C. La période de déclin est marquée par leur diminution
On peut quelquefois distinguer un plus grand nombre de périodes, mais elles se classent aisément dans les trois que nous venons d'indiquer. Souvent aussi on ne peut en fixer aucune, comme dans les cas de maladies chroniques et de désorganisation, etc.
Les modificateurs de l'état physiologique l'étant nécessairement do l'état morbide, mille circonstances tenant à l'âge, au tempérament, aux habitudes, à la température, au climat, aux saisons et même aux instants de la journée, peuvent influer sur la marche des maadies.
ARTICLE V
Durée des maladies.
La durée d'une maladie est le temps compris entre son début et sa terminaison; ce temps est très variable.
Les maladies sont dites éphémères lorsqu'elles ne durent que trois jours au plus ; aiguës lorsqu'elles ne durent pas moins de deux à cinq jours ; chroniques lorsqu'elles se prolongent au-delà du quarantième jour. Toutefois, ces évaluations ne sont que relatives ; car il est des maladies qui peuvent aller au-delà de quarante jours sans cesser d'être à l'état aigu, et d'autres qui deviennent chroniques dans un temps bien plus court. — En général, les qualifications d'aiguës et de chroniques doivent être basées sur la physionomie que présentent les maladies et sur l'intensité des symptômes bien plutôt que sur leur durée.
La durée des maladies est d'autant plus prolongée que les causes ont agi plus longtemps et plus sourdement pour les produire, que le tissu affecté a moins de vitalité, et que le malade est plus' âgé et d'une constitution plus débile. — Du reste, un grand nombre de circonstances viennent influer sur la marche des maladies. Si parmi ces dernières il y en a qui ont une durée assez fixe, telles que, par exemple, les fièvres éruptives, on peut dire en général qu'elles se refusent à tonte détermination précise du temps qu'elles doivent parcourir.
NOUVËA U' COMPENDlOM .
ARTICLE VI
Terminaison des maladies.
Toute maladie se termine en définitive par le retour à la santé ou par la mort; mais avant d'en arriver là, elle peut Être remplit' par un autre état morbide (métastase), que l'on peut considérer alors comme un troisième mode de terminaison.
§ I. Bctour à la santé. — Il est annoncé par le rétablissement de toutes les fonctions. Une multitude de phénomènes peuvent accompagner celui-ci ; nous mentionnerons seulement les crises et la convalescence.
A. Les crises consistent en des changements remarquables, soit eu bien, soit en mal, qui surviennent inopinément dans le cours des maladies. Scion les anciens, ces changements n'étaient que l'expression des efforts que fait la nature pour expulser au dehors la matière morbifique, changements qui se manifestaient à des jours fixes, par exemple, les 7e, 14e, 20e, etc. de la maladie (jours critiques), et qui étaient précédés trois jours d'avance [jours indicateurs] par quelque phénomène nouveau. Dans l'école de Galien, il y avait en outre certains jours où ces crises devaient être favorables, et d'autres où elles devaient être défavorables. Mais ces vieilles doctrines sont tombées en désuétude.
Les crises ou phénomènes enfuies consistent eu hémorrhagies nasales, hémorrhoïdalcs ou utérines ; en sueurs abondantes, ou émission considérable d'urine; eu vomissements bilieux ou selles fréquentes, salivation abondante, excrétions muqueuses nasales ou bronchiques copieuses; apparition de furoncles, de parotides, et même d'anthrax et de gangrène. Suivant qu'une amélioration ou qu'une aggravation de la maladie suit la manifestation de ces phénomènes, ceux-ci sont favorables ou funestes ; mais en général les crises ne sont prises qu'en bonne part [crises vraies).
Les vraies crises sont, en général, plutôt effets que causes dans les maladies; souvent pourtant elles sont l'un et l'autre. Au surplus, il règne nécessairement beaucoup d'obscurité dans les questions qui se rattachent aussi intimement au secret de la vie que celles des crises.
On s'est toujours beaucoup attaché a prévoir les mouvements critiques et il les favoriser. Les anciens crurent distinguer un pouls particulier, spécial à chacun d'eux. Ainsi il y avait le pouls des urines, le pouls de ln sueur, celui delà bile, des hémorrhagics, etc.; aucun
ne manquait, suivant l'ancienne doctrine, d'annoncer la crise prochaine, qui, comme nous l'avons dit déjà, avait des jours fixes pour sa manifestation. — Tout cela a été abandonné pour s'en rapporter avec plus de certitude aux phénomènes physiologiques ou morbides qui surviennent dans les organes qui doiv ent être le siège des crises.
Les crises diffèrent selon les maladies": les inflammations se jugent plutôt par des hémorrhagies ou des sueurs; les affections bilieuses plutôt par des évacuations alvines, etc. Ces phénomènes n'ont rien de constant ; et pour les favoriser, il faut interroger les indications actuelles, qui semblent dire si ce sont plutôt les urines que les sueurs, plutôt des évacuations alvines ou le flux hémorrhoïdal qu'il faut provoquer.
« Dans un grand nombre de maladies, dit M. Chomel, surtout dans les inflammations d'une intensité médiocre, nous avons pour règle ordinaire de n'employer aucun de ces moyens actifs qu'on a regardés comme propres à empêcher le développement des phénomènes critiques, et nous devons déclarer que, dans l'immense majorité des cas, nous avons vu ces maladies guérir sans qu'aucun phénomène remarquable en ait signalé la solution. Une moiteur douce, une urine pins abondante ou plus chargée, quelques évacuations alvines, ne peuvent pas être, à notre sens, considérées comme des phénomènes critiques; nous ne les regardons comme tels que dans le cas où ils appellent l'attention par quelque chose d'insolite clans leur nature et dans leur intensité, quelque chose, en un mot, qui les distingue des ; symptômes ordinaires dè ces maladies. »
B. La convalescence est cet état de faiblesse sans souffrance, de : bien-être mêlé de langueur, intermédiaire entre la maladie qui a cessé I et la santé qui n'eo'ste pas encore. Elle est d'autant plus longue que ! la maladie a duré plus longtemps, et que le sujet est moins jeune et doué d'une pins faible constitution. Ses phénomènes généraux ne sont | autres que ceux du retour à la santé. On remarque souvent, pendant sa durée, de la constipation, une dureté des matières fécales, duos à l'activité de l'absorption; il existe aussi une fréquence de pouls qui j ne se rattache pas à la persistance du mal , mais sans doute aux l pertes éprouvées et aux altérations survenues dans l'hématose ou dans la composition du sang. La sensibilité morale et physique du convalescent est très grande; il peut lui survenir de l'œdème aux extrémités, une desquammation épidermique, la chute des cheveux, etc. ( Certaines fonctions, telles que la menstruation, par exemple, ne se rétablissent quelquefois que longtemps après le retour à la santé,
Ce n'est pas tout que d'avoir bien traité une maladie, il faut savoir encore bien gouverner le convalescent. On ne devra jamais perdre de vue un seul instant l'organe qui a été le siège du mal ; on pourra de cette manière diriger convenablement le régime, en consultant en même temps, bien entendu, les forces et l'état général du convalescent, de telle sorte que rien ne puisse rappeler la maladie ou retarder sa complète disparition.
§ II. Mort. — Elle termine plus ou moins rapidement les maladies. Tantôt elle surprend inopinément le malade; tantôt elle ne survient qu'après avoir été précédée, des phénomènes de l'agonie, qui sont les suivants : face cadavéreuse: yeux ternes, éteints et enfoncés; aspect pulvérulent des narines; sueurs froides et gluantes; froideur des extrémités; déglutition difficile et bruyante; respiration râlante et fréquente; pouls filiforme, très fréquent, irrégulier et intermittent; sensations éteintes; excrétions involontaires; odeur cadavéreuse du corps, etc. — La plupart des malades meurent tranquilles sur leur sort ; il semble, en considérant leur quiétude aux derniers moments de leur existence, que la nature l'ait voulu ainsi.
§ III. Métastase. — C'est la transformation d'une maladie en une autre affection, ou le transport de cette maladie, de sa cause ou de son produit, d'un lieu en un autre ou d'un organe sur un autre organe. On connaît peules lois qui régissent les phénomènes mystérieux des métastases; on voit seulement qu'ils se passent entre tissus ayant des analogies de structure ou de fonction, 1° par l'effet d'une irritation développée en quelque point de l'économie où elle appelle les fluides ou la maladie; 2° parce que cette maladie, répercutée par un traitement vicieux, s'est transportée ailleurs; 3" parce que la nature de l'affection est telle qu'elle tend à changer do siège pour la moindre cause, le plus souvent pour des causes inconnues; 4° enfin parce que l'absorption s'empare des principes morbifiques ou des produits de la maladie. — 11 convient, on général, d'oppo3er à l'affection déplacée dos moyens do traitement analogues il ceux qu'elle réclamerait dans son siège primitif. 11 faut aussi faire tous ses efforts pour la rappeler il son point de départ, lorsqu'elle envabit dos organes plus importants que ceux primitivement affecté?.
ARTICLE VII
Complication*.
on dit qu'il y a rOmplfcttMon toutes les fois que plusieurs mala-
dies qui ne sont pas entièrement indépendantes les unes des autres se montrent simultanément. Si ces maladies n'ont aucun lien commun qui les rattache; ou bien, au contraire, si elles paraissent être intimement liées ensemble, soit par leurs causes dont elles sont des effets identiques ou variés, soit par leur similitude, ou parce qu'elles sont la conséquence nécessaire les unes des autres , alors ou ne dit pas qu'elles se compliquent; bien moins encore lorsqu'il faut qualifier certains phénomènes généraux qui accompagnent une maladie, à laquelle ils impriment bien une physionomie particulière, mais qu'ils ne compliquent pas : ainsi , par exemple, la pneumonie peut offrir un caractère bilieux ou adynamique sans être compliquée dans le sens du langage. Toutefois, ce langage est et sera toujours nécessairement peu précis; car, en prenant le mot dans son sens le plus général, on est forcé de convenir au contraire qu'il n'y a pas de maladie qui ne soit compliquée, en ce sens que, pour sa production, beaucoup d'éléments divers ont d'abord agi sur l'économie, et que dans sa manifestation plusieurs fonctions sont troublées à la fois.
Toujours est-il que les maladies qui se compliquent s'influencent mutuellement. La première peut rendre beaucoup plus grave celle qui survient pendant sa durée, et celle-ci peut modifier, suspendre ou terminer la première. Enfin, deux affections peuvent marcher avec une intensité et une rapidité indépendantes de toute complication. — Le traitement varie dans toutes ces circonstances. Si les moyens thérapeutiques conviennent également à toutes les maladies, il n'y a rien d'embarrassant; mais si les indications se contredisent, c'est alors que le rôle du médecin devient très difficile et qu'il exige le plus grand tact. Il conviendra toutefois de satisfaire aux plus urgentes sans nuire néanmoins à celles qui le sont moins.
ARTICLE VIII
Phénomènes consécutif*.
Ce sont des dérangements fonctionnels qui persistent ou surviennent après la terminaison des maladies. Ils diffèrent de ceux de la convalescence, en ce que d'ordinaire ils ne portent que sur une seule fonction que des sympathies plus ou moins étroites rattachaient aux fonctions troublées dans la maladie. Dans la convalescence, au contraire, les dérangements fonctionnels ne tiennent qu'à la langueur, pour ainsi dire, de tous les organes.
Les phénomènes consécutifs apparaissent iules époques différentes,
tantôt avec la maladie, tantôt pendant sa durée, tantôt après sa terminaison. Les uns sont symptomatiques d'une lésion soit organique, soit fonctionnelle, persistante: prenons pour exemples le gonflement de la rate après les fièvres intermittentes, l'insomnie qui poursuit le convalescent, etc.; d'autres sont sympathiques, tels que, par exemple, ces douleurs qui survivent à la disparition du zona, etc. — Leur durée est variable : il en est qui persistent toute la vie, témoin la dureté de l'ouïe à la suite de fièvres graves, la paralysie, etc. Les phénomènes consécutifs ne doivent pas être confondus avec les maladies qui les précèdent, ni avec les métastases ou les crises. — On leur oppose ordinairement un traitement qui rentre dans celui de l'affection principale ; très souvent pourtant ils réclament d'autres moyens appropriés à leur nouvelle nature, comme dans la paralysie qui suit la colique saturnine, etc.
ARTICLE IX
Rechute et récidive.
La rechute est la réapparition d'une maladie dont la convalescence n'était pas encore achevée.
La récidive est le retour d'une maladie qui s'était déjà manifestée une ou plusieurs fois, et qui reparait après l'entier rétablissement du malade.
La rechute n'est pas également à craindre pour toutes les maladies. Rare dans la pleurésie, par exemple, la péritonite, beaucoup de phlegmasies parenchymateuscs ; impossible même dans certaines fièvres éruptives, elle est au contraire très facile dans les fièvres intermittentes, où, chose remarquable, elle a souvent lieu dans la seconclo semaine pour les fièvres tierces, dans la troisième pour les fièvres quartes. — Les causes des rechutes tiennent à une imprudence ou à un écart de régime, mais surtout à une tendance essentielle de la maladie à se produire, comme dans le rhumatisme articulaire, par exemple; tendance qui, jointe aux prédispositions et à l'exposition répétée aux mêmes causes morbides, constitue ce que nous avons appelé récidive. - Ce qui se rapporte aux rechutes et aux récidives se soumet difficilement aux généralités. Disons seulement que ce sont des accidents, sinon toujours fâcheux, du moins qu'il faut éviter avec soin, parce qu'ils s'accompagnent d'une faiblesse plus grande (qui fait leur danger principal) et de lésions organxyncs plus profondes.
fi]
ARTICLE X
Siège des maladies.
La détermination du siège des maladies est extrêmement importante; pas de thérapeutique rationnelle sans elle. Si ce siège est quelquefois évident pour les personnes les plus étrangères à la médecine, il est beaucoup plus ordinaire de ne les découvrir que par une observation minutieuse de tous les phénomènes morbides : encore ceux-ci sont-ils loin de correspondre à des lésions d'organes toujours identiques. L'embarras est plus grand dans ces affections nerveuses, vrais protées, où on ne trouve pas de lésions organiques : les troubles nerveux indiquent bien que ce sont les nerfs qui sont surtout affectés; mais lesquels, et où est le point de départ? Cet embarras augmente encore dans les maladies caractérisées par un trouble général, telles que les fièvres continues, dans lesquelles on ne peut découvrir d'affection locale primitive : dans tous ces cas, ce sont les lésions fonctionnelles qui doivent diriger la thérapeutique, à moins qu'il ne s'agisse de ces affections spécifiques qui, quoique occupant quelquefois tous les tissus, comme la syphilis constitutionnelle, n'admettent dans leur traitement qu'un seul remède spécifique.
Parmi les maladies, les unes sont fixes, les autres mobiles. Il en est qui n'apparaissent jamais que dans les mêmes organes; l'âge, le sexe, la constitution, influent manifestement sur leur siège, etc.
Plus l'organe affecté est important à la vie, plus la maladie est dangereuse, tontes choses étant égales d'ailleurs. On en peut dire autant eu égard à la vitalité des tissus lésés; la maladie y fait des progrès d'autant plus rapides que cette vitalité y est plus grande. Une maladie dont le siège est fixe est plus grave que celle dont le siège est mobile, etc.
ARTICLE XI
Diagnostic.
Le diagnostic est l'art de reconnaître les maladies, art aussi difficile que son importance est grande, et qui semble être plutôt un don de la nature qu'une conquête de l'art; car il y a dans lui quelque chose qui ne peut se transmettre ni par des paroles, ni par des écrits, de celui qui le possède à celui qui l'ignore.
Deux conditions principales sont nécessaires pour arriver à un lion diagnostic : 1° le médecin doit être instruit; il doit avoir des sens
bien développés et connaître tous les signes de toutes les maladies ; 2° le malade doit être intelligent et de bonne foi.
Les signes diagnostiques se tirent de l'appréciation des symptômes passés et présents, des causes, du début, de la marche delà maladie, de l'effet des moyens déjà employés contre elle, en un mot de toutes les circonstances qui peuvent se rapporter à cette- maladie. Les uns sont appelés palhognomoniques, parce que la maladie n'existe pas sans eux, ni eux sans elle ; d'autres sont dits communs, parce qu'ils se montrent dans un plus ou moins grand nombre d'états morbides. Il y en a de positifs ; il y en a de négatifs, etc., etc.
Examen et interrogation des malades (1).
Supposant au jeune médecin un air doux et calme, une mise simple et sévère, une démarche grave sans pédantisme, une tenue noble sans affectation, une parole affable et toujours décente; lui supposant également des connaissances topogTaphiques, météorologiques et médicales parfaites des lieux et des pays habités par lui et le malade; le supposant enfin instruit par le malade lui-même, ou par les parents, les amis, les voisins ou les assistants, de l'âge, du sexe, de la profession, des habitudes, des passions, du mode habituel, des fonctions organiques, de l'état ordinaire do la santé générale, des maladies antérieures, de celles qui ont atteint le père, la mère, les frères ou les sœurs; de ce qui a été fait avant son arrivée, quel en a été le résultat ; le sachant en garde contre les erreurs volontaires ou involontaires, les exagérations, les ruses et la fourberie, voici, une fois assis devant le malade, afin de le voir, de l'observer à son aise, de tenir compte de ses mouvements, de sa physionomie, l'ordre qu'il suivra dans son examen.
Où avez-vous mal? mettez-y la main. — Depuis quand souffrezvous? — Quel genre de douleurs éprouvez-vous? — Quand et comment cotte douleur a-t-clle commencé? — A quoi attribuez-vous votre mal? — Qu'avez-vous fait pour cela? — Quel bien ou quel mal en est-il résulté?
Après les premières questions, on procédera : 1° ù l'examen extérieur du corps du malado; 2° :ï celui des fonctions et des organes.
Habitude extérieure du corps. — La forme, la position, la couleur, l'odeur, la consistanco et la température de la tête, du cou, de la poi-
lu Nous avons emprunt co passage an Formulaire dei mtdccins-praticicns (1 dock'ur Foy.
trine, du ventre, des membres, ont-elles augmenté ou diminué? sontelles perverties? La poitrine et le ventre seront percutés afin de connaître et apprécier la nature des sons rendus par ces cavités.
Digestion. — La faim, la soif, sont-elles augmentées, diminuées, perverties abolies? Le goût est-il amer, pâteux, acide, sucré? La bouche est-elle sèche? On examinera l'état des dents et des gencives, le volume, la forme, la position, la consistance, la couleur, l'enduit de la langue. — On verra comment s'exécutent la mastication, la déglutition, la digestion stomacale. — On s'enquerra s'il y a ou s'il y a eu des nausées, des vomissements, des déjections alvines; de quelle nature sont ou ont été les uns et les autres ; s'il y a eu et s'il y a encore des douleurs à l'épigastre, des tumeurs, des borborygmes, des flatuosités, de la constipation ou de la diarrhée, des hémorrhoïdes, des vers.
Circulation artérielle. • — Le pouls est-il fréquent ou rare, vif ou lent, grand ou petit, fort ou faible, dur ou mou, égal ou inégal, régulier ou irrégulier, intermittent, insensible? etc. — Le malade a-t-il vomi ou craché du sang? En a-t-il perdu par le nez, l'anus, les oreilles? etc. A-t-il eu des bourdonnements, des tintements d'oreilles, des maux de tête fréquents, violents, durables ?
Cœur. — Quel son, quel choc, quels bruits fait-il entendre? Son rhythme est-il normal? Y a-t-il des palpitation?, de la suffocation, de l'essouffiement en montant, courant ou sautant, ou aux moindres émotions gaies ou tristes ?
Circulation veineuse. — Tenir compte de la qualité du sang tiré des veines ou autres vaisseaux.
Respiration. — Est-elle fréquente ou rare, égale ou inégale, précipitée ou lente, difficile, anxieuse, suffocante? grande ou petite, indolente ou douloureuse, puérile, nulle, sourde ou bruyante?
Y a-t-il du râle? celui-ci est-il crépitant, muqueux, sibilant, sec, sonore, accompagné de gargouillement? etc. De quelle nature sont le rire, le bâillement, l'éternûraent, les hoquets?
Y a-t-il de la toux? celle-ci est-elle fréquente ou rare, facile ou difficile, indolente ou douloureuse, humide ou sèche ?
Y a-t il expectoration ? Quels sont les caractères des matières expectorées ?
Exhalations. — Celles de la peau, dos membranes séreuses, muqueuses, sont-elles augmentées ou diminuées, abolies, perverties en totalité ou en partie? sont-elles naturelles, accidentelles, morbides? Le malade a-t-il eu de dartres, ln rrnle, un cautère, un vésientoiro?
94 NOUVEAU COMPEND1UM.
comment ces maladies ont-elles été traitées? Les exutoires existentils encore ou ont-ils été supprimés ? comment et pourquoi l'ontils été ?
Sécrétions.— Les larmes, la salive, la bile, l'urine, etc., seront étudiées sous le rapport de leur quantité, qualité, etc.
Absorption. — Est-elle augmentée, diminuée ou supprimée0
Nutrition. — Y a-t-il atrophie, hypertrophie générale ou partielle dans l'habitude du corps? En d'autres termes, le malade a-t-il maigri, engraissé? depuis combien de temps?
Sensation*. -~ La sensibilité, la douleur, sont-elles augmentées, diminuées, perverties, abolies?
Sens. La vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, sont-ils à
l'état normal?
Intelligence. — Est-elle augmentée, diminuée, pervertie, abohe. y a-t-il de la stupeur, de l'idiotisme, du délire? etc.
Sommeil. — Est-il bon, calme, réparateur des forces? Y a-t-il somnolence, coma, obtus, léthargie, rêve, cauchemar? etc. Le malade se couche-t-il indifféremment sur l'un ou sur l'autre côté?
Momements.— Sont-ils réguliers, sous l'empire do la volonté? ï a-t-il au contraire convulsions, contractions, raideur, crampes, engourdissements, paralysies, tremblements, etc., dans tous les membres ou dans quelques-uns seulement, dans la moitié ou la totalité de ceux-ci ?
Organes locomoteurs. — Peuvent-ils librement, facilement, exécuter
leurs fonctions?
Articulations. — Sont-elles gonflées, tuméfiées, infiltrées?
Voix, parole. — Sont-elles augmentées, diminuées, perverties ? 'i a-t-il mutisme, aphonie, pectoriloquie, égophonîe, tintement métallique? etc.
Fonctions génitales. - Y a-t-il augmentation, diminuUon, perversion suspension, dans leurs fonctions, dans la menstruation, les lochies la lactation, les flueurs blanches, l'émission des urines? quelles en sont les causes, les dates, la durée? A-t-on eu des enfants, combien? Les couches ont-elles été heureuses? eu a-t-.l été de m8me des suites? A-t-on nourri les enfants?
Tel est en abrégé, l'ordre à suivre dans l'examen desmnlnd.es. Maintenant, disons, pour terminer, que cet examen pourra être de beaucoup abrégé par kl sagacité et le tact du praticien ; que 1 mterrogatoire sera bref dans toutes les affections aignos , œllcs de la poitrine, de l'abdomen princ.rnlcmont ; qu'il sorn long et minutieux.
rapide et léger, selon les cas; les malades auxquels on aura affaire ; qu'il sera rarement permis à ceux-ci de narrer eux-mêmes leur maladie; que clans une hémorrhagie les secours de la médecine précéderont toute question au malade; que le médecin sera prudent, réservé , décent clans ses questions , ses recherches ; que ses mains devront être échauffées avant de toucher le malade ; ses doigts enduits de corps gras quand il s'agira de sonder des cavités, des ouvertures naturelles ou accidentelles ; que la circulation seraiuterrogée deux fois , car il y a , dans la pratique, ce que l'on appelle le poids du médecin , c'est-à-dire les altérations , les irrégularités produites par la présence de celui-ci, les émotions ressenties par le malade ; quelcs heures de visite ne seront pas toujours les mêmes , qu'elles devront être dictées d'avance par la nature môme de la maladie , par ses symptômes , les crises probables, etc. Enfin, insistons sur l'attention que doit avoir le praticien d'approcher le malade avec un sir débouté et d'intérêt, une physionomie calme et confiante, le sourire sur les lèvres ; de ne pas le quitter sans lui avoir adressé des paroles bienveillantes, lui avoir promis une prompte amélioration dans son état, un entier rétablissement de sa santé s'il veut être prudent, soumis au régime et au traitement nécessaires ; de ne communiquer qu'aux assistants , aux parents ou aux amis , ses craintes et les dangers courus par le malade ; de ne jamais promettre d'une manière absolue une guérison prompte ou tardive : au charlatan seule appartient un tel langage. Le véritable médecin, l'honnête homme, se borne à donner des espérances, à rassurer les parents. Ministre d'un art difficile , il sait qu'il ne guérit pas , que tous ses efforts tendent à mettre le malade dans des conditions hygiéniques , pharmaceutiques et diététiques capables d'aider les efforts de la nature , et qu'à cette dernière seulement est réservé le grand et précieux avantage de la enre des maladies.
ARTICLE XII
Pronostic.
« Le pronostic, dit M. Chomel , est le jugement que l'on porte d'avance sur les changements qui doivent survenir pendant le cours d'une maladie. La science du pronostic est celle qui fait le plus d'honneur à l'homme de l'art vis-à-vis des personnes du monde qui ne sont point en état de distinguer la justesse du diagnostic , mais qui peuvent toujours vérifier celle du jugement porté surin terminaison et Indurée
dos maladies. Aussi rien n'est-il plus propre à concilier au médecin la confiance du malade et des personnes qui l'entourent que la couGrmation du pronostic par les événements, et rien n'est-il plus nuisible pour lui que les erreurs du même genre.
« Le pronostic ne consiste pas seulement à annoncer que telle maladie fera ou ne fera succomber le malade ; il conduit encore à reconnaître , parmi les affections qui ne doivent pas entraîner la mort, celles qui se termineront par le rétablissement complet de la santé , celles qui resteront stationnaires , celles qui diminueront ou augmenteront par degrés , pendant tout le cours de la vie , à des époques qu'il est quelquefois possible de déterminer. Le pronostic s'applique aussi aux symptômes accidentels qui peuvent survenir, tels que le délire , les convulsions ; à l'époque à laquelle la terminaison aura lieu , quelquefois même aux phénomènes critiques et consécutifs , au danger des rechutes et des récidives. »
Il faut plus de temps et d'expérience pour parvenir à bien pro nostiquer que pour diagnostiquer, car il ne s'agit pas seulement de constater ce qui est , mais de prévoir ce qui arrivera. Avant tout le médecin doit avoir une connaissance approfondie des maladies ; il doit connaître la nature de la lésion, quand il en existe une, le degré auquel elle est parvenue , son siège et son étendue ; il doit tenir compte des conditions d'âge , de sexe , de complexion , d'hérédité et en im mot de toutes les causes.
M. Chomel , en praticien consommé , expose de la manière suivante, dans sa Pathologie générale , les signes pronostiques fâcheux ou favorables qui peuvent se montrer dans la plupart des maladies. Ce passage est trop important pour que nous ne le reproduisions pas en entier.
h L'habitude extérieure fournit beaucoup de signes pronostiques qui sont loin d'être sans valeur. Un changement continuel de position n'est pas inquiétant au début des maladies aiguës ; mais il l'est généralement quand il persiste pendant plusieurs jours. C'est un signe plus fâcheux encore que le malade garde sans cesse la même position, qu'il reste, par exemple, constamment couché sur le dos, comme on le veit dans les lièvres typhoïdes de forme adynamique-, c'est également un signe grave qu'il soit obligé de rester toujours assis dans son lit, comme cela a lieu dans quelques affections thoraciques. Lorsque la jactation succède à l'immobilité dans la dernière période d'une affection nigui;, c'est généralement un signe mortel, surtout si le malade se découvre et s'il fait des efforts inutiles pour se lever.
" U amaigrissement progressif qui survient dans les maladies nlgttb's
est de peu d'importance; mais, dans les maladies chroniques, il doit faire craindre une mort d'autant plus prochaine qu'il est plus rapide. — L'infiltration œdémateuse qui se montre pendant leur cours est également du plus mauvais augure. Il n'en est pas de même de Yœdème partiel, borné aux malléoles, qui se montre vers la fin des maladies aiguës, et qui se lie à l'état de faiblesse et de langueur de la plupart des fonctions : il ne présente communément rien de sérieux. — Les eschares qui se forment sur diverses parties du corps, et spécialement sur les oudroits où les os sont peu éloignés des téguments, sont d'un fâcheux présage dans les maladies chroniques ; elles le sont presque toujours aussi dans les maladies aiguës, et en particulier dans la fièvre typhoïde et dans les affections de la moelle épinière; non-seulement parce que leur apparition ajoute a l'affection première un phénomène qui en révèle toute la gravité, mais encore parce que l'eschare devient, dans quelques cas, par elle-même et à elle seule, lorsque l'affection primitive a cessé, une cause d'épuisement et de mort, par l'abondante suppuration qu'elle fournit, la dénudation des os, la résorption du pus, et dans quelques cas par l'isolement du rectum dans l'excavation pelvienne.
« La physionomie est d'un grand poids dans le pronostic ; mais elle ne parle, s'il est permis de 6'exprimer ainsi, qu'à des yeux accoutumés à l'observer. C'est un signe très favorable qu'elle conserve son expression naturelle. Une altération remarquable de la physionomie, dès les premiers jours d'une maladie aiguë, doit faire craindre que plus tard, du cinquième au neuvième jour, il ne survienne des symptômes adynamiques ou ataxiques. A une époque avancée des affections aiguës ou chroniques, une altération profonde et subite de la physionomie annonce la mort prochaine des malades. Quand cette altération des traits a lieu à une époque où la mort semblait encore éloignée, elle doit faire soupçonner le développement de quelque phleg. masie aiguë, qui, dans l'état d'affaiblissement auquel le sujet est réduit, ne donne le plus souvent lieu à aucun des symptômes locaux qui la révèlent ordinairement, et détermine seulement une aggravation soudaine de l'état général ( 1 ) . Il est rare que ceux chez lesquels on l'observe vivent plus do trois jours ; le plus souvent ils succombent dans un temps plus court encore. — L'élongation rapide du corps, qui
(I) Il importe de ne pas confondre celle altération do la physionomie avec la pâleur do la face, qui marque la cessation do la fièvre et le commencement de la convalescence. L'une et l'autre diffèrent beaucoup par elles-mêmes et par les phénomènes opposés qui les are mipagnent.
a lieu chez les jeunes sujets dans le cours d'une maladie aiguë, est encore un signe presque constamment funeste.
» Le tremblement, la raideur et les soubresauts marquent toujours du danger; la carphologie et surtout les convulsions épileptiformes ou tétaniques, la raideur des membres, sont ordinairement mortelles dans les maladies fébriles, quand elles surviennent à une époque avancée ; les convulsions qui se montrent au début des maladies , spécialement chez les enfants, et dans les affections éruptives, n'ont pas cette gravité. On doit rapprocher des convulsions sous le rapport du pronostic les mouvements désordonnés des jambes, que le malade cherche sans cesse à découvrir, quoiqu'elles soient froides ; le trismus, le rire sardonique et le strabisme. Un autre signe plus funeste encore est le mouvement presque automatique par lequel le malade cherche sans cesse à rapprocher son bras du tronc, pendant que le médecin le tient hors du lit pour examiner le pouls : nous avons toujours vu succomber les malades qui ont présenté ce signe, dont très peu d'auteurs ont parlé.
« L'aphonie est un des signes les plus fâcheux qu'on puisse observer dans les maladies aiguës. Toutefois, dans une épidémie de typhus, observée à Presbourg, en 1683, et décrite par Lsew, plusieurs des malades qui ont offert ce symptôme n'ont pas succombé. Nous avons vu également guérir quelques malades atteints d'affection typhoïde, chez lesquels l'aphonie a duré plusieurs jours. L'aphonie qui survient dans l'affection chronique de poitrine et qui persiste est toujours un signe grave, parce qu'elle fait craindre le développement de tubercules dans le larynx, et conduit à conclure qu'il en existe dans les poumons.
» L'intensité des douleurs dans les maladies ne donne pas en général la mesure du péril : les maladies les plus graves ne sont généralement accompagnées que de douleurs médiocres, plusieurs même en sont tout-à-fait exemptes; et les affections dans lesquelles les douleurs arrachent des cris, comme les coliques saturnines, hépatiques, néphrétiques, les névralgies, les rhumatismes, etc., se terminent rarement d'une manière funeste. Toutefois, dans quelques affections chroniques, les douleurs prolongées et intenses, entraînant l'insomnie, concourent à l'épuisement des forces, et rendent, par elles-mC'mcs et indépendamment de la maladie principale, le pronostic plus grave. Toutes choses égales d'ailleurs, la douleur profonde est plus fâcheuse que celle qui est superficielle , celle qui est fixe l'est davantage que cel'e nul o~.f mobile. Des douleurs trf'S fortes qui se fnnl sentir dans les
membres an début d'une maladie annoncent qu'elle sera grave; celles qui paraissent au déclin d'une affection aiguë sont de bon augure. Dans les plilegmasies , la cessation subite do la douleur, jointe à l'altération profonde de la- physionomie, indique une mort prochaine ; il est rare que l'on trouve dans ces cas, à l'ouverture du cadavre, la gangrène annoncée par la plupart des auteurs; la partie enflammée est le plus souvent en suppuration, comme ont pu facilement s'en convaincre tous les médecins qui se livrent journellement aux recherches d'anatomie pathologique.
(i Les troubles variés auxquels sont exposés les organes des sens fournissent rarement des signes pronostiques de quelque importance relativement à la terminaison de la maladie : seulement, dans quelques cas, ils sont les avant-coureurs du délire, du coma ou de quelque autre accident. La plupart des auteurs ont pensé que la surdité avait en elle-même, sous le rapport du pronostic, une certaine valeur; mais ceux-ci l'ont considérée comme un bon signe, ceux-là comme un signe fâcheux ; d'autres ont regardé comme favorable la surdité qui parait vers la fin de la maladie, et comme nuisible celle qui a lieu dès le début. A notre avis, la surdité qui est indépendante de toute lésion matérielle de l'oreille, qui apparaît comme phénomène sympathique dans diverses maladies aiguës, est toujours l'indice d'un mal sérieux : on ne l'observe point dans les maladies bénignes ; elle ne se montre que dans celles qui participent plus ou moins du caractère clinique, et spécialement dans la fièvre typhoïde. Or, en comparant la mortalité, soit parmi les sujets qui ont été atteints de surdité pendant le cours de cette maladie, soit parmi ceux qui en ont été exempts, nous avons été conduits à ce résultat que, chez les premiers, elle a été à peu près deux fois plus considérable que parmi les autres.
« Des passion douces et modérées, l'espérance, la gaîté, sont généralement des signes avantageux dans les maladies. Les passions tristes, au contraire, comme la haine, la jalousie, le découragement, le désespoir, sont du plus sinistre présage. Il est rare que les malades survivent à une affection aiguë à laquelle ils ont la persuasion qu'ils doivent succomber, à moins qu'ils ne soient hypochondriaques : dans ce cas, le découragement n'est pas un signe aussi défavorable. Nous avons eu occasion de nous en comainerc dans plusieurs circonstances, et particulièrement chez un jeune homme mélancolique qui (ut atteint d'un typhus, clans lequel nous lui avons donné des soins. Il avait, dès les premiers jours, mis ordre ;\ ses affaires, et coin-
posé pour son père une lettre fort pathétique : l'idée de la mort le poursuivit sans cesse jusqu'à l'époque où le délire parut. Souvent alors, quand ou lui demandait comment il se trouvait, il répondait brusquement : Très bien, signe que Tissot a indiqué comme toujours mortel : néanmoins la maladie se termina heureusement le quatorzième jour, et le rétablissement a été complet.
«< La sécurité ne doit être confondue ni avec le calme affecté de quelques malades, ni avec cet affaissement des facultés intellectuelles qui Ote à l'individu le sentiment de sa position, et, par conséquent, du danger qui le menace; cette indifférence absolue est un signe grave, et qui appartient spécialement à une des formes les plus dangereuses de la maladie typhoïde. Un certain degré d'inquiétude, proportionné à la gravité du mal, est la condition ordinaire de l'homme qui souffre, et la sécurité complète n'est pas chose naturelle, ni, par conséquent, rassurante aux yeux du médecin ; elle doit lui faire craindre, dans les maladies aiguës, un commencement de délire ; dans les maladies chroniques, et spécialement dans les tubercules pulmonaires, la sécurité du malade n'ôte rien à la gravité du pronostic.
« Les signes pronostiques que fournit le délire sont subordonnés à son intensité, à sa persistance, aux conditions dans lesquelles il survient. Le délire doux et passager, celui qui consiste en une simple rêvasserie dont il est facile de tirer le malade, n'a rien de bien sérieux; le délire permanent, surtout s'il est violent, s'il nécessite l'emploi du gilet de force, est un signe fâcheux ; il le devient davantage encore si le sujet est avancé en âge. Toutefois, il est des individus, même parmi les adultes, qui ont du délire dans le cours de presque toutes les maladies dont ils sont atteints, d'une fièvre éphémère, d'une simple angine, par exemple : il suffit de connaître cette disposition particulière des malades pour apprécier chez eux la valeur de ce symptôme.
« Le sommeil prolongé n'est pas inquiétant dans le cours des maladies fébriles, lorsque les malades s'éveillent facilement pour boire et pour répondre aux questions qu'on leur adresse : mais lorsqu'il faut les secouer ou crier avec force pour les réveiller, lo pronostic est sérioux.
« Lorsquo le sommeil n'est pas tout-h-fait aussi profond, il faut, pour juger la valotir do ce signe, avoir égard, comme lo recommande Piijuer, nux autres symptômes : s'ils sont dangereux, le sommeil l'est aussi ; s'ils ne le sont pas, le sommeil n'a rien de grave.
'< Un .sommeil prolongé peut Ôtre, dans quelques cas, d'un lieu-
reux présage : dans le délire qui succède aux grandes opérations chirurgicales , et dans le delirium tremens , si les malades viennent h dormir paisiblement pendant un certain nombre d'heures, le plus souvent, à leur réveil, ils ont recouvré toute leur intelligence, et ne se rappellent plus leur délire. Le coma, le carus, sont des signes très graves ; ils sont presque toujours mortels quand ils sont intenses et permanents. Ils laissent plus d'espoir quand ils ont lieu au début de la maladie, dans les cas, par exemple, d'hémorrhagie ou de commotion du cerveau , que quand ils succèdent au délire , aux mouvements convulsifs, comme cela a lieu dans les inflammations du cerveau.
« L'inappétence n'a rien de fâcheux dans les maladies aiguës, non plus que la diminution de l'appétit dans les maladies chroniques; mais dans ces dernières, le dégoftt est mauvais signe. Un appétit vorace qui survient tout-à-coup clans la violence d'une maladie aiguë ou même d'une maladie chronique, sans diminution des autres symptômes, annonce la mort dans les vingt-quatre heures, suivant Bacjlivi ; nous avons vu presque constamment la mort succéder à cette faim désordonnée, comme l'a observé ce médecin, mais quelques-uns des malades offerts à notre observation ont vécu jusqu'au second jour, et même jusqu'au troisième. C'est particulièrement dans la pneumonie que nous avons rencontré ce signe.
» La soif légère est généralement un phénomène de peu de valeur sous le rapport du pronostic ; mais une soif vive qui survient chez un individu en apparence bien portant appelle toujours l'attention du médecin : c'est souvent le premier signe d'un diabète commençant, et quelquefois d'une phthisie pulmonaire. Je me rappellerai toujours avoir vu succomber à cette maladie deux hommes parvenus à la maturité de l'âge, remarquables l'un et l'autre par la force^de leur constitution et par leur embonpoint, et chez lesquels un même phénomène, uno soif tellement vive que, chaque soir, pendant près d'une année, ils furent obligés de boire un ou deux litres d'eau, précéda la manifestation de l'affection tuberculeuse qui les a rapidement emportés.
" L'observation a fait justice de l'importance exagérée qu'on avait Attribuée aux diverses modifications que présente la langue chez Vhomme malade, relativement au diagnostic des affections do l'estomac et des intestins; elle a confirmé, au contraire, la valeur des signes pronostiques que fournit cet organe. La sécheresse, la dureté ligueuse , le rapetissement de la langue, son tremblement, la difficulté do la
sortir de la bouche, sont aujourd'hui, comme au temps d'Hîppocrate, des signes fort graves, et qui révèlent un grand péril. Les enduits divers qui, sous formes d'aphthes, de pellicules, de bouillie, couvrent la membrane muqueuse de la bouche, surtout lorsqu'ils forment une couche épaisse, et qu'ils se renouvellent aussitôt après s'être détachés, sont des signes pronostiques d'une grande valeur dans les maladies aiguës, et plus encore dans les maladies chroniques : ils annoncent dans celles-ci une terminaison presque inévitablement mortelle; ils ajoutent beaucoup dans celles-là il la gravité du pronostic, sans être aussi constamment l'indice d'une mauvaise terminaison.
« La difficulté, et surtout Y impossibilité d'avaler, sont des signes du plus funeste présage dans les maladies cérébrales et dans les affections aiguës dans lesquelles l'examen de l'isthme du gosier ne montre pas de cause à cette dysphagie. — L'hydrophobie ou l'horreur des liquides, avec contraction spasmodique du pharynx, est un signe plus grave encore, sauf les cas de grossesse, d'hystérie et de phlegmasie de l'estomac dans lesquelles ce phénomène a été plusieurs fois observé. — Cette altération de la déglulitim, dans laquelle les liquides traversent l'œsophage comme un tube inerte, et tombent avec bruit dans l'estomac, a été depuis longtemps signalée comme annonçant une mort prochaine.
« Les nausées continuelles qu'on observe dans quelques maladieaiguës sont un signe grave; elles sont souvent le prélude de ces vomissements opiniâtres de matières bilieuses, qui résistent généralement à tous les moyens qu'on leur oppose, et finissent, dans le plus grand nombre de cas, par entraîner la mort, sans que l'ouverture des cadavres rende compte, dans tous les cas, de l'intensité de ces vomissements. — Dans la dernière période de quelques maladies, telles que la péritonite et l'occlusion des intestins, la rigurgitation remplace le vomissement ; la mort est alors imminente.
« Le péril qui accompagne les vomissements de sang, de matière? stcrcoralcs, de pus, d'un liquide semblable à la décoction de riz (eho. léra asiatique) , est subordonné à l'intensité, à la persistance de ces vomissements, mais surtout au genre de maladie dont ils sont l'effet. Le pronostic ici, comme partout, est en grande partie la conséquence du diagnostics
« Le météorisme du ventre, quand il est porté à un degré considérable est toujours un signe sérieux, soit dans les maladies aiguës, comme les fièvres graves et les diverses formes do péritonite, soit
dans les maladies chroniques, où il doit faire craindre l'occlusion complète des intestins ou quelque antre lésion dangereuse.
» La constipation ne devient un signe sérieux que lorsqu'elle résiste aux moyens qu'on lui oppose, et qu'elle est accompagnée de vomissements, comme dans les diverses variétés de l'iléus, phénomène complexe, dépendant toujours d'un désordre matériel qui intercepte le cours des matières contenues dans les intestins.
« Le déi-oiement, surtout quand il résiste au régime, aux remèdes propres à le comhattrc et au temps, et quand les selles sont à la fois nombreuses et liquides, est un symptôme grave, dans les affections aiguës comme dans les affections chroniques ; il fait craindre l'existence d'ulcérations ou le ramollissement de la tunique interne de l'intestin. L'n dévoiement opiniâtre, accompagné de fièvre hectique et de sueurs matinales, est un signe presque toujours mortel; il est l'indice à peu près certain d'une affection tuberculeuse, même chez les sujets qui ne toussent pas, et chez lesquels les divers modes d'exploration du thorax ne montrent aucune lésion des organes renfermés dans cette cavité. La couleur noire, l'odeur cadavéreuse des matières fécales est toujours un signe de fâcheux augure. Les hémorrhagies intestinales, survenant dans le cours d'une maladie aiguë, sont un symptôme grave, l'observation ayant montré que cette hémorrhngie n'avait guère lieu que dans la maladie typhoïde, et qu'elle était alors suivie d'une terminaison funeste dans la moitié des cas au moins. — Les évacuations involontaires de matières fécales et d'urine sont encore, dans les maladies aiguës, un signe d'une extrême gravité, surtout quand le malade n'en a pas la conscience : elles doivent faire craindre une terminaison funeste et prochaine. Elles n'ont pas toutà-fait la même gravité lorsque les facultés intellectuelles sont troublées ; mais alors même elles ajoutent à ce qu'il y a de sérieux dans le pronostic.
« Les signes fournis par la respiration doivent être rangés parmi ceux qui trompent le moins. Lorsque la respiration est égale, libre, non précipitée, exempte de douleur et d'oppression, lorsque l'intervalle entre l'expiration et l'inspiration n'est pas trop long, et que lu malade respire bien dans toutes les positions, tout fait espérer une heureuse terminaison. Au contraire, une respiration très fréquente indique un grand danger; c'est un signe presque toujours mortel que le nombre des respirations s'élève à cinquante par minute. La respiration slertoreuse, le rfilc trachéal, sont le plus ordinairement des phénomènes d'agonie, surtout quand ils surviennent dans la dernière
94 NOUVEAU COMPEXDIUM.
période des maladies cérébrales; toutefois, la respiration stertoreuse n'est pas aussi grave dans les phlegmasies du poumon lorsque l'expectoration n'est pas interrompue. — » La respiration courte et accé- " Urée, c'est-à-dire formée d'inspirations et d'expirations petites et « qui se succèdent promptement, est du plus mauvais présage, lors « même que tous les autres signes paraissent favorables ; aussi, disait « Stoll, toutes les fois que clans les fièvres putrides ou malignes, et » même dans les inflammations de poitrine, je ne vois pas cette espèce » de respiration, je ne désespère point ; mais je n'ai vu guérir aucun « des malades cliez lesquels je l'ai observée. » — La gêne de la respiration qui se montre par accès, bien qu'elle ne soit pas exempte de gravité, est cependant beaucoup moins dangereuse que la dyspnée permanente. Dans l'emphysème des poumons on observe souvent des paroxysmes dans lesquels l'oppression est portée presque jusqu'à l'asphyxie , et rien n'est plus rare que de voir les malades succomber dans ces accès.
« Le hoquet est un signe très fâcheux vers la fin des maladies, lorsqu'il n'est pas accompagné d'un amendement notable des symptômes.
« Les crachais fournissent des signes pronostiques importants. Dans la péri pneumonie, lorsqu'ils sont séreux, rougeâtres ou semblables à du jus de réglisse ou de pruneaux, et recouverts d'une mousse légère, la maladie se termine constamment par la mort, lors même qu'elle offre sous les autres rapports une bénignité apparente. Chez les phthisiques, lorsque les crachats, après avoir été mêlés plus ou moins longtemps de pituite difjluente, deviennent tout-à-fait purulents , ou lorsqu'ils sont d'un gris sale et qu'ils exhalent une odeur fétide, la mort est généralement peu éloignée. La couleur brune et l'odeur gangréneuse des crachats annoncent une terminaison fâcheuse.
« Le pouls considéré sous le rapport du pronostic fournit des signes peu nombreux, mais importants, surtout dans les affections aiguës. C'est toujours chose rassurante que le pouls présente dans ces maladies une fréquence médiocre et un certain degré de développement. Uno fréquence considérable du pouls dénote constamment une maladie sérieuse. Si la fréquence s'élève chez un sujet adulte à cent cinquante battements par minute, et, à plus forte raison, au-delà, le pronostic est grave; si, à une époque avancée, le pouls devient irregulicr, inégal, intermittent, insensible, la mort est prochaine. L'irrégularité médiocre du pouls, sans autre aggravation dans la posi-
tion du malade, précède et annonce quelquefois un changement favorable.
» Les défaillances, les syncopes, sont souvent plus effrayantes que dangereuses, surtout quand elles surviennent chez des sujets qui ne sont pas encore très affaiblis; il n'en est plus de même quand elles ont Jieu dans les conditions contraires; elles doivent alors inspirer les plus graves et les plus prochaines inquiétudes.
» Une augmentation considérable de la chaleur dénote généralement une maladie sérieuse, surtout quand la chaleur est sèche. Le refroidissement des extrémités, puis du reste du corps, survenant dans le cours d'une maladie avec diminution des forces et aggravation de la plupart des symptômes, doit faire craindre une mort prochaine. Il n'en est pas de même du froid qui a lieu au début, et qui n'offre pas le même degré de gravité , bien qu'il soit aussi dans quelquesunes de ses formes d'un fâcheux pronostic. Les frissons irréguliers qui surviennent à une époque avancée de la maladie doivent faire craindre, soit la formation du pus dans les phlegmasies, soit sa résorption, quand il existe déjà un foyer de suppuration, à la suite des blessures et des plaies en particulier. — La suppression de l'exhalation cutanée, qu'on reconnaît à la sécheresse de la peau, est en général un signe, sinon dangereux, au moins défavorable ; la souplesso de la peau accompagnée d'une douce moiteur est au contraire une circonstance heureuse.
« Les sueurs abondantes sont généralement nuisibles ou tout au moins inutiles au début des maladies ; elles sont souvent favorables à leur déclin. Des sueurs continuelles dans le cours d'une affection aiguë produisent souvent un affaiblissement funeste, comme Cotugno l'a observé dans la fièore tabide de Naples. Les sueurs froides qui surviennent au déclin des maladies sont presque toujours fâcheuses ; nous les avons vues former néanmoins une crise favorable chez un enfant de six ans, au septième jour d'une 'péripneumonie fort grave : une amélioration prompte des symptômes locaux et généraux succéda à cette sueur froide, dont les parents avaient été très vivement alarmés.
« Les hèmorrhacjies qui ont lieu au début d'une maladie annoncent généralement qu'elle sera grave; oelles qui surviennent dans la dernière période sont rarement indifférentes : elles sont le plus souvent suivies d'augmentation ou de diminution notables dans les symptômes préexistants. L'épistaxis, le flux hémorrhoïdal et la métrorrhagie sont généralement favorables, chez les personnes sujettes,
dans l'état de santé, à ces hémorrhagic-s ; les béinorrhagies des poumons et des intestins sont ordinairement fâcheuses; celle dos voies urinaires est presque constamment mortelle, comme on l'a observé dans la variole (Sydenham) , dans la peste (Diemerbroeck), et dans la fièvre jaune.
« Les anciens médecins prétendaient que l'urine transparente et crue indiquait la longueur de la maladie ; qu'une suspension qui s'y formait par le refroidissement annonçait la fin de la maladie pour une époque plus ou moins éloignée; le sédiment, une terminaison prochaine, etc. Ces divers signes n'offrent aucune certitude. L'excrétion involontaire ou la rétention de l'urine, survenant dans le cours des maladies fébriles ou dans les affections de la moelle et du cerveau, indiquent le plus souvent un grand danger.
« L'état des forces est aussi d'une grande importance pour le pronostic. Toute affection dans laquelle leur diminution est considérable est toujours très dangereuse : leur perversion ne l'est guère moins.
« Certains épiphénomènes qui se montrent dans le cours des maladies peuvent être de quelque importance pour le pronostic ; telles sont en particulier les parotides dans les fièvres graves et dans le typhus. Le développement de parotides dans les maladies aiguës a été regardé comme heureux par les uns, comme dangereux par les autres. Hildenbrand, d'après un grand nombre d'observations, a été conduit à regarder comme favorables les parotides qui surviennent au déclin de la maladie, et comme nuisibles celles qui se montrent au début. A notre avis, l'apparition de parotides dans une maladie aiguë est ton jours quelque chose de grave qui ajoute aux inquiétudes que le mal avait jusqu'alors inspirées. Quelle que soit l'époque à laquelle parai: ce gonflement, il est, de l'aveu de tous, de fâcheux présage, lors' qu'il est porté au point de gfrier la déglutition et surtout la respiration.
« L'aspect des plaies et des surfaces sur lesquelles on a appliqué des topiques vésicants ou rubéfiants fournit aussi des signes pvonos niques. Lorsque les plaiés ont une couleur vive, et donnent un pus épais et homogène, c'est un indice favorable ; c'en est un fâcheux au contraire lorsqu'elles sont brunes, livides, noires, sèches, ou qu'elles exilaient du sang ou une sanic putride. C'est un signe très fâcheux et presque toujours mortel (1) que les vésicatoires et les sinapisincs ne
(l)M urrive trot souvent que les ilnoptdiioi cl les x'cslcatoirci no produisent aucun effet, même cliei des malades:) ni no sont pas en danger, à raison de la mauvaise qualité Oc
PATHOLOGIE GÉNÉRALE. 97 produisent aucun effet sur la partie où on les applique. C'est encore un mauvais signe que le derme se décolle des parties sousjaccntcs dans les endroits où les sangsues ont été appliquées ; nous avons vu constamment la mort succéder h ce signe en apparence peu important.
« Tels sont les principaux signes à l'aide desquels on peut porter un jugement sur les changements qui surviendront dans le cours dos maladies. Ces signes, nous le répétons, n'ont de valeur que par l'appui réciproque qu'ils se prêtent. Un seul signe, quelque important qu'il soit par lui-même, n'a de force que par le concours de plusieurs autres; le signe le plus fâcheux, s'il se présente isolément, comme on le voit dans quelques affections nerv euses, n'annonce aucun danger : les convulsions, la carphologic, l'insensibilité générale, l'horreur des liquides, Iemétéorismo, les excrétions involontaires, l'aphonie, etc , sont des signes presque indifférents dans les attaques d'hystérie, et presque toujours mortels dans les maladies fébriles. C'est donc uniquement par la comparaison de tous les signes que le médecin peut s élever à la connaissance des événements à venir.
ARTICLE XIII
Rature des maladies.
La maladie n'étant qu'une modification de la vie , un trouble survenu dans l'exercice d'une ou plusieurs fonctions , on n'en pourra connaître l'essence que quand on saura ce que c'est que le principe ntal on la vie. Or, celle-ci nous étant complètement inconnue sous co rapport, il devient complètement inutile . comme ce nous est d ailleurs impossible, de discourir sur la nature des maladies
L organisme se compose de parties liquides et de parties solides • «te la les systèmes dos humoristes et des soîidistes , les premiers faisant consister l'essence des maladies dans les altérations des liquides et leur donnant pour siège le sang, la bile ou la lymphe, etc.; les ^conds, au contraire, plaçant ce siège exclusivement dans les «ondes, qu, seuls, suivant eux, seraient susceptibles d'éprouver des «édification, de structure. Les progrès de I'anatomie pathologique •t les nnmortels travaux de Bichat donnaient gain de cause à ces icrniers en renversant le système Immoral des anciens, .lans lequel
iau sesrjuoii lireratl de leur pou d'uulion.
ies altérations de, laides étaient rattachées à une fermentation ^ ou à une putréfaction due aux seules lois physiques, sans tenu compte de î n Z née vitale. Mais, d'un autre côté , les solidistes ne voulurent ^ cette influence que dans les solides , et de ce prmcip ^ moins exclusif que le premier naquit le système de 1
u La santé et la maladie sont, dans ee système , des ffets pariés au se r ttachent à un même principe , et ce principe est l'irrita taon.
« Quand la santé s'altère , c'est toujours parce que les s— ; extérieurs destinés à entretenir les fonctions ont — é ^e— ou l'irritation dans quelque partie , ou parce quils ont manque
m: ^Lotions peuvent être troublées de deux manières , elles «Wrcent avec trop ou trop peu d'énergie.
L' Îitation est donc la cause première ou le point de départ de t d ngements qui surviennent dans la santé; les phlegma Z il hémorrhagies, les névroses, les dégénérescences de toute ^e n'Ï s^que les effets, et l'on ne doit pas les contrer cime' des maladie' , ou bien il faudra voir aussi dans la suppuration
-ut^tœ *- *- - *•
moïistes exclnsifs --—^—olltltnÎ^ Yoraano-r>h\jsiologisme, qui esc oase ,;,.„,.-« a physiologie normales et morbides, c'est-à-dire sur les dive s ISations, soit primitives, soit secondaires, qu'éprouvent le nrincioe vital et ses instruments. .
' S ici se présente la plus grande difficulté : ce»e de savoir lésais des solides ou des liquides sont les premiers affectes attraction faite toutefois de l'action «taie, car il est incontes abe qu ce e dite éprouve un changement qui précède et produit toutes les .Itération de tissu comme tous les troubles fonctionnels.
N ouvant pénétrer l'essence des maladies pas plus que celle d J+Z a pris le parti de se servir des caractères fournis pari és n tergal ctde fonctions pour grouper les uns à côte des aut, H t morbides qui en présentent d'analogues, et pour form r 1* des familles pathologiques qui aient des caractères communs
nous nous bornerons à tracer ici sommairement les grands traits de l'inflammation considérée eu général.
L'inflammation est le phénomène morbide sur lequel on a le plus écrit et duquel on a donné le plus de théories. Disons tout simplement qu'elle consiste en une irritation avec appel plus considérable de sang que des autres fluides, portée au-delà des limites compatibles avec l'exercice libre des fonctions dix tissu qu'elle occupe.
A. Ses causes sont très nombreuses et diverses. Les unes, externes, comprennent toutes les influences des agents mécaniques, chimiques et hygiéniques ; les autres , internes, sont les différents âges, tempéraments, idiosyncrasies, l'hérédité et toutes les prédisposition'; individuelles, en un mot. Il ne faut pas oublier les spécificités qui, en même temps qu'elles développent l'inflammation, introduisent dans l'économie un principe délétère qui imprime à la phlegmasie un caractère spécial.
B. Les symptômes de l'inflammation sont locaux et généraux. Les symptômes locaux, les plus importants, sont au nombre de quatre principaux, qui, réunis, sont pathognomoniques de l'inflammation. 1° La rougeur ; elle varie depuis la teinte rosée jusqu'au pourpre foncé, et même au brun noirâtre. Ces nuances sont liées surtout au plus ou moins de vascularisation des tissus, puis aux causes, à la nature et aux degrés de la phlegmasie. 2° La chaleur. Très variable aussi, elle est en général plus prononcée à mesure que l'inflammation devient plus aiguë. Souvent elle est moins sensible au thermomètre que sentie par le malade ; dans d'autres cas c'est le contraire. 3° La tuméfaction. Due à l'accumulation des fluides et surtout du sang, elle varie selon le degré de l'inflammation et la texture du tissu. Ici à peine appréciable, là, au contraire, elle double ou triple le volume de la partie malade. 4° Enfin la douleur est en rapport, généralement parlant, avec la distribution nerveuse des parties. Il est cependant des tissus qui, bien que peu sensibles à l'état normal, deviennent le siège de la plus vive douleur lorsqu'ils s'enflamment, el vive versâ. — Ces phénomènes : rougeur, chaleur, tuméfaction et douleur, résultent d'une réaction toute locale et constituent une fièvre bornée à la partie enflammée.
Les symptômes généraux de l'inflammation naissent de la mise en jeu des sympathies. — Quand l'inflammation est locale, franche et par cause externe, ils n'apparaissent jamais que consécutivement. Le premier qui se manifeste est cette réaction générale, appelée fièvre, qui lutte de concert avec la fièvre locale contre la cause morbide. Il
y a une grande variété de formes dans les symptômes généraux, suivant les sympathies individuelles; ils seront indiqués à propi - i chaque organe en particulier. — Il arrive souvent que les phénomènes généraux apparaissent les premiers. Alors de deux, choses l'une : ou bien l'affection locale est méconnue, ou bien elle a été précédée de l'introduction dans l'économie de principes hétérogènes, qui provoquent actuellement la réaction générale, comme clans les fièvres cou tinues et les fièvres éruptives.
C. L'inflammation trouble les fonctions et altère les tissus. — Lu égard aux fonctions, s'il y a sécrétion dans la partie qui doit être en flammée, cette fonction sera diminuée ou suspendue: puis, sur la fin, elle se rétablira et même s'exagérera. Le produit sécrété subira diverses modifications, ainsi qu'il a été expliqué précédemment. Dans d'autres tissus, il se formera une exsudation de matière fibro-albumineuse, qui se convertira tantôt en masses floconneuses, tantôt en fausses membranes, clans d'autres cas réunira des surfaces qui no doivent point l'être, etc. ; ailleurs il y aura exhalation purulente ; d'autres fois, enfin, exsudation sanguine, etc. Ces cfl'ets sont dus soit à l'intensité de l'inflammation, soit h sa spécificité, soit aux idiosyncrasies ou aux tempéraments, etc. En effet, on remarque que les inflammations ont chez les enfants une grande tendance à devenir coueimeuses; chez les femmes en couches, à se terminer par suppuration. Cela ne tiendrait-il pas à la prédominance de l'albumine chez les premiers, et chez les secondes, à une modification du sang et des humeurs qui feraient prédominer les liquides blancs pendant l'état d<^ grossesse et de couches? On connaît la tendance qu'ont certaines angines épidéniiqiies a se compliquer de fausses membranes, etc.
Nous disions que l'inflammation altère les tissus. En effet, ceux-ci augmentent de volume et de pesanteur, et cependant ils perdent ordinairement de leur cohésion. Ils subissent l'induration, le ramollissement, l'ulcération ou la gangrène, selon une infinité de circonstances.
I). L'inflammation a plusieurs modes de terminaison : 1" la résolution, lorsque l'absorption s'empare, des fluides épanchés et que les phénomènes inflammatoires disparaissent progressivement sans laisser de traces de leur présence ; 2" la délitescence, lorsque le sang accumulé disparait en quelques heures, sans laisser do traces non plus : mais ici cet événement coïncide presque toujours avec quelque trouble qui est survenu et l'a provoqué; 'S" la suppuration, le tissu enflammé ayant été trop altéré, nu h-s fluides épanchés étant en trop grande quantité
pour rontror dans la circulation, une partie de ces liquide se mêle au produit de sécrétion morbide qui s'établit ; 4° enfin, Vétat chronique, auquel se rapportent, comme conséquence, l'induration, le ramollissement, le sqnirrhe, l'ulcération, etc.
E. L'inflammation chronique est quelquefois la conséquence de l'aiguë, mais souvent aussi elle est primitive. Ses phénomènes sont les mémos que ceux ci-dessus relatés, sauf que leur intensité est moindre. Toutefois, les altérations de tissus que nous venons d'indiquer sont moins souvent la conséquence de l'inflammation chronique primitive que de la consécutive.
F. Le traitement de l'inflammation est basé sur deux indications fondamentales : lo combattre l'irritation inflammatoire au moyen dos antiphlogistiques directs (émissions sanguines, réfrigérants, astringents), des antiphlogistiques indirects (contro-stimulants, altérants, substitutifs, narcotiques et révulsifs, etc.); 2° combattre les effets de l'inflammation, indication qui regarde plus spécialement le chirurgien,