‹ Nouveau code du duel: histoire, législation, droit contemporainChapitre 3 sur 25 · VIII LE DUEL · texte numérisé non relu

VIII LE DUEL

membre distingué du Jockey-club de Paris, à publier un Essai sur le duel.

Ce nouveau œde du duel fut appuyé par l'approbation des hommes de Tépoque les plus autorisés par leur haute position dans la société.

« Intimement convaincus, disent-ils, que les intentions de l'auteur, loin de propager les duels, tendent au contraire à en diminuer le nombre, à les régulariser, à en éviter les chances funestes, les soussignés donnent leur entière approbation aux règles établies et développées dans le présent ouvrage. »

Suivent les nombreuses signatures d'hommes distingués, parmi lesquels nous remarquons des maréchaux, des pairs de France, députés, officiers généraux, officiers supérieurs, hommes de lettres et gentlemen, etc. (Voir VEssai sur le duel y par le comte de Chateauvillard, pages 87 et suivantes.)

Nous ne saurions passer sous silence le nom de l'un des signataires les plus compétents, que nous avons eu l'avantage de connaître el d'apprécier : nous voulons parler de M. le marquis de Hallay Coetquen, gentilhomme accompli dont les décisions, jusque dans ses dernières

années, faisaient autorité en matière de point d'houneur.

— Ces réflexions sembleraient suftlsantes pour justifier la publication d'une nouvelle élude sur le duel, si des considérations afférentes à l'utilité pratique ne nous eussent induite persévérer dans notre dessein de l'entreprendre.

— Le code de M. de Chateauvillard est presque introuvable aujourd'hui, et, non seulement nous voyons renaître â chaque instant les abus qu'il avait pour but essentiel de combattre, mais encore des irrégularités très regrettables se sont introduites depuis sa publication.

Bien que les prescriptions de ce code soient nettes et précises, publiées au moment oij les rencontres étaient plus fréquentes, elles nous ont semblé parfois plutôt destinées â être interprétées par des hommes ayant déjà quelque expérience des usages de la société, et par consé- I quent susceptibles de développements pour être I bien comprises et mises en prati(|ue par le plus Rgrand nombre.

Des personnes honorables, dont l'influence l-morale pourrait être utile soit pour arranger les [affaires d'honneur, soit pour en rendre les con- Tuences moins désastreuses, se refusent à ac-

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cepler le rôle de témoins, alléguant leur complète inexpérience dans de semblables questions. Un guide sûr ne suffirait-il pas pour atténuer les scrupules de quelques-uns?

Ce serait autant de gagné dans l'intérêt de rhumanité!

Notre élude sur le duel sera divisée en trois parties :

La première contiendra un précis historique sur les origines du duel; un aperçu analytique sur la législation des principales puissances étrangères, sur la législation et la jurisprudence des tribunaux français, et, enfin, la contusion fera connaître notre opinion personnelle sur les moyens les plus sûrs de diminuer le nombre des duels, ou tout au moins, d'en atténuer les effets, sans porter atteinte au point d'honneur, lequel, selon nous, ne saurait tomber en désuétude dans toute société civilisée.

Dans la seconde partie, on trouvera un code du duel. Les règles établies comporteront les développements, observations et exemples dont l'utilité nous a été démontrée par l'expérience.

Dans la troisième partie, nous mettrons sous les yeux de nos lecteurs quelques pièces justificatives.

AvoDs-nous besoin de te proctamer. noire Gode du duel n'est anileiitent pour le favoriser, mais bien pour le cantonner dans des limites étroites (fue, seulfis, les nécessités réelles et reconnues du point d'honneur puissent lui permellre de franchir; pour déterminer les devori's comme les droits de chacun; pour persuadera quiconque se trouve dans la nécessité de venger une injure qu'il ne doit confier son honneur et sa vie qu'à des hommes sérieux et entourés de l'estime publique ; pour apprendre enfin aux témoins les principes qui doivent les fçuider dans l'accomplissement du redoutable et important mandat qu'ils ont accepté volontairement, leur montrer l'étendue de la responsabilité qu'ils encourent soit envers l'ami qui a confié son honneur et sa vie, soit envers les familles, soit envers la société.

Puissions-nous être assez heureuxpoui' atteindre le but humanitaire que nous nous sommes proposé.

Fuissions-nous obtenir par la précision et la clarté des conseils puisés au creuset de l'expérience, que toutes les querelles suscitées par les écarts de l'imagination ou par l'effervescence des passions liumaines, et de nos jours, surtout, ce

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qui est profondément regrettable, par les animosités politiques, soient apaisées dès leur début et que les rencontres que l'honneur et la nécessité imposent à l'homme de cœur aient des suites moins funestes, moyennant la salutaire influence de règles connues et admises « à titre de droit commun à tous » par l'opinion générale dans la société.

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