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Telle est la méthode de discussion et la doctrine théologique du parti.
Nous autreSj « réfractaires, » nous nous appuyons sur les encycliques, sur les décisions authentiques et juridiques du Saint-Siège, sur les actes épiscopaux qui obligent les fidèles à l'obéissance. Les américanistes et les démocrates ont édifié leurs croyances sur d'autres fondements. Que nous opposent-ils, en effet?
Une audience « particulière » accordée par le Pape à quelqu'un de leurs amis; une croix de
Saint-Grég-oire-le-GranJ à quelque autre : un camée à M. Fonsegrive. Que dis-je, un camée ? Jl y a aussi le cadre, un cadre avec brillants, que le démocrate XXX qualifie, dans son trouble, de « cadeau royal. »
Quoi qu'il en soit de ces sources théologiques d'un nouveau genre, la lettre du prétendu correspondant de Rome ne laisse pas que d'être instructive.
Quelle notion pourront avoir de l'Église, de sahiérarcliie et de sa doctrine, ceux qui croiront que le Saint-Père entend, par un cadeau, réformer un jug-ement doctrinal porté par un é\ èque et donner une « direction » aux catholiques de toute une nation ?
Rappelons en peu de mots ce que nous avons relaté plus haut :
« A la suite de la publication d'un article de M. Fonsegrive dans la Quinzaine du l^"" avril 1899, article intitulé : Américanisme et Américains, Mgr Turinaz, évoque de Nancy, faisait paraître dans la Semaine religieuse de son diocèse une « déclaration » longuement motivée qui se terminait par le jugement suivant :
(( Considérant que nous ne pouvons permettre qu'une revue catholique, destinée spécialement aux ecclésiastiques et dont un certain nombre d'exemplaires circulent dans notre diocèse, égare le clergé et les fidèles sur des opinions et des doctrines que Notre Saint-Père le Pape a con-
damnées pour « sauvegarder » — il l'a dit luimême, — « l'intégrité de la foi et veiller au salut des âmes » ;
» En vertu de notre aulorité épiscopalcj accomplissant un des grands devoirs de notre charge, nous déclarons repousser et condamner l'article du 1®"^ avril 1899, intitulé : A?nérica- 7iis)ne et Aînéricains , conmie donnant de la lettre de Notre-Saint-Père le Pape à Son Éminence le cardinal Gibbons, du 22 janvier 1899, une interprétation inexacte, erronée et très gravement injurieuse à l'égard de l'autorité du Saint-Siège apostolique et de la personne auguste de Léon XIII. »
L'acte de Mgr Turinaz était un acte de juridiction épiscopale, un acte doctrinal qui échappait, par son caractère, aux discussions de la presse.
M. Fonsegrive l'a compris et n'a pas écrit une ligne pour se justifier, moins encore pour contester.
Le Saint-Père qui appelait à Rome, pour le jubilé séculaire de 1900, les catholiques du monde entier, pouvait-il ne pas accueillir avec une paternelle bienveillance un catholique venu à Rome en cette année sainte ?
Léon XÏIl et leséminents personnages de la cour pontificale qui ont pu recevoir M. Fonsegrive, auront pensé du directeur de la Quinzaine ce qu'en écrivait, en 1899, \Ami du Clergé :
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« Nous l'avons dit à M. Fonsegrive, très respectueusement, — car il est de nos amis et nous l'estimons comme tel, — il lui manque un peu d'être rompu à l'étude de la théologie, d'oiî les surprises de son style et de certaines rencontres d'idées qu'il éviterait s'il connaissait mieux la terminologie de nos docteurs classiques. Qu'il y ait chez lui une petite pointe de sympathie pour certaines modernités d'idées et de langage sujettes à critique, nous le croyons, et très franchement le lui avons dit, mais ce n'est pas là de quoi l'excommunier... »
Le Pape a donc reçu M. Fonsegrive et lui a donné son portrait. Mais conclure de là qu'un camée, avec ou sans cadre, vaut un jugement doctrinal et peut infirmer, en quoi que ce soit, la sentence de Févèque de Nancy , c'est ce que l'étrange théologien qui signe XXX à la Justice Sociale oserait seul soutenir.
La prétention de faire « marcher » Rome apparaît si impudemment dans cette lettre que nous avons cru devoir la puhlier telle quelle.
Elle apprendra à ceux qui pouvaient en douter encore de quelle façon procède le parti des « novateurs. »
La moindre faveur personnelle, humblement sollicitée d'ailleurs et parfois longtemps attendue, est aussitôt transformée en un « acte représentatif des idées » de Léon XIII, en une mesure « voulue et préparée » pour témoigner à
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toute l'Eg-lise de la « très haute estime » dans laquelle le Pape et le Sacré-Collège tiennent M. X..., ses amis, ses idées et les idées de ses amis.
Cette lettre prouve aussi quel ressentiment profond l'école démocratique a gardé de la sentence doctrinale rendue par Mgr Turinaz, Y « irréconciliable adversaire des démocrates. »
Il est bon d'en prendre note, car tout a été fait depuis, même aux dépens de l'honneur et de la paix de l'Église, pour susciter à « l'ardent évêque » des embarras capables de paralyser son action. Ce sera, d'ailleurs, peine perdue. Le jour même où Mgr 1 evèque de Nancy censurait l'article de M. Fonsegrive, le 19 avril 1899, Léon Xlll envoyait à Mgr Turinaz une lettre qui valait bien le camée dogmatique si joliment encadré par la Justice Sociale.
Dans cette lettre, le Pape louait le « talent », la « doctrine », F « art de bien dire » de l'eVreconciliable adversaire des démocrates .
« Les sujets que vous avez traités, disait Léon XIII, répondent parfaitement aux nécessités de l'heure présente, et la manière dont vous les exposez révèle, en même temps qu'un zèle éclatant pour la religion, un ardent amour pour la patrie. »
Après bien d'autres éloges, motivés et formulés en termes que la presse démocratique ne se lasserait pus de reproduire, s'ils s'adressaient
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a quelqu'un de ses amis ou de ses patrons, le Pupe disait à l'évêque de Nancy :
« Vous n'avez donc qu'à poursuivre de tout cœur vos projets, ce dont Nous ne doutons pas, et à les mener à bonne fin, ce que Nous souhailons ardemment. Que sur ce point ceux-là surtout vous prêtent aide et concours qui appartiennent aux saints ordres, et dont la principale gloire doit être d'écouter leur évêque comme un maître et de le suivre comme un