‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 7 sur 61 · INTRODUCTION W · texte numérisé non relu

INTRODUCTION W

<|ui a occupé pendant plus d'une année l'attention de toute l'Eglise.

Mais ce mot : américanisme n'était, en France cl en Europe, qu'un nom de circonstance, un pavillon destiné à couvrir la contrebande doctrinale du catholicisme libéral vieilli.

Condamné par Léon XIII, l'américanisme a repassé les mers, il s'est nié lui-même comme avait fait tant de fois le catholicisme libéral et avant lui le jansénisme; sous une autre éti- (juette, ou plutôt sans étiquette et sans nom de guerre, l'erreur est restée, d'autant plus pernicieuse qu'elle fuit davantage ceux qui voudraient la saisir.

De toutes les appellations propres à désigner Terreur du moment : cet esprit de nouveauté détendant au domaine des croyances, des mœurs l't des lois, il nous a paru qu'il n'en était pas de mieux appropriée à la situation, de plus juste et de plus expressive que celle de noureau catholicisme.

C'est en effet le catholicisme tout entier, qui L'st, sur tous les points ensemble, non pas attaqué, mais transformé, modifié, adapté aux idées modernes par ceux qui prétendent le défendre.

C'est sous cette forme du nouveau catholicisme

\vi iNTRODur;ri()N

que l'erreur d'abord vaincue par le concile du Vatican semble vraiment sur le point de prendre une terrible revanclie.

Le vieux catholicisme, ce premier essai de rébellion, localisé dès l'origine, expirant auj ou rd'iiui, devait nécessairement avorter.

Il n'était pas selon l'esprit du siècle, il n'allait point dans le sens du courant intellectuel contemporain. Ce qui séduit à présent, c'est l'avenir et non le passé, c'est la nouveaulé et non l'antiquité. Ce n'est pas pour retourner en arrièreque l'on rompra avec le catholicisme, c'est pour aller en avant.

Le vieux catholicisme ne pouvait réussir au dix-neuvième siècle ; un nouveau catholicisme, au contraire, répond beaucoup mieux aux tendances et, comme l'on dit, aux « aspirations » de ce temps.

Et puis, le vieux catholicisme se séparait ouvertement de Rome, à l'heure même où le prestige de la majesté pontificale exerçait sur les peuples le plus mystérieux attrait.

Le nouveau catholicisme, diU contraire, a pour premier article de son programme de faire servir, s'il est possible, à la diffusion de ses doctrines l'influence morale du Pontificat Romain.

Page 1