, maître du Sacré Palais, s'était laissé surprendre ou circonvenir par... « les jésuites ! » et que le cardinal RampoUa allait l'aire rendre justice aux « puissants prélats américains » indignement calomniés.

\J Italie, VOpinione, V Univers-Monde, It^. Correspondant, le Catholic-Times , portèrent les premiers cette antienne, bientôt reprise avec ensemble par tout le chœur de la presse libérale.

L'événement a fait justice de ces dires. Xon seulement le cardinal Rampolla n'est pas intervenu dans le sens qu'on annonçait, mais le T. R. P. Albert Lepidi accordait, trois mois plus tard ; un nouvel imprimatur à l'édition anglaise du Père Hecker est-il un saint i et nous autorisait à reproduire les lettres de rétractation à lui adressées par Mgr O'Connel.

Durant les longs mois de cette polémique, il est triste de remarquer que, sauf une brociiure inoffensive de M, Coppinger, et un article plutôt superficiel de M. l'abbé Bricout dans la Revue du Clergé français, aucune tentative n'a été

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faite pour nous répondre autrement que par des injures.

D'après ces procédés de polémique, on serait en droit, assurément, déjuger avec sévérité les liiéologiens de notre temps, si parmi les américanisants il y avait des théologiens. Mais c'est là précisément ce dont manque le plus cette école, bien qu'elle affecte de se dire l'élite intellectuelle du clergé.

Impuissance à défendre les idées qu'ils affirment « avec un lyrisme de jeunesse », tel est le trait commun des a?néricanistes, ecclésiastiques ou laïques.

h'A/ni du Clergé disait à ce propos très justement :

« Il y a aux Etats-Unis, et même en France, des gens capables et coupables de disserter sur d'aussi graves sujets de dogmatique chrétienne sans connaissances théologiques suffisantes. »

En vérité, si l'on se fiait aux apparences, il semble que la théologie soit devenue, pour certains publicistes ecclésiastiques, plutôt un genre littéraire que la science reine et maîtresse des autres sciences.

Suivant la maxime américaine, c'est le résuftat qu'ils considèrent avant tout dans les doctrines. Le plus mince télégramme d'un « correspondant romain » toujours « spécial » et toujours « bien informé » a pour eux plus de poids que tous les m-/b/«o réunis de la bibliothèque vaticane.

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L'heure allait bientôt sonner où Rome parlerait. Nous n'entreprendrons pas de rapporter ici les circonstances qui accompagnèrent la publication de la Lettre apostolique au cardinal Gibbons, ni les efforts inouïs qui furent faits pour en empêcher la promulgation ; nous essayerons seulement d'en résumer les enseignements.

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