‹ Nouveau compendium médical a l'usage des médecins praticiens [electronic resource]Chapitre 15 sur 72 · ENFANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS

acnë. Dartre pustuleuse disséminée, couperose. — Affection pustuleuse ayant son siège dans les follicules sébacés de la peau, caractérisée par de petites pustules isolées, dont la base plus ou moins dure se résout lentement. — On en reconnaît plusieurs variétés ainsi dénommées : A. simplex, A. indurata, A. sebacea, A. rosacea, A. mentagra.

ACNE SIMPLEX. — Causes, symptômes. — Cette affection se rencontre le plus souvent dans l'adolescence et après la puberté; elle paraît être sous l'influence du travail organophysiologique dont le système génital devient le siège à cette époque. Elle se montre au front, à la face, sur les épaules et le tronc, sous forme de petites élevures rouges disséminées (A. disseminata), dont la base est ordinairement entourée d'une aréole rosée. Ni chaleur, ni douleur, à peine un sentiment de fourmillement léger. Les petites pustules, qui marchent isolément et se succèdent les unes aux autres, suppurent lentement et se recouvrent ensuite d'une petite croûte mince dont la chute met à nu un point rouge peu élevé. Quelquefois on voit des points noirâtres, saillants, dus à l'accumulation du fluide sébacé des follicules, constituer toute la maladie, ou mieux la compliquer (A. punctata).

ACNE INDURATA. — Symptômes. — Dans cette variété, les pustules se développent lentement; la suppuration ne s'y établit que dans l'espace de quinze ou vingt jours, ou mémo est nulle; mais dans l'un et l'autre cas la base des boutons reste dure, d'un rouge livide, avec participation du lissu cellulaire environnant à l'induration. Les traits du visage peuvent être altérés par cette maladie, lorsqu'elle se manifeste à la face. Durée longue, mais guérison possible.

ACNE SEBACEA. — Causes, symptômes. — C'est surtout la jeunesse qui est atteinte de cette variété, caractérisée par l'abondance extraordinaire du fluide sécrété. La face en est le siège, ordinaire ; la peau devient huileuse; le liquide sécrété prend de la consistance et forme une couche d'un aspect gras, jaunâtre, qui, d'abord molle et peu adhérente, se durcit bientôt, et quelquefois, au nez surtout, prend une couleur noirâtre. Guérison possible, quoique lente ù obtenir.

ACNÉ ROSACEA. Couperose. — Causes, symptômes. — La couperose s'observe dans l'âge mûr, principalement chez les femmes, à l'époque critique. Elle a pour siège de prédilection le nez, qui, après un léger excès de régime, après le repas ordinaire même, ou sous l'influence du calorique ou du froid, prend une couleur d'un rouge violacé, et, lorsque ces congestions se renouvellent, acquiert un volume plus considérable et se déforme. Le visage lui-même peut être atteint; la peau y devient rugueuse, inégale, les traits altérés ; des pustules s'y développent, qui suppurent difficilement et s'indurent. Cette maladie est rebelle, et d'ailleurs laisse des marques de son passage sur la peau, qui ne reprend jamais son état naturel.

ACNÉ MENTAGRA. Mentagre, sycosis menti, varus mentagra (Alibert). — Cette affection siège dans les follicules pileux du menton, etc.

Causes. — Les contacts irritants, les excès de tout genre, l'action du rasoir, surtout une prédisposition individuelle particulière.

Symptômes. — D'abord rougeurs, avec quelques rares petits boutons d'une durée éphémère. Plus tard apparition de pustules fugaces, acuminées et douloureuses, qui se couvrent bientôt d'une petite croûte peu durable. Ces pustules sont peu nombreuses et peu apparentes au début; mais elles le deviennent davantage, et s'accompagnent d'une inflammation du tissu cellulaire sous-dermique, et, plus tard, d'engorgements et de nodosités. Alors le menton est altéré dans sa. forme ; il peut survenir des pustules d'impétigo, de petits abcès, etc. Durée très longue en général; récidive fréquente.

Traitement. — Voici d'abord ce qui convient aux diverses espèces d'acné. Régime doux, I oissons rafraîchissantes, éloignement de toutes causes pouvant appeler le sang vers la tète, bains de pieds sinapisés, purgatifs de temps en temps. Dans quelques cas émissions sanguines. Topiques émollienls, et sur lu lin résolutifs.

Contre l'acné simplex, lotions avec l'eau de son, l'omul-

no NOUVEAU COMPENDIUM.

sion d'amandes amères, la décoction de semences de coing.

Étendez du collodion sur les surfaces malades (Wilson). ^

L'acné indurata réclame des moyens plus actifs, soit résolutifs ou excitants. Lotions d'eau distillée de petite sauge de roses rouges, de lavande, avec ou sans addition d'un peu d alcool- lotions et bains avec les eaux sulfureuses de Bareges, de Cauterets; bains ou doucbes de vapeur ; pommades au proto-chlorure ammoniacal de mercure, à Viodure de soufre Application d'un vésicatoire; cautérisation.

M Biett a guéri plusieurs acné sebacea par l'emploi des doucbes de vapeur dirigées pendant 15 à 20 minutes sur les surfaces malades, et des lotions narcotiques avec addition

d L "acné rosacea ou couperose est à peu près au-dessus des ressources thérapeutiques. Toute la médication doit consister dans les moyens hygiéniques.

Dans l'acné mentagra, des émollients, des sangsues appliquées au voisinage des parties affectées. Quelques laxatifs seront utiles pour calmer l'inflammation. Il importe en même temps de combattre ou d'éviter les causes, surtout de supprimer l'emploi du rasoir, la barbe devant être coupée avec

des ciseaux. . . .

Tout cela ne constitue, pour ainsi dire, que les prelim naires du traitement. Celui-ci est interne ou externe. Pour e premier, laxatifs, amers, sudorifiques ; usage de 1 eau de \ icby (Cazcnave). Pour le second, pommades résolutives au caloU au proto-nitrate ou au proto-iodure de ™™£sl Viodure de soufre à la dose de 1 à 2 gram- pour 30 d axonge MM Didot et Bazin disent avoir guéri rapidement des mon tagres rebelles à tout traitement par l'épilation suivie de 11 cautérisation des bubes pilifères.

Formulaire.

(V les médicaments sus-nommés un Met. thir.}

Liqueur de Gowland.

Deuto-cMorure demer-

0,10 cent Sel ammoniac, °'10

Emulsion cVamandcs

amères, 200 grano

Pour lotions dans l'acné indv

rata.

Solution mercuriellc.

Sublimé, 0.20 à 30 cent.

Eau distillée, 250 gran

Pour lotions-

ADÉNITE. Ganglionite. — Inflammation des ganglions lymphatiques. Nous la distinguerons en aiguë, chronique et cervicale.

ADENITE AIGUË. — Causes. — Contusions, blessures, violences extérieures de toutes sortes. Extension d'une phlegmasie siégeant dans les tissus environnants; propagation d'une angioleucite aux ganglions lymphatiques. Le plus souvent transport par les vaisseaux blancs afférents de quelque matière irritante, soit virulente ou non, puisée au dedans de l'économie, au sein des organes , à la surface de la peau, dans une plaie, etc., ou de quelque principe morbide, comme le tuberculeux, le cancéreux , le syphilitique, etc. Toutes les phlegmasies possibles, dit M. Velpeau, quelles qu'en soient la cause et la nature, sont ainsi capables de causer l'adénite.

Symptômes.— Gonflement et dureté du ganglion; douleur sourde et profonde, qui devient vive et que la pression et le moindre mouvement augmentent. La peau est chaude, mais sans rougeur au début, à moins que le tissu cellulaire environnant ne participe à l'inflammation, auquel cas les symptômes du phlegmon se combinent avec ceux de l'adénite. Celle-ci, dont le début est souvent marqué par des frissons irréguliers, de la fièvre et de l'agitation, se caractérise spécialement par un gonflement donnant la sensation de bosselures. L'inflammation poursuivant sa march aiguë, le tissu cellulaire et la peau y participent bientôt; celle-ci rougit , s'amincit, devient livide et s'ouvre pour donner issue au pus, lequel provient d'un seul ou plusieurs foyers purulents, formés, soit entre la peau et la glande, lorsque l'adénite est par cause directe, soit dans la glande elle-même, lorsqu'au contraire l'inflammation est par cause indirecte. La fluctua tion est plus ou moins évidente ou obscure, superficielle ou profonde, tantôt circonscrite, tantôt disséminée dans divers foyers distincts.

Terminaison. — La résolution est la plus favorable mais la moins fréquente. Pour peu que l'inflammation soit intense, surtout S1 elle envahit le tissu cellulaire environnant, la sup-

puration est inévitable. Après l'ouverture de l'abcès on ne voit jamais le gonflement disparaître brusquement; l'adénite, avant de disparaître, passe, dans un ordre de succession inverse , par toutes les formes qu'elle a prises en se développant. L'état chronique est un mode de terminaison de l'adénite aiguë, comme il est dit plus bas. La gangrène est rare; les métastases sont parfois très faciles. (V. Bubon.)

Pronostic— Quoique variable suivant le siège de la maladie, il n'est généralement pas grave : seulement l'inflammation laisse le plus souvent des traces indélébiles de son passage.

Traitement. — Le plus sûr moyen d'enrayer l'inflammation à son début, c'est de pratiquer une ou deux évacuations sanguines locales , aidées des applications émollientes , des bains et des onctions avec l'onguent mercuriel. M. Velpeau préconise ce dernier moyen , ainsi que le vésicatoire volant qui a pour but soit de faire rétrograder la maladie , soit de circonscrire l'inflammation, soit enfin de décider la suppuration lorsqu'il y a tendance vers l'état chronique. L'abcès étant formé, il convient de l'ouvrir de lionne heure au moyen du bistouri; on facilite sa détersion à l'aide de cataplasmes; plus tard on emploie les frictions résolutives pour dissoudre les indurations environnantes.

ADÉNITE CHRONIQUE. — L'inflammation chronique des ganglions lymphatiques est primitive, ou consécutive à l'aiguë

Causes.— Ce sont celles énumércesà l'articleprécédent, principalement une altération des liquides destinés à traverser les ganglions , quelquefois un travail morbide interstitiel latent nu obscur dans le principe, le vice scrofuleux, cancéreux, syphilitique, etc.

Symptômes. — Lorsque l'adénite affecte primitivement la l'orme chronique, la glande malade se tuméfie lentement, elle se durcit; des douleurs sourdes se manifestent dans son intérieur; la peau ne change pas de couleur, la tumeur reste mobile, el rarement on voit se développer des symptômes généraux. L'engorgement l'ait des progrès, reste stationnairc pendant un temps quelquefois très long, puis se résout , ou

PATHOLOGIE INTERNE. i ! g

bien à la suite d'une violence extérieure , d'un écart de régime, d'un violent exercice , il passe à la forme aiguë.

Traitement. — Antiphlogistiques locaux s'il existe de la douleur et de la chaleur. Si ces symptômes manquent ou ont disparu, on emploie les résolutifs , les frictions avec l'onguent mercuriel , l'iodure de potassium , l'iodure de plomb , les vésicatoires répétés, la compression, les emplâtres fondants, et enfin les moyens internes appropriés à la constitution du malade. (V. Scrofules. )

albinisme. — Décoloration générale et congénitale de la peau. Les individus qui sont atteints de cet état, plutôt physiologique que pathologique , forment , sous le nom d'albinos, une race à part dont nous n'avons pas à nous occuper ici. — L'albinisme fait partie des décolorations, du huitième ordre des maladies de la peau. (V. Peau.)

aliénation mentale. Folie. - Egarement de la raison, avec ou sans altération du sentiment et du mouvement, avec ou sans intervalles lucides.

Généralités. — Les actes des facultés de l'homme dérivent de deux sources différentes : 1» les uns , consentis , raisonnes, soumis a la volonté, naissent de l'intellect, lequel a sonsié-e au cerveau, et constituent les déterminations raisonnées ■ 2° les autres, brusques, violents , irréfléchis , non raisonnés' proviennent de l'instinct , lequel est sous la dépendance du" 8} sterne ganglionnaire, et constituent les déterminations instinctives. Voilà donc deux ordres d'actes indépendants l'un ue 1 autre, car l'instinct peut très bien exister avec absence de cerveau. Mais Us ont un levier commun , qui est la moelle epimere. En effet, celle-ci ayant pour fonction de présider à tous les actes de motilité et de sensibilité, étant en même temps au service de l'encéphale et du système ganglionnaire, on se rend compte aisément de la production des actes raisonnés et des impulsions instinctives parle pouvoir d'agirde ces deux grands centres nerveux sur ce levier commun "utre ieS actes raisonnés et les instinctifs , dont nous venons ' '"«,T,,,|il SOlirce. » y » encore les actes automatiques ^ux-cmesemanircstentqu'enl'absence des précédents et, ne

recevant par conséquent aucune influence du raisonnement ni de l'instinct, qui sont annihilés , sont nécessairement sans intention , sans but et tout-à-fait désordonnés.

Or pour se rendre compte des différentes formes de l'aliénation mentale, il importe de distinguer les uns des autres les actes intellectuels , les actes instinctifs et les automatiques.

Dans l'aliénation mentale, l'intellect est nécessairement altéré, mais cette altération offre de grandes variations. Etendue à tous les actes de l'intelligence , elle donne heu a la manie; bornée à l'un d'eux seulement, elle produit ta monomanie; lorsque l'intellect est , non pas seulement altère , ma.s annihilé, aboli, il en résulte Vidiotisme; enfin, l'instinct peut disparaître lui-même avec les dernières traces de Intelligence, et alors on voit se produire l'automatisme.

MANIE. — Tantôt elle se manifeste subitement par un délire plus ou moins général et prononcé; tantôt , au contraire, elle survient graduellement et s'annonce par un changement dans le caractère et les habitudes , par des idées 1 lizarres , etc. Quelquefois de l'inappétence, de l'amaigrissement , un mouvement fébrile, etc., accompagnent ce début; mais bientôt ces phénomènes disparaissant, il ne reste plus que le desordre de l'intelligence, qui peut offrir trois degrés différents : 1° simple exaltation intellectuelle , sans troubles bien marqués : seulement les malades babillent beaucoup et s'expriment aveo volubilité; 2° altération plus ou moins prononcée de l'intelligence, avec éclairs de raison cependant : les malades raisonnent souvent assez bien lorsqu'on fixe leur attention, mais délirent dès qu'on cesse de les interroger; 3° déraison complète: alorsles idées incohérentes sont exprimées avec violence, menaces, cris, souvent môme avec fureur.

Il nous est impossible de tracer ici le tableau ,1e la manie. Disons seulement qu'elle présente des paroxysmes plus ou moins marqués et fréquents , que les intervalles lucides peuvcnl durer depuis quelques jours jusqu'à un an cl plus. Ajoutons que les actes si extraordinaires des maniaques paraissent résulter, soit d'une altération [exagération, perversion ou abolition) des sensations , soit d'un desordre survenu dans

le principe qui transforme les sensations en idées, soit enfin d'une perversion de l'esprit telle que les malades sentent et perçoivent sans qu'il y ait rien au dehors qui impressionne leurs sens [hallucinations). Les hallucinations les plus fréquentes sont celles de l'ouïe , de la vue , du toucher.

MONOMANIE. — Délire partiel ne roulant que sur un seul ou un petit nombre d'objets. Ce n'est d'abord qu'une direction vicieuse des forces intellectuelles , qui se concentrent sur un ordre particulier d'idées ; mais plus tard l'intelligence s'altère et le délire apparaît. Fixé plus ou moins de temps sur les mêmes idées , ce délire finit par prendre de l'extension , et la maladie est une manie avec idée dominante. Donc deux formes principales de la monomanie : 1» celle dans laquelle l'intelligence n'est dérangée que sur un seul objet; 2° celle, au contraire, dans laquelle la raison s'égare sur toutes choses, mais qui se distingue par la prédominance d'une idée.

Les différentes espèces de monomanies, sur lesquelles il est inutile de nous étendre davantage, consistent dans une fausse direction (exaltation ou perversion) d'un des sentiments naturels à l'homme, d'où Yhi/pochondrie, Végoïsme, les terreurs divines, etc., soit d'un des penchants du cœur, tels que l'orgueil, la jalousie, etc. , soit d'un des instincts, tels que celui delà reproduction, soit enfin d'une des facultés de l'intelligence, telle que l'imagination, le jugement, etc.; d'où autant d'espèces de monomanies faciles à se représenter.

DÉMENCE. — ici il y a déraison persistante sur tous les sujets. L'oblitération de l'intelligence est primitive ou consécutive : dans le premier cas, elle est due aux progrès de 1 âge à l'épilepsie, l'ivrognerie, etc. ; dans le second cas, elle succède à la manie ou à la monomanie. Elle présente trois degrés : lo affaiblissement simple des facultés intellectuelles • 2° disparition de ces facultés avec conservation de l'instinct- 3° disparition de l'intellect et de l'instinct, c'est-à-dire automatisme.

Les individus en démence sentent peu; ils manquent de ces vivacitéë d'impressions qui agitent les maniaques et les jettent dans la joie, la tristesse ou la fureur. Ils se livrent

] i fi NOUVEAU COMPENDIUM.

quelquefois cependant à des mouvements de colère, mais cela dure peu : leurs actions sont guidées par des souvenirs plutôt que par des impressions actuelles. Ils sont incapables d'attention, de comparaison et de jugement.

Les troubles de l'intelligence tiennent le premier rang dans les différentes formes de la folie; mais il arrive souvent que des désordres de la myotilité, auxquels on a donné le nom de paralysie des aliénés, viennent les dominer et donner une forme nouvelle à la maladie. Dans cette paralysie, qui se montre principalement chez les déments, la langue est le premier organe affecté : les mots sont mal articulés; il y a de l'incertitude, du bégaiement. Selon M. Baillarger, on peut remarquer déjà que la dilatation des pupilles est inégale ; la langue, la commissure des lèvres, les traits du visage se dévient; la parole est presque inintelligible ; puis la marche devient mal assurée. Les jambes sont plus affectées que les bras; le rectum, la vessie, deviennent le siège de la paralysie, laquelle s'empare même des muscles de la déglutition, ce qui entraîne la mort. Tantôt, et le plus fréquemment, la lésion de l'intelligence précède celle de la myotilité; tantôt, et plus rarement, c'est le contraire qui a lieu ; tantôt enfin l'une et l'autre sont affectées en même temps.

Nous parlerons ailleurs delà folie des ivrognes et delà folie puerpérale.

Éliologie. — Les causes de l'aliénation mentale se distinguent en prédisposantes et en occasionnelles. Parmi les premières, nous trouvons au premier rang l'hérédité, la période de 20 à 49 ans, les climats chauds ou très humides, la masturbation, les passions qu'engendre une civilisation avancer, un caractère violent, l'épilepsie, etc. Pour les secondes, ce sont l'abus des boissons alcooliques, l'exposition à un soleil brûlant, les coups sur la tète, l'inflammation du cerveau, l'état puerpéral, mais surtout les causes morales, telles que le chagrin, la peur, l'ambition déçue, l'amour contrarie, etc.

Lésions anatomiques. - rci les médecins se partagent en deux camps : les uns prétendent que le dérangement des fondions cérébrales ne peut exister sans une altération phy-

PATHOLOGIE INTERNE. 117 sique préalable, appréciable ou non, du cerveau; les autres tout en admettant l'existence fréquente des lésions cérébrales,' affirment que dans beaucoup de cas elles manquent, et nient que personne ait indiqué l'altération qui serait la cause immédiate de la folie. « On a accumulé, sans esprit de critique toutes les altérations rencontrées, ou que l'on a cru rencontrer dans le cerveau des individus morts après avoir été atteints d'aliénation mentale ; on a attribué le désordre de l'intelligence et des passions à ces altérations réelles ou supposéeson a négligé de tenir compte des altérations compatibles avec 1 intégrité de l'intelligence; en ce qui concerne les altérations propres aux aliénés, on n'a pas fait la part des symptômes physiques et celle des symptômes psychiques (Leuret) „ Se Ion nous, point de désordre de fonction sans modification organique; mais reconnaissons que la pensée, dont le mécanisme nousest inconnu, nous cache aussi la causedesa défaite

- Quant à la paralysie des aliénés , la lésion qu'on trouve dans cette affection consiste le plus souvent dans une adhé-

' rence des membranes du cerveau à la substance de cet organe. Traitement. - Il se distingue en moral et en physique

- Le traitement moral de la folie se compose de moyens qui s adressent à l'intelligence et aux passions des aliénés ■ ils varient nécessairement comme celles-ci et selon le malade qui en est l'objet. Ne pouvant le formuler ici, nous renvoyons à

ouvrage dans lequel Leuret l'a exposé d'après ses vues particuneres. 1

Le traitement physique consiste dans l'emploi combiné des émissions sanguines, des purgatifs et des vomitifs, des narcotiques des antispasmodiques, des bains, douches et allusions, des révulsifs, etc.

La manie se traitera par les évacuations sanguines, les bains tiedes prolongés, les applications froides sur la tête, les laxatifs et les exutoires ; on ajoutera à cela les moyens moraux, et ceux que la connaissance des causes pourra sug-

Sonnl IeVnd;Cati°nS P°sitiv<* manquent, si les moyens rationnels ont ocboue, on peut tenter l'empirisme, et essayer les évacuants, l'ellébore, l'opium, la digitale, In belladone le

camphre. - Les hallucinations sont rebelles à la thérapeutique : le datura stramonium a été employé contre elles avec quelque efficacité par M. Moreau.

La monomanie réclame un traitement plutôt moral que physique. Le choix est abandonné au tact du médecin, qui se guidera différemment suivant que le désordre moral sera primitif ou consécutif aux lésions physiques.

La démence et la paralysie qui la suit sont au-dessus des ressources de l'art. Soins hygiéniques.

Dansl'idtotfe, traitement encore nul. On essaiera de développer les quelques idées des imbécilles.

IDIOTISME. — La faiblesse ou la privation du principe des a-ctes intellectuels , soit qu'il n'ait jamais existé (idiotisme congénial), soit qu'il ait éprouvé un arrêt de développement dans la première enfance, donne lieu à l'idiotie. Cet état comprend trois degrés : l'imbécillité, l'idiotie et l'automatisme.

Les imbécilles ne sont pas absolument dépourvus de toute idée. Us sont incapables d'apprendre à lire ou à écrire ; ils ont un langage borné et peuvent remplir quelques occupations très simples. Us pourvoient à leurs besoins du moment, et sont, pour la plupart, d'une malpropreté dégoûtante. Quelques-uns sont très enclins au vol ; d'autres, en plus grand nombre, recherchent l'union des sexes avec une sorte de fureur.

Les idiots ont la raison oblitérée, mais ils sont susceptibles de déterminations instinctives. Us évitent les sensations douloureuses, recherchent les agréables, s'occupent de la vie animale, mais sans que leurs actions paraissent guidées en rien par le raisonnement.

Chez \esautomates, ni idées, ni instinct. Ce sont des êtres réduits à la vie végétative, incapables d'aucun acte intellectuel Étrangers aux sensations douloureuses ou agréables, ils n'ont pas même l'instinct de leur conservation ; car, le plus souvent, on est obligé de les faire manger.

AMAUIVOSE- Goutte sereine. - Diminution ou abolition de la faculté visuelle. Eu égard à ses causes, on la div.se en idiopathiquc.cn symptomatique et en sympathique.

Causes. — Elles sont extrêmement nombreuses. Voici l'ordre établi par M. Vidal clans leur énumération : 1° causes directes sthèniqiies : exposition de l'œil à une vive lumière, contemplation d'objets très éclairés, de corps blancs ; usage trop prolongé des instruments d'optique ; action directe des rayons solaires, d'un éclair, sur la rétine; action des vapeurs irritantes sur l'œil, etc. ; 2° causes directes usthéniques : privation de la lumière, cataracte ancienne, etc. ; 3° causes indirectes sthéniques .-contusions et plaies du cerveau, travaux opiniâtres, colère, passions violentes, irritations des viscères abdominaux, vers intestinaux, colique de plomb, hypochondrie, menstruation irrégulière, rhumatisme, gouttes, métastases, suppressions, etc. ; 4° causes indirectes asthéniques : pertes considérables de sang ou de sperme , masturbation, frayeur, chagrins, âge avancé; grossesse, abus du café de chicorée.

Symptômes. — Presque toujours l'amaurose survient graduellement; quelquefois pourtant on l'a vue foudroyante. Dans le premier cas, les objets paraissent entourés d'un léger voile; leurs contours sont moins nettement dessinés ; ils semblent osciller, se confondre [amblyopie]- Il est d'autres altérations de la vision que nous étudierons sous les noms de hémiopie diplopie. Des corpuscules semblent voltiger devant l'œil ; il se manifeste de véritables hallucinations de la vue. Ces phénomènes augmentent par la fatigue et avec le temps; ils se montrent d'ailleurs dans un seul ou les deux yeux ; la vision s'affaiblit de plus en plus avec des alternatives d'amélioration et d'aggravation ; enfin la cécité devient complète. Alors la pupille est dilatée, immobile (ce qui n'est point un caractère constant toutefois) ; le fond de l'œil est noir, à moins qu'il n'existe une altération du corps vitré ou de l'humeur aqueuse, ce qui peut rendre le diagnostic plus embarrassant. Si l'un de yeux est plus affecté que l'autre, il peut se manifester du ■ strabisme. Le regard de l'amaurotique a quelque chose de vague, d'hébété, et son faciès revêt un teint pâle et plomhé particulier.

/ ariétés. — Tels sont les symptômes communs aux diverses espère-. Ces espèces sont extrêmement nombreuse?,

et pour les différencier, les auteurs sont entrés dans des détails sans fin, qui, malheureusement, n'ont pas eu jusquic. une grande utilité au point de vue du traitement de la mala die Toutes ces espèces peuvent se rapporter à deux, suivant Samson : A. sthéniques, A. asthéniques ; à trois, d après M. Michel : 1° A. irritatives, 2<> A. torpides, 3° A- organiques.

L'amaurose irritative se divise ensuite en congestive et nerveuse; l'amaurose torpide est Yasthênique des autres auteurs- l'amaurose organique dépend d'une altération àe la rétine, des nerfs ophthalmiquc, optique, trifacial, ou du cerveau, de la moelle épinière et du système ganglionnaire.

Diagnostic. - L'amaurose manque le plus souvent de sio-nes objectifs, et l'on s'en rapporte au témoignage du malade plutôt qu'aux phénomènes extérieurs; car la couleur de la pupille, l'immobilité de l'iris, etc., ne sont pas constantes. Cela étant posé, le diagnostic devient très important lorsqu il s ao-it de distinguer l'amaurose sthénique ou irritative de 1 asthénique ou torpide. Or, dans la première, il y a des signes de congestion vers la tète, sentiment de plénitude dans 1 orbite, turgescence de l'iris, vue de mouches volantes, de corps lumineux, de traînées brillantes, etc. Dans la seconde, au contraire, l'iris est pâle, immobile; la pupille dilatée noire; la cécité est d'autant plus marquée que la lumière est moms prononcée. Quant à l'amaurose organique, elle constitue un symptôme de plusieurs affections spéciales.

TRAITEMENT. - U se compose de moyens généraux et de moyens locaux.

j.o Moyens généraux. Us comprennent les vomitifs, les pur n-atifs le mercure, les stimulants et les toniques, ou, au contraire' les émissions sanguines générales, les antispasmodiques et les sédatifs, selon les cas, sans compter Les précautions générales, l'éloignement des causes, etc.

2o Moyens locaux. Us varient suivant la forme de 1 amaur0sc. Si celle-ci est irritative, sangsues, ventouses scanfiçes

(lcn.iei.e les oreilles, aux tempes; pediluves smapisees; lotions froides sur la tête; repos de IW,ane v.suel. Lamau-

rose inïtative nerveuse réclamera plutôt l'emploi de la belladone, des antispasmodiques, etc.

Quant à l'amaurose torpicle, elle réclame des stimulants et des révulsifs. On dirigera sur l'œil des vapeurs spiritueuses, éthérées ou ammoniacales, une lumière vive; on emploiera des collyres excitants, les vésicatoires sur la tête, le séton à la nuque, la cautérisation légère de la cornée, des liniments stimulants ou rubéfiants, la strychnine par la méthode endermique. les sternutatoires, l'électricité et le magnétisme minéral.

Les amauroses symptomatiques et sympathiques réclament avant tout la disparition des états morbides qui les entretiennent.

Pommade (Siebel).

Cérat, 0,30 cent.

Pommade au garou, 0,30 Strychnine, 0,01 à 0,05

Pour panser les vésicatoires du front dans l'amaurose torpide.

Pom maâi' a m m o n iaca le .

(V. Ammoniaque au Dict. thêr.)

Embrocation excitante (Sichel).

Strychnine. 0,25 cent.

Ether sulfurique, 1(5 gram.

Trois ou 4 frictions par jour sur le front.

Embrocation ophth. [Sicliel).

Alcoolat, de romarin, 50 gram.

— de Fioraventî, 20 Ether acétique, 5

Col lij re d Hender.ion.

Strychnine, 0,10, cent.

Acide acétique étendu, 4 gram.

Eau distillée, 30

AMÉNORRIIÉE. — Absence, suppression ou simple diminution des règles. En effet, ou les règles n'ont jamais paru, quoique la femme présente tous les signes de la puberté ; ou, ayant été bien établies, elles ont cessé de couler, soit peu à peu, soit brusquement avant l'époque de leur disparition naturelle; ou bien enfin elles ne coulent qu'en très petite quantité et vont en diminuant. Dans tous les cas, l'aménorrhée est idiopathique ou symptomatique.

Causes. - Ce sont, pour l'aménorrhée idiopathique, la leucorrhée, l'abus du coït, un refroidissement, l'immersion des pieds et des mains dans l'eau froide, l'abus des purgatifs, une constitution débile, la chlorose ou l'anémie ; d'autres l'ois, au contraire, une trop grande plasticité du sana-, une vive émotion morale, un'1 saignée intempestive, etc. Quant ù

l'aménorrhée symptomatique, on peut la rattacher à presque toutes les affections capables de déranger l'ordre ordinaire des fonctions, principalement aux maladies consomptive-: à l'imperforation du col de la matrice, aux diverses altérations de cet organe, etc. Ces causes, énumérées pêle-mêle, pour ainsi dire, peuvent être aisément rattachées à la variété de la maladie qu'elles concourent plus spécialement à produire.

Symptômes. — La suppression subite des règles peut avoir lieu sans causer d'accidents. Le plus ordinairement, cependant, la femme éprouve des douleurs dans le bassin, des coliques utérines, une pesanteur vers le périnée, du malaise, de la tristesse, des flatuosités, des troubles de la vue, du ballonnement du ventre. — A l'époque menstruelle suivante, les mêmes troubles à peu près se reproduisent, plus le gonflement des mamelles. Ces symptômes s'apaisent de nouveau pour reparaître encore à la prochaine époque menstruelle. — L'aménorrhée qui survient progressivement peut, à plus forte raison, s'établir sans donner lieu à des symptômes notables; mais aussi elle peut s'accompagner de dysménorrhée. (V. ce mot.)

L'aménorrhée devient souvent la cause de troubles divers, tels que ceux qui résultent d'un état de langueur, d'anémie ou de chlorose, lequel est tantôt primitif, tantôt secondaire ; tels que certaines affections mentales, diverses formes de névroses; quelquefois, mais rarement, la coloration bleue de la peau, l' hypertrophie de tous les tissus, dont on ne connaît que quelques cas.

La durée de l'aménorrhée ne peut être fixée ; généralement elle se prolonge d'autant moins que la suppression s'est manifestée plus brusquement. Assez fréquemment les règles se rétablissent sous l'influence d'un traitement bien dirigé ou des efforts de la nature.

Diagnostic. — Il n'offre rien d'embarrassant si on le considère d'une manière générale; niais s'il s'agil de décider si l'aménorrhée est simple un compliquée de dysménorrhée, si elle est idiopatliique ou symptomatique, il faut alors un examen plus attentif de tontes les fonctions.

Traitement. — Il faut d'abord obvier aux premiers effets de la suppression, dont le plus fréquent et le plus important est la congestion sanguine de l'utérus, au moyen de fumigations dirigées vers la vulve, d'une application de quelques sangsues au périnée, de bains de pieds sinapisés, de ventouses, etc.; mais si, vu le temps écoulé, on n'avait qu'un faible espoir de rappeler le flux menstruel, il vaudrait mieux employer d'abord la saignée et les émollients, pour revenir, vers l'époque présumée des régies, à l'emploi de ces mêmes moyens auxquels on joindra, si la cause a été un refroidissement, les sudorifiques , les excitants diffusibles (menthe, sauge, romarin, acétate d'ammoniaque), des fumigations aromatiques. — Ce traitement sera renouvelé tous les mois ou plutôt tous les vingt-cinq jours, jusqu'à la réapparition des règles, et les antispasmodiques, les narcotiques surtout pourront trouver leur indication fréquente.

C'est dans l'aménorrhée par atonie des organes génitaux que conviennent les médicaments décorés du nom à'emménagngues, tels que la rue, la Sabine, l'armoise, le safran, la menthe, la sauge, donnés en infusion ou en poudre. Si cette atonie est consécutive à la chlorose, il faut recourir aux ferrugineux. La belladone, lajusquiame, l'aconit, recommandés par divers auteurs , conviennent particulièrement dans les cas où il y a éréthisme nerveux, douleurs dans le bassin, agitation.

On a préconisé une infinité d'autres moyens, dont les principaux sont l'iode, la teinture d'iode (Trousseau), les injections ammoniacales ( Lavagne), les vapeurs d'eau et de vinaigre (Roche), le cyanure d'or (Chrestien), l'électricité, l'irritation des mamelles par le sinapisme (Pattcrson), les inhalations de chloroforme (Gibson), etc.

Fumigations excitantes. Tisane emménagogue.

Absinthe, 30 gram. Rue fraîche, 4 grara.

Armoise incisée, 30 Eau bouillante, 1,000

Eau bouillante, 1,000 A prendre par tasses ; édulcorer

Dirige/ la vapeur sur les parties sexuelles.

avec le sirop île gentiane. Si la plante ust sèche, réduire de moitié.

NOUVEAU COMPENDIU.M.

Autre.

Sabine fraîche, 2 à 3 gram.

Eau bouillante, 1,000 Ut supra.

Potion emménagogue .

Huile essentielle de

rue, 0,30 cent.

— de sabine, 0,30

ucre,

30 gram.

Eau distillée d'armoise, 160

— d'oranger, 16

F. s. a. — 1 cuillerée toutes lec deux heures.

Autre.

Eau distillée de menthe

poivrée, 60 gram.

— de rue, 60 Teinture de safran, 20 gout.

Sirop d'armoise, 30 gram.

Autre (Trousseau). Teinture d'iode, 25 à 30 gout.

Infusion de menthe, 120 grmn.

Sirop de fleur d'oranger, 30

Pilules pour rappeler les règles.

Extrait de sabine, 0,10 cent.

Aloës en poudre, 0,10

Pour 1 pilule. — A prendre 3 ou 4 par jour.

Autres (Chaumet).

Extrait de gentiane, 0,15 cent.

Aloës suceotrin, 0,15 Calomel à la vapeur, 0,05

F. 20 pilules. — 1 matin et soir.

Injection excitant".

Ammoniaque, 40 gout.

Mucilage de gomme ar. , 15 grain.

Décoction d'orge, 100 Pour 4 injections par jour.

Autres formules.

! (V. Dysménorrhée, Chlorose.)

amygdalite. Pharyngite tonsillaire, esquinancie, angine tonsillaire. — Inflammation des amygdales, s'étendant la muqueuse du pharynx et aux piliers du voile du palais.

Causes. — Comme prédispositions, l'âge adulte, le tempérament sanguin, le sexe féminin, l'hérédité. Comme causes occasionnelles, l'impression du froid aux pieds, aux mains, et au cou surtout; les variations atmosphériques, telles qu'on les observe au printemps et à l'automne ; un courant d'air, une course contre le vent, l'action des gaz irritants, etc.

Symptômes. — Le début est marqué tantôt par les symptômes locaux, tantôt par un mouvement fébrile précédé de frissonnements. Déjà se manifeste de la douleur, le sentiment d'un corps étranger et d'une certaine sécheresse dans le fond de la goi'ge, la gène de la déglutition. La douleur augmente, devient considérable, surtout dans Tact ion d'avaler; elle siège d'un seul nu des deux cotés à la fois, suivant qu'une seule ou les deux amygdales sont prises ; la pression exercée sur la

base de la mâchoire l'exaspère ; jointe au gonflement des corps glandulaires, elle rend la déglutition difficile, très douloureuse, et cependant celle-ci est continuellement provoquée par la salive et les mucosités visqueuses qui abondent bientôt dans le pharynx, et que le malade expulse par la bouche. La voix estnasonnée, enrouée, quelquefois éteinte; l'ouïe est dure à cause de la propagation de l'inflammation à la trompe d'Eustache. Il y a de la fièvre, de la céphalalgie, de l'agitation, de l'insomnie, de la soif et de l'inappétence ; l'urine est rouge, épaisse, etc. — La maladie peut aussi présenter des phénomènes de complication bilieuse, tels que couleur jaune des lèvres, vomituritions, embarras gastriques [angine bilieuse de Stoll).

L'examen de la gorge est très important ; mais il n'est pas toujours praticable, vu l'impossibilité où sont les malades d'ouvrir la bouche. Il permet de voir les amygdales, qui, gonflées, rouges, refoulent en avant les piliers du voile du palais, également le siège de l'inflammation, les débordent et se rapprochent parfois au point de ne laisser entre elles qu'une petite fente que rétrécit encore la luette tuméfiée et pendante. Souvent la muqueuse présente des points circonscrits d'une couche muco-purulente en pseudo-membraneuse blanchâtre, qui doit attirer l'attention comme pouvant annoncer une complication grave (V. Angine couenneuse), mais dont on reconnaît la nature bénigne si on l'enlève avec facilité, si l'on voit au-dessous la lacune folliculeuse où elle a pris naissance, au lieu d'une surface très rouge et saignante.

Terminaison, pronostic. — Dans la grande majorité des cas, l'inflammation des amygdales se termine par résolution au bout de cinq à dix jours; rarement elle dure plus longtemps. Lorsqu'elle est très intense, la suppuration est presque certaine. Celle-ci n'existe ordinairement que d'un seul côté; mais quelquefois, après l'ouverture de l'abcès, une inflammation suppurative se déclare dans l'autre tonsillc. Quoiqu'il en soit, cet abcès fournit un pus fétide, d'un goût très désagréable, dont l'expuition est suivie de la cessation de la suffocation. L'amygdalite passe quelquefois à l'état chronique, lequel devient cause de nouvelles recrudescences inflammatoires, d'in-

duration et d'hypertrophie de l'organe. La terminaison par gangrène est très rare, quoique l'angine gangreneuse primitive soit assez fréquente. — Le pronostic n'a rien d'alarmant malgré l'état d'angoisse et de suffocation du malade.

Traitement. — Dans les cas légers, des gargarismes adoucissants, des boissons délayantes et laxatives, des bains de pieds sinapisés suffiront.

L'emploi des gargarismes astringents peut mettre obstacle aux progrès de l'inflammation et en amener promptement la résolution. — Lorsque la maladie est plus intense, on a recours à la saignée du bras ou mieux du pied, selon M. Chauffard, si le sujet est fort, pléthorique. Ce moyen est préférable aux sangsues, qui ont en outre l'inconvénient de produire des cicatrices désagréables chez les femmes. Dans cette période aiguë, les gargarismes adoucissants sont préférables aux astringents. Dans les cas compliqués de symptômes bilieux, il convient d'administrer un vomitif, moyen non moins utile plus tard pour provoquer la rupture de l'abcès.

Si le malade peut ouvrir la bouche suffisamment, on peut scarifier les amygdales tuméfiées au moyen d'un bistouri droit dont la lame est enveloppée de linge jusqu'à une petite distance de sa pointe. Cette opération produit un dégorgement rapide et n'a pas les inconvénients que quelques personnes redoutent.

Nous ne savons pourquoi on s'est tant efforcé de varier les médications dans une maladie que l'art ne peut abréger que d'un ou deux jours (sauf les cas d'avortement par les astringents), et qui d'ailleurs est d'un pronostic favorable. Enumércr tous les moyens qu'on lui a opposés est chose impossible ici et superflue. Nous nous bornerons seulement à citer le calomel (dose altérante), la cautérisation par le nitrate d'argent, l'ammoniaque en applications externes, etc.

Gargarisme émollient. Autre (Fores tus).

(V. ce mot au Dicl. ihér.) Eau deplantain,) i20 eram

Sulfatu d'alumine, 2 a 1 gram.

— du prèle, \ ,U\< nu siiMp il ' mûre?, 90

Décoction d'orge. 125 Miel rosat, 30

l'our se gargariser sept ou huit fois pur jour.

Gargarisme alumineux (Vel-

peau

Miel rosat, 30 Alcool sulfurique, 1

Pour se gargariser deux ou trois fois par jour. Dans les intervalles on fait des applications d'alun en poudre en le portant avec le doigt sur les parties enflammées.

Eau d'orge, 120

Après la rupture de l'abcès.

Pilules altérâmes (Scelle-Montdezert) .

Calomel, 0,30 cent.

Savon amygdalin, 4 gram.

Eau, 250 Sirop de vinaigre, 30

Gargarisme résolutif.

Sel ammoniac, 4 gram.

F. s. a. 12 pilules. — 2 le matin et 2 le soir. Ces pilules, suivant le docteur Pené Vanoye, auraient parfaitement réussi dans des cas très graves et de longue durée.

Gargarisme détersif.

Eau d'orge, 225 gram.

(V. Angine, Apiithes, Muguet.)

Autres formules.

ANAPnitODisiE. — Absence de désirs vénériens et impossibilité de l'érection du pénis.

Causes. — On les divise en hygiéniques, en physiologiques et en pathologiques. Les premières consistent dans l'abus des rafraîchissants, des acidulés, des alcooliques, du café, des narcotiques ; les secondes, dans la masturbation, les rapports sexuels exagérés, les pertes de semence, les pollutions, certains sentiments excessifs, tels que la jalousie, la haine, le dégoût, l'amour violent lui-même , la faiblesse du tempérament, l'âge avancé, etc.; les troisièmes, enfin, se rapportent aux maladies des organes génitaux, principalement à l'absence ou à l'altération des testicules.

Symptômes. — La définition de l'anaphrodisic est tout l'énoncé de ses phénomènes, qui ne varient que du plus au moins ; car l'appétit vénérien peut être diminué à des degrés très divers. Il faut distinguer, toutefois, M impuissance de l'anaphrodisic ; car l'absence d'érection, qui est une cause ou un symptôme de la première, peut ne pas exister dans la seconde; de même que des désirs ardents peuvent ne pas être servis par des organes qui restent mous sous des influences morales qui causent passagèrement l'impuissance. — Chez les femmes, l'anapbrodisie n'est qu'un mot, puisque les unes n'éprouvent jamais de désirs, que d'autres mémo conçoivent sans ressentir le moindre plaisir.

Traitement. — C'est avoir dit ce qu'il y a à faire que d'avoir indiqué les causes. Si l'économie est débilitée, toniques, excitants généraux, bains froids, lotions froides sur le bassin; s'il y a épuisement vénérien, observer la continence, traiter la spermatorrhée. Souvent les moyens sont paralysés par la seule crainte de ne pas réussir : dans ces cas, où le meilleur aphrodisiaque est la confiance en soi et dans la personne qu'on aime , on peut employer quelques excitants. Quant aux cantharides et au phosphore, ce sont des médicaments dangereux dont aucune indication n'autorise l'emploi.

Pastilles aromatiques.

Proto-sulfate de fer, 5 gram.

Teinture de cantharides, 1 Sucre en poudre, 2CO Mucillage de cannelle, q. s.

F. s. a. des tablettes de 1 gr.

— Une chaque jour dans l'anaphrodisie, l'asthénie.

Poudre stimulante.

Sucre vanillé, 50 gram.

Cannelle Muscade Ambre gris, 2

Divise/, eu 16 paquets. — 2 ou 3 par jour contre l'anaplirodisic.

Potion stimulante.

Teinture de vanille, ) , „

. ,, aa 10 gram.

— de cannelle, \

Vin blanc généreux, 150 gram.

Sirop de sucre, 50

A prendre en une ou plusieurs

luis.

Potion phosphorée (Soubeiran).

Ether phosphore, 4 gram.

Eau de menthe, 64 Sirop de gomme, 64

F. s. a. — A prendre par cuillerée toutes les heures.

Tablettes mogoles.

Sucre en poudre, 100 gram.

Gomme arab. eu p.

Extrait d'opium, Girofle en poudre, \ Macis, — | aa Muscade, — ) Musc, — 0,25 cent.

Mêlez et ajoutez eau distillée q. s.

F. îles tablettes de 3 décigr. — 2 ou trois en se couchant pour exciter les forces et faciliter la digestion.

Tablettes de Gentj-seng, dites diablotins.

(V. ces mots au Dict. thér.)

60 ara m.

anasvhque. Leucophlegniasie, hydropisie générale, hydroderma. — Infiltration séreuse du tissu cellulaire en général, par opposition au mol œdème, qui s'applique à l'hydropisie limitée de ce même tissu. — L'anasarque doit être

distinguée en primitive ou idiopathique el en consécutiv i

symptomatique. La première est très rare, tandis que la secondc est très fréquente. Comme toute hydropisie. elle est active, passive ou mécanique.

Causes. — L'anasarque primitive est le résultat du défaut d'équilibre entre l'absorption lymphatique et l'exhalation; elle survient sous l'influence de l'action du froid sur la peau en sueur, de l'ingestion de boissons glacées, de la suppression de la transpiration, et elle consiste, suivant les uns, dans une irritation inflammatoire des aréoles du tissu cellulaire (anasarque active); suivant d'autres, dans une modification de vitalité des vaisseaux absorbants ou dans une gêne de la circulation lymphatique, due elle-même à une altération de l'influx nerveux. — Quant à l'anasarque symptomatique, la plus fréquente et la seule peut-être qui existe, son étiologie se confond avec celle de l'hydropisie. (V. ce mot.)

Symptômes. — L'anasarque primitive, active, dont il est spécialement question ici, débute rapidement, tandis que l'œdème général symptomatique se développe avec lenteur, sourdement. Ce début est précédé de frissons irréguliers, de gêne delà respiration, due à ce que les poumons sont les premiers œdématiés (Abercombrie) ; il y a aussi anorexie, soif, urines rares et sédimenteuses. Les parties infiltrées sont le siège d'un gonflement et d'une tension qui peuvent être considérables, quoique moins prononcés en général que dans les cas d'bydropisie symptomatique. La peau est d'autant plus rosée que l'anasarque est plus rapide; si celle-ci se prolonge, elle pâlit, prend un aspect luisant. La région où commence l'œdème est variable; la pression avec l'extrémité du doigt n'y laisse pas une empreinte qui dure aussi longtemps que dans les cas de lésion organique profonde. Ces symptômes s'accompagnent de réaction fébrile, de courbature, de sécheresse de la peau, de dyspnée etc.

Dans l'anasarque si/mpiomatique, l'œdème commence par les extrémités inférieures, remonte peu à peu, gagne le scrotum ; puis, avant de devenir général, se manifeste aux paupières, h la face. La tuméfaction est molle, pâteuse; la peau est d'un blanc terne, tendue quelquefois au point qu'elle devient douloureuse et laisse suinter de la sérosité; les membres deviennent informes. S'il existe des phénomènes de réaction générale, ils sont dus à l'affection organique qui produit l'hydropisie. De temps en temps surviennent des diar-

rhécs séreuses qui, si elles soulagent pour un moment les malades en facilitant la respiration par la diminution de l'infiltration, ne laissent pas que de les affaiblir de plus en plus en altérant la composition du sang.

Terminaison, pronostic. — L'anasarque idiopathique se tei mine dans l'espace de quelques jours, et est sans gravité. Ou a cependant constaté, dit-on, des cas de mort précédés de symptômes cérébraux, dus à une sorte de métastase séreuse. — Lorsque la maladie est symptomatique , son pronostic, beaucoup plus grave, est soumis à celui de la lésion principale : l'infiltration diminue ou augmente selon la marche décroissante ou progressive de celle-ci. Généralement, les malades succombent aux diarrhées répétées, aux érvsipèles gangreneux de la peau distendue outre mesure, à un hydrothorax consécutif à l'infiltration générale, à l'asphyxie, etc., quand ce n'est pas la lésion primitive elle-même (anévrysme, néphrite, hépatite, etc.) qui devient cause directe de mort.

Traitement. — L'anasarque idiopathique guérit facilement et souvent spontanément. Cependant lorsqu'il y a des symptômes généraux, la saignée générale est utile, soit pour com battre la modification organique d'où provient la surexbalation du tissu cellulaire, soit pour affamer les vaisseaux absorbants. La plupart du temps on se borne à l'emploi des diurétiques, tels que le nitrate et l'acétate de potasse, aidé ou non, selon les cas, de celui des purgatifs doux, des bains de vapeurs, des fumigations de baies de genièvre, etc.

Formulaire.

(V. llYDROrlSlE, ŒDEME.)

, anémie. Hydrémie, hydroêmie, hypémie, olygaimie, ''. maladie des mineurs. — Diminution dans la quantité du 'sang, principalement dans les globules, et augmentation du sérum. C'est l'état diamétralement opposé à la pléthore.

Causes. — Au premier rang sont les perles de sang surabondantes (saignées répétées, hémorrhagies) , une nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité, l'habitation dans un lieu sombre et mal aéré, le défaut d'exercice, etc. (anémie idio-

pathique); les maladies chroniques de longue durée, les cachexies avancées, certains empoisonnements miasmatiques du sang, comme chez les mineurs, les fébricitants, les ouvriers qui manient le plomb , la diminution de l'albumine dans ce liquide (ané. symptomatique).

Symptômes. — Pâleur de la peau et des muqueuses, décoloration des tissus, mollesse et bouffissure. Ces phénomènes sont plus ou moins prononcés suivant le degré d'abaissement du chiffre des globules. Faiblesse, essoufflement au moindre exercice, tendance à la somnolence. Les battements du cœur sont bruyants, éclatants; l'on perçoit un brait de souffle, de ronflement, de diable dans les artères de la partie supérieure du corps. Le pouls est faible, petit, assez vif cependant. Comme dans la chlorose, il survient un état d'éréthisme nerveux plus ou moins prononcé, des palpitations, des migraines, des douleurs névralgiques. A un plus haut degré, ce sont des syncopes, des étourdissements, des troubles intestinaux, l'infiltration du tissu cellulaire, qui dénote en même temps, selon MM. Becquerel et Rocher, une diminution dans la proportion de l'albumine du sang.

Marche, durée, terminaison. — L'anémie débute lentement, excepté dans les cas de déplétions sanguines considérables; la durée est longue, indéterminée, soumise d'ailleurs à la persistance ou à l'éloignemcnt des causes. Sa terminaison fâcheuse, qui est rare, est précédée d'anasarque, de diarrhées, etc. Lorsqu'elle dépend de lésions organiques, son pronostic relève de celui de l'affection primitive.

Traitement. — Le premier soin est d'éloigner les causes, de faire cesser leur action si cela est possible ; cette seule précaution, dans bien des cas, fera cesser l'anémie, si le régime est d'ailleurs fortifiant. — Il faut donc relever les forces, reconstituer le sang : les amers, les ferrugineux, les viandes rôties, le vin vieux, les frictions, etc., tels sont les moyens qu'on emploie dans ce but.

Dans les cas extrêmes où le moindre mouvement détermine des syncopes, et où la perte sanguine a été subite et considérable, il faut placer les malades dans la position hori-

132 NOUVEAU COMPKNDIL'il.

zontale, retenir la plus grande quantité de sang possible au c entre circulatoire en appliquant des ligatures sur les bras et les cuisses.

Les accidents nerveux ne reconnaissent pas ici de meilleurs antispasmodiques que le fer et les analeptiques. Les opiacés peuvent cependant avoir leur utilité contre les douleurs névralgiques, ainsi que le sulfate de quinine, si les accidents offrent de l'intermittence.

Formulaire, (V. Chlorose.1]

ANËVRISME. — Quoique ce mot signifie dilatation, nous le conservons pour désigner et l'hypertrophie du cœur avec diminution ou dilatation de ses cavités, et l'atrophie de cet organe avec dilatation de ses parois. — On distingue les anévrismes en vrais et en faux. Ces derniers diffèrent de l'anévrisme vrai en ce qu'ils s'accompagnent d'une solution de continuité de l'une des parois du vaisseau ; ils sont d'ailleurs du ressort de la chirurgie.

Nous n'avons donc à nous occuper que des anévrismes vrais, et seulement de ceux du cœur et de l'aorte.

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