‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 34 sur 61 · SUR LE CLEUGÉ FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SUR LE CLEUGÉ FRANÇAIS

M. Georges Goyau, universitaire d'action catholique; M. le comte de Chabrol qui, dans le Corresjjo/idani du 25 mai et du 10 juin 1897, a écrit deux beaux articles sous ce titre : Un prêtre américain; le li. P. Ilecker; M. le vicomte de Meaux, et enfin la plupart des écrivains du Correspondant, de la Quinzaine, de la Revue du Clergé français, de Y Univers. »

En vérité, M. Charbonnel n'a omis personne et n'a pas ménagé les éloges à ceux dont il approuve les tendances ; sans doute, quelquesuns de ceux qu'il inscrit à son tableau d'honneur eussent préféré n'y pas lire leur nom, plusieurs même lui ménageaient des désenchantements pareils à ceux que lui causa le « lâchage » de Mgr O'Connell. Déjà, dans son long post-scriptum, il écrivait :

« lad'&américanistes ne tiennent plus très ferme contre la campagne de rage de leurs adversaires, M. Pierre Yeuillot fait quelque peu d'ironie et les appelle « tardigrades » ou « catholiques bornes ». M. Georges Fonsegrive dit : « En vérité, ce sont eux qui se sont forgé ce fantôme de \ américanisme q u i hante leurs veilles et trouble leur sommeil. Même, il y a à Paris un journal {la Vérité) qu'on ne peut ouvrir sans y trouver une ou deux colonnes contre V américanisme. Tout ce qui déplaît à ses rédacteurs, c'est y américanisme qui l'inspire, et comme leur fonction à peu près unique dans le monde

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est de s'y déplaire et de dire leur déplaisir, tout donc leur est américanisme. C'est de la pure monomanio. »

« La réplique est jolie, mais faible », nvonc >I. Charbonnel.

Oui, faible, en vérité, cette réponse, et l'on pourrait en dire autant de toute la littérature qui, sous prétexte de « défendre l'Église d'Amérique, » s'obstine à nier le péril qui la menace et avec elle toute l'Ég-lise.

Les sympatliies de M. Charbonnel sont donc pour nos contradicteurs. Voyons maintenant à ({ui vont ses anathèmes.

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LA POLÉMIQUE FHANÇAISE SUR L AMERICANISME d'après VICTOR CHARBOINNEL

Après avoir loué et copieusement énuméré les défenseurs de Y américanisme , Tex-abbé Cliarbonnel commence le procèi? de ses adversaires. lien fait d'ailleurs prompte et raide justice el ne s'attarde pas à les compter, ni à discuter leurs petites raisons. 11 lui suflit de les dénoncer en bloc, s'arrètant seulement pour montrer du doigt les plus compromis.

Voici la contre-partie du tableau des « grandes ligures d'hommes d'action /> que nous avons reproduit précédemment :

« Du côté des adversaires Aaï américanisme , les jésuites de tout ordre et de toute sorte, les autoritaires, les intransigeants, les conservateurs de la tradition, de la routine, de la vieillerie. Ce sont les anonymes de la Vérité, les « moines » ou « clercs » delà Croix, les jésuites

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des Etudes religieuses, de la Voce délia Verità et du Courrier de Bruxelles. »

M. Charbonnel en vient alors, des imprécations collectives, aux attaques personnelles; il réédite contre M. l'abbé Périés « qui écrit à la Vérité sous le pseudonyme bizarre de Saint- Clément » l'odieuse et calomnieuse accusation déjà publiée par les divers organes de Vaméricanisme. L'auteur des Commentaires sur la Constitutio?i de l'Index, du Guide de Procédure canonique moderne dans les causes disciplinaircs et criminelles, n'a pas besoin d'être justifié. Ses œuvres, qui sont entre les mains de tous les professeurs de droit canonique, disent assez liaut que le motif de son départ volontaire do l'université de Washington n'est point du tout l'insuffisance de son enseignement, mais plutôt sa fidélité aux doctrines traditionnelles, incompatible avec l'esprit qui régnait alors et règne encore à Washington,

Nous avons l'honneur d'une mention spéciale et d'injures de choix, de la part de M. Charbonnel ; à vrai dire, certains journaux et certaines revues cathohques ont fourni à l'ex-abbé les plus riches fragments de son répertoire et, sauf « bavure d'amertume » et « jésuitiques hypocrisies » qui lui sont propres, « vulgaire pamplilet » « ramassis de citations, » « rabâchage de commentaires » « fatras réuni en volume » sont du domaine commun de l'américanisme:

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LA POLÉMIQUE FRANÇAISE SUR l' AMÉRICANISME 209

ses écrivains ne sont, comme chacun sait, ni autoritaires , ni intransiffeants , et possèdent le monopole delà charité dans la discussion.

Cependant M. Charhonnel, si cruel envers ses « anciens amis » quand il les accable de ses louanges, trouve le secret de flatter ses adversaires quand il prétend les écraser. Les plus énergiques champions des doctrines catholiques n'ont rien écrit qui nous soit plus agréable que cette tirade du défenseur de V américanisme :

« Les forces intérieures, le respect de l'individualité, l'indépendance personnelle, l'union directe de la conscience avec Dieu, les vertus naturelles, les vertus actives; toutes ces choses saxonnes et américaines n& disent rien qui vaille au Frère de Saint-Vincent de Paul. Il est, lui^ pour les choses latines et européennes; la vieille discipline, la vieille direction sacerdotale des consciences, la vieille soumission à la suprême autorité. La mystique du P. Hecker le fait béatement rire. // en appelle au droit canonique, aux définitions des conciles, au Syllabus, à la Conr/régation de /'Index, a tous les pouvoirs qui

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