‹ Nouveau compendium médical a l'usage des médecins praticiens [electronic resource]Chapitre 27 sur 72 · ENTÉRITE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

ENTÉRITE DES ENFANTS

DIARRHÉE SYMPATHIQUE. — Elle comprend : 1° la diarrhée de la dentition (V. Accidents de la dentition) ; 2" la diarrhée métastatiqtie, laquelle succède à la suppression de quelque flux habituel, d'un exanthème, ou au transport métastatique d'une affection goutteuse ou rhumatismale sur les intestins. Cette espèce de diarrhée peut être supplémentaire; dans ce cas, elle doit être respectée.

Traitement. — Voir plus haut.

DIARRHÉE CRITIQUE. — On a vu des flux intestinaux coïncider avec la guérison rapide de quelques maladies et surtout des diverses hydropisies. Ces flux sont ordinairement séreux, et d'ailleurs assez rares en tant que considérés comme critiques. Cependant on a vu encore des diarrhées bilieuses et même sanguinolentes (V. Entérorrhagie) se manifester comme effet critique de certaines maladies aiguës, et les juger favorablement.

Traitement. — On doit respecter la diarrhée critique, à moins qu'elle ne présente quelque inconvénient.

diphtïieiute. — Nom donné par M. Bretonneau à une phlegmasie spéciale des muqueuses et de la peau, caractérisée par la formation à leur surface d'une exsudation de lymphe coagulable et de fausses membranes. Cette affection générique comprend le croup et les angines couenneuses et malignes.

Causes. — L'inflammation diphthéri tique est subordonnée à un état général particulier dont dépend sa spécificité. On a supposé que cet état de l'économie était dû à l'influence de certaines conditions d'humidité ou de situation topograpbique ; mais la maladie sévit sur les lieux élevés, comme dans les

endroits bas et humides. Quelquefois sporadique, la diphthérite est plus souvent épidémique : si elle est contagieuse, ce n'est qu'à un faible degré.

La cantharidine appliquée sur la peau donne lieu assez souvent aux phénomènes de la diphthérite; mais, dans ce cas, la maladie est toute locale : elle naît et meurt sur les points

Ul Symptômes. - Us diflèrent selon que la diphthérite affecte les muqueuses ou la peau. - 1- Diphthérite des muqueuses. Apparition d'une rougeur circonscrite au début, laquelle se recouvre d'un mucus coagulé , demi-transparent, s étend de | proche en proche et envahit quelquefois en peu d'heures de grandes surfaces. Le mucus concrété devient opaque et donne heu à une concrétion blanchâtre, épaisse, de consistance ment braniforme, qui se détache facilement. La surface qu elle recouvre est d'un rouge pointillé, plus foncée à sa périphérie qu'au centre. Elle se ranime bientôt après son dépouillement : : les points les plus rouges laissent transsuder du sang. L'enduit concret se renouvelle; il adhère de plus en plus, acquiert: souvent une épaisseur de plusieurs lignes , et passe successivement du blanc jaunâtre au fauve, au gris et au noir. La transsudation sanguine devient plus facile... Enfin les surfaces organiques s'altèrent; des érosions, des ecchymoses se forment aux points soumis à quelque frottement ; es concrétions se corrompent : elles exhalent une odeur infecte; e les se détachent et tombent en lambeaux en simulant des parties sphacélées , quoique presque jamais il n'y ait gangrené. La diphthérite se montre surtout aux parois buccales, aux amygdales au voile du palais, au pharynx et aux voies laryngiennes On pêut dire môme que son caractère saillant est de tendre à envahir les voies aériennes.

2o Diphthérite cutanée. Dans le cours dune épidémie d( diphthérite, on voit souvent les endroits do la peau qui son excoriés, piqués ou coupés, ou bien privés del'^derme p» les vésicatoires ou de quelque manière que ce soit offin le, phénomènes de la diphthérite. La plaie devient douloureuse l en suinte une sérosité incolore et fétide qui se convef t. bientôt en une couenne grisâtre et mollasse. Le mal ne se-

tend pas ; il reste des mois entiers stationnaire. Quelquefois pourtant le derme se recouvre d'une sorte de couenne blanche, analogue à celle qui s'observe anormalement sur les vésicatoires Un érysipèle se développe autour de la partie excoriée , et cet érysipèle se couvre de vésicules auxquelles succèdent des plaques couenneuses qui propagent la maladie. Minces d'abord, les concrétions s'épaississent de plus en plus; ; leurs couches les plus extérieures se putréfient , deviennent [noirâtres, infectes, etc.

Pronostic. — La diphthérite ne s'accompagne pas généralement de phénomène de réaction intense; cependant c'est une affection fort grave, surtout dans les temps d'épidémie.

Traitement. — En thèse générale , les antiphlogistiques sont insuffisants , souvent même nuisibles. Leur emploi ne peut avoir des avantages que dès le début. — Le calomel pairaît être utile à dose altérante. (V. Croup.)

La médication locale est la plus importante comme la plus utile : elle consiste dans des applications de poudre d'alun , de calomel; dans l'emploi de collutoires astringents et mieux caustiques. Les toniques et les amers sont utiles vers la dernière période.

Il faut attacher une grande importance à la prophylaxie ; il faut fuir les lieux où règne l'épidémie.

diplopie. — Altération de la vue qui fait apparaître dou- ,ble chaque objet qu'on regarde, et qui dépend le plus souvent de la direction vicieuse des axes oculaires, quelquefois d'une véritable névrose de la rétine.

Causes. — D'après ce qui précède, la diplopie est ordinairement symptomatique du strabisme, de taches à la cornée , de lésions à l'iris, d'une altération des milieux transparents de l'œil ou du cristallin , d'un état de congestion cérébrale ; elle peut être idiopathique , c'est-à-dire due à une simple névrose; sympathique d'un embarras gastrique, de la présence de vers dans les voies digestives, etc.

Symptômes. — Les uns sont physiques et se rapportent aux altérations des diverses parties de l'œil ; les autres, physiologiques, consistent dans ce fait, que les objets sont vus

doubles , mais que l'image fausse est ordinairement moins | nette nue la réelle; que la diplopie se manifeste dans le regard binocle ou monocle , suivant sa nature ; que, suivant la cause, il y a ou non céphalalgie et autres troubles physiolo- I giques.

Traitement. - On le dirige contre la cause, dans la diplopie symptomatique; contre le trouble nerveux, dans le cas contraire. Ici le traitement est local (vésicatoires , ventouses, pommades éruptives , vapeurs d'ammoniaque sur 1 œil) , ou général (émissions sanguines, vomitifs, etc.).

DYSMÉNORRHÉE. Règles difficiles ou laborieuses. - Difficulté plus ou moins douloureuse de la menstruation. Elle est idiopathique au symptomatique.

Causes. Dans le premier cas , constitution nerveuse , habitudes sédentaires , excès vénériens , affections de 1 ame , célibat, continence; dans le second cas, congestion , inflammation et maladies organiques de l'utérus, déviations de cet organe; quelquefois plasticité trop grande du sang. La dysménorrhée est surtout fréquente dans les premières années de la menstruation.

Symptômes. - L'écoulement menstruel s établit difficilement- quelques jours avant, un malaise particulier des douleurs dans le bassin annoncent qu'il va s'opérer. Ces dou-j leurs augmentent jusqu'à ce que le sang se montre ; e s consistent dans des tiraillements, des élancements ï H M téralgie) , qui s'irradient dans les lombes et les cuisses elles S ompagnent souvent de migraine, de névralgie mtercos-j al ou lombo-abdominale , de tension douloureuse aux quelquefois de nausées ou de vomissements, de défaillances* de svncones et de divers accidents hystériques. Le sang pa-;

goutte, ou au — abondamment très rouge, tantôt muco-séreux. Son écoulement etabh , te accidenté diminuent ou cessent. Il n'y a point do lièvre, a mom de complication. Ajoutons qu'il reste à déterminer pourM diagnostic, la condition organique dans laquelle s'est dévelop pée la dysménorrhée.

Durée, pronostic. - La dysménorrhée est assez rebelle au.

moyens thérapeutiques. Elle n'a rien de grave en soi , mais elle se rattache souvent à des altérations de matrice qui peuvent avoir les plus sérieuses conséquences.

Traitement. — Pour le formuler d'une manière rationnelle, il faut nécessairement tenir compte des causes. — La dysménorrhée idiopcrthique dépend-elle d'un état de pléthore et de plasticité sanguine 1 saignée , délayants , bains alcalins dans l'intervalle des règles; carbonate de soude en boisson. Est-elle due à une névralgie utérine ! opium, camphre, castoreum, éther, à l'intérieur ou en lavement, aidés ou non des infusions de mélisse , de menthe , d'armoise , de feuilles d'oranger. S'il y a état hystérique général, valériane, assa fœtida, exercice, calmants; état atonique de l'utérus : fumigations d'armoise, pilules d'aloès, ferrugineux entre les époques , etc.

La dysménorrhée symptomatique ne pourra céder qu'à la disparition de la maladie de matrice qui l'entretient. (V. Métrite, Déviations de matrice , Aménorrhée.)

Pilules contre la dysménorrhée (Pigeaux).

[ Opium brut, 0,05 cent.

I Camphre, 0,30

F. 2 pilules. — 1 matin et soir.

Autres.

i Poudre de castoreum, -Igram.

: Camphre, 0,50 cent.

: Extrait d'opium, 0,50 i Rob de sureau, q. s.

F. 12 bols. — 2 toutes les six t heures.

Potiun ammoniacale.

Esprit de Mindei-erus, lOgram.

Eau dist. de mélisse, 100 • Sirop d'éther, 20 — de fl. d'oranger, 20 M. — En quatre fois, d'heure

en heure, pour dissiper les douleurs et la dysménorrhée.

Lavement (Lisfranc).

Eau de guimauve, 20gram.

Laudanum de Syd.,4 à lOgoutt.

Camphre dissous dans

unj. d'œuf, 0,15 àû, 30 cent.

Le prendre presque froid en se couchant.

Autre.

Assa fœtida, 8gram.

Décocté de pavot, 500 Dysménorrhée hystérique.

Autres formules.

(V. Aménorrhée, Hystérie, Chlorose.)

DYSSEnteiue. Flux de sang, colite épidémique. — Fréquence plus ou moins grande de selles muqueuses, mucososanguinolentes et même parfois entièrement sanglantes, avec douleurs de ventre, ténesme, malaise, etc. Cette maladie est

29<i NOUVEAU COMPENDIUM.

inflammatoire, puisque l'on trouve , après la mort , la muqueuse épaissie, mamelonnée, ses follicules ulcérés, etc.; mais cette inflammation a quelque chose de spécial et d'inconnu dans sa nature.

Causes. — La dyssenterie est sporadique ou épidémique. Dans le premier cas, ses causes sont les excès, les passions \ tristes, l'usage des crudités, des fruits verts ; l'inspiration de | matières putrides, etc.; dans le second cas, elle naîtordinai- jj rement à l'automne après un été très chaud , ou bien dans les lieux d'encombrement, dans les prisons, les vaisseaux, etc., surtout lorsque les privations, le manque de soins, les aflections morales tristes y régnent. Cette maladie se montre contagieuse dans le foyer d'infection.

Symptômes. — On distingue la dyssenterie en légère ou H non fébrile , et en grave ou fébrile.

1° Dyss. légère. C'est celle qu'on observe lorsque l'affec- | tion n'est que sporadique. Ses symptômes , qui se rapprochent beaucoup de ceux de l'entérite, consistent dans des douleurs, des tortillements dans le ventre, accompagnés de j besoins et d'efforts de garde-robe très fréquents, douloureux et le plus souvent illusoires , avec la sensation pénible , anxieuse, d'épreintes à l'anus. Les matières expulsées sont d'abord stercorales, puis elles deviennent muqueuses, sanguinolentes ou mêlées de concrétions membraniformcs. Il y a de la faiblesse, de la sensibilité au froid, de l'anorexie, du i découragement. Le pouls est normal ou faible, ralenti, quel- • quefois plus fréquent.

2° Dyssenterie grave. L'invasion est lente ou subite : dans il le premier cas, elle est précédée de malaise, d'inappétence, , de diarrhée; dans le second cas, un frisson ouvre la scène; j tantôt la maladie commence par les symptômes locaux, tantôt ! au contraire ceux-ci ne surviennent qu'après les symptômes ; généraux; quelquefois enfin, dans les épidémies très intenses, les malades passent subitement de la santé à l'état le plus ■ grave. Coliques violentes, selles liquides, d'une fréquence extrême ; ténesme considérable qui porte les malades a se présenter jusqu'à cent et deux cents fois à la garde-robe dans les vingt quatre heures; sentiment de douleur, de cuisson,

de brûlure à l'anus. Les matières rendues sont glaireuses ou sanguinolentes, purulentes même dans les cas très graves et qui revêtent un certain caractère de chronicité; quelquefois elles contiennent des débris pseudo - membraneux offrant plus ou moins la forme de l'intestin , et qui ont fait croire à l'expulsion d'une partie de cet organe ; souvent elles sont d'une fétidité extraordinaire. La soif est vive, la peau sèche, le pouls petit et la face altérée ; les forces sont déprimées ; les malades se refroidissent, se pelotonnent; leur respiration s'embarrasse et ils meurent.

Durée, terminaison, pronostic. — Les symptômes de la dyssenterie légère se dissipent au bout de quatre à six jours au plus ; ceux de la dyssenterie grave ont plus de durée. La première se termine presque toujours favorablement; mais c'est tout-à-fait le contraire pour la seconde, surtout lorsqu'elle règne épidémiquement dans les camps, les prisons, etc. L'affaiblissement et le ralentissement du pouls, la prostration et l'altération profonde des traits annoncent une mort prochaine.

Traitement. — Pour l'instituer, il faut avoir égard à la division établie.

lo Dyssenterie légère : solution gommeuse , eau de riz , eau albumineuse, tisane de cachou, décoction blanche; bains entiers ou demi-bains émollients, demi-lavements laudanisés et amidonnés, diète. Dans les cas où le pouls serait plein, fort, fébrile, on pourrait ouvrir la veine. On appliquera des sangsues en grand nombre sur l'abdomen , si les douleurs sont aiguës avec réaction. L'ipécacuanha administré , au début, à dose vomitive, lorsqu'il y a des symptômes bilieux, suffit souvent pour enrayer la maladie. 11 faut insister d'ailleurs sur les moyens précédents.

2° Dyssenterie grave : c'est encore à l'opium, à l'ipéca., à l'eau albumineuse qu'il faut accorder sa confiance ; les opiacés unis aux astringents, voilà, quoi qu'on en ait dit, les meilleures préparations. On combattra l'adynamie par les toniques.

Mais on a préconisé contre la dyssenterie bien d'autres moyens, dont la simple énumération serait trop longue ici.

Nous mentionnerons cependant les principaux, qui sont, par ordre d'importance , les sels neutres , le nitrate d'argent, le calomel , la noix vomique, l'acétate de plomb, l'eau de chaux.

Les auteurs ont reconnu une dyssenterie chronique, qu'ils n'ont point rigoureusement définie et dont l'existence nous semble problématique. Ce n'est pas qu'on ne rencontre des selles fréquentes, muco -purulentes, avec dépérissement lent, mais ne sont- elles pas plus souvent l'effet d'altérations intestinales diverses que la continuation d'une dyssenterie aiguë primitive passée à l'état chronique 1 (V. Entérite.}

Formu laire.

(V. Diarrhée, Colite, Entérite.)

Eau albumineuse (Boudin).

Blanc d'oeuf, n° 5 ou 6.

Eau, 750gram.

Sucre, 45

Mettez dans une bouteille, agitez quelque temps en y ajoutant quelques grains de plomb pour mieux opérer le mélange. On peut ajouter :

Laudanum de Syd., 8 à lôgoutt.

Potion avec blanc d'auf (Ricord). Eau de laitue, 60 gram.

Sirop diacode, 30 Blanc d'œuf, n° 1 ou 2.

M. — Diarrhée, dyssenterie subiiiguë.

Potion antidyssentérique.

Ipéca., 8 grain.

Eau, 375

On partage l'eau en 3 parties, et chacune d'elles sert à faire une décoction. Quantité totale du produit, 192 gram.

Sirop de gomme, 60 gram.

En 3 fois à 3 heures d'intervalle. — Dyssenterie et diarrhée chronique. Médicament énergique très efficace.

Lavement irritant (Trousseau).

Nitrate d'argent cristallisé, 0,26 c. à lgram.

Eau distillée, 400

Pour un lavement. — Dyssenterie aiguë.

Lavement au nitrate d'aryent (Masselot et Follet).

Nit. d'arg., 0,10 c. à 1 et 2 gram.

Eau, q. s. pour un lavement.

Autre (Trousseau).

Nitrate d'argent, 0,25 cent.

Eau, 200 gram.

Potion purgative (Bretonneau).

Sulfate de soude ou

de magnésie, 8 à 16 grarn.

Potion simple, 100 Potion à la noix vomique [Hufeland).

Extr.de noix vomique, 0,50 cent.

Mucilage de gom. ar., 30 gram.

Sirop de guimauve, 30 Eau de sureau, 180

Hufeland employait encore la noix vomique en poudre, 0,8décig.

par jour, ou en extrait, 1 à 2 décig.

Tisane de noyer (Scotti).

Extr. de noyer préparé a\ec lc3

feuilles vertes et le brou do

noix, 8 à 12 gram.

Limonade minérale, 1 ,000 gram.

Un demi-verre quatre fois par

jour dans la dyssenterie ou la Une prise pareille toutes les 2

diarrhée chronique. ou 3 heures dans la dyssenterie.

Poudre d'arnica (Hufeland). chronique.

Rac. d'arnica en p., l,5décig.

ÉCLAMPSIE. — On désigne sous ce nom les convulsions idiopathiques, essentielles ou symptomatiques qui surviennent : 1° chez les enfants ; 2o chez les femmes enceintes ou en couches.

ÉCLAMPSIE DES ENFANTS. — Convulsions qui, bien que rappelant celles des affections épileptiformes, ne présentent pas exactement les caractères de l'épilepsie.

Causes. — La première enfance, le sexe masculin, l'hérédité, le volume relativement prononcé de la tète, telles sont les prédispositions; les émotions morales, la frayeur, la jalousie, les vers intestinaux, l'impressionnabilité de la nourrice, l'imitation, telles seraient les causes occasionnelles. De plus, les convulsions symptomatiques, qui ne sont pas les moins fréquentes, peuvent dépendre d'une foule de maladies diverses, depuis la constipation, la difficulté de la dentition, l'indigestion, la simple fièvre, jusqu'aux phlegmasies des viscères les plus importants. L'albuminurie dont on a remarqué la coexistence dans l'éclampsie serait-elle cause plutôt qu'effet ?

Symptômes. — Certains auteurs ont établi une distinction entre l'éclampsie et les convulsions proprement dites : cellesci auraient leur siège dans le système cérébro-spinal, celle-là dans le grand sympathique. Cette distinction est possible, mais les deux formes se confondent le plus souvent, et le mot convulsion n'exprime maintenant qu'un symptôme qui peut se développer dans la plupart des maladies. — L'éclampsie est précédée de 'prodromes, tels que vivacité des yeux, irascibilité, sommeil agité, rêves effrayants, changements de couleur du visage; respiration inégale; puis yeux fixes, ouverts, la prunelle se cachant en haut; tressaillements, grincements de dents, mouvements brusques et involontaires des membres, contraction des doigts, contraction des angles labiaux, ce qui donne lieu au rire sar (Ionique, etc. Ces phénomènes sont tellement variables que les seul? importants, selon

M. Ch. Ozanam, seraient la fréquence du pouls survenue subitement, le ballonnement du ventre et la chaleur do h peau. Voici les symptômes de l'attaque : regard fixe, comme terrifié; puis globe oculaire agité de mouvements saccadés et entraîné dans divers sens; strabisme ; pupilles dilatées ou contractées. Mouvements convulsifs des muscles de la face, remarquables surtout aux commissures des lèvres, qui sont souvent humectées de mucosités mousseuses; trismus interrompu de temps à autre par des grincements de dents. Tête portée en arrière; doigts fléchis sur la paume de la main avec raideur; mouvements saccadés de demi-flexion et de demi-extension des avant-bras; torse raide; contraction spasmodique du larynx, d'où respiration bruyante. Intelligence abolie, sensibilité nulle. Si la convulsion se prolonge, la face devient vultueuse, violette. Pouls très petit et accéléré. Tête chaude, extrémités froides. Dans les cas très graves, respiration stertoreuse; émissions involontaire des urines et des matières fécales.

Telle est l'éclampsie générale. Lorsque la convulsion est par- « tielle, les mouvements sont bornés soit à la moitié du corps, u soit h un seul membre, soit à une partie d'un membre, soit u même à un seul muscle. Nous avons vu les globes ocu- « laires seuls agités de mouvements convulsifs; d'autres fois « les extrémités supérieures. »

De ce que l'éclampsie trouble profondément la respiration et peut même produire l'asphyxie, M. Valleix a pensé que la maladie à laquelle on a donné les noms d'asthme thymique, asthme de Kopp, spasme de la glotte, n'était autre chose qu'une attaque d'éclampsie arec suffocation, forme partielle particulière qu'il faudrait admettre.

Marche, durée, pronostic. — Il est rare qu'une attaque se compose d'un seul accès; ces accès peuvent se répéter plusieurs fois dans un quart d'heure. Mais le plus souvent il n y a qu'une seuleattaque qui peut durer de cinq minutes à do ize heures. Le pronostic n'est pas aussi grave qu'on le pense généralement, surtout dans l'éclampsie idiopathique et dans la sympathique. L'éclampsie partielle est naturellement moins

dangereuse que la générale ; il faut excepter toutefois la forme avec suffocation (spasme de la glotte).

Diagnostic. — L'éclampsie est-elle distincte de l'épilepsie? Oui. Par quoi? par le manque de retour des attaques, d'écume à la bouche, de régularité dans la manifestation des symptômes ; par la pâleur de la face, la rapidité du pouls, etc. Est-elle essentielle, symptomatique ou sympathique? C'est par l'étude des causes et du trouble antérieur des fonctions qu'on peut résoudre cette question.

Traitement. — De nombreux moyens le composent. En première ligne les émissions sanguines, les antispasmodiques, les narcotiques, les bains généraux, les irritants cutanés ; puis les vomitifs et les purgatifs, l'application du froid, la chloroformisation, la compression des carotides, les toniques, les ferrugineux, enfin des remèdes divers tels que le carbonate de potasse, l'armoise, la digitale, etc.

Mais ces différents moyens doivent être adaptés aux indications spéciales qui se présentent. Ainsi, sangsues aux oreilles chez les enfants forts ou chez ceux qui sont dans un état apoplectique ou asphyxique; évacuants pour combattre la constipation; sirop diacode ou d'éther, oxyde de zinc, belladone, bains, etc., contre l'élément purement spasmodique ; toniques dans les cas de faiblesse, d'anémie ; affusions et compresses froides sur la tête si cette partie est très chaude; sinapismes, vésicatoires aux jambes, comme moyen dérivatif, etc.

Avant tout, dans l'éclampsie symptomatique, combattre les causes.

Potion antispasmodique.

Sirop de sucre, 30gram.

Eau dist. de M. d'or., 30

— de tilleul, 40

Ether sulfurique, 1

Autre.

Eau dist, de menthe, 60gram.

— de laurier cerise, 4

Sirop diacode, 1 5

Autre (Joerg).

Infusion de mélisse, 120gram.

Musc, 0,15 h 0,20 cent.

Pur cuillerée de 2 en 2 heures.

Poudre antispasmodique (Brachet).

Oxyde de zinc, 0,60 cent.

Sucre, 1,60

F. 6 prises. — 1 toutes les

heures.

Poudre purgative (Rilliet et Barthez).

Calomel, 0,15 cent.

Kac. de jalap pulv., 0,30

En une fois dans une cuillerée de tisane.

Autres formules.

(V. Epilepsie.)

ÉCLAMPSIE DES FEMMES ENCEINTES OU EN COUCHES. — Affection convulsive propre aux femmes grosses ou en couches.

Causes. — Grande distension de l'utérus, vives émotions morales, état de pléthore, constitution nerveuse ou apoplectique, rétention du placenta ou d'un caillot après l'accouchement, constipation, etc.

Symptômes. — Début tantôt inopiné, tantôt précédé de céphalalgie, vertiges, hallucinations. Perte de connaissance, mouvements convulsifs et raideurs alternatives des membres, face vultueuse, livide; respiration irrégulière, gênée; coma, paralysies, etc. Les urines sont albumineuses dans bon nombre de cas, et l'on a remarqué que la quantité d'albumine qu'elles contiennent est plus ou moins abondante suivant que les convulsions sont plus ou moins fréquentes ou menaçantes.

Marche, durée, pronostic. — Cette maladie se manifeste par des accès plus ou moins nombreux, d'une durée variable et suivis d'une rémission plus ou moins complète. Ils vont ordinairement en augmentant d'intensité. Souvent pendant qu'ils se manifestent, les contractions de la matrice , si la grossesse est à terme, deviennent très intenses, incessantes, et l'accouchement s'opère à l'insu de la femme, qui est plongée dans le collapsus, le coma. Si la grossesse suit son cours, l'éclampsie devient très grave, et pour l'enfant, qui meurt avant de naître ou peu de temps après sa naissance, et pour la mère dont les moments de calme sont de plus en plus courts et éloignés. Dans cet état, la mort est la terminaison la plus probable, à moins que l'utérus ne se débarrasse de son fardeau. Mais s'il en est autrement, la paralysie et la manie peuvent rester comme conséquences de la maladie.

Traitement. — Il est analogue à celui de l'éclampsie des enfants. Toutefois, les émissions sanguines y jouent le prin cipal rôle surtout dans la forme apoplectique. On a recommandé ensuite les bains, les laxatifs, les applications froides

sur la tête ; ceux-ci les vomitifs, ceux-là les antispasmodiques ; d'autres, les inhalations de chloroforme, qui ont plusieurs fois dissipé des attaques; d'autres enfin la belladone, l'ammoniaque liquide, etc.

Mais si la grossesse, cause de tous les accidents par son action mécanique sur les vaisseaux ou par une influence toute sympathique, continue de suivre son cours, il y a peu à espérer *de ces divers moyens. Il faut alors songer à favoriser l'accouchement , si déjà la dilatation a commencé , ou bien à le provoquer si le terme est éloigné et si la vie de la malade est en danger. — Nous renvoyons aux traités d'obstétrique pour de plus amples détails sur ce sujet.

- Potion ammoniacale (Vanaje).

Eau distillée, 260gram.

Ammoniaque liquide, 120gout.

Sirop de menthe, 30 grain.

Une cuillerée à bouche toutes les demi-heures.

Autres formules,

(v. eclamfsie des enfants, Epilepsie.)

ecthyma. — Inflammation pustuleuse de la peau (V. Pustules), caractérisée par des pustules phlysaciées, larges, arrondies, discrètes, à base dure et enflammée, auxquelles succèdent des croûtes brunes, épaisses, laissant après leur chute une empreinte rouge, assez persistante, quelquefois avec cicatricule au centre.

Causes. — Constitution débile, misère, chagrins, débauche, telles sont les prédispositions. Irritation de la peau de toutes sortes, maladies éruptives, applications emplastiques , etc., telles sont les causes déterminantes. On sait que ce sont des pustules d'ecthyma que provoquent la pommade stibiée , l'huile de croton, etc., en frictions.

Symptômes. — La maladie est aiguë ou chronique. — 1° Ecthyma aigu. Plus fréquent aux bras et aux mains qu'au tronc, il se développe sous forme de points rouges précédés de cuisson et de douleur : rarement quelques symptômes généraux. Au centre de ces points apparaît une petite collection de pus entourée d'une aréole d'un rouge vif. Les pustules sont larges et peu saillantes, discrètes, à éruption successive ; mais elles peuvent au contraire se montrer si-

multanément et saillantes. Elles restent intactes pendant quelque temps, puis se recouvrent d'une croûte qui, en tombant, fait apercevoir une empreinte violacée. La durée de la maladie est de plusieurs semaines, subordonnée d'ailleurs au développement des pustules.

2° Eclhyma chronique. Plus fréquent que le précédent et ayant pour siège de prédilection les membres inférieurs, ses pustules sont plus larges, moins circonscrites, plus rares aussi ; leur aréole est d'un rouge pâle ou violacée ; leur humeur, purulente, épaisse, parfois noirâtre, se convertit en une croûte brunâtre, très épaisse et adhérente, dont la chute découvre une excoriation sanieuse. C'est à cette forme d'ecthyma que se rapportent les variétés infantile, lividum, cachecticum. La durée est dans tous les cas très longue.

Diagnostic. — Le rupia, l'impétigo et la variole peuvent seuls faire naître la confusion.

Traitement. — L'ecthyma aigu ne réclame que des bains, des boissons délayantes, un régime doux; lorsqu'il y a pléthore , inflammation cutanée intense, une saignée ou des sangsues à l'anus; quelquefois purgatifs vers la fin.

Dans l'ecthyma chronique il faut d'abord s'occuper de modifier, améliorer l'état général par l'usage des amers, des ferrugineux, des analeptiques, des bains alcalins, etc. Quant à l'éruption, elle ne réclame l'emploi d'aucun topique. Mais comme, après la chute des croûtes, les excoriations sont quelquefois très lentes à se guérir et de mauvaise nature, il faut les exciter, chez les vieillards affaiblis surtout, par des lavages avec des décoctions aromatiques, une solution de chlorure de chaux ; les cautériser même avec le nitrate d'arg< nt ou un acide étendu.

eczéma. Dartre squameuse; dartre vive, humide ; dermatose eczémateuse. — Affection vesiculcuse de la peau [Voy. Vésicules), caractérisée par une éruption de vésicules petites, aplaties , nombreuses et agglomérées sur des surfaces irrégulières, enflammées, éruption suivie quelquefois d'un suintement de sérosité plus ou moins abondant et accompagnée de squames et d'excoriations,

Causes. — L'eczéma n'épargne aucun âge, aucune constitution , mais les individus à peau fine et délicate y sont plus exposés que les autres. Il se développe sous l'influence de causes externes et de toutes les irritations de la peau ; sous celle de causes internes, comme une émotion morale, la grossesse, un trouble fonctionnel quelconque.

Symptômes. — < On distingue d'abord l'eczéma en aigu et en chronique , et dans chacune de ces formes des variétés.

1° Eczéma aigu. Il offre trois variétés. 1° Ecz. simplex. Eruption limitée de petites vésicules prurigineuses sans rougeur à la peau ni prodromes. Le liquide est résorbé ou donne lieu à une légère desquamation. Affection légère qui complique souvent et même simule la gale dans l'intervalle des doigts. — 2° Ecz. rubrum. L'éruption est précédée d'inflammation cutanée et de prodromes. La surface, rouge, tuméfiée, se hérisse bientôt de petites vésicules qui deviennent grosses comme des têtes d'épingles, et tantôt se flétrissent après la résorption du liquide, tantôt et le plus souvent se rompent, versent ce liquide sur la peau , qui s'excorie et devient le siège d'une inflammation plus vive à mesure qu'elle est baignée par le suintement qui s'y établit. Enfin, formation de petites lames minces, peu adhérentes qui, en se détachant, mettent à découvert des surfaces enflammées, humides, lesquelles se recouvrent bientôt des mêmes concrétions épidermiques. Durée : deux ou trois semaines , ou passage à l'état chronique. — 3° Ecz. impétig inodes. L'inflammation est encore plus vive ici ; les vésicules ont l'aspect pustuleux , et c'est cette transformation qui fait le caractère distinctif de cette variété; les squames sont aussi nécessairement plus épaisses, jaunâtres ; au-dessous d'elles , surfaces rouges d'où suinte une sérosité roussâtre; symptômes généraux dans quelques cas.

2° Eczéma chronique. Il peut succéder aux trois variétés ci-dessus. Il est constitué par une suite indéfinie d'éruptions successives, ou par un état permanent n'offrant pas des exacerbations bien sensibles. Dans le premier cas , il y a sécrétion abondante qui baigne la peau et les linges; les surfaces sont rouges, excoriées, ou bien elles se recouvrent de squames molles, jaunâtres, minces, qui se renouvellent. Dans le

second cas, au contraire, la sécrétion est à peine sensible; les squames sont sèches, adhérentes , et en tombant elles laissent à découvert des surfaces peu enflammées , mais sèches, écailleuses ou fendillées, etc. Du reste, quelle que soit sa forme, la maladie s'accompagne d'un prurit remarquable, qui s'exagère sous diverses influences, parfois devient intolérable et pousse irrésistiblement les malades à se gratter, a se déchirer, etc. — Durée très longue, indéfinie.

3o Variétés de siège de l'eczéma chronique. Bien que tous les points de l'enveloppe cutanée puissent en être envahis, l'eczéma se montre plus souvent aux endroits suivants : Pau cuir chevelu, où il constitue la teigne amiantacee ou furfuracée, donnant lieu à des squames jaunâtres , molles , et enveloppant les cheveux, qu'il n'altère pas du reste, d une sorte de gaîne squameuse bornée à une partie de leur Ion gueur. 2 ' Aux oreilles , l'eczéma constitue une maladie très rebelle assez fréquente chez la femme. 3" Aux organes génitaux, aux cuisses, à l'anus, il est caractérisé par des démangeaisons insupportables. 4» Aux mains, il parait spécial aux épiciers [gale des épiciers). Aux mamelons chez les femmes, les nourrices, il occasionne des gerçures souvent très douloureuses. .

Diagnostic. - A l'état aigu, l'eczéma peut être confondu avec l'herpès et la gale; à l'état chronique, avec le lichen agrius et le psoriasis.

Traitement. — C'est surtout ici qu'il importe de distinguer la forme de la maladie. L'eczéma aigu peut céder à de simples émollients (cataplasmes de fécule, bains gélatineux, boissons rafraîchissantes, acidulés, etc.), à quelques laxatifs. Si le sujet est fort, l'inflammation cutanée prononcée, on peut recourir aux émissions sanguines. Vers la fin, bains alcalins, lotions de même nature.

L'eczéma chronique est combattu par des moyens internes et des moyens externes. Aux premiers se rapportent les acides minéraux, le soufre, la douce amère, l'orme pyramidal, les pui-atifs, les eaux sulfureuses; dans les cas très rebelles, la teinture de cantharides , les préparations arsenicales. Quant aux seconds, ils se composent de ce qui suit : bains

simples, émollients, gélatineux, alcalins, acidulés, mercuriels , sulfureux ; douches de vapeur ; lotions de toutes sortes avec décoctions émollientes et narcotiques; eau de Goulard, dissolution d'alun , de sublimé , etc. ; pommades avec l'oxyde de zinc, le calomel, le proto-iodure de mercure, le carbonate de potasse, le goudron ; application de collodion , vésicatoires; cautérisations avec le nitrate d'argent , etc. — En général, il faut être sobre de topiques irritants : les émollients, les bains et douches de vapeur, la pommade au camphre , au calomel ou à l'oxyde de zinc seront employés les premiers et de préférence aux autres. M. Cazenave proscrit surtout les sulfureux.

Dans l'eczéma du cuir chevelu , couper les cheveux , entretenir la propreté ; recourir surtout aux douches de vapeur contre l'eczéma du scrotum (Cazenave). — Régime doux, repos de la partie malade , éloignement de tout excès.

Limonades végétales et minérales.

(V. Limonade au Dict. thér.)

Mixture (Biettj.

Sirop de fumeterre, 375gram.

— de pensées sauv., 125 Sulfite sulfur. de soude, 8 Deux cuillerées par jour.

Lotions et bains acides, émollients alcalins, gélatineux, gélatinosulfureux, mercuriels.

(V. Lotion et Bain au Dict. thér.)

Lotions astringentes.

Sous-acét. deplornbliq. , 30 grain.

Eau de rivière, 500 Alcool à 36°, 25

Eczéma aigu et chronique, prurit de la vulve.

Autres (Biett, Cazenave).

Eau, (>00 gram.

Borax, 2 à 8

Lotions calmantes.

Emulsion d'am. am., 240 gram.

Acide cyanhydrique, 4

Pommade.

Axonge, 30 gram.

Camphre, 0,50 à 1

Autre.

Axonge, 30 gram.

Oxyde de zinc, 0,50 à 1 Autre,

Axonge, 30 gram.

Calomel, 1 à 2

Autre,

Axonge, 30 gram.

Proto-iodure de mercure, 0,50 c. à 1 et 2 Autre (Mialhe).

Axonge récente, 40 gram.

Turbith nitreux, 2 Extrait d'opium, 1

F. s. a. — Onctions légères matin et soir.

Mélange (lotions).

Eau de guimauve, 60 gram.

Calomel à la vapeur, 4

Autres formules.

(V. Ausenic, C'antiiarides, etles mots PnniuGO, Liciikn, etc.)

efflorescences cutanées. Feux de dents, rougeurs , érythèmes. — On a donné ce nom à des éruptions ou rougeurs de diverses natures qui se montrent chez les enfants a la mamelle , surtout pendant le travail de la dentition , dont elles sont un effet sympathique. Ce sont, en effet , tantôt des rougeurs érythémateuses , tantôt une éruption de papules de lichen ou de prurigo, tantôt de petits boutons pustuleux, quelquefois mais plus rarement un pemphygus ou un érysipèle, etc. Ces affections sont ordinairement légères , et n'incommodent les enfants que par le prurit qu'elles causent.

Traitement. — Eau d'orge, bains, nourriture convenable.

Formulaire.

(V. Stuofhultts, Lichen, Prurigo, Értthème, etc.)

ÉlÉphantiasis des arabes. Lèpre tuberculeuse ; maladie glandulaire ou jambe des Barbades. — « Tuméfaction de la peau, du tissu cellulaire et du tissu adipeux sous-jacent, plus ou moins considérable, dure, permanente, produite peu à peu par des inflammations successives du derme, des vaisseaux et des ganglions lymphatiques , accompagnée d'une déformation des parties qui en sont le siège , déformation quelquefois telle, qu'elle justiOe très bien le nom qui lui a été donné (Cazenave). » Cette maladie est-elle due à une angioleucite d'une nature particulière , ou à une aberration de la nutrition suivant M. Alard?

Causes. — Rien de positif à cet égard. Les enfants sont rarement atteints de cette maladie , qui est rare en Europe , et dont le siège de prédilection est aux membres inférieurs, au scrotum, etc.

Symplûmes. — Douleur dans l'aine et le jarret, suivant la direction de la saphène et des principaux troncs lymphatiques, avec développement d'une raie rouge, d'une corde noueuse; frissons, malaise, soif, vomissements; puis chaleur, sueurs, cessation des phénomènes généraux, qui reparaissent sous forme d'accès, dont la durée et le nombre sont variables, et qui sont suivis d'une augmentation progressive de volume du membre. Ce gonflement est uniforme ou étage, d'un aspect hideux quelquefois, La peau est d'abord lisse,

sans changement de couleur ; mais peu à peu elle acquiert de la rudesse, se couvre de mamelons, parfois de crevasses , d'ulcérations , qui donnent lieu à des croûtes jaunâtres et épaisses. Mouvements articulaires gênés ou impossibles.

Marche aiguë et irrégulièrement intermittente; plus tard chronique. — Durée indéterminée. — Pronostic sérieux à cause des infirmités qui en résultent.

Traitement. — Au début, combattre l'inflammation au moyen des émissions sanguines, des applications émollientes et narcotiques, d'une position convenable et telle qu'elle favorise la circulation lymphatique et veineuse du membre. On a employé les émétiques , les purgatifs , l'oxyde de zinc ; à l'extérieur, la compression, les scarifications, les vésicatoires, les frictions résolutives et les douches de vapeur.

embarras gastrique. État saburral, saburres de l'estomac, embarras bilieux, fièvre gastrique saburrale. — État de maladie consistant dans un trouble des sécrétions de l'estomac et du foie s'accompagnant d'inappétence, de dégoût, d'enduit à la langue, de céphalalgie sus-orbitaire, d'envies de vomir, avec ou sans réaction fébrile.

Causes.— Excès de table, indigestions, vie sédentaire, affections morales tristes, passions vives, veilles prolongées. Les chaleurs de l'été prédisposent à cet état, qui se montre plus fréquent à l'automne qu'au printemps, et qui règne quelquefois d'une manière épidémique.

Symptômes. — Voici ceux de l'embarras gastrique idiopatbique, non fébrile. Anorexie, souvent même dégoût pour les aliments; bouche pâteuse, goût amer ou fade, désagréable, enduit blanchâtre ou jaunâtre de la langue; sentiment de pesanteur et de chaleur à l'épigastre, douleurs vagues contusives dans les membres, pâleur ou teinte jaunâtre du visage ; céphalalgie frontale gravative ; urines rares et sédimenteuses.

« Dans les cas où la bouche est fade, où la face est pâle ou naturelle, et où les matières vomies n'ont ni coloration jaune ni amertume, on dit qu'il y a embarras gastrique muqueux ou pituiteux; que dans ceux, au contraire, où la face est jau-

nâtre, la bouche amère, les évacuations bilieuses, on dit qu'il y a embarras gastrique bilieux. Cette distinction n'a aucune importance pour le traitement (Valleix). »

Diagnostic. — L'embarras gastrique n'est pas considéré comme une affection à part, idiopathique par tout le monde ; pour quelques-uns elle serait un symptôme de la gastrite. Ce qu'il y a de certain, c'est que M. Louis, dont la méthode d'exploration est si précise et qui admet l'existence indépendante de cette affection, avoue qu'ayant essayé de distinguer l'embarras gastrique de la gastrite, il a dû y renoncer, tant il a rencontré de difficultés. On sait, d'un autre côté, combien est fréquent l'embarras gastrique comme complication des maladies fébriles, telles que la fièvre continue et ses variétés, les angines, les érysipèles, etc.

Traitement. — L'embarras gastrique se dissipe assez souvent de lui-même sous l'influence seule de la diète et de quelque boisson acidulée. C'est peut-être le plus sage traitement à prescrire lorsqu'on n'est pas sûr de n'avoir pas affaire à une gastrique ou à une gastralgie. Mais il n'est pas moins vrai de dire que les évacuants constituent les moyens héroïques pour remédier à cette affection, surtout lorsqu'elle existe seule. Donc on emploie soit les vomitifs (tartre stibié, ipécacuanha), soit les purgatifs (eau de Sedlitz, limonade magnésienne, sulfate de soude), soit les éméto-cathartiques (sulfate de soude etémétique), selon que l'estomac ouïes intestins, ou les intestins et l'estomac simultanément, sont le siège de l'état saburral.

Il ne faut pas se laisser arrêter par une certaine douleur épigastrique qui peut exister et qu'accompagne souventmême un mouvement fébrile. Quelques médecins débutent alors par des sangsues; elles dissipent bien la sensibilité, mais non les symptômes propres de l'embarras gastrique.

Potion vomitive.

Eau distillée de tilleul

ou de menthe , 120gram.

Tartre stibié, 0,10 cent.

Sirop de sucre, 30gram.

A prendre en 3 fois à 1/2 heure

d'intervalle, ou par cuillerée de 10 eu 10 minutes chez les enfants.

Autre (Cayol).

Emétique, 0,10 cent.

Eau do camomille, 125 grain.

Eau de fi. d'oranger, 12gram.

Sirop d'ipéca. , 30 En 3 ou 4 fois.

Poudre vomitive.

Ipéca . en pond. , 1 , 25 c. à 2 grain.

En 2 ou 3 fois dans une cuillerée d'eau oa de tisane. — On peut ajouter à cette poudre :

Emétique, 0,05 cent.

Potion purgative.

Inf. de feuill. de séné, 125gram.

Sulfate de soude, 15 à 30 Sirop de sucre, 30

On peut ajouter :

Jalap, là2

Autres formules.

(V. Constipation.)

Eméto-calhartique.

Tartre stibié, 0,05 àO.10 oeut.

Sulfate de soude, 15 à 30 gram.

Bouillon aux herbes, 1000 Un verre tous les quarts d'heure.

Pilules amères (Gall).

Extr. detrèfled'eau, |

— de rhubarbe, Aloès en poudre, (aa j 4 déc;„ Rhubarbe en pond. ,\<L '

F. des pilules de 15 cent. — 3 par jour. Embarras intestinal.

aa 2 gram .

embarras intestinal. — Cet état morbide se trouve ordinairement compris dans l'histoire de l'embarras gastrique. Nous y renvoyons le lecteur. Disons seulement que, suivant les auteurs, l'embarras intestinal a pour symptômes propres des coliques et des douleurs sourdes sous-ombilicales, un état de tension, d'embarras dans l'abdomen, des selles demi-liquides ou liquides, jaunâtres et fétides, etc.

emphysème. — Le mot emphysème s'applique à toute infiltration d'air ou de gaz dans le tissu cellulaire, que cet air provienne de la respiration ou qu'il se développe spontanément. On distingue trois espèces d'emphysème , le pulmonaire, le traumatique et celui par exhalation.

EMPHYSÈME PULMONAIRE. Asthme, dyspnée, orthopnéc, accès de suffocation. — Une distinction est encore importante ici. On appelle vésiculaire l'emphysème qui consiste dans la dilatation des vésicules du poumon, et interlobulaire celui que constitue l'infiltration de l'air dans le tissu cellulaire interlobaire. C'est du premier qu'il est question pour le moment.

Or, Yemphysème vésiculaire est. caractérisé physiologiquement par des accès de dyspnée ou une dyspnée habituelle, la diminution du bruit respiratoire et la sonorité du thorax dans les points dilatés ; anatomiquement, par une dilatation

310 NOUVEAU COMPETsTDIUM.

marquée d'un plus ou moins grand nombre de vésicules pulmonaires, dont le volume varie, et qui, communiquant quelquefois plusieurs ensemble, peuvent former de véritables tumeurs aériennes à la surface ou dans l'intérieur du poumon.

Cannes. — Elles sont peu connues : on regarde l'hérédité comme une prédisposition, et le catarrhe pulmonaire sec ou pituiteux comme la cause occasionnelle la plus puissante ; viennent ensuite les grands efforts d'inspiration, l'action de jouer des instruments à vent et de retenir longtemps dans les poumons l'air inspiré; les circonstances morbides qui tendent à diminuer l'élasticité des vésicules pulmonaires, comme la section ou la maladie du nerf vague (Longet). La manière d'agir du catarrhe est diversement expliquée. Suivant Laennec, les mucosités bronchiques s'opposent à l'expulsion de l'air inspiré, lequel dilate les vésicules qui le retiennent; selon M. Gairdner, au contraire, elles empêchent l'air de pénétrer dans les vésicules qui communiquent avec les tuyaux obstrués, et alors celles en rapport avec les bronches libres sont obligées de recevoir une plus grande quantité de fluide atmosphérique, ce qui détermine leur dilatation. Cette manière de voir rend compte de plusieurs cas jusqu'alors inexpliqués.

Sytnptômes. — Le phénomène le plus apparent et qui se montre dès l'enfance chez les sujets prédisposés, c'est une dyspnée plus ou moins prononcée, suivant l'étendue du siège de l'emphysème, qui, bien que continue, s'exaspère à des intervalles variables, et donne lieu à des accès d'asthme dont le retour augmente de fréquence sous l'influence des variations atmosphériques, de l'inspiration de poussières, etc. Les malades sont essoufflés par la moindre fatigue; le thorax esl déformé chez beaucoup d'entre eux, le creux sous-claviculairc est moins prononcé du coté malade, et dans la moitié des cas environ il existe une douleur peu caractérisée' au niveau de La saillie qui correspond aux cellules dilatées. La percussion rend un son clair, qui coïncide avec une faiblesse très marquée du bruit respiratoire; de plus, à l'auscultation, on entend du râle sibilant, ou quelquefois sous-crépilant, à la

partie postérieure et inférieure du thorax, etc. ; ce dernier accuse la présence d'un catarrhe pulmonaire aigu concomitant. H y a de la toux, mais elle n'acquiert pas une grande intensité ; les crachats sont mousseux, aérés, parfois nacrés, excepté dans les cas de complication de bronchite; la fièvre manque dans les cas simples, mais quelquefois elle s'allume; la douleur, la dyspnée, la toux et le râle augmentent, si bien qu'on croirait avoir affaire à une pneumonie, n'était la sonorité de la poitrine qui persiste.

Complications, e/fets, pronostic. — Nous venons de le dire, le catarrhe pulmonaire est une complication très fréquente ; suivant les uns, il est inséparable même de l'emphysème. Lorsque la maladie a duré longtemps, il survient des palpitations, une hypertrophie du cœur et de l'œdème : alors le cas est sérieux, mais seul, sans complication, l'emphysème pulmonaire ne se termine pas par la mort.

Traitement. — On n'a guère à s'occuper du traitement de l'emphysème vésiculaire que pendant les accès d'asthme qui en sont l'effet. Les antiphlogistiques, les expectorants, les vomitifs, les narcotiques, tels sont les principaux moyens à lui opposer. — La saignée produit généralement peu de soulagement; cependant son indication peut se présenter quelquefois. — Les expectorants facilitent l'expuition bronchique et diminuent la dyspnée : on conseille donc le kermès (0,05 c), les pastilles d'ipécacuanha, dont l'usage habituel, suivant Trousseau , est très favorable aux individus dyspnéiques et qui ont, comme on dit vulgairement, la poitrine grasse. — Les vomitifs passent pour avoir une grande efficacité dans l'asthme : ceci est exagéré ; mais il est certain que lorsqu'il y a catarrhe pulmonaire, embarras des bronches, 5 à 6 cent, de tartre stibié ou 2 gr. d'ipécacuanha produisent le meilleur effet, surtout chez les vieillards. — Les narcotiques sont les moyens dans lesquels on a généralement le plus de confiance : on donne 5 à 10 cent, d'opium chaque jour, ou bien l'extrait de datura stramonium, plante que l'on fait encore fumer, ainsi que la belladone, soit en cigarrette, soit dans une pipe. — Ajoutons à cela les frictions sèches, les pédiluves,

3)2 NOUVEAU COMPEND1UM.

l'application de l'emplâtre diachylon ou de poix de Bourgogne, l'usage de la flanelle, les précautions hygiéniques, etc.

Beaucoup d'autres médicaments ont été employés contre j cette espèce d'asthme. Citons particulièrement Tassa fœtida, 1 l'oxyde de zinc, l'ammoniaque, la noix vomique, la lobélia inflatft, la camphrée de Montpellier.

Formules calmantes et antispasmodiques.

(V. Asthme.)

Fumigations de belladone.

Feuilles de belladone, 8gram.

Eau com. (faites bouil.), 500

F. 3 fumigations de 10 minutes chacune tous les jours. Augmenter la dose de belladone et la durée des fumigations.

Mi t t m re a n t ispasmodiq ne (Sydenham).

Teinture de valériane, 2gram.

— de castoreuni, 4 Ether sulfurique, 0,40 cent.

Eau d'anetb, 80gram.

Par cuillerée.

Potion avec l'ammoniaque (Rayer).

Ammoniaque liquide, Hgont.

Eau, 120gram.

Par cuillerée.

Nous ne dirons rien de Y emphysème interlobulaire eu emphys. extra-vésiculaire, qui résulte de la rupture d'une cellule bronchique dans un violent effort de respiration ou de toux, parce que cette aâection est très rare, peu connue, et qu'elle offre un intérêt pratique médiocre. Signalons toutefois la gravité du pronostic , due à l'extrême dyspnée à laquelle donne lieu l'infiltration de l'air dans le tissu intercellulaire du poumon, et quelquefois dans le tissu cellulaire sous-cutané.

EMPHYSÈME TRAUMATIQUE. — C'est celui qui occupe le tissu cellulaire sous-cutané et qui résulte d'une rupture des canaux aérifères, en même temps qu'il se produit une solution de continuité dans les tissus environnants. Ou bien il y a plaie à l'extérieur, ou bien, au contraire, toute plaie de cette nature manque. Dans le premier cas, la cause est une blessure faite de dehors en dedans, intéressant soit le larynx, la trachée ou les poumons. Alors, si cette blessure est étroite, non en rapport direct avec celle du canal aérifère, l'air s'infiltre dans le tissu cellulaire sous-cutané et s'étend plus ou moins, ne pouvant s'échapper au dehors par la solution de continuité*

On prétend que l'emphysème peut se produire dans les plaies de poitrine, sans que les voies aériennes soient lésées, par l'introduction de l'air extérieur due au jeu des côtes.

Lorsqu'il n'y a pas de plaie visible au dehors, la violence extérieure ou la fracture de cote a endommagé le poumon, et c'est ce qui a permis à l'air de s'infiltrer dans l'épaisseur des parois de la poitrine.

Dans tous les cas, on reconnaît l'accident à une tumeur peu saillante, dépressible et crépitante, que forme l'air extravasé, lequel s'étend de proche en proche et peut envahir tout le système cellulaire sous-cutané. Alors la dyspnée devient extrême et le pronostic grave.

Quant au traitement, il se résume en ceci : 1° scarifier la tumeur crépitante pour donner issue à l'air infiltré; 2o comprimer la poitrine pour s'opposer aux progrès de l'infiltration ; 3° s'il y a menace d'asphyxie, faire la thoracentèse , etc. — L'emphysème traumatique est une affection toute chirurgicale ; c'est pourquoi nous ne faisons en quelque sorte que l'indiquer.

EMPHYSÈME PAR EXHALATION SPONTANÉE. —Il est fort rare et peu connu, si tant est que sa production soit possible hors les cas d'affections gangreneuses ou de putréfaction cadavérique. — Il serait dû à la piqûre de certains insectes, à certains empoisonnements, à un état particulier du système nerveux, etc.

EMPOISONNEMENT. — On nomme ainsi « l'état morbide qui résulte de l'introduction dans l'économie, par une voiequelconque, d'un agent qui détruit la santé ou anéantit complètement la vie sans agir mécaniquement. Les substances capables de produire ces effets sont connues sous le nom de poisons. »

Signes généraux de l'empoisonnement. — Odeur nauséabonde et infecte ou saveur désagréable, acide, alcaline, acre; chaleur brûlante dans le gosier et l'estomac; bouche sèche ou écumeuse ; lèvres et gencives livides, jaunes, blanches, rouges ou noires; rapports, nausées, vomissements de matières mu. queuses, bilieuses ou sanguinolentes, blanches, jaunes, vertes.

Si4 NOUVEAU COMPENDIUM.

bleues rouges, bouillonnant sur le carreau , rougissant ou verdissant la couleur de tournesol; hoquets, constipation ou déjections alvines plus ou moins abondantes ; pouls fréquent, petit serré, irrégulier; soif ardente; respiration gênée; sueurs froides ; émission des urines difficile. Couleur pale, livide ou plombée de la face; perte de la vue et de l'orne, de l'éclat des yeux ; agitation générale, altération de la voix.

Indications générales de l'empoisonnement. — Elles se résument en ceci : évacuer le poison , administrer le contrepoison; prodiguer à l'empoisonné les soins médicaux que re- j

clame son état.

lo Pour évacuer le poison, on a recours au tartre stibie (0,05 dans demi-verre d'eau , dose qu'on renouvelle trois ou quatre fois à quelques minutes d'intervalle) , à la titillation de la luette pour favoriser le vomissement, à un éméto-cathartique lorsqu'on a lieu de croire que le poison a franchi 1 estomac(tartre stibié,0,20; sulfatede soude, 60; eau, 1000, apren- | dre rapidement par verrées); aux lavements purgatifs (sene, -0; eau, 500; sulfate de soude, 50), lorsque le poison a ete pris sous forme de lavements.

Formules évacuantes.

(V. Embarras gastrique, CON'STIPATIOK.)

oo Le contre-poison a pour but de former une combinaison : insoluble et inoffensive avec la partie active du poison ingéré. Autant que possible, on doit donner la préférence à celui qui i est d'une complète innocuité et qu'on peut se procurer par- ■ tout U faut en général l'administrer en quantité beaucoup i supérieure à celle qui est strictement nécessaire pour opérer la neutralisation chimique du poison.

« U est plusieurs contre-poisons, dit M. BoucharJat, qui, quoique formant avec les poisons des combinaisons extrêmement peu solubles dans l'eau, ne sont cependant pas dune complète efficacité; ces combinaisons, avec le temps, peuvent, être lentement dissoutes dans l'appareil digestif, et amener la continuité des accidents. U convient, dans ces cas, d insister sur la médication évacuante après 1 administration du contre-poison.

« Quand le poison a pu traverser l'estomac et pénétrer dans l'intestin grêle, toutes choses égales d'ailleurs, il faut préférer un contre-poison insoluble à un contre-poison soluble dont l'effet pourrait se limiter à l'estomac. >>

Quand le poison est absorbé, il faut avoir recours à des remèdes ou agents dynamiques, dont l'action n'est pas nuisible et peut se substituer à l'action dynamique fâcheuse du poison. C'est ainsi que le café agit dans le cas d'empoisonnement par l'opium.

Un pharmacien de Montpellier engage à administrer, dans les cas où le poison a été absorbé et dans lesquels on n'a pu déterminer sa nature, le mélange suivant.

Mélange neutralisant.

Magnésie calcinée, )

Cette formule offre d'autant plus de chances d'efficacité ajoute M. Bouchardat, qu'elle renferme des antidotes qui s'appliquent à plusieurs des poisons les plus actifs, et en même temps les plus communs.

Il faut ranimer la circulation et la respiration à l'aide des moyens connus (V. Asphyxie); augmenter l'activité des organes excréteurs susceptibles d'éliminer le poison; combattre les symptômes inflammatoires, ou l'adynamie, etc.

Signes et traitements particuliers de l'empoisonnement. On divise les poisons en irritants, narcotiques, narcoticoâcres et septiques, dont nous allons résumer en très peu de mots l'histoire pathologique.

POISONS IRRITANTS. - Ils enflamment à un plus ou moins haut degré les tissus avec lesquels ils sont en contact. — Voici les plus importants sous le rapport de la fréquence des accidents qu'ils occasionnent.

Acides. — Signes: « Saveur acide, brûlante, désagréable; chaleur acre au fond de la gorge et de l'estomac, puis dans l'abdomen; haleine fétide, soif ardente, hoquet, envies de vomir; vomissements quelquefois mêlés de sang, colorant en

Charbon pulvérisé, Sesqui-osyde de fer, Eau,

aa part. dg.

rouge la teinture de tournesol et bouillonnant sur le carreau ; constipation ou bien selles abondantes, difficulté d'uriner; pouls fréquent et régulier; frissons; sueurs froides, gluantes; face pâle, livide; intérieur de la bouche et des lèvres noir (acide sulfurique), rouge (acide hydrochlorique ) , jaune (acide nitrique). »

Traitement. — Le contre-poison seul suffit. Il est fourni par la magnésie, les carbonates alcalins, le savon. On doit préférer la magnésie hydratée et l'administrer en excès (20 à 50 gram.) délayée dans un litre d'eau. L'acide sulfurique peut s'absorber, et alors il faut le poursuivre en donnant, après la magnésie, une substance alcaline soluble, le bicarbonate de soude par exemple (10 gram. par litre d'eau).

Alcalis, sels alcalins. — Signes : saveur acre, caustique, urineuse ; convulsions violentes ; douleurs souvent très vives. La matière des vomissements ne bouillonne pas sur le carreau; elle est savonneuse, grasse au toucher, et ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides. — Traitement général : acides végétaux étendus d'eau (vinaigre, citron, acide tartrique); ensuite eau tiède en abondance ou potion huileuse (huile d'amandes douces , érnollients, antiphlogistiques, etc.).

Voici maintenant ce que présentent de spécial les empoisonnements suivant les substances ingérées.

Foie de soufre : le malade exhale une odeur d'œufs pourris. — Faire vomir, mais pas avec les acides ou les irritants, et donner une cuillerée de chlore liquide par verre d'eau.

Baryte et ses composés : administrer le sulfate de potasse, de soude ou de magnésie (12 gram. par litre d'eau) ; puis expulser par le vomissement le produit de la neutralisation chimique.

Ammoniaque liquide et ses composés : vomitifs, puis grande quantité d'eau, puis encore un vomitif.

Nitrate de potasse. Provoquer le vomissement. Il n'y a pas de contre-poison.

Préparations mercurielles, sublimé. — Signes : saveur métallique, acre; sentiment de brûlure, de constriction à la gorge, à l'estomac; vomissements dont la matière ne bouillonne par

sur le carreau et n'agit pas sensiblement sur le papier de tournesol. — Traitement : prescrire de l'eau albumineuse (blancs et jaunes d'œufs délayés dans de l'eau); le lait et le sulfure de fer hydraté sont encore considérés comme contrepoisons du sublimé. Il faut ensuite favoriser les vomissements et les évacuations alvines par d'abondantes boissons aqueuses ou mucilagineuses.

Arsenicaux, acide arsénieux. — Signes. Ils sont analogues à ceux de l'empoisonnement par les autres irritants. Dans certains cas cependant il n'y a qu'une prostration extrême avec déjections plus ou moins abondantes. L'absorption du poison donne lieu à des syncopes, une sueur froide, l'altération profonde des traits; convulsions, coma, délire, fréquence et petitesse du pouls, etc. La poudre suspecte, projetée sur des charbons ardents, développe une odeur alliacée caractéristique. — Traitement : favoriser le vomissement par l'eau tiède, puis administrer l' hydrate de peroxyde de fer en gelée (500 gram. délayés dans deux litres d'eau sucrée). A défaut de ce sel, faire prendre 30 gram. de safran de mars apéritif délayé dans un litre d'eau. M. Bouchardat conseille de donner 20 gram. de magnésie concurremment avec l'hydrate de peroxyde de fer.

Préparations cuivreuses. — Signes : vomissements douloureux , nombreux, coliques violentes, déjections verdâtres, porracées, convulsions, prostration, syncopes, gêne de la respiration, etc. S'il reste quelque liquide de couleur bleue, on y dévoilera le cuivre en l'acidulant et en y suspendant par un fil une aiguille d'acier, qui se recouvre d'une couche de ce métal. — Traitement : administrer le fer réduit par l'hydrogène en quantité aussi élevée au moins que le sel de cuivre ingéré; s'il manque, prenez l'hydrate de persulfure de fer; si cette nouvelle substance ne se trouve pas sous la main, donnez de l'eau albumineuse (6 blancs d'œufs délayés dans 1 litre d'eau). On peut encore administrer 100 gr. de sirop de sucre, qui paraît retarder l'absorption de la substance vénéneuse.

Antimoniaux. — Signes : nausées, vomissements abondants, coliques, selles fréquentes, dyspnée, prostration, sueur froide, face pâle, etc. — Traitement : décoction de noix de

galle, de quinquina, d'écorce de saule, de marronnier, de bistorte, toutes substances riches en tannin. Magnésie, suc de citron. Ensuite émollients, opiacés, toniques, etc., selon les indications.

Chlorures. — Eau légèrement ammoniacale. Émollients.

Sels d'étain. — Lait; proto-sulfate de fer; magnésie, albumine, noix de galle; ensuite mucilagineux, opiacés.

Bismuth. —Proto-sulfure de fer hydraté ; ou bien eau albumineuse et lait.

Zinc. — Eau albumineuse, lait, bicarbonate de soude.

Argent. — Hydrochlorate de soude (sel marin) en dissolution.

Or, platine. — Proto-sulfure de fer hydraté (Mialhe).

Cantharides. — Signes : douleurs épigastriques violentes ; vomissements, ardeurs de la vessie, strangurie, urines sanguinolentes, parfois priapisme; fièvre, délire, convulsions.

Traitement : vomissement par l'eau tiède, la titillation de

la luette; antiphlogistiques ensuite; opiacés; frictions huileuses, camphrées.

POISONS NARCOTIQUES. — Ils produisent le narcotisme d'abord , puis de l'assoupissement , l'injection des yeux, de la soif, des nausées, de la constipation, etc.

Traitement. — Evacuer le poison (émétique, éméto-carthartique] ; combattre le narcotisme par les stimulants , l'infusion de café, etc.

Opium. — Signes : assoupissement, yeux injectés et immobiles. — Traitement : provoquer le vomissement ; solution iodurée ; café à haute dose pour combattre le narcotisme.

Belladone. — Signes : pupilles largement dilatées, etc. — Traitement : évacuer le plus complètement possible l'appareil digestif; administrer la solution d'iodure de potassium iodurée, en favorisant le vomissement. Tempérants, bains.

Datura-stramonium. — Signes : hallucinations, léthargie. — Trait. : ut supra.

Jusquiame. — Vertiges. — Ut supra.

Tabac. —Etat de défaillance extrême. — Ut supra.

Iodure de potassium, 4gram. | Eau, lOOOgram. Iode, 0,30 cent, I Par demi-verrées.

Acide cyanhydrique ; cyanure de potassium; eau de laurier cerise. — Signes : vertiges, gêne de la respiration, perte du mouvement, de la sensibilité, respiration stertoreuse, pupilles dilatées, bouche écumeuse, coma, parfois convulsions. — Traitement : il faut se hâter d'administrer le contre-poison de M. Smith, préparé ainsi :

Sucre, 60 gram.

Sulfate ferreux, 55 Sulfate ferrique, 98

Eau, 250 gram.

Carb. de soude crist. , 260

Au mélange des deux sulfates de fer, on ajoute une dissolution de sucre ; on précipite ensuite par le carbonate de soude et l'on conserve dans des vases pleins et bien fermés.

Concurremment, inspiration de chlore (eau, 4; chlore liquide, 1), et affusion d'eau froide sur la colonne vertébrale et la tête, etc.

POISONS NARCOTICO- ACRES.— Ils irritent les surfaces sur lesquelles ils sont appliqués, puis, étant absorbés, ils causent un narcotisme mêlé de spasmes, de convulsions, de cris, d'agitation, de délire, avec immobilité des muscles respirateurs, fixité des yeux; le tout revenant par accès de plus en plus rapprochés et violents. — Ces poisons sont la strychnine , la noix vomique , les champignons vénéneux , la fève de saint Ignace, la coque du Levant, le camphre.

Traitement. — Fairevomir; lavements purgatifs ; affusions froides, boissons acidulés. Entretenir la respiration par des pressions thoraciques, l'insufflation d'air, etc.

Strychnine, brucine. — Eau iodurée ci-dessus. Sur vingt chiens soumis à l'intoxication par la strychnine, M. Bardel en a guéri seize par le moyen suivant : administrer en une seule fois : eau dist., 250 ; chlore liquide, 5 ; dix minutes après, tartre stibié, 0,05 dans 6 à 8 cuiller, d'eau tiède. Revenir à la première dose de chlore ; dix minutes après, répéter la dose de tartre stibié; puis lait coupé pour provoquer le plus possible le vomissement.

Champignons. -Purgatifs; éther sulfurique, sel commun, alcool, noix de galle. Emollients, bains, rubéfiants aux extrémités! On conseille encore l'émétique d'abord, puis l'huile de ricin mêlée avec du sirop de rieurs de pêcher.

Camphre. — Vomitifs; frictions stimulantes; opium.

POISONS SEPTIQUES. — Ils sont dus aux émanations putrides, à l'ingestion de viandes gâtées, à l'inoculation d'une substance septique ou d'un venin , etc.

Hydrogène sulfuré. — Il en a été question déjà au mot Asphyxie. — Traitement : faire respirer du chlore avec précaution ; placer sous le nez du malade un linge trempé dans une dissolution de chlorure de soude , ou dans de l'eau de javelle, ou bien encore une compresse renfermant une poignée de chlorure de chaux , et sur laquelle on verse quelques gouttes de vinaigre pour dégager du chlore lentement. L'ammoniaque respirée avec précaution est utile pour ranimer le malade.

Foie de soufre , eau de Baréges pour bains. - Vomissement par l'eau tiède , la titillation de la luette. Administrer par demi -verrées la solution de 10 gr. de persulfate de fer dans 1000 gr. d'eau avec 200 gr. de sucre. 11 se forme du sulfate de potasse purgatif et du sulfure de fer insoluble.

Matières putrides, viandes gâtées ingérées. - Vomitifs . purgatifs; boissons éthérées.

Matières putrides inoculées. - V. Phlébite, Infection.

Venins- — V. Morsures et Piqûres.

encéphalite. Cérébrite et cérébellite , ramollissement inflammatoire, abcès du cerveau. - Inflammation de la pulpe cérébrale. On la distingue en circonscrite et en diffuse, suivant que cette inflammation occupe un point limite du cerveau ou qu'elle s'étend à tout le viscère : dans ce dernier cas , elle n'existe que comme conséquence naturelle de la méningite. (V. ce mot.)

C'est donc de l'encéphalite locale, du ramollissement inflammatoire du cerveau qu'il est question dans cet article. Cette maladie se montre à l'état aigu et à l'état chronique.

ENCÉPHALITE AIGUË CIRCONSCRITE. — On lui a encore donné les noms de ramollissement rouge, ramollissement lie de rin, suivant la couleur du tissu ramolli, qui varie selon les époques de la maladie.

Causes. — Elles sont assez obscures. L'âge avancé, les grands froids et les grandes chaleurs seraient des causes prédisposantes. L'insolation , l'abus des alcooliques , les hémorrhagies cérébrales, les violences extérieures , les affections des os du crâne, etc. , telles seraient les causes occasionnelles.

Symptômes. — Ils diffèrent suivant la forme de la maladie, qui est , d'après M. Durand Fardel, apoplectique ou ataxique.

Dans la forme apoplectique , il y a perte subite de connaissance, précédée ou non de prodromes comme dans l'hémorrhagie cérébrale. Primitive , elle confond ses symptômes avec ceux de cette dernière. (V. Apoplexie.) Lorsque, au contraire , elle est consécutive à des symptômes de ramollissement (V. ce mot) , il se manifeste une céphalalgie fixe et opiniâtre, l'altération de l'intelligence, de la mémoire, du caractère , du mouvement et de la sensibilité. Ainsi , fourmillements, lourdeur dans un membre ou un côté du corps ; contracture des membres affectés ; quelquefois mouvements convulsifs. Les sens se troublent, s'affaiblissent.

La forme cUaxique est caractérisée par de la céphalalgie, de l'agitation, de l'incohérence dans les idées; puis par du délire, des convulsions, la raideur et la contracture des membres, le coma; mais pas de paralysie le plus souvent, du moins avant les derniers instants de l'existence.

Dans les deux formes susdites, le pouls est fort, dur, accéléré; il y a des vomissements au début, de la constipation, puis sur la fin de l'existence des selles involontaires ; alors aussi il se forme des eschares au sacrum ; la déglutition devient difficile; la peau est couverte de sueur, le pouls se montre petit, irrégulier.

Pronostic. — La cérébrite aiguë est presque toujours mortelle ; les guérisons sont très rares ; il y a des auteurs qui les nient, tandis que M. Dechambre prétend en avoir recueilli des exemples.

Diagnostic. — Le ramollissement aigu, survenant subitement {attaque de ramollissement) , se distingue difficilement de l'apoplexie. Comme il est plus grave et presque aussi fréquent , le praticien doit se tenir sur ses gardes et ne pas se hâter de porter un pronostic favorable dans la maladie qu'il croit être une hémorrhagie cérébrale.

Traitement. — Emissions sanguines proportionnées à la force des sujets ; puis purgatifs , révulsifs aux extrémités , applications froides sur la tête ; boissons délayantes, diète, etc. On a conseillé les frictions mercurielles , faites avec gros comme une noix d'onguent napolitain toutes les heures (Dr Privât). — Sur la fin, toniques, excitants diffusibles à l'intérieur. — Traitement prophylactique comme dans l'apoplexie.

ENCÉPHALITE CHRONIQUE. Ramollissement inflam. chronique, cérébrite chronique. — Dans quelques cas, cette forme succède à la précédente : alors les premiers accidents étant passés, on voit la paralysie persister , ainsi que les douleurs de tête' et des membres; l'intelligence ne revient qu'incomplètement , etc. — Le plus souvent , la maladie débute de prime abord, mais ne se caractérise pas; les malades sont moroses, irascibles, affaiblis, etc; puis enfin une cérél aigué se déclare. Dans tous les cas, il y a des retours à l'état aigu avec perte subite de connaissance, ou bien agitation, délire, etc.

Traitement. — Comme celui de la cérébrite aiguë , saut à peser les indications.

endocardite. — Inflammation de la membrane interne du cœur. Il est essentiel de la distinguer en aiguë et en chronique.

ENDOCARDITE AIGUE. — L'inflammation de l'endocarde est presque toujours secondaire; elle se caractérise anat. uniquement par une rougeur de cette membrane, son ramollissement; par des concrétions, des adhérences, des ulcérations, siégant ordinairement près des orifices du cœur. Causes. — L'endocardite aigué se développe dix-huit fois

sur vingt dans le cours d'une maladie fébrile, du rhumatisme articulaire presque toujours. Le froid, les suppressions et rétrocessions, un sang trop animalisé, seraient ses causes occasionnelles.

Symptômes. — Il n'est pas très facile de saisir ceux qui appartiennent en propre à une maladie que l'on doit considérer habituellement comme une complication. Voici cependant ceux qu'on attribue à l'endocardite aiguë : douleur modérée, profonde, souvent nulle ; matité étendue dans la région précordiale ; respiration fréquente, gênée , avec étouffement ; battements du cœur forts, soulevant la paroi tboracique antérieure ; pouls fort, dur, assez fréquent, devenant sur la fin petit, misérable, intermittent et d'une fréquence très grande. Quand la circulation se trouve gênée par des concrétions pseudo-membraneuses , il survient de l'œdème aux extrémités, des hydropisies. A l'auscultation rien de bien remarquable, quelquefois cependant bruits de souffle, de scie, de râpe, etc. Il y a de la lièvre ; mais dépend-elle de l'affection primitive ou de l'endocardite

Diagnostic et pronostic. — Aucun des signes susdits n'appartient en propre à l'endocardite, et cette maladie est difficile à diagnostiquer rigoureusement. On peut la différencier néanmoins de la péricardite, de la cardite , de l'hypertrophie du cœur, des palpitations nerveuses. (V. ces mots.) Son pronostic est très grave ; elle tue au bout de huit à dix jours ou passe à l'état chronique.

Traitement. — Émissions sanguines générales et locales proportionnées à la force du sujet et du pouls. M. Bouillaud les emploie largement. Après ces moyens puissants, la digitale a été employée, avec le plus de persévérance, soit en poudre à l'intérieur, dans une potion, et à l'extérieur suï la surface d'un vésicatoire, soit en teinture pour frictions. Les purgatifs, le calomel en particulier, les diurétiques , les bains tièdes, les boissons adoucissantes et la diète viennent en aide à ce traitement. Lorsque les symptômes ont cédé, on applique avec avantage un large vésicatoire sur la région du cœur.

324 NOUVEAU CÛMPENDIUM.

Formulaire.

(V. Anévkisme du cœuk.)

ENDOCARDITE CHRONIQUE. — Ce titre ne peut s'appliquer qu'aux effets de l'inflammation de l'endocarde, inflammation qu'on suppose passée à l'état chronique ou née primitivement sous cette forme, mais dont les symptômes actuels sont inappréciables. Ces effets ou altérations, qui ne s'observent pour ainsi dire que dans les cavités gauches du cœur, consistent dans l'induration simple des valvules, les rétrécissements des orifices mitral, aortique et pulmonaire ; l'insuffisance des valvules mi traie et aortique.

Causes. — « Pour les altérations des orifices quels qu'ils soient, il n'existe que deux causes bien démontrées, qui sont: les progrès de l'âge et une inflammation le plus ordinairement secondaire, survenue dans le cours d'une maladie fébrile. L'insuffisance des valvules semble seule reconnaître quelques causes qui lui sont propres et qui sont, outre le rhumatisme articulaire, un effort ou un coup violent. » \ Symptômes. — Il en est de communs à toutes les altérations et de spéciaux à chacune d'elles. Les premiers consistent dans une gêne plus ou moins prononcée de la circulation et de la respiration, les altérations diverses du pouls, un malaise éprouvé à la région précordiale, de l'œdème, l'anasarque, etc. Quant aux seconds, en voici le résumé d'après M. Valleix.

Induration simple de la valvule milrale : bruit de soufflet ou de râpe, de parchemin ; pouls irrégulier, pouls veineux ; palpitations, dyspnée, orthopnée; vertiges, stupeur, somnolence. Aucun de ces symptômes n'est constant.

Rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gavehe: bruit de souffle, de râpe, de lime, commençant un peu avant le premier bruit, cessant lorsque celui-ci se fait entendre, ou se prolongeant pendant toute sa durée (signe caractéristique). Bruit anormal se prolongeant vers la pointe du cœur , disparaissant au-dessus de la base, à moins de complications. — Intermittence et irrégularité du pouls (signe non constant). Rétrécissement de l'orifice aortique : bruit de souffle, de

PATHOLOGIE INTERNE. 325 râpe, de lime, pendant le premier temps, ayant son maximum d'intensité à la base du cœur, nul vers la pointe, se prolongeant un peu dans l'aorte; dans plusieurs cas, intermittence, irrégularité du pouls.

Rétrécissement de l'orifice pulmonaire : gêne de la respiration et de la circulation veineuse, œdème ; bruit de souffle fort et prolongé au premier temps. Ces signes sont incertains.

Insuffisance des valvules aortiques : bruit de souffle au second temps , couvrant le second bruit normal, qu'on peut néanmoins entendre encore dans toute sa pureté au-delà des limites de la région précordiale ; ce bruit se prolonge dans le trajet de l'aorte, et souvent dans les carotides et les axil- Iaires. Pouls large, visible au cou et aux membres supérieurs, principalement dans ceux-ci lorsque le malade élève le bras. Intervalle très marqué entre le battement du cœur et la pulsation d'une artère éloignée (Henderson).

Insuffisance des valvules mitrate et iricuspide : aucun signe n'appartient en propre à ces lésions, qui se compliquent presque toujours d'autres affections du cœur et sont d'ailleurs moins fréquentes que les précédentes.

Diagnostic. — Il se tire principalement de la présence des bruits anormaux; mais il faut se rappeler que ceux-ci peuvent exister très prononcés sans aucune lésion des valvules. (V. Chlorose, Anémie, Palpitations) D'un autre côté, les diverses altérations des valvules et des orifices du cœur se compliquant très souvent entre elles, d'où il résulte que le diagnostic différentiel est extrêmement difficile à établir. Heureusement que cela importe peu pour le traitement, qui est d'ailleurs impuissant dans tous les cas.

Traitement. — Saignées, sangsues, vantouses scarifiées. Digitale; diurétiques; purgatifs drastiques. Toniques, ferrugineux quand le malade est très faible; vésicatoires , sôtons, cautères, frictions irritantes. Régime doux, lacté. Eviter toute fatigue, effort ou excès.

Formulaire.

(V. Anevrismk, DU ClEUII.)

326 NOUVEAU COMPEND1UM.

engorgement des mamelles. — Ce n'est pas une affection qui se rencontre exclusivement chez les nouvelles accouchées • on l'observe aussi sous une autre forme chez les

nouveau-nés.

ENGORGEMENT DU SEIN CHEZ LES NOUVELLES ACCOU- CHÉES. — Il faut le distinguer en laiteux [poil], et en inflammatoire [mastoïte).

Causes.— L'engorgement laiteux est, pour ainsi dire, physiologique au moment de la montée du lait, surtout chez les primipares dont les vaisseaux galactophores ne sont point encore ouverts. Mais la fluxion dont les seins sont le siège peut devenir elle-même cause d'inflammation, principalement si la succion de l'enfant est rendue douloureuse par la présence de gerçures au mamelon, si les seins sont exposés au froid, aux violences extérieures, etc.

Symptômes. - Chez la femme qui ne nourrit pas, ou don le sein ne se vide pas malgré la succion ou à cause des douleurs qu'elle occasionne, ce môme sein se remplit de lait, devient dur, tendu, plus ou moins sensible et même douloureux. Il n'y a pas encore état inflammatoire proprement dit, mais celui-ci se déclare facilement, pour peu que l'une des causes ci-dessus vienne à agir.

L'inflammation du sein n'occupe pas toujours le même siège. Tantôt elle est sous-cutanée, bornée à l'aréole du mamelon ou. plus étendue; mais dans l'un et l'autre cas, le petit abcès se forme et s'ouvre de bonne heure. Tantôt elle est sous-mam-A maire c'est-à-dire conOnée dans le tissu cellulaire qvu sépare la glande des parois de la poitrine; alors le gonflement est; général le sein paraît comme repoussé en avant; il j a .les symptômes généraux, mais cependant ni rougeur à la peau ni douleurs proportionnées. Tantôt, enfin, cette inflammation «ta mammaire, c'est-à-dire bornée à la glande elle-même tfU offre une tumeur dure, bosselée, circonsente, ordinairement* suivie d'une ou plusieurs autres qui suppurent successivement. . ,.. l-ç

Dans celte forme, qui est la mastoïte proprement dite, es symptômes inflammatoires marchent, moins rapidement que

PATHOLOGIE INTERNE. 327 dans les précédentes, et l'engorgement laiteux en est l'unique cause, tandis que celles-ci peuvent naître sous l'influence de violences extérieures. Il importe de remarquer aussi que le tissu cellulo- graisseux qui enveloppe la glande peut participer à la pblegmasie : de là les symptômes du phlegmon du sein unis à ceux de la mastoïte. Enfin, on a vu l'abcès sus- mammaire communiquer avec le foyer sousmammaire par un pertuis qui traverse la glande. Inutile de 'dire que des symptômes généraux se montrent en rapport avec l'étendue et l'intensité de l'inflammation.

Traitement. — Lors de la montée du lait chez les nouvelles accouchées, il faut prendre des précautions; on tiendra les seins chaudement et mollement; l'allaitement devra se faire; mais si la succion de l'enfant est très douloureuse, on videra les glandes mammaires au moyen de ventouses! en attendant que le nourrisson puisse téter sans faire trop souffrir. Des applications émollientes sont très propres à favoriser l'écoulement du lait, à désobstruer les canaux galactophores. —Si la femme ne nourrit pas et commence à souffrir, on couvrira ses seins de cataplasmes ; on les videra par des moyens artificiels ou par la succion exercée soit par un jeune chien, 3oitpar une personne dévouée, afin de diminuer leur tension ; aiais on se rappellera que la diète, des boissons délayantes', an ou deux purgatifs salins seront très propres à diminuer la sécrétion laiteuse. On employait autrefois beaucoup plus qu'aujourd'hui les topiques prétendus antilaiteux, tels que les iniments savonneux ou ammoniacaux, le cataplasme de persil, Peau de Goulard, etc.; mais ces moyens ne peuvent xmvenir que dans les engorgements laiteux tout-à-fait indoents et qui semblent rester stationnaires.

Lorsqu'il s'agit d'une véritable inflammation, c'est au traitent du phlegmon qu'il faut recourir. Ce n'est point de notre sujet, mais nous ajouterons cependant ceci : Y inflammation iréolaire n'exige que des cataplasmes; le phlegmon peut nécessiter la saignée, les sangsues, les onctions mercuriellcs, ouverture des abcès faite de bonne heure Dans Vinflammaton sous-mammaire il faut agir énergiquement : ouvrir l'abavec un bistouri long et étroit, dirigé entre la glande et

Liniment savonneux.

Teinture de savon, 30 gr:

Huile blanche, 1

rain.

les parois de la poitrine. Enfin, contre la mastoîte, ce sont encore les cataplasmes, les sangsues, les laxatifs, qui devront être employés.

Cataplasme résolutif.

Cerfeuil haché, 3poig.

Appliquer sur une brique pour ; ^ ^ 3Q lui communiquer une douce ena- M ^talion, leur, et arroser avec ' Miel rosat, 30 gram. \ PeUt-lait de TleiM.

. r , , ! Séné mondé, <=gra Fomentation de Jiutomonci. j de 2

Hydrochlor. d'ammon., 30 gram. Flours de sureau, 1

Esprit de romarin, 1 j tilleul, 1

Sur les tumeurs indolentes des gyp^cum, 1

mamelles, à la suite des engorge- j Faites infuser pendant utia ments laiteux. ! demi-heure dans :

Liniment. ■ Petit-lait clarifié bouil-

lmt 500gram{

"timïlbï'des UpresseJ P^ctites^Vjou, qu'on applique sur le sein. I née pour combattre le., mala -

1 1 | laiteuses.

ENGORGEMENT DES MAMELLES CHEZ LES NOUVEAU- NÉS - 11 n'est pas rare de voir les enfants qui viennent de naître présenter cette espèce d'engorgement, dû à une humeur lactiforme, et qui augmente encore lorsque l'ignorance exerce des manipulations en vue de faire sortir cette humeur.

Traitement. - Il suffit de mettre les parties boursouflées à l'abri de toute cause d'irritation, ou bien d'appliquer dessus un cataplasme émollient.

ENTÉuiTE—C'cst l'inflammation de l'intestin grêle. Tantôt elle' est bornée à cet intestin dans une étendue plus ou moins grande [ilêite); tantôt elle l'occupe tout entier et même comprend celle du gros intestin [entéro-colite) . Cette maladie, mal-ré qu'elle ait occupé tous les auteurs, ne parait pas cncoreVraitement connue ; c'est du moins ce que prouvent les nombreuses formes qu'on lui a reconnues.

En effet on a admis: 1- une entérite phlegmoneuse ou circonscrite,^ a pour causes une blessure ^S^nc substance irritante, l'occlusion intestinale. 1 étranglement m

terne, et pour symptômes ceux de l'iléus, de l'empoisonnement, etc. ; 2° une entérite villeuse, dans laquelle l'inflammation affecte spécialement les villosités de la muqueuse; 3° une entérite folllcideuse , qui aurait pour siège les follicules intestinaux et qui ne serait autre chose que la fièvre typhoïde ;

I 4b une entérite pseudo-membraneuse, qui se complique de fausses membranes ou d'une exsudation blanchâtre, caséi-

, forme , laquelle adhère fortement aux papilles qui sont d'un

! rouge foncé.

Ces distinctions anatomo-pathologiques ne sont d'aucune ] valeur au lit des malades; aussi traiterons-nous tout simplei ment de Y entérite aiguë, de X entérite chronique et de Ventérite des enfants. Il est bien entendu que nous supposons cette i maladie simple, sans complication de fièvre typhoïde, de ca- I chexie tuberculeuse ou autre, ce qui n'est pas le cas le plus fréquent.

ENTÉRITE AIGUË.— Inflammation aiguë de l'intestin grêle, l produisant la rougeur, la tuméfaction, le ramollissement de la membrane muqueuse et du tissu sous-muqueux.

Causes. — Aliments acres, boissons alcooliques, répercus- . sion de la sueur ; mais surtout état de faiblesse général, épuii sèment par les longues maladies, enfin certaine prédisposi- : tion individuelle, très marquée chez les enfants, lesquels sont. ■ les plus exposés à cette affection.

Symptômes. — Douleur plus ou moins prononcée, intermit- : tente, connue sous le nom de coliques, lesquelles sont vives | et suivies de selles liquides, muqueuses ou bilieuses en nombre plus ou moins considérable. Ventre un peu tendu, plus > sonore parce qu'il contient des gaz ; bruits de gargouillement, borborygmes; sentiment de brûlure à l'anus, ténesme lorsque ; la diarrhée est intense. Il y a inappétence, sensibilité du ventre à la pression, mouvement fébrile; parfois nausées et vomissements, lorsque l'estomac participe à l'inflammation intestinale diffuse (gastro-entérite).

Terminaison. — Elle a lieu par le retour à la santé dans presque tous les cas simples, après une durée moyenne de sept à huit jours.

Diagnostic. — - L'entérite aiguë simple peut être confondue avec la dyssenterie sporadique, la fièvre typhoïde légère. La comparaison de ces trois affections entre elles fera aisément ressortir leurs différences.

Les symptômes énumérés ci -dessus s'appliquent à l'inflammation de tout le canal, depuis le duodénum jusqu'au rectum. On décrit à part Yiléite et la colile; mais, bien qu'on puisse dire que dans la première de ces maladies il y a généralement constipation ; dans la seconde, au contraire, diarrhée (Broussais), il n'y a pas au fond de signes pathognomoniques propres à chacune d'elles.

Traitement. — Dans les cas légers, diète, boissons gommeuses ou mucilagineuses , cataplasmes, opiacés à petite dose. Lorsqu'il y a réaction fébrile, il peut être nécessaire d'appliquer des sangsues sur l'abdomen, ou mieux à l'anus. Ce traitement très simple suffit dans presque tous les cas. Que si la diarrhée est intense, c'est au traitement de cette affection et à celui de la dyssenterie à en faire justice.

Formulaire.

(V. Diarrhée, Dïssekterie, Colite.)

ENTÉRITE CHRONIQUE. — A l'état simple, cette forme succède à l'aiguë lorsque le mauvais régime, le manque de soins s'est opposé à sa résolution ; ou bien elle est primitive, mais alors très rare. Les symptômes consistent dans des selles liquides, mais toujours stercorales, des coliques, des gargouillements, un amaigrissement sensible, la sécheresse de la peau, l'altération de la face et un peu d'accélération du pouls.

Cette maladie se rencontre principalement chez les sujets tuberculeux, comme nous le ferons remarquer en parlant de la Phthisie pulmonaire.

TRAITEMENT. — C'est celui de la diarrhée : astringents , opiacés, révulsifs externes, eaux minérales, quelquefois légers toniques; précautions hygiéniques, etc.

ENTÉRITE DES ENFANTS A LA MAMELLE. — On doit comprendre par cette expression l'inflammation, le ramollis-

sèment, les diaciïses, c'est-à-dire des altérations intestinales différentes les unes des autres, mais ayant pour phénomène commun la diarrhée.

Causes. — Mauvais lait; aliments grossiers ou peu appropriés à l'état du canal digestif; dentition difficile, etc.

Symptômes. — L'entérite des nouveau-nés se montre à des degrés très différents; elle se manifeste quelquefois avec une grande intensité. Il y a mouvement fébrile marqué, coliques, diarrhée, tension du ventre. Cette maladie se complique de muguet dans un grand nombre de cas, surtout dans les hospices consacrés à l'enfance.

Les diacrises sont, suivant M. Barrier, des altérations de sécrétion intestinale au nombre de cinq : muqueuse ou Jolli— culeuse, acescente ou acide, séreuse, venteuse et vermineuse. Il est évident que les trois premières peuvent seules être rapportées à ce que d'autres auteurs comprennent sous les noms d'entérite, diarrhées et acidités. (V. ces mots.)

Traitement. — Cataplasmes sur le ventre, boissons adoucissantes, lavements émollients, bains d'eau de son, régime sévère, diète complète même, tels sont les moyens qui conviennent quand il y a inflammation avec réaction fébrile. Il peut être indiqué d'appliquer quelques sangsues sur le ventre, mais il faut craindre de délibiter le faible sujet. Lorsque l'affection, dit M. Legendre, s'est développée à l'époque du sevrage, sous l'influence réunie de la dentition et d'une alimentation grossière continuée malgré la persistance de la diarrhée, nous avons constaté trop souvent alors l'insuffisance des antiphlogistiques, des opiacés et des astringents, pour ne pas conseiller d'avoir recours à une autre médication. « C'est le cas, » nous le croyons, de faire vomir les enfants, surtout à l'aide » de l'ipéca., puis de les purger le lendemain avec de la ma-

« gnésie, du calomel ou de petites doses de sel neutre

» Bien que l'emploi de ces moyens doive être dirigé avec » prudence, nous ne croyons pas que le développement pro- « bable d'altérations intestinales consécutives à une époque ■< avancée de la maladie soit de nature à les faire proscrire. » Chez les enfants gravement débilités, il est utile de recourir aux toniques (extrait de quinquina, poudre de colombo, fer-

rugineux). Les astringents par la bouche et par le rectum sont aussi très employés (monesia, tannin, alun, nitrate d'argent).

Mélange.

Ipécacuanlia, 0,30 à 0,60 cent.

Sirop simple, 40 grain.

M. — En 2 fois à dix minutes d'intervalle, pour les enfants de 1 ;'i 2 ans.

Formules astringentes, calmantes, absorbantes.

(V. Diarrhée des enfants, Acidités.)

Potion au nitrate d'argent.

Nitrate d'argent, 0,01 cent.

Eau distillée, SOgram.

Sirop. 10 Par cuillerée à café.

Lavement au nitrate d'argent ^Trousseau).

Nitrate d'argent cristallisé, 0,05 ù 0,10 cent.

Eau distillée, 200

Pour un lavement, chez les

enfants affectés de diarrhée avec

ténesme et sécrétion de glaires

sanguinolentes.

ent érorriiagie. Melœna, morbus niger Hippocratis. — Hémorrhagie intestinale. Elle est essentielle ou symptomatique, active ou passive, critique ou supplémentaire. (V. Hémorrhagie.)

Ca u ses. — Altération du sang, anémie, scorbut; maladies de l'intestin, telles que iléus, inflammation, ulcérations, corps étrangers.

Symptômes. — Coliques plus ou moins vives accompagnées d'un sentiment de faiblesse qui peut aller jusqu'à la défaillance ; puis, très peu de temps après ordinairement, besoin d'aller à la garde-robe et évacuation d'un sang plus ou moins abondant, dont la couleur est d'autant plus altérée, noirâtre, qu'il a séjourné plus de temps dans les intestins, et qui sort tantôt pur, tantôt mêlé aux matières fécales. L'hémorrhagie peut être si considérable qu'elle cause l'évanouissement, la faiblesse du pouls, le refroidissement et la mort.

Pronostic. — L'entérorrbagie essentielle est rarement très grave. Il n'en est pas de même lorsqu'elle résulte d'ulcérations typhoïdes ou cancéreuses, etc. ; mais alors il est vrai de dire que le danger vient de l'affection primitive dont l'hémorrbagie n'est qu'un accident.

Traitement. — Boissons acidulés, lavements astringents, lavements froids, applications froides sur le ventre. Petites saignées générales si le pouls est suffisamment développé.

Formulaire.

(V. Hemorkhagie, Gastrorrhagie, Hémate'mèse, etc.)

ephélides. Taches hépatiques. — Taches irrégulières, plus ou moins étendues, d'un jaune safrané, le plus souvent accompagnées de prurit et donnant lieu quelquefois à une exfoliation légère.

Causes. — Le sexe féminin, l'irrégularité de la menstruation et la grossesse prédisposent à cette affection, que déterminent souvent aussi les écarts de régime, l'insolation, certains états maladifs.

Symptômes. — Les taches se montrent le plus souvent au cou, à la poitrine, aux membres. Beaucoup plus étendues que celles du lentigo, elles sont irrégulières, séparées par des intervalles de couleur naturelle ; quelquefois elles se réunissent pour constituer des plaques très étendues, jamais proéminentes, mais souvent prurigineuses, dont la durée est très variable.

Traitement. — Usage interne de l'eau sulfureuse d'Enghien ou de Cauterets, coupée avec du lait ou de l'eau d'orge en commençant; bain sulfureux deux ou trois fois par semaine; léger laxatif. Les topiques astringents sont plutôt nuisibles qu'utiles. La teinture d'ellébore blanc en frictions a guéri trois cas d'éphélides, dans l'espace de huit jours, entre les mains du docteur Spengler.

EPILEPSIE. Mal sacré, mal caduc, haut mal. — Maladie nerveuse apyrétique caractérisée soit par des vertiges, soit par des attaques brusques dans lesquelles il y a perte de connaissance, convulsions, respiration stertoreuse, écume à la bouche. Il s'agit d'une névrose cérébrale, qui peut être distinguée en idiopathique ou essentielle et en symptomatique.

Causes. — Comme prédisposantes, la jeunesse, le sexe féminin, l'hérédité, la masturbation et les excès dans les plaisirs vénériens; comme occasionnelles, la frayeur, les fortes émotions, la continence trop prolongée, l'imitation, les pratiques du magnétisme animal (Dr Sarkcyj. Enfin, nous citerons,

lf.

comme causes de l'épilepsie symptomatique , les affections

chroniques du cerveau et de la moelle.

Symptômes. — L'attaque est subite le plus souvent; quelquefois cependant elle est précédée, pendant un temps très variable, d'irascibilité, d'étouffements , de perte de l'appétit, de troubles nerveux divers, d'un sentimentdeconstriction.de pesanteur ou d'un froid glacial dans quelque partie du corps. De cette partie semble émaner une sorte de vapeur [aura epi- Icptica), qui arrive au cœur où elle produit des palpitations, et puis au cerveau, ce qui cause l'attaque. Quoi qu'il en soit, celle-ci offre trois degrés d'intensité : l'absence, le vertige épileptique et le grand mal.

1° Absence. C'est le plus faible degré de l'épilepsie; quelquefois c'est à peine si on le remarque, tant il est peu marqué. La petite malade (car ce sont surtout les jeunes filles qui en sont atteintes) s'arrête subitement dans ce qu'elle fait ; il y a trouble du sentiment et de l'intelligence pour un court instant, tandis que le mouvement est à peine altéré.

2" Vertige épileptique ou petit mal. Le vertige, dit M. Beau, qui l'a parfaitement décrit , varie tant , pour sa forme et sa durée, qu'il est difficile d'en donner une description générale. « L'individu aie temps de s'asseoir, tombe ou fléchit ; sa face est pâle, immobile, les yeux fixes et hagards ; ou bien il y a quelques légers tremblements des membres supérieurs et de la face; il reste ainsi quelque temps ; peu à peu il s'anime, il se lève d'un air étonné, cherche autour de lui, fait des paquets, veut se déshabiller, prononce souvent des paroles mal articulées, et essaie de se débarrasser des personnes qui le retiennent. Enfin, l'intelligence reparaît, l'individu est fatigué, honteux, et conserve souvent la mémoire d'une partie de ce qui s'était passé. Cet ensemble de phénomènes dure de deux à

trois minutes. »

3° Attaque convuhire ou grand mal. « L'individu pousse un cri et tombe tout-à-fait privé de sensibilité et d'intelligence. Les muscles sont dans un état de raideur tétanique et immobiles, la respiration est suspendue, les veines se gonflent, la face 'est congestionnée, le pouls faible et petit. Bientôt la rai* deur tétanique des muscles est remplacée par des alternatives

de contraction et de relâchement, apparentes surtout à la face, d'abord légères, ensuite plus étendues, vives et rapprochées. L'individu rend des jets saccadés de salive et de mucosité mousseuse. La respiration recommence à l'aide des mouvements convulsifs des muscles inspirateurs; les veines se désemplissent; la congestion do la face disparaît; le pouls devient plus fort. Les convulsions ayant cessé entièrement, la respiration s'exécute d'une manière large et profonde, avec un ronflement remarquable; la face est pcâle, décomposée; enfin le ronflement disparaît, et l'intelligence revient peu à peu avec la sensibilité. Il ne reste ordinairement de ces diverses lésions fonctionnelles qu'une fatigue musculaire excessive, de la céphalalgie et de l'hébétude, sans que le patient ait la moindre conscience de ce qui s'est passé (Beau) . »

Dans quelques cas, la langue se trouve déchirée, coupée parles dents, et la salive écumeuse est sanguinolente ; les convulsions sont souvent extrêmement violentes , plus prononcées d'un côté que de l'autre ; après l'attaque se manifeste aussi quelquefois une sorte d'accès de fureur; quelques individus sont en proie à des désirs érotiques très prononcés, et les manifestent publiquement par des gestes lascifs.

Marche, durée, pronostic. — L'épilepsie est essentiellement chronique ; ses accès augmentent de fréquence et d'intensité jusqu'à ce qu'ils se manifestent plusieurs fois par jour, après avoir été d'abord éloignés et quelquefois périodiques. Cette maladie se termine rarement par la guérison, le plus souvent la mort est la conséquence ordinaire soit des complications cérébrales, soit d'un accident survenu dans la chute.

Traitement. — Il est presque superflu d'en parler, puisque nul moyen n'a offert jusqu'ici de succès réels. Cependant, suivant M. Hcrpin, la médecine peut exercer une heureuse influence dans près des trois quarts des cas.

Dans les attaques, cela n'est pas douteux , on se rendra toujours utile en desserrant les vêtements du malade, en veillant à ce qu'il ne se blesse pas contre les corps environnants et même en pratiquant une saignée dans le cas où la congestion serait trop forte ou l'attaque trop longue.

Les accidents qui suivent les attaques, tels que In répha-

lalgie, le brisement de membres, le délire, réclament le repos, les bains, les pédiluves sinapisés, les sangsues à l'anus, les antispasmodiques, etc.

Pour conjurer l'invasion du mal, on conseille, s'il existe un aura epileplica, de placer une ligature entre le point de départ et le cœur ; de faire respirer de l'ammoniaque avec précaution, et même d'en faire prendre 10 à 12 gouttes dans une potion.

Quant au traitement curatif, il se compose des émissions sanguines, des antispasmodiques (valériane, musc, campbre, assa fœtida , oxyde de zinc) , des narcotiques (opium , belladone, datura, jusquiame) , des toniques et des purgatifs, et d'une foule de remèdes empiriques , tels que le nitrate d'argent, le sulfate de cuivre ammoniacal, le muriate de baryte, l'ellébore , l'indigo , le narcisse des prés , l'iodure de potassium , la noix vomique, etc. — Ajoutons à cette liste les vésicatoires, moxas, cautères , la pommade stibiée , la cautérisation cervicale au moyen du cautère actuel, etc.

Pilules anti-épileptiques (Biettj.

Extrait de valériane, 2,50 cent.

Extrait de belladone, 2graui.

Sulfate de cuivre ammoniacal, 1 F. 50 p. — 2 p\iis 4, puis 6, 8

par jour en surveillant les effets.

Autres.

Oxyde de zinc, 0,05 cent.

Camphre, 0,03 Extrait de belladone, 0,03 Pour 1 pil.— 2 par jour.

Autres (Leuret).

Extr. de stramonium, lgram.

— de belladone, 1 Camphre, 0,5 décig.

Opium, 0,5

Pour des pil. de 0,10.-1 à 10 par jour progressivement.

Poudre de ftagolo.

Valériano, 2gram.

Sel ammoniac, 0,20 cent.

Magnésie, 0,20

Huile de cajeput, 0,20 cent.

M. s. a. Pour une prise. — 1 à 3 par jour. Remède très vanté en Allemagne.

Poudre antispasmodique.

Bleu de Prusse (cyanure double

de fer hydraté), 4gram.

Sucre pulv., 10

D. en 10 paquets. — 1 à 10 par jour. Epilepsie, chorée, convulsions à forme chronique.

.•lune (Blache).

Oxyde de zinc, 8 gram .

Calomel à la vapeur, 4

Valériane pulv. , 4

Pour 70 prises. — 2 par jour aux jeunes enfants.

Pilules de nitrate d'argent.

Nitrate d'argent, 0,05 cent.

Mie de pain. 4gram.

F. 1(5 pilules.— Ut l et i'> par jour iénilep.-ie, eborée, diarrhée

ehron.); 1 à 2 toutes les 3 heures (hémorrhagie intestinale).

Opiat anli-épilept iq u e .

Indigo en poudre, 30gram.

Miel blanc, 100 1 cuillerée à bouche par jour,

ensuite 2, puis 3, jusqu'à l'administration de la dose entière Epilepsie, hystérie.

Autres formules.

(V. Éclampsie, Convulsions.)

epistaxis. Hémorrhagienasale , rhinorrhagie, saignement de nez-. — Comme toute hémorrhagie, l'épistaxis se distingue en active et en passive , en idiopathique et symptomatique , en critique et supplémentaire ; mais c'est surtout comme maladie idiopathique que nous la considérons.

Causes. — Le jeune âge, le sexe masculin, la constitution sanguine et pléthorique, l'usage des aliments excitants, l'état de grossesse, telles sont les prédispositions à l'épistaxis active, dont les causes occasionnelles sont un fort éternûment, un coup sur le nez, l'insolation, l'usage du tabac, les efforts de voix, etc. L'anémie, le scorbut, toute cause d'appauvrissement du sang occasionne l'épistaxis passive. Cette hémorrhagie est dite symptomatique quand elle survient dans le cours d'une affection aiguë qu'elle juge; elle est quelquefois supplémentaire des règles interrompues.

Symptômes. — Signes du molimen hemorrhagicum peu marqués ou nuls. Tantôt le sang s'échappe goutte à goutte par l'une des narines, tantôt il coule d'une manière continue et quelquefois avec une telle abondance qu'il met la vie en danger et môme cause la mort. Ce liquide provient de la membrane pituitaire qui revêt les cornets ; il est rouge, très coagulable, à moins que le sujet ne soit anémique : dans le premier cas son écoulement , modéré , soulage, fait cesser l'état pléthorique; dans le second cas, il trouve en lui-même sa propre raison d'être et produit une faiblesse croissante. — Du reste, l'épistaxis, en tant que phénomène hémorrhagique, donne lieu aux mômes remarques que l'hémorrhagie considérée en général.

Marche, pronostic. — L'épistaxis se reproduit à des intervalles plus ou moins rapprochés; on l'a vue périodique; elle disparaît ordinairement après la jeunesse. Le pronostic est généralement favorable ; cependant il est des cas où l'hémor-

rliagie, soit par ses retours répétés, soit par son abondance et sa durée, produit ou l'anémie progressive ou la mort. Pour le pronostic de l'épistaxis symptomatique , il faut avant tout prendre en considération l'affection principale.

Traitement. — L'épistaxis active légère doit être abandonnée à elle-même ; elle cesse dès qu'elle a fait disparaître le trop plein, le molimen liemorrhayicum. On doit, au contraire, la favoriser quelquefois au moyen de vapeurs émollientes, surtout si elle paraît active. Il peut être nécessaire de combattre l'état pléthorique qui entretient la maladie par les émissions sanguines, de même qu'au contraire le moyen de prévenir ses retours , lorsqu'elle dépend d'un appauvrissement du sang, c'est de remédier à ce dernier par les ferrugineux, les toniques.

Quelle que soit l'espèce d'épistaxis, du moment qu'elle devient menaçante par son abondance, elle réclame les moyens que voici : ventouses sèches derrière les épaules ; révulsifs aux extrémités ; ligature des membres ; applications froides glacées ou styptiques sur le front, la tête, la scrotum (Fernel) ; faire renifler un liquide astringent , priser de la poudre d'alun ou une poudre absorbante, prendre des boissons acidulés à une basse température ; faire tenir élevé le bras du côté où se fait l'hémorrhagie, moyen qui a toujours réussi à M. Négrier, d'Angers ; comprimer la carotide primitive (Gibon) ; enfin pratiquer le tamponnement. Le seigle ergoté pris à l'intérieur a paru avoir une action spécifique comme dans l'hémorrhagie utérine.

Le tamponnement se fait de deux manières : 1° procédé d'Abernetty. Prenez un cylindre de charpie suffisant pour 'remplir la fosse nasale; enveloppez-en une sonde, do manière qu'il soit assez long pour occuper toute la cavité depuis l'ouverture antérieure jusqu'à l'ouverture postérieure. Mouillez-le , arrondissez-le en lui donnant la forme d'une grosse bougie, jusqu'à ce qu'il soit dur. Introduisez-le ensuite par l'ouverture antérieure en lui faisant suivre le plancher des fosses nasales , jusqu'à ce que vous soyez sûr qu'il a atteint l'orifice postérieur. Retirez la sonde en maintenant lo tampon en place.

On pourrait, comme a fait Mérat, introduire par la narine, à l'aide d'une petite sonde , de petites boules de charpie du volume d'une noisette , imbibées ou non d'un liquide astringent.

2° Pour le tamponnement anléro-postérieur, dont l'effet est plus sûr, prenez une sonde de Bellocq ou une tige flexible , telle qu'une baleine mince , ou bien encore une corde à boyau, un fil de plomb , etc. , introduisez-la par la narine jusqu'à ce que l'extrémité paraisse dans le pharynx; ramenez cette extrémité au dehors en la saisissant avec des pinces ou les doigts. Cela fait, fixez-y les deux chefs du fil que vous avez préalablement lié sur le milieu d'un bourdonnet de charpie préparé d'avance ; retirez ensuite la tige ou le ressort de la sonde de Bellocq , de manière à entraîner le bourdonnet dans le fond de la gorge et à l'appliquer contre l'ouverture postérieure des fosses nasales. On fixe ensuite un second bourdonnet au devant de l'ouverture antérieure de la narine au moyen des deux chefs du fil qui en sortent. Il faut avoir soin, avant l'application du bourdonnet postérieur, de le munir d'un second fil qui sorte par la bouche , et qui devra servir à retirer cette sorte de tampon , qui sans cela tomberait dans le pharynx et pourrait occasionner de graves accidents.

A défaut de sonde et de tige convenable, M. Jacquelin s'est servi d'un fil retors dont il a roulé une extrémité de manière à former une petite boule qu'il a enduite de cire et qu'il a fait pénétrer par la narine jusque dans l'arrière-gorge en engageant le malade à faire de fortes inspirations.

Formulaire.

(V. Hémorriiagie et les mots Injections, Fomentations, Tisanes astringentes.)

Errhin hémostatique (Pierquin).

Suc d'ortie, 125 gram.

Vitriol bleu, 4 Alun de roche, 4

Ju I ep a n li-h ê m o rrha gique.

Acide sul furique, 1 0 gram .

Mucil. de gomme ar., 200 Sirop do guiruame, 100

Seigle ergoté en pondre

récente, 4 gram.

D. en 12 paquets il prendre

Injections pour narines.

Vinaigre distillé, ôOOgram.

Acide sulfnrique, 10

un tous les quarts d'heure.

eugotismiî. Feu sacré, feu de Saint -Antoine, mal des arden t s. — Affection convulsive ou gangreneuse des membres produite par l'usage du seigle ergoté.

Causes. — La cause efficiente, spécifique, vient d'être indiquée clans la définition. La misère, l'habitation dans des lieux bas et humides sont des causes prédisposantes.

Symptômes. — On distingue l'ergotisme en convulsif et en gangreneux.

1° Ergotisme convulsif : d'abord brisement des jambes, agitation, fourmillements, picotements, crampes, céphalalgie ; puis chaleur douloureuse dans les pieds, et convulsions toniques dans lesquelles les articulations sont dans une flexion forcée; opisthotonos, trismus. Des convulsions cloniques très douloureuses se joignent à ces symptômes, ainsi que du delire, des cris furieux, puis la stupeur, le coma. Ces phénomènes, qui s'accompagnent de divers troubles du cote du canal digestif, se montrent sous forme d'accès ou d'exacerbations plus ou moins rapprochés.

2° Ergotisme gangréneux. Il commence à peu près comme la forme précédente; mais les douleurs deviennent plus vives dans les membres qui doivent être frappés de gangrène ; sensation de chaleur brûlante ou de froid. La douleur cesse aux extrémités : celles-ci deviennent violacées, froides, puis noirâtres, et se couvrent de phlyctènes; c'est la gangrène, qui reste ordinairement bornée aux pieds et aux mains. Alors le pouls est petit, accéléré, misérable; il y a prostration, sueurs froides, diarrhée pendant le travail de séparation et suppuration aux limites des parties mortifiées.

Pronostic. — La forme convulsive est encore plus grave que la gangreneuse; mais cependant l'une et l'autre ne sont pas nécessairement mortelles. Dans les cas de guérison de la première, les malades conservent plus ou moins longtemps un affaiblissement de la vue et de l'intelligence, une faiblesse des membres, etc.

Tr vitement. — Dans l'ergotisme convulsif, opium, frictions aromatiques ou camphrées, bains de vapeurs, vésicatoietc; dans l'ergotisme gangréneux, excitants généraux,

res.

tuniques, acides minéraux, etc. Nous nous bornons à une énumération sommaire de ces moyens impuissants.

iïrysipèle. Feu sacré, mal de Saint- Antoine. — Inflammation exanthemateuse de la peau (V. Exanthèmes), fixe ou mobile, se développant, sous forme de plaques d'un rouge tirant sur le jaunâtre, légèrement élevées et prurigineuses, s'accompagnant de symptômes généraux. Cette maladie con ' siste-t-elle en une phlegmasie des capillaires veineux et lymphatiques? est-ce une sorte de fièvre éruptiveî On ne peut répondre d'une manière précise à cet égard. Mais se manifestant sous plusieurs formes très distinctes, il importe d'établir une division qui en facilite l'étude. Or, nous distinguerons l'érysipèle en simple, en phlegmoneux, en gangréneux et en celui des nouveau-nés.

Causes. — Elles sont peu connues. Si nous les divisons en prédisposantes et occasionnelles, nous trouvons, pour les premières, le printemps et l'automne, une certaine constitution médicale indéterminée ; un état maladif, tel que l'embarras gastrique, par exemple, une prédisposition héréditaire ou personnelle; pour les secondes, l'insolation, l'action des irritants sur la peau, les excoriations, les plaies chirurgicales, etc. L'érysipèle se montre souvent épidémique, surtout comme complication des solutions de continuité dans les hôpitaux, les lieux encombrés. Il affecte principalement la face chez les adultes, les membres inférieurs chez les vieillards, l'abdomen chez les nouveau-nés; mais ceci n'est qu'une proposition très générale.

Symptômes. — Pour les énoncer, nous suivrons la division que nous avons établie, et dans laquelle nous formerons des sous-divisions. — 1° Erijsipèle simple. Début souvent précédé de bissons, horripilations, soif, courbature, mouvement fébrile, parfois gonflement douloureux des ganglions lymphatiques auxquels se rendent les vaisseaux blancs de la partie affectée. Bientôt apparaît une rougeur variant du rose clair au rouge foncé tirant sur le jaune, accompagnée de douleur et de chaleur, âcre et prurigineuse, avec une légère tuméfaction de la peau, apparente surtout aux limites delà plaque

342 NOUVEAU COMPEND1UM.

érysipélateuse. En même temps fièvre, anxiété, agitation, insommie ou somnolence; quelquefois nausées, vomissements et tendance à la constipation. La plaque érysipélateuse peut être unique, mais le plus souvent elle est suivie d'une ou plusieurs autres qui se dévoloppent successivement sur ses confins. Quand plusieurs existent simultanément dans l'érysipèle de la face, celle-ci est énormément tuméfiée, méconnaissable ; l'oreille, le cuir chevelu sont entrepris, et comme ces parties ont des tissus assez serrés, la douleur y est vive; il y a aussi très souvent du délire, causé par une irritation sympathique du cerveau, ou ce qui est plus grave et plus rare, par une véritable métastase.

L'érysipèle simple offre des particularités qu'il faut mentionner. Ainsi, l'on voit quelquefois de véritables phlyetènes ou bulles se former sur les parties enflammées et donner lieu à des croûtes noirâtres (érys. huileux ou phlyeténoïdes); dans d'autres cas, ce sont des vésicules plus ou moins fines remplies d'un liquide séro-purulent (érys. vésiculevx, -pustuleux). Chez certains individus, lymphatiques surtout, le gonflement des parties prend l'aspect œdémateux (érys. œdémateux). Enfin, l'érysipèle peut se porter successivement sur toutes ou un plus ou moins grand nombre de parties du corps (érys. ambulant).

2° Erysipèle phlecjmoneux. Ici les symptômes précurseurs sont constants et plus intenses, les symptômes généraux plus prononcés. La rougeur, au lieu de s'étendre en nappe, s'étend plutôt en stries; les ganglions voisins sont très engorgés; la douleur est plus vive, le gonflement plus prononcé, la chaleur plus intense. Le tissu cellulaire sous-cutané est le siège de l'inflammation aussi bien que la peau, et la suppuration ne tarde pas à s'y établir, d'où abcès, décollements, clapiers, et les divers accidents des vastes suppurations qui intéressent spécialement la pathologie externe.

3" Érysipèle gangréneux. Cette forme n'est-elle qu'un modo de terminaison de l'érysipèle phlegmoneux ou de l'œdémateux 1 est-elle quelquefois aussi une affection distincte, primitivement gangreneuse 1 Les avis ne sont pas unanimes sur

ce point. Toutefois, la gangrène des parties envahies est à craindre chez les sujets profondément détériorés.

4° Ërysipèle des nouveau-nés. Toutes les variétés d'érysij)èle dont nous venons de parler peuvent se montrer chez les enfants ; mais il est une autre espèce spéciale aux très jeunes sujets soumis à l'allaitement artificiel et à l'influence de l'encombrement dans les hôpitaux, qui se développe à l'ombilic, aux organes génitaux, se complique souvent de péritonite et se termine par gangrène.

Marche, durée, terminaison. — L'érysipèle se compose d'une ou plusieurs plaques successives, dont la marche est toujours aiguë et la durée individuelle de six jours environ. Lorsque la maladie se prolonge au-delà de ce terme , c'est que plusieurs points sont envahis les uns après les autres; mais presque toujours les plaques nouvelles se développent aux confins des autres, qui alors disparaissent en laissant souvent à leur place une légère desquamation et un état ridé de la peau. On a donné le nom d'erratique à l'érysipèle qui se transporte d'un point à un autre plus ou moins éloigné ; mais cette forme est très rare. L'érysipèle se termine par résolution, par métastase, par suppuration, par gangrène, selon l'intensité de l'inflammation, la constitution médicale, l'état du malade. Même observation s'applique au pronostic.

Diagnostic. — On a confondu souvent l'érythème , l'angioleucite, la phlébite superficielle et l'érysipèle. Il suffit de comparer les descriptions de ces maladies et de se rappeler que l'érysipèle est formé de plaques d'un rouge tirant sur le jaunâtre, assez bien circonscrites par la peau saine , et présentant une légère saillie aux bords.

Traitement. — Dans l'érysipèle simple, peu étendu et non accompagné d'un trouble général très marqué , le repos, les boissons délayantes peuvent suffire. Mais s'il existe une vive réaction; si surtout le sujet est jeune et d'une bonne constitution , on aura recours à la saignée , quoiqu'elle n'ait pas l'effet qu'on lui a supposé; aux sangsues, dans un point rapproché du mal. Un ou deux laxatifs ou purgatifs sont aussi indiqués, ainsi que le tartre stibié à dose vomitive, en cas de complication bilieuse.

Une foule de topiques ont été essayés : nous citerons l'axonge, l'onguent mercuriel , le camphre, le sulfate de fer, le collodion; mais généralement ils sont peu utiles, quelquefois au contraire nuisibles. Cependant on peut employer, pourl'érysipèle de la face, les onctions avec l'axonge fraîche, et pour celui des autres parties des compresses imbibées d'eau de graine de lin, de laitue, de pavot, des cataplasmes de fécule. M. Velpeau a eu à se louer d'une solution de sulfate de fer dans l'érysipèle externe, qui est le plus rare d'ailleurs. Mais on devra préférer à tous ces moyens le collodion qui, appliqué sur la surface érysipélateuse, paraît en arrêter la marche (Aran , Grisolle). — On a essayé d'emprisonner l'érysipèle ambulant dans un cercle de cautérisation par le nitrate d'argent ; on a voulu aussi le fixer au moyen d'un vésicatoire appliqué au centre du mal, ou tout autour sur la peau saine (Piorry). On a préconisé les scarifications, les piqûres, le cautère actuel sous forme de raies de feu ; mais l'efficacité d'aucun de ces moyens n'a été démontrée par des faits bien observés.

L'érysipèle phlegmoneux réclame le traitement du phlegmon diffus : émissions sanguines générales et locales , topiques émollients, onctions mercurielles, incisions et débridements, puis compression.

L'érysipèle gangreneux appelle les toniques et les antiseptiques à l'extérieur et à l'intérieur. — L'érysipèle des nou* veau-nés est au-dessus des ressources de la thérapeutique : toniques, antiseptiques, cautérisation, tout échoue.

Amidon camphré.

Amydon pulv. , 60 gram.

Camphre, 2 à 10

M. En application locale contre l'érysipèle œdémateux et les engelures.

Solution (Velpeau).

Sulfate de protoxyde

de fer, 60 gram.

Eau, 1000

Lotions et fomentations. Ery-

sypèle do cause traumatique ou externe.

Pommade (id ).

Sulfate de protoxyde

de fer, 20 gram.

Axongc, 50

En onctions dans les mêmes cas.

Lotions mercurielles (Schott).

Eau, 32 gram.

DeutO-chlor. de mere. , 0,05 cent.

Pour une ou deux lotions dans les 24 heures.

Potion belladonée. (Yvaren).

Fomentation.

Teint, aie. de belladone, lgout.

Eau sucrée, lOOgram.

Collodion, 30gram.

Huile de riciu, 2

Infus. de 11. de sureau, 500gram.

Alcool camphré, 30

Topique au collodion.

Par cuillerée d'heure en heure dans l'érysipèle des nouveaunés. Le 7pjour la dose fut portée à 2 gouttes de teinture.

Solution (Trousseau).

L'huile de ricin rend le collodion plus souple et plus facile à se détacher.

Ethor, COgravn.

Camphre, 30

Etendre à l'aide d'un petit pinceau de charpie sur toute la surface érysipélateuse du nouveau-né.

êrytiiÈme. Intertrîgo, eftloresc.ence, dartre érythémoide. — Inflammation cutanée caractérisée par des rougeurs légères, superficielles, mal circonscrites avec ou sans saillie et presque toujours sans symptômes généraux.

Causes. — Frottement répété de deux surfaces contiguës du corps, surtout chez les enfants potelés et les personnes grasses dont la peau est fine; action du soleil, du froid ; contact des matières excrémentitielles , des fluides acres. Dentition chez les enfants, époque critique chez les femmes; ingestion de substances irritantes, du baume de copahu en particulier.

Symptômes. — L'crythème présente plusieurs formes. — 1° En th. superficiel. Taches d'une étendue variable, irrégulières, d'un rouge plus ou moins vif, disparaissant sous la pression du doigt, mais se reproduisant aussitôt après. Chaleur et douleur modérées; pas de gonflement; absence de réaction. L'érythème résultant du frottement de deux surfaces est appelé intertrigo ; il donne lieu à un suintement séropurulent provenant d'excoriations. — 2° Eryth. papuleux. Plaques légèrement saillantes, peu étendues, d'abord rouges, puis violacées ; la saillie disparaît au bout de deux jours, mais la rougeur persiste deux semaines environ. — 3° Eryth. tuberculeux. Cette variété ne diffère de la précédente que par la persistance des plaques, qui sont aussi plus saillantes. — 4° Eryth. noueux. Prodromes, tels que soif, anorexie, léger mouvement fébrile. Taches un peu élevées vers le centre.

ayant do 1 à 3 cent, de diamètre, devenant de véritables petites tumeurs d'un rouge un peu sombre, douloureuses, et qui se ramollissent et disparaissent au bout de dix à quinze jours. Cette variété se montre principalement à la partie antérieure de la jambe chez les femmes, les enfants, les sujets à constitution molle.

Pronostic — Favorable.

Traitement. — Lotions émollientes, bains, boissons délayantes. S'il s'agit d'un intertrigo, saupoudrez les parties avec la poudre de lycopode, d'amidon, de bois vermoulu. S'il y a suppression ou retard des règles, saignée ou sangsues à l'anus. Même traitement, aidé d'un léger laxatif, dans l'érythème noueux.

exanthèmes. Affections cxanthémciteuses. — Premier ordre des maladies cutanées (V. Peau) , comprenant Vérythème, Vérysipèle, la roséole, la rougeole, \n scarlatine et l'urticaire. Les maladies exantbémateuses sont caractérisées par une rougeur plus ou moins vive de la peau, sous forme de taches irrégulières ou déterminées, d'étendue variable; elles ont, sauf l'érythème, des prodromes communs, qui consistent dans des frissons irréguliers, des lassitudess pontanées, de la céphalalgie, de la soif, un mouvement fébrile, et s'accompagnent de phénomènes généraux.

farcin. — C'est une maladie due au même virus que la morve (V. ce mot), et qui, à l'état aigu, ne diffère de celle-ci que par l'absence des lésions nasales.

Le farcin chronique diflère de la morve chronique qui se produit d'emblée, par une fièvre assez forte à l'apparition du premier abcès, par la production de tumeurs douloureuses et promptement fluctuantes , des abcès multiples , l'absence de lésions des fosses nasales, la mort survenant avec des symptômes fébriles et dans le marasme.

Le farcin n'est pas nécessairement mortel comme la morve, quoique les cas de guérison soient très rares.

TRAITEMENT. — U ne diffère pas de celui de la morve. — MM. Dccaisnc et Hamoir ont préconisé l'extrait d'aconit a haute dose dans le farcin chronique.

FlÈvnE. État fébrile, réaction générale. — La fièvre se caractérise par l'augmentation de la chaleur animale, l'accélération de la circulation, la fréquence du pouls et le trouble des fonctions digestives et secrétaires, avec ou sans lésion matérielle primitive. L'état fébrile résulte des efforts réactionnels do l'organisme, pour éliminer une cause de trouble, ou opérer la coction, la digestion du stimulus inflammatoire.

Il faut distinguer la lièvre locale de la fièvre générale. La première n'est autre chose que les phénomènes locaux de l'inflammation d'un organe ou d'un tissu : elle est toujours symptomatique. Quant à la seconde , dont nous venons de donner la définition, elle est ou idiopathique ou symptomatique.

La fièvre symptomatique est celle qui se rattache comme effet, comme conséquence, à une altération matérielle primitive. Elle constitue Va.ppa.reil fébrile dont nous n'avons pas à nous occuper pour le moment.

La fièvre idiopathique ou essentielle a été niée par Broussais et ses disciples, qui n'admettaient pas qu'elle pût constituer une maladie distincte, par la raison qu'il ne peut y avoir de symptôme sans lésion d'organe. Cette opinion ne peut plus avoir cours. Il y a des fièvres qui se manifestent sans altérations organiques primitives évidentes. A la vérité , s'il faut, pour qu'elles méritent le nom d'essentielles, qu'elles ne soient pas même sous la dépendance d'une modification des liquides de l'économie, on doit les rayer du cadre nosologique. Mais rien n'empêche d'admettre, pour les expliquer, une altération des humeurs, un état général qui nous échappe, et il faut bien qu'il en soit ainsi du moment que nous ne pouvons en aucune manière découvrir la lésion. Sans doute, beaucoup de ces fièvres présentent des caractères anatomiques , mais ceux-ci sont alors effet plutôt que cause de l'état fébrile et du trouble général. — Les fièvres se divisent en continues et en intermittentes.

FIÈVRES CONTINUES. — Ce sont des pyrexies à marche aiguë et continue, dans lesquelles le trouble général des fonctions paraît précéder toute affection locale distincte, et dé-

NOUYEAU CO.MPEND1UM.

pendre au contraire d'une certaine altération primitive des humeurs. Les plus fréquentes sont la //èwre éphémère, [nfièvre continue simple, la fièvre typhoïde, la fièvre des camps, qui paraissent ne différer entre elles que par le plus ou moins d'intensité. — Quant à la fièvre jaune, au typhus fever et à la peste, comme elles s'éloignent des pyrexies précédentes par leurs causes et leurs symptômes, ces affections seront étudiées sous ces dénominations.

FIÈVRE ÉPHÉMÈRE. Fièvre de courbature. — Etat fébrile survenant brusquement, disparaissant au bout de vingt-quatre à trente-six heures , et n'étant accompagné d'aucune lésion organique manifeste.

Causes. — L'enfance et la jeunesse sont très disposées à cette affection légère, que déterminent ordinairement les exercices violents, les variations atmosphériques, les vives émotions, etc.

Symptômes. — Le début est marqué par un sentiment de fatigue, de la courbature, de la sensibilité au froid, mais plus rarement par un frisson marqué. Bientôt se manifeste de la céphalalgie , de la fréquence du pouls , un mouvement fébrile plus ou moins intense avec anorexie, soif, sans douleur du côté du ventre et sans diarrhée. Cet état se termine souvent par un herpès aux lèvres (ce qui fait dire au vulgaire que la lièvre sort), quelquefois par une moiteur ou une sueur abondante.

Traitement. — Repos, boissons délayantes, diète; un lavement ou un laxatif, s'il y a constipation : tels sont les simples moyens à employer.

FIËVRE CONTINUE SIMPLE. Fièvre synoque, inflammatoire simple, angioténique , dépuratoire, etc. — Etat fébrile continu, dénué de tout symptôme grave et de toute prépondérance locale. Ceux qui nient les fièvres essentielles rapportent celle-ci à la pblogose de la membrane interne des vaisseaux et du cœur; mais on explique son existence généralement en admettant une modification miasmatique ou autre du sang, assez prononcée pour déterminer une réaction générale qui suffit à l'élimination, à la coction du principe morbifique,

sans qu'il survienne secondairement des lésions organiques graves.

Causes. — Ce sont les mêmes à peu près que dans la fièvre éphémère, avec cette différence qu'elles agissent avec plus d'intensité.

Symptômes. — Ils ont un peu plus d'intensité que dans la fièvre éphémère, un peu moins que dans la forme inflammatoire de la fièvre typhoïde; mais, du reste, ce sont à peu près les mêmes. Céphalalgie, brisement de membres, quelquefois vomissements au début, un peu d'agitation la nuit, constipation légère, urines rouges et foncées; pouls à 90, 100 et 110 pulsations, plein, fort, régulier. Dans le trouble de la circulation, il peut survenir des congestions, des inflammations dans divers organes, d'où les fièvres pneumoniques, pleurétiques, gastriques des anciens. La maladie peut, en outre, revêtir la forme muqueuse, bilieuse, sans cesser d'être bénigne.

Durée, terminaison- — La fièvre inflammatoire simple dure de quatre à huit jours. Il n'y a pour ainsi dire pas de convalescence. La terminaison, toujours heureuse, est souvent an noncée par un herpès labialis, par des sueurs ou des mouvements critiques , tels que épistaxis , flux hémorrhoïdal , évacuations alvines.

Traitement. ■ — Repos au lit, diète, boissons tempérantes ou délayantes ; saignée générale ou sangsues à l'anus si le pouls est dur et la céphalalgie intense. On peut avoir à combattre l'élément bilieux ou muqueux : dans ces cas, nous renvoyons aux articles Embarras gastrique et Fièvre typhoïde.

FIÈVRE TYPHOÏDE. Fièvre putride, ad/jnamique, ataxique, angiotênique, méningo -gastrique , adéno-méningée ; fièvre entéro- mésentérique ; dothinentérie ; entérite follic-ulevse ; /ièvre des camps, des prisons, etc. — Fièvre continue se développant spontanément ou par contagion, ayant une marche particulière, ne se manifestant presque jamais qu'une solde fois dans la vie, et ayant pour caractère anatomique essentiel d'abord le gonflement des glandules dcPoyer, puis leur ulcé-

ration. Cette maladie a donné lieu aux travaux et aux discussions les plus considérables. Pour les uns, c'était une inflammation gastro-intestinale ou une gastro-entérite simple et primitive (Broussais) ; pour d'autres, c'était l'inflammation des follicules de l'intestin, d'où le nom d'entérite folliculeuse (Petit et Serres); pour ceux-ci, il fallait voir dans cette affection un exanthème intestinal, une fièvre éruptive interne (dothinentérie de M. Bretonneau) ; pour le plus grand nombre enfin, il s'agit d'une sorte d'intoxication miasmatique particulière, plutôt supposée que prouvée, laquelle, troublant les systèmes sanguin et nerveux, provoque leur réaction et consécutivement l'altération des plaques de Peyer.

C'est à M. Louis qu'on doit d'avoir éclairé la grande question des fièvres graves : on peut dire que ses importants travaux sur ce point se résument dans cette proposition : « Les fièvres continues , quelle que soit leur forme , constituent toutes une seule et unique affection qu'on distingue sous le nom d'affection ou de fièvre typhoïde. »

Causes. — L'âge de dix-huit à trente ans est le plus exposé à cette maladie, qui se voit encore clans l'enfance, très rarement dans la vieillesse ; qui frappe le sexe masculin plus que le féminin. Les privations, les chagrins, le séjour nouveau dans une grande ville, les excès de travail etde boisson, l'encombrement des individus dans des pièces étroites et mal aérées, telles seraient les causes de la fièvre typhoïde, qui règne 'tantôt sporadiquement , tantôt épidémiquement. La contagion par infection est maintenant admise par tout le monde, mais la transmission par contact paraît douteuse et peu probable.

On a, dans ces derniers temps, accusé la vaccine de prédisposer i la fièvre typhoïde, en ce sens qu'elle empêcherait l'économie de se débarrasser de la cause morbifique vanolique Mais les observations qu'on recueille chaque jour prouvent qu'il n'y a rien de fondé dans cotte opinion. Suivant M. Boudin, les sujets soumis à l'influence des marais résistent à l'action des causes de cette affection.

Symptômes.- L'invasion est précédée, dans le t. ers des cas de diminution des forces, d'anorexie, de diarrhée, dex-

pression de tristesse de la face. D'autres fois des frissons avec sentiment de lassitude, faiblesse extrême, ouvrent la scène. Puis se déroule le tableau des symptômes de la maladie confirmée, qui, selon M, Chomel , présente trois périodes.

lre période. Douleurs de ventre occupant ordinairement la fosse éliaque droite et l'épigastre; en palpant l'abdomen on produit un bruit de gargouillement surtout dans le flanc droit. Dans presque tous les cas il y a de la diarrhée dès le début ou très peu de temps après ; quelquefois se montrent, mais un peu plus tard, des nausées, des vomissements bilieux. Le ventre est météorisé. La langue se couvre d'un enduit jaunâtre, le malade la tend avec lenteur, comme aussi il répond très lentement aux questions qu'on lui adresse. La fièvre est plus ou moins prononcée , avec ou sans subdelirium ; parfois le délire est assez prononcé, dans d'autres cas, il alterne avec un sommeil fatigant, des rêvasseries pénibles. Toujours les forces sont abattues.

2e période. Les symptômes susdits s'aggravent. La peau devient le siège de phénomènes remarquables : on y découvre, du septième au dixième jour, des taches d'un rose pâle ou foncé, arrondies et très faiblement saillantes , d'un diamètre de trois à quatre millimètres au plus , qui apparaissent les unes après les autres, discrètes ou plus rarement confluentes, sur la partie antérieure de la poitrine pendant une durée très variable. Cette éruption de taches roses lenticulaires a été assez importante, dans certaines épidémies, pour que l'on ait donné autrefois le nom de fièvre pétéchiale à la maladie. Mais les pétéchies sont des taches d'une autre nature, d'un violet foncé, ne disparaissant pas sous la pression et d'ailleurs fort rares. Une autre éruption se développe dans les deux tiers des cas, vers le douzième jour : c'est celle de petites vésicules séreuses (sudamina) ayant leur siège au cou, à l'épigastre, sur l'abdomen, où, quand elles se rompent, elles laissent des lambeaux d'épiderme après une durée de trois à six jours. La stupeur et la prostration font des progrès ; langue sèche, encroûtée, dents fuligineuses , pulvérulence des narines, face plaquée de rouge sombre ; bourdonnements d'o-

reilles, surdité; diarrhée plus abondante, météorisme plus prononcé ; pouls à cent dix pulsations en moyenne.

3e période. Affaiblissement extrême, formation d'eschares au sacrum, selles parfois involontaires, rétention d'urme, spasmes, contractures, tremblements, carphologie, petitesse et fréquence du pouls, mort.

, Tels sont les symptômes propres à la fièvre typhoïde. Il en est d'autres moins constants et d'une importance moindre : c'est d'abord Yépislaxis, qui peut survenir dans toutes les 'périodes, et dont l'abondance et la fréquence, dit M. \ alleix, 'n'ont pas de rapport avec l'intensité et la gravité de la maladie, quoique beaucoup d'auteurs pensent le contraire. Disons ensuite qu'il existe un peu de toux, un râle sous-crepitant ou humide ou sonore et sifflant dans toute l'étendue de la poitrine, mais sans matité.

Formes de la maladie. M. Chomel admet cinq formes dans la fièvre typhoïde : inflammatoire, bilieuse, muqueuse, nerveuse, adynamique, et il les décrit. Ces distinctions n ont pas une utilité suffisante. « La première est la fièvre typhoïde inflammatoire. Elle existe surtout au début, et est caractérisée par la plénitude, la fréquence du pouls, la chaleur, etc. Qui ne voit d'abord qu'une forme qui ne se montre quau début a déjà quelque chose de singulier! La maladie pourra donc avoir toutes les formes : au début, inflammatoire; plus tard, bilieuse; plus tard encore, nerveuse, enfin, «dynamique. Il est donc évident que de semblables distinctions n ont qu un faible intérêt. Mais il y a plus : est-ce que, même lorsque les malades ont les symptômes que je viens d'indiquer ils sont pas notablement affaiblis ! Il y a donc déjà de 1 advnamie Est-ce qu'ils n'ont pas des vertiges, de 1 agitation, des rêvasseries? Il y a donc de l'ataxie. Est-ce qu'ils nont pas la bouche pâteuse, des nausées, parfois des vomissements! Voilà le caractère bilieux, etc. (Valleix). »

Marche, durée, pronostic. - La fièvre typhoïde parcourt ses diverses phases dans l'ordre que nous venons d exposer, elle ne se montre pas toujours avec des symptômes aussi nombreux et aussi intenses; quelquefois, au contraire ce symptômes sont si légers que les malades peuvent se hvie,

leurs occupations pendant un assez long espace de temps [forme latente ou insidieuse). La durée est variable suivant les cas : elle estdequinze à vingt-cinq jours dans la forme légère, de vingt à quarante jours et plus dans les cas graves. Le pronostic diffère aussi selon que la maladie est légère ou intense; grave en général, il l'estmoins avant l'âge de quinze ans qu'après cet âge. Une diarrhée persistante, des selles involontaires, des hémorrhagies intestinales, le délire dès le début, les eschares gangreneuses , les spasmes et les contractures, etc., tels sont les signes fâcheux. La mort arrive comme conséquence de ces phénomènes ou comme effet d'une perforation intestinale, laquelle peut survenir dans la forme latente, ce qui doit rendre très réservé sur le pronostic.

Lorsque la guérison doit s'opérer, on voit les symptômes les plus graves diminuer à une époque plus ou moins éloignée du début. La convalescence toutefois a une assez longue durée, qu'entravent surtout les eschares; et certains malades conservent assez longtemps un petit mouvement fébrile, de la diarrhée, de la faiblesse.

Diagnostic. — Ses difficultés sont très grandes dans les premiers jours de l'affection, car celle-ci par ses symptômes nombreux, multiples, présente des points de contact avec les fièvres éphémères et continues simples, avec les fièvres éruptives, l'entérite, la cérébritc et les maladies qui se compliquent d'adynamie, de prostration, ainsi que cela se voit chez les vieillards. Etablir le diagnostic différentiel de ces divers états morbides, ce serait sortir des bornes de cet article, déjà relativement très long. Nous nous contenterons de dire, avec M. Cbomel, qu'il y a toute probabilité qu'on a affaire à une fièvre typhoïde (nous parlons du début, car plus tard il n'y a pas de méprise possible), « si l'invasion a lieu subitement, « si, aux phénomènes fébriles prononcés qui se manifestent « sans causes appréciables, se joint une céphalalgie perma- « nentc , avec éblouissements et vacillation dans la marche « et la station chez un sujet placé dans les conditions d'âge » indiquées, surtout, s'il habile depuis peu de temps une >« grande ville, et s'il y a lieu de croire qu'il n'a pas eu la » fièvre typhoïde. »

Traitement. — Une grande incertitude règne encore sur le meilleur traitement à opposer à la fièvre typhoïde. Chaque méthode compte des succès et des revers, et aucune ne s est montrée supérieure aux autres. Ce n'est pas cependant ce que pense et écrit M. Bouillaud, qui préconise les saignées coup sur coup et prétend que la non-adoption de ce moyen cause la mort d'un grand nombre de sujets. M. Bouillaud rencontre en effet, beaucoup d'incrédules, qui peut-être modifieraient leur jugement s'ils voulaient expérimenter la formule des saignées jugulantes; car, enfin, ils ont beau répeter que les fièvres typhoïdes jugulées ne sont probablement que des P5rexies continues simples ou des affections étrangères dune guérison assurée, il n'est pas moins vrai que le médecin de la Charité, auquel on ne peut refuser un grand talent de diagnostic, traite depuis vingt ans ses malades par la méthode en question, et que depuis vingt ans il convie ses confrères à vérifier ses résultats.

Malgré nos réserves à l'endroit des saignées coup sur coup, dont l'emploi éclairé n'est pas aussi facile qu'on le pense, nous avouerons qu'il nous répugne d'adopter une méthode exclusive quelle qu'elle soit. La médication doit donc varier suivant les cas.

La maladie est-elle légèrel diète, boissons tempérantes, acidulés, lavements et cataplasmes émollients. Pour peu que la fièvre soit prononcée, le pouls fort, le sujet pléthorique, une saignée pratiquée au début produira le meilleur effet. Le ventre est-il douloureuxî sangsues, Y a-t-il constipation 1 ta, vcments laxatifs, un ou deux purgatifs. S'il y a diarrhée abondante, au contraire, riz gommé, lavements amidonnes avec ou sans laudanum. Les toniques ont une action favorable lorsque la faiblesse est très grande; le vomitif remcd.e à l'embarras gastrique; suivant M. Louis, l'opium est propre à combattre les symptômes nerveux. Le vésicatoire est plus nuisible qu'utile, en ce qu'il favorise les eschares, etc.

Tel est le. traitement des symptômes. Des moyens plus spéciaux ont été préconisés. Ce sont d'abord les évacuant!, par M. Delarroquequi, à l'exemple de Stall, attribue la fièvre typhoïde à une altération de la bile : le premier jour 1 émé-

tique ou l'ipéca., les jours suivants l'eau de Sedlitz, l'huile de ricin ou le calomel alternativement chaque jour. M. Louis ne donne pas de vomitif et se borne à Veau de Sedlitz. Cette méthode paraît avoir une heureuse influence sur l'issue de la maladie, non sur la durée qui serait au contraire plus longue (Louis). Le sulfate de quinine, proposé par MM. Broqua, Worms, a pour effet, suivant MM. Blache et Briquet, de ralentir le pouls, de diminuer les troubles cérébraux, mais non de diminuer le chiffre de la mortalité. — M. Becquerel a cité des cas de guérison obtenue par le sulfure noir de mercure à l'intérieur et la pommade mercurielle sur l'abdomen, traitement proposé par M. Serres à cause de l'analogie supposée entre la fièvre typhoïde et la variole. — Nous ne parlerons pas de l'hydrothérapie, de Veau froide intus et extra, des chlorures ni des acides.

Il faut essayer de prévenir les eschares par les soins de propreté, les changements de position, l'emplâtre diachylon ; si on n'y parvient et qu'il y ait suintement, on saupoudre les parties avec l'amidon, le lycopode, on panse avec le cérat saturné, etc. On passe la sonde dans le cas de rétention d'urine, etc.

Tisane tonique.

(V. Quinquina au Dict. thér.)

Tisane chlorurée (Chomel).

Chlorure de soude, 2gram.

Décoction d'orge, 1000 Sirop, q. s.

Potion tonique (Chomel).

Extr. mou de quinq. , 4 grn.m.

Potion gommeuse, 125

Autre,

Eau de menthe, 30gram.

Eau, «0

I Sirop de quinquina, 24

Alcoolat de mélisse, 8

Potion antiseptique, (V. Gangrène.) Potion antispasmodique.

Sirop d'éther. lOgram.

Eau distillée de tilleul, 100

Teinture de musc, 4gram.

— de cannelle, 4 Fièvre ataxique; pneumonie compliquée de délire chez les ivrognes.

Lavement antiseptique.

Camphre, 4gram,

Décoct. do quinq. et de.

serpentaire de V., 500 Fièvres graves avec tendance

à la gangrené.

Pilules au sulfure de mercure (Serres).

Ethiops minéral, 1 gram.

Poudre de gomme adra-

gante, 0,050 cent.

Sirop simple, q. s.

F. quatre pilules. — De 4 à 8 tous les deux jours.

356 NOUVEAU OÛMPENDIUM.

FIÈVRE DES CAMPS. Typhus nosocomial ; typhus des prisons, des hôpitaux, des villes assiégées. — Cette affection n'est autre chose qu'une fièvre typhoïde à caractère très grave, naissant sous l'influence de l'encombrement, des émanations animales, de l'infection et même de la contagion directe, suivant quelques auteurs. M. Gauthier de Claubry a accumulé les preuves en faveur de cette opinion.

» Cela posé, dit M. Valleix , il est évident qu'une description détaillée du typhus devient inutile; disons seulement, comme considérations générales , que le typhus nosocomial , carcéral, etc. , étant la fièvre typhoïde à l'état épidémique , c'est dans les grands encombrements d'hommes qu'il se déclare; qu'il est généralement fort grave; qu'il offre quelques légères différences symptomatiques , suivant les épidémies; que ces différences ne portent guère que sur la plus ou moins grande violence, la plus ou moins prompte apparition, la plus ou moins longue durée des symptômes ; et enfin, comme conséquence de ce qui précède , que l'isolement , l'aération , la propreté , doivent tenir une grande place dans le traitement , et que les moyens thérapeutiques mis en usage dans la fièvre typhoïde sont ceux qu'on doit diriger contre le typhus, en en proportionnant l'énergie à la violence des symptômes. »

FIÈVRES INTERMITTENTES. — Affections fébriles caractérisées par des accès et des apyrexies qui reviennent à des intervalles plus ou moins longs et réguliers. Elles sont considérées comme des névroses du système ganglionnaire, dues à l'action des émanations ou miasmes marécageux. On les divise en simples, pernicieuses, rémittentes et larvées.

FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE. Fièvre d'accès; fièvre paludéenne ou des marais. — •< Fièvre essentielle caractérisée par des accès dans lesquels un mouvement fébrile à marche particulière se montre avec une plus ou moins grande violence, et qui sont séparés les uns des autres par des intervalles où l'apyrcxic est complète. »

Causes. — La cause déterminante est dans l'altération du sang, produite par les effluves miasmatiques qui se dégagenl des marais, des étangs vides, des endroits où l'on fait rouir

le chanvre. Les chaleurs du jour suivies de la fraîcheur du soir paraissent favoriser l'action des miasmes. Aussi est-ce à l'automne que les fièvres intermittentes régnent le plus souvent, soit à l'état sporadique, soit comme épidémies. Ces maladies sont endémiques dans les contrées marécageuses , humides et chaudes , où elles attaquent tous les âges et sexes. On les observe quelquefois dans des localités où il n'y a ni marais, ni même des cours d'eau. M. Berenguier, de Rabastens, les attribue alors à des émanations telluriques qui se dégagent des terrains cultivés.

Remarquons encore que, chez les phthisiques , on observe parfois de véritables accès périodiques, qui plus souvent encore se manifestent à l'occasion d'opérations sur les voies urinaires, telles que le cathétérisme, la lithotritie.

Symptômes. — On les divise en trois groupes appelés périodes ou stades, qui sont parfaitement distincts lorsque l'accès est complet. — Le premier stade (s. de froid) commence presque toujours par un frisson, que précèdent quelquefois de la lassitude, des bâillements et des pandiculations ; dans certains cas, il n'y a que des horripilations ou bien au contraire un frisson extrêmement prononcé. Le froid est surtout marqué h la face et aux extrémités, qui deviennent pâles, un peu cyanosées; parfois il s'accompagne de nausées, de vomissements. Une douleur ou une sensation d'embarras, due à l'intumescence de la rate, se fait sentir dans l'hypochondre gauche; il se, manifeste de la céphalalgie, des douleurs contusives dans les membres; le pouls est peu développé, mais accéléré, la peau sèche, les urines peu abondantes et incolores.

Dans le deuxième stade {s. de chaleur) le froid fait place à la réaction, qui s'établit peu à peu. Alors la céphalalgie augmente, le pouls s'élève, la face se colore, ses vaisseaux capillaires s'injectent, la chaleur devient acre et brûlante. Les urines sont foncées; il y a anorexie, soif, agitation.

Le troisième stade [s. de sueur) commence par un certain calme général qui coïncide avec la diminution de la céphalalgie, de l'âcreté, de la chaleur et de la plénitude du pouls. Une sueur plus ou moins abondante s'établit, les urines devien-

nent plus abondantes et plus foncées, puis tout rentre dans le calme, et la santé se rétablit jusqu'à nouvel accès.

Marche, durée— Les, accès reviennent à des époques plus ou moins éloignées, ce qui donne lieu aux types, dont les plus fréquents sont le quotidien (accès revenant tous les jours), le tierce (accès n'ayant lieu que tous les deux jours), le quarte (accès se manifestant tous les trois jours). On distingue des fièvres double-quotidiennes, double-tierces, double-quartes, des fièvres à courtes périodes, etc.

La durée de chaque période varie : le stade de froid dure de vingt-cinq minutes à deux heures ; le stade de chaud se maintient pendant six à huit heures ; le stade de sueur se prolonge plus longtemps encore. — L'intervalle des accès est marqué par une apyrexie plus ou moins complète, qui toutefois n'existe presque jamais sans accompagnement de malaise, de langueur, de courbature, d'anorexie , d'enduit blanchâtre de la langue, etc. — Quant à la durée de la maladie ellemême, on ne peut la déterminer : si elle peut n'être que de quelques jours, elle peut aussi se prolonger plusieurs mois. — Les réduites sont faciles et fréquentes. Suivant M. Vannoye, elles sont annoncées par un signe particulier qui consiste dans une raie pâle de la face interne de la paupière in ■ férieure, circonscrivant l'arc inférieur du petit segment libre du globe oculaire, raie qu'on découvre en renversant la paupière et en faisant tourner au malade l'œil en haut,

Formes, accidents consécutifs. — La fièvre intermittente a été distinguée en : 1° inflammatoire, dans laquelle le pouls est plein et dur, la chaleur élevée, la céphalalgie prononcée ; 2° bilieuse, dans laquelle la bouche est pâteuse, amère, la face jaunâtre, le pouls dépressible; 3° muqueuse, dans laquelle diverses muqueuses sont prises. Les accès ne sont pas toujours bien dessinés : la première période peut manquer ou passer inaperçue; le type peut changer, de quotidien qu'il était il peut devenir tierce ou quarte.

Quant aux accidents consécutifs, deux peuvent être considérés comme spéciaux, propres à la maladie en question : 1" le gonflement de la rate qui paraît dû à l'engorgement répété du système veineux pendant les stades de froid; 2« l'bydro-

PATHOLOGIE INTERNE. 359 pisic ascite qui peut être la conséquence de l'intumescence splénique. Le teint jaune terreux, la débilité des organes, les œdèmes, etc., résultent également des fièvres miasmatiques prolongées.

Pronostic— II est généralement favorable. Les fièvres vernales sont moins rebelles que les automnales. Il ne faut pas oublier qu'une fièvre simple peut devenir pernicieuse, si on l'abandonne à elle-même, quoique cela soit rare. La cachexie des fièvres intermittentes est d'un fâcheux augure. ^ Traitement. — Pour l'instituer, il faut considérer l'accès, l'apyrexie et les effets consécutifs, etc.

1° Traitement de l'accès. Dans le stade de froid, boissons aromatiques, applications chaudes; limonade, eau gazeuse en cas de vomissements. — Dans le stade de chaleur, boissons délayantes ou acidulés ; applications fraîches sur la tète si la céphalalgie est intense. — Dans le stade de sueur, tenez le malade chaudement. Selon Lind, une dose médiocre d'opium est utile pour calmer la violence et la durée de l'accès.

2° Traitement curatif. L'indication fondamentale est de recourir aux fébrifuges. Mais avant de la remplir, est-il nécessaire de saigner le malade fort et pléthorique, de combattre l'embarras bilieux par un vomitif, ou d'éloigner toute autre complication ? L'utilité de cette pratique ne paraît pas démontrée; et s'il s'agissait d'une fièvre pernicieuse, on perdrait un temps précieux. Cependant, dans les cas simples, on peut par ce traitement préliminaire non-seulement rendre l'action du fébrifuge plus sûre, mais encore y suppléer ; car on voit souvent des fièvres vernales céder à un évacuant, aune saignée, et même disparaître spontanément.

La découverte du sulfate de quinine a fait abandonner le quinquina en poudre. Ce sel s'administre de trois manières : 1» par la bouche, h la dose de 0,3 à 0,6 décigr. et jusqu'à 1 gr., soit en nature ou poudre, enveloppé dans du pain azyme, dans de la confiture, etc. , soit en pilules qu'on peut argenter pour masquer la saveur désagréable; 2» en lavement, lorsqu'on craint d'irriter l'estomac, surtout chez les enfants et les femmes délicates; 3" par la méthode endémique, au moyen d'une pommade contenant I à 4 gr. de sulfate de quinine pour 4 gr;

360 NOUVEAU COMPENDIUSi.

d'axonge, avec laquelle on fait des frictions aux aisselles et aux aines. Il ne faut recourir à ce dernier mode d'emploi que chez les très jeunes enfants.

Le tannate de quinine est un nouveau sel que M. Barreswil a fait connaître et qui, tout aussi sûr dans son action que le sulfate, est moins amer et moins irritant pour les nerfs. On le donne en poudre, en pilules. Nous ne dirons rien des fébrifuges indigènes, tels que le saule, l'alkékenge, la petite centaurée, etc., qui ne doivent être employés que dans la médecine des pauvres, pour tenir la fièvre éloignée, combattre la cachexie.

M. Boudin a essayé l'arsenic sur une grande échelle chez des militaires en Afrique, et il a conclu de ses observations que l'acide arsénieux guérit un certain nombre de fièvres contre lesquelles le sulfate de quinine échoue; que celui-ci, au contraire, procure la guérison dans les cas moins nombreux où l'arsenic est sans effet ; que l'arsenic agit plus promptement dans les cas où les deux fébrifuges réussissent.

Nous ne parlerons pas des autres fébrifuges proposés , tels (pie le sel marin, l'hydrochlorate d'ammoniaque, l'hydro-ferrocyanate de potasse et d'urée, les douches froides, etc. I 3° Traitement des effets consécutifs. On combat l'engorgement de la rate par des sangsues, des ventouses scarifiées, en même temps que l'on administre quelques doses de sulfate de quinine. Il ne faut pas abandonner trop le fébrifuge, ou bien an le remplacera par le vin de Seguin, le vin de quinquina, les pastilles de Barreswil. Contre l'état anémique miasmatique, les mêmes moyens conviennent, et surtout les ferrugineux et les toniques; les diurétiques, l'eau de Vichy, constituent de précieux adjuvants en cas d'hydropisie.

l'audre fébrifuge. | Eau , 1 00 grmn .

Sulfate de quinine, 0,6décig. Sirop do coings, 10

Sucre, 1 :sv-.\m.

Pour 6 paquets. — 3 par jour dans du pain azyme.

Potinn fébrifuge insipide.

Suif. de. quinine, 0,75cent.

Acide tunnique, 0,10 — sulfuriquc, 2gout,

A prendre en 2 ou 3 fois.

l'iluk.» fébrifuges.

Sulfate de quinine, 0,6dt-cig. Extrait d'absinthe, M- s.

E. (S pilules ii prendre en trois fois le même jour.

Au lies.

Suif, de quinine, 0,6décig.

Extrait d'opium, 0,05 cent.

Conserve de roses, q. s.

F. 12 pilules. — 4 par jour.

Lavement fébrifuge.

Décoction de pavot ou

eau simple, 15()gram.

Suif, de quinine, 0,75 cent.

Acide sulfurique, 2 ou 3 goût.

Pilules arsenicales (Boudin).

Arséniate de soude, 0,01 cent.

Eau, q. ?. pour dissoudre.

Amidon (pour saturer), q. s.

F. 20 pilules. — 1 ou 2 par jour.

Solution (id.).

Acide arsénieux, 0,50 cent.

Eau distillée, 500 grain.

Dose : 4 à 5 cuill. à café par jour dans un véhicule.

FIÈVRE INTERMITTENTE PERNICIEUSE. — Ce qui vient detre exposé sur la fièvre simple abrège notre tcâche. La fièvre pernicieuse est celle qui se complique d'accidents graves du côté des principaux organes de l'économie, soit par l'effet d'une action plus délétère des miasmes ou d'une idiosyncrasie particulière des individus.

Symptômes.— Tantôt les phénomènes de la fièvre intermittente se manifestent avec une intensité exagérée, sans qu'aucun d'eux montre une prédominance très marquée sur les autres ; tantôt, au contraire, ces phénomènes sont moins nettement dessinés ; mais un symptôme grave les domine et les masque. Ce symptôme consiste tantôt dans une douleur violente située dans la région précordiale (f. cardialgiqite), ou à la poitrine [f. pleurétique), etc. ; tantôt, et plus souvent, dans un trouble fonctionnel (f. cbjssentérique , f. cholérique); tantôt dans une perturbation nerveuse effrayante f f. apoplectique, comateuse, ou f. délirante, convulsive, etc.).

Marche, durée, pronostic — Une fièvre intermittente simple peut devenir pernicieuse ; alors la durée des accès va en augmentant, et le quatrième ou le cinquième peut devenir mortel. Le plus souvent la fièvre s'annonce de prime abord avec des symptômes insolites, fougueux; et comme les trois stades se confondent, sont mal dessinés, il arrive fréquemment que la nature de la maladie n'est pas reconnue assez tôt pour qu'on puisse agir efficacement. Le pronostic n'admet pas le juste-milieu : ou il est très grave, si le fébrifuge n'est pas donné à temps et d'une manière convenable, ou il est. favorable dans le cas contraire.

Traitement. — Le sulfate de quinine est ici le triomphe de la thérapeutique : c'est le spécifique de la fièvre pernicieuse- mais il faut l'administrer promptement et à dose élevée (1 à 2 et 3 grammes à la fois). Il faut toujours y recourir dans le doute , parce que, nous le répétons , on peut être en face d'un ennemi qui ne fait pas de quartier. Dans les fièvres simples, on peut attendre l'apyrexie pour l'administration du fébrifuge , mais ici ce serait perdre un temps précieux. - On peut ensuite combattre chaque symptôme grave par les moyens que l'expérience enseigne , mais cela n'est point indispensable : le sulfate de quinine fait tout disparaître bientôt.

FIÈVRE RÉMITTENTE. — Cette fièvre est assez mal définie. Pour les uns , c'est une fièvre continue associée à un type intermittent; pour d'autres, elle dépend d'une action particuculière et plus forte de la cause qui produit l'intermittence Les Anglais et les Américains appellent bilious rémittent fever [fièvre congestive de quelques auteurs) une affection fébrile continue, avec des exacerbations périodiques et marquées, affection qui se montre dans les pays chauds et humides, et qui peut devenir promptement funeste, comme les fièvres pernicieuses. - Son traitement est nécessairement le même que celui des fièvres intermittentes simples ou pernicieuses;

FIÈVRES LARVÉES. — On appelle ainsi généralement toutes les affections fébriles ou apyrétiques caractérisées par des accès périodiques susceptibles de céder au sulfate de quinine. Ce sont ordinairement de simples troubles fonctionnels, comme des névralgies, des convulsions, de la céphalée, du hoquet, dont la périodicité est plus ou moins marquée, sans accompagnement des stades (froid, chaud et sueur), ce qui précisément leur a fait donner le nom de fièvres larvées ou

Traitement. - C'est toujours le même : le sulfate de quinine, voila le remède auquel il faut recourir de suite. NoJ disons de suite, parce qu'il n'est pas rare que ces affections revêtent bientôt le caractère pernicieux.

F1ÊVHE jaune. Typhus jaune ou idèrdide . fièvre de la

Martinique, de Livourne, fièvre bilieuse d'Amérique, etc. — Maladie caractérisée, dans les cas intenses, par la couleur jaune de la peau , des vomissements noirs , la rétention d'urine, etc. , et qui ne se montre que dans certaines régions , entre le 48e degré de latitude boréale et le 8e de latitude australe. — Suivant Chervin et d'autres , sa nature est paludéenne : elle serait aux miasmes maritimes ce qu'est la fièvre > intermittente simple aux miasmes marécageux. Elle paraît originaire d'Amérique, d'où les Espagnols l'ont importée en Europe.

Causes. — Nous venons de signaler la principale, l'action des effluves maritimes , rendue plus intense par un certain degré de chaleur et d'humidité, par les grandes émotions, fatigues, excès, l'encombrement. Suivant M. Louis, la maladie n'attaque les sujets qu'une fois généralement, ce qui établirait une distinction radicale entre elle et les affections paludéennes d'Europe , distinction qui ne ressort pas suffisamment des lésions anatomiques, lesquelles, incontestables d'ailleurs , consisteraient le plus souvent dans une altération de couleur du foie. — La fièvre jaune est endémique , épidémique et infectieuse ; la contagion par contact est niée généralement.

Symptômes. — Le début est quelquefois précédé de phénomènes précurseurs, tels que malaise, abattement, anorexie. Dans les cas graves une céphalalgie intense avec frissons, douleurs dans les membres et dans le dos ouvrent la scène. Bientôt après, chaleur, rougeur de la face, suivies de sueur; la céphalalgie se maintient , les yeux deviennent rouges ; la soif est vive , l'agitation prononcée. Des douleurs épigastrii ques , des vomissements bilieux d'abord , puis grisâtres et iplus tard noirâtres, sanguinolents, se manifestent. Une couleur jaune ictérique s'empare des téguments à des degrés 'très divers. Les urines deviennent rares, et lorsque la maladie doit se terminer par la mort, à l'agitation succèdent des spasmes, du délire, des soubresauts des tendons, la mollesse et la petitesse du pouls.

Marche, durée, pronostic. — La fièvre jaune est légère ou intense : notre courte description se rapporte à cette dernière

forme dans laquelle on a distingué trois périodes mal dessinées : 1° céphalalgie, douleurs, frissons, etc.; 2" jaunisse, calme des symptômes précédents; 3° ictère, vomissements noirs, hémorrhagies, etc. La durée de la maladie est très variable : il y a des cas foudroyants, il y en a qui se prolongent au-delà de quinze et vingt jours. — Le pronostic est trompeur : beaucoup de sujets succombent à un état en apparence léger; mais sa gravité ressort des déjections noires, des hémorrhagies, des troubles nerveux.

Traitement. — Au début convient-il d'employer les émissions sanguines , de recourir aux évacuants , etc. ? On est dans l'incertitude à cet égard. La pratique la plus gênera e consiste à administrer des toniques, et particulièrement la décoction de quinquina , ainsi que le sulfate de quinine.

M. Louis propose la saignée au début, dans les cas graves, des boissons fraîches en abondance , des ventouses et des sangsues à l'épigastre contre les douleurs et les vomissements , des lavements astringents froids et des petites doses d'opium. — Dans la convalescence, ne pas tenir les malades trop longtemps à la diète.

flatuosites. Flatulence, coliques venteuses. — Développement considérable de gaz dans le canal intestinal.

Causes. — Elles sont très diverses; mais celles dont nous devons tenir compte en ce moment consistent dans l'atonie du tube digestif, dans un état nerveux local ou général . comme la gastralgie, l'cntéralgie, l'hystérie, la chlorose, et nous renvoyons aux maladies dont les flatuosités constituent un symptôme. (V. Indigestion, Constipation, Gastrite, Fièvre typhoïde, etc.)

Symptômes. — Les gaz s'échappent par la bouche (éructations, rots), ou par l'anus après avoir causé des borborygmes, des coliques [coliques venteuses); ou bien ils restent renlermés dans l'intérieur du canal intestinal, soit pareeque celui-ci est trop distendu et comme paralysé , soit par toute autre cause La partie distendue rend à la percussion un son clair, quelquefois très prononcé (V. Tympanite), et il résulte quelquefois de celte distension divers troubles fonctionnels, tels

que palpitations, dyspnée, hoquet, défaillance, etc. L'odeur des gaz varie selon leur composition, et celle-ci diffère selon qu'ils siègent dans l'estomac, dans l'intestin grêle ou dans le gros intestin.

Les enfants à la mamelle sont très sujets aux flatuosités, qui dépendent aussi d'une sorte d'atonie ou d'une irritation du canal digestif, le plus souvent d'un mauvais lait ou du lait d'une nourrice qui se nourrit mal et fait un usage exagéré de féculents, de pois, de choux, de navets, etc. Le petit malade est agité, inquiet; il a des coliques, de la constipation et pousse des cris; il peut même être pris de convulsions.

Traitement. — On combat les flatuosités idiopathiques au moyen des carminatifs, tels que les infusions d'anis, de fenouil, de coriandre, prises à jeun. On a encore conseillé les antispasmodiques, l'assa fœtida en lavement, l'éther nitreux, les embrocations avec l'huile camphrée, les frictions aromatiques, etc.; tout cela sans préjudice du traitement de la cause, de la gastro-entéralgie, de la chlorose, de l'hystérie ou de l'indigestion.

Chez les enfants à la mamelle, on se borne à des frictions légères sur le ventre avec une flanelle chaude, sèche ou imprégnée de vapeurs aromatiques ou stimulantes. Combattez l'atonie, les acidités, la constipation, selon les cas.

Infus ion ant i/7a tulente .

Fruits d'anis vert, 2gram.

Eau, 100

F. infuser pendant un quart d'heure; sucrez. Flatulences, céphalalgies hystériques; digestions difficiles.

Infusion de camomille.

Capit. de camom., n° 20.

Eau, lOOgram.

Dyspepsies, flatuosités, spasmes.

Potion carminative.

Infusion d'anis, 120 gram.

Ether sulfurique, 20 gout.

Sirop d'éeorco d'orange , 30 gram .

Potion stomachique.

Adultes Enfants.

Sirop de menthe, 40 gr. 20 gr.

Eau dist.decamo.,100 40 Teint, d'absinthe, 2 gt. 20 gt.

Flatuosités, spasmes, vers.

Potion excitante.

Sirop de menthe, 40 gram.

Eau dist. de mélisse, 100 Alcoolat comp. de mélisse, 1 Autres formules.

(V. Gastralgie, Hystérie.)

GALACTORRHÉE. Polijgalaclie. — Sécrétion laiteuse excessive ou anormale. Il s'agit ou de l'exagération de l'état normal pendant l'allaitement (galact. hypernormale), ou d'une sécrétion morbide survenant hors du temps de la lactation (galact. anormale).

Causes. — Pendant l'allaitement, avidité de l'enfant, irritation des glandes mammaires ; nourriture trop abondante ; mais plutôt diathèse laiteuse analogue à celle de la polydipsie. Dans le cas contraire, grossesse, aménorrhée, métrite , stimulation des seins par une succion intempestive, etc.

Symptômes. — Si la femme allaite, ses seins sont continuellement pleins de lait, distendus, sensibles; elle peut n'être aucunement incommodée de cette hypersécrétion, mais aussi en être affaiblie, éprouver des tiraillements dans la poitrine, le dos, l'estomac, et s'épuiser. Si elle ne donne plus le sein ou même s'il n'y a pas de motif pour qu'elle ait pu le donner (car les seins des vierges et même ceux des nouveaunés peuvent présenter une sécrétion lactiforme), il peut encore se faire une sécrétion laiteuse assez abondante pour avoir des inconvénients, quoique ces cas soient très rares.

Traitement. — Dans la galactorrhée hypernormale, régime végétal, boissons délayantes, exercice, allaitement moins fréquent, saignée môme. On peut recourir aussi aux boissons diurétiques, aux ventouses, aux purgatifs. — Dans les cas de galactorrhée anormale, cataplasmes émollients sur les seins,bains, laxatifs, régularisation de la menstruation, opiacés.

Iode, lgram.

Eau, 10

Dissolvez et ajoutez :

Axonge, 30 Engorgement chronique du sein.

Uniment (Runque).

Eau de laurier cerise, 60 gram.

Extrait de belladone, 1 gram.

Etlier, 30 gram.

Pommade iodurée.

Iodure de potassium, 4 gram.

GALACTOPiiORiTE. — M. Bouchut donne ce nom à l'ulcération et à l'oblitération des conduits lactifères. Cet autour a réuni cent soixante-quinze exemples de cette affection, mal étudiée avant lui, et en a fait l'objet d'un travail qu'il a lu à l'Académie de médecine, le 14 mars 1854.

Causes. — La galactophorite est une maladie spéciale aux nourrices; elle est la conséquence de l'irritation répétée du mamelon, de sa mauvaise conformation, de l'action irritante de l'acidité de la bouche du nourrisson, de toutes les causes des gerçures du sein.

Symptômes. — Inflammation, excoriations , gerçures à la base du mamelon, ulcérations au sommet. Ces ulcérations in- 1 téressent un plus ou moins grand nombre de conduits galactophores. « Le lait, au lieu de sortir par des orifices capillaires distincts, s'écoule alors par des ouvertures en forme de petit cratère qui sont l'aboutissant des trois ou quatre orifices ulcérés, et coule sans force par un ou plusieurs gros jets baveux de la glande mammaire. » Ce symptôme est le plus apparent et a une grande importance. Mais en même temps le sommet du mamelon est rouge sur le point malade, quelquefois grisâtre. On distingue à la loupe les érosions qui font communiquer plusieurs conduits galactopbores ; parfois l'ulcération commune est visible à l'œil nu. Elle devient douloureuse et peut produire l'inflammation du sein, des abcès, etc.

« Les ulcérations de l'orifice des conduits galactopbores existent d'un seul côté ou sur les deux mamelons à la fois, ce qui est plus rare et plus fâcheux, parce que l'allaitement et le sort futur des glandes mammaires s'en trouvent plus compromis. Elles guérissent assez facilement et assez rapidement par le repos de la glande ou par l'usage d'un bout de sein artificiel, et quand elles ne sont ni anciennes ni trop profondes, elles peuvent ne pas entraîner l'oblitération du conduit lactifèrc. Quand, au contraire, elles sont très étendues et mal traitées, la cicatrisation de l'ulcère entraîne avec elle l'oblitération des orifices ou des conduits en quantité variable et dans une plus ou moins grande étendue ; le mamelon s'indure et se rétracte, surtout après le sevrage ou si on a condamné le sein malade au repos. Si, comme j'en ai vu des exemples, tous les conduits sont oblitérés, la glande mammaire inactive perd graduellement de son volume relativement à l'autre glande, et au bout de quelques mois ou de quelques années elle finit par être le siège d'une atrophie absolue plus ou moins consi-

dérable. Vienne une grossesse nouvelle , et cette glande malade sera perdue pour l'allaitement (Bouchut). »

Pronostic. — La galactophorite, quelque légère qu'elle soit, a des conséquences sérieuses pour l'avenir au point de vue des devoirs de la maternité. Elle n'a pas une moii s grave importance sous le rapport de l'hygiène du r.cuveau-né. En effet, lorsque les ulcérations de l'oriflce des conduits galactophores sont très étendues, elles occasionnent l'afflux considé rable du lait dans la bouche des enfants, ce qui ne leur permet pas de respirer sans introduire avec l'air du lait dans les voies aériennes, et sans provoquer en même temps des accès de suffocation. Cet inconvénient est quelquefois si grave qu'il doit nécessiter le changement immédiat de la nourrice.

Traitement.— Si la maladie est récente, soins de propreté , divers topiques, tels qu'un mélange d'amidon et de beurre, l'huile d'œuf, du mucilage de guimauve ou de coing, la pommade rosat, celle au précipité blanc, une solution de borax ou d'acétate de plomb, ou bien encore celles de sulfate de zinc, de nitrate d'argent, etc. Lorsque la maladie est ancienne, profonde, elle guérit encore à l'aide de ces moyens; mais la cicatrice amène soit la réunion de plusieurs orifices lactifères s'ouvrant par une ou deux larges ouvertures par lesquelles coule le lait trop abondamment , soit l'oblitération d'un plus ou moins grand nombre de ces orifices et des conduits dans une étendue très variable.

Solution (A. Cooper)

Borax,

Eau,

Alcool,

4grara.

Gerçures du mamelon ; galactopliorite.

Autre.

Eau, lOOgram.

Acdt. de plomb solMe, 0,10 cent.

Autre.

Eau, lOOgrnm.

Liqueur de Van-Swieten, 30

Autres formules.

(V. Gerçuuks dc MAMELON.;

GALE. — Affection caractérisée par de petites vésicules (V. Vésicules) légèrement acuminées et saillantes, transparentes au sommet, très contagieuses, toujours accompagnées de prurit, dues à la présence d'un insecte. Vacarus,

Causes. — L'acarus est donc la cause spécifique de la gale. Ce petit insecte, qui n'est d'ailleurs visible qu'à la loupe, est logé dans de petits sillons épidermiques qui tantôt partent des vésicules, tantôt en sont isolés. Il se transmet par contact, et cette transmission est favorisée par la finesse et l'état de moiteur de la peau, par la malpropreté, la misère, qui, pensent quelques médecins, peuvent donner lieu à la génération sponi tanée de l'acarus.

Symptômes. — La maladie ne se déclare que cinq à six jours après le contact contagieux chez les enfants, quinze à vingt chez les adultes. C'est d'abord un prurit léger qui augmente la nuit et sous l'influence des excitants, se manifestant le plus souvent dans l'intervalle des doigts, au poignet, aux bras, aux aisselles, sur le ventre, etc., et qui est bientôt suivi de l'apparition de vésicules discrètes, acuminées, transparentes au sommet, tantôt très petites [gratelle), tantôt plus volumineuses (grosse gale). Mais ces vésicules se présentent à l'observateur presque toujours altérées par l'action des ongles ou des frottements, et couverte d'une petite croûte mince formée par le liquide qu'elle contient ou par un peu de sang eoagulé. Dans ce cas, la maladie simule un prurigo; elle se complique aussi souvent chez les individus robustes qui se grattent avec violence et se livrent à des excès de boissons, soit de pustules d'eethyma ou d'impétigo, soit de papules de lichen et de prurigo, soit enfin de furoncles, d'abcès.

Durée, terminaison, pronostic. — Non traitée, la gale peut durer indéfiniment ; elle ne guérit jamais spontanément, mais elle ne cause pas la mort non plus. On n'admet guère maintenant ses rétrocessions, repercussions et métastases, ni ses transformations en une autre maladie. Elle se complique à la vérité de diverses autres éruptions qui , seules , peuvent lui donner un caractère sérieux.

Diagnostic — Les signes pathognomoniques de la gale sont la présence de l'acarus ou de ses sillons. Quand ils manquent ou plutôt quand ils ne sont plus visibles à cause des excoriations, boutons, etc., effets d'un grattage irrésistible, le diagnostic devient très difficile, d'autant plus que les vésicules sont toutes déchirées et transformées. Alors les affections qui

peuvent donner le change sont l'eczéma, le lichen simplex, le prurigo. « On voit quelquefois, dit M. Cazenave, des individus qui, depuis le moment où ils ont contracté la gale, éprouvent tous les ans une éruption vésiculaire. Il est inutile d'ajouter que ce n'est pas la gale : c'est un eczéma, et, le plus souvent, un eczéma simplex. »

Traitement. — Il est entièrement externe ou local. La médication ne doit avoir qu'un seul hut, la mort de l'insecte et de ses œufs; elle se compose de liniments, de pommades, de lotions, etc., qui ont pour base diverses substances, entre autres le soufre, le mercure, l'iode, le chlore, l'ellébore, les plantes aromatiques, les acides, le goudron, l'essence de téréoenthine, la staphysaigre, etc— Voici les formules les plus employées.

Vingt à vingt-cinq jours de traitement, en moyenne.

Bains sulfureux.

(V. Bains au Dict. Ihér.)

Treize jours de traitement.

Pommade d'ellébore.

Poudre de racine d'ellébore blanc, 4 gvam.

Axonge, 32

Douze jours de traitement.

Pommade d' Helmerich, modifiée par Biell.

Soufre sublimé, 2 part,

Sous-carbon. de potasse, 1 Axonge, "

M. Matin et soir des frictions

avec 15 giam. pour chaque sur tous les points occupés par des véfsicules. Bain simple tous les jours ou tous les deux jours.

Lotions de Dupuytren, Sulfure de potasse, 120gram.

Eau, 750 Acide sulfuriquc, 15

Pommade de M. ifélier.

Sous-carbon. de soude, 6-lgram.

Eau, 32 Huile d'olive, 12B i Fleur de soufre, 128

Laver deux fois par jour les parties malades. Ces lotions sont un peu irritantes.

Lotions de M. Rayer.

Sulfure do potasse, 30gram.

Eau de rivière, 500 Acide ehlorhydrique, 30 Eau distillée," 500

Versez 30 gram. de cette liqueur dans 125 gram. d'enu obaude.

Lofions iodurées (Cazenave).

Iode, 2 gram.

Iodure de potassium, 10

Eau, 1000 gram.

Trois lotions par jour.

Lotions aromatiques (id.).

Thym, 60 gram.

Sept jours de traitement.

Pommade belge.

Fleur de soufre, 3 ldlog.

Chaux vive, 3 Eau de pluie. 50

Eau bouillante, 1000 Vinaigre, 250 Trois lotions par jour.

Mettez le tout dans une chaudière de fonte et épuisez par l'ébullition jusqu'à la densité de 10 degrés.

Six jours de traitement.

Mélange (Leson).

Litharge, 22 gram.

Huile d'olive, 128

Mettez sur un feu doux et re-

Quatre jours de traitement.

Pommade (Bourguignon).

Poudre de staphysaigre, 300 gram, Graisse bouillante, 500

Versez la poudre dans la graisse

Deux jours de traitement.

Méthode de M. Bazin.

M. Bazin établit en principe que la gale peut être guérie en deux frictions générales , lorsque la maladie est simple. Il emploie de

Deux heures de traitement.

Méthode de M. Hardy.

Friction générale d'une demiheure avec le savon noir; après cette friction, bain d'une heure

Deux minutes de traitement.

Méthode de M. Aube.

Frictions générales avec la térébenthine ou le remède suivant:

Uniment antipsorique.

Huile de térébenthine, 40 gram.

Huile d'am. donnes. 10

muez jusqu'à ce que la litharge soit bien dissoute. — Deux frictions par jour avec 16 gram. pour chacune d'elles.

et mêlez ; puis passez à travers un tamis grossier. Faire six frictions par jour.

préférence pour ces frictions la pommade d'Helmerich. 1er jour :

bain, friction sur tout le corps le soir. 2e jour : nouveau bain et nouvelle friction générale.

dans lequel le malade se frotte encore ; puis nouvelle friction générale pendant une demi-heure avec la pommade d'Helmerich.

40 gram.

Axonge,

Essence de citron,

Bain alcalin ; au sortir du bain frotter tout le corps pendant 10 à 15 minutes.

372 NOUVEAU COMPEND1U.M.

GANGRÈNE- — Ex'.inction de l'action organique dans une partie molle, avec réaction de la puissance vitale dans les parties contiguës. — Il est assez difficile de limiter ce sujet pour le faire entrer naturellement dans le cadre de cet ouvrage, car il est du domaine de la chirurgie plus encore que de celui de la médecine, ou bien la gangrène existe comme mode de terminaison de l'inflammation, par conséquent, comme symptôme. Néanmoins, nous dirons quelques mots sur cette affection considérée en général, et nous parlerons ensuite de la gangrène de la bouche et de la gangrène scorbutique des gencives.

GANGRÈNE EN GÉNÉRAL. — Selon la profondeur plus ou moins grande à laquelle s'étend la mortification, c'est le sphacèle, la gangrène proprement dite ou l'eschare.

Causes. — Interruption de la circulation ou de l'innervation d'une partie (ligature d'artères et de nerfs, artérite) ; désorganisation des tissus par des agents chimiques ou physiques (caustiques, brûlures, contusions, broiements); introduction de principes délétères, septiques dans l'économie (charbon, pustule maligne); inflammation sur-aiguë amenant la désorganisation des parties où elle siège. Toutes les conditions hygiéniques, ou d'âge, de constitution, de maladie, etc., capables de diminuer ou d'altérer la vitalité, sont des causes prédisposantes de gangrène.

Symptômes. — La gangrène est interne ou externe. La première se développe dans les viscères, les tissus parenchymatcux, et n'est point accessible à la vue. Son diagnostic est difficile, par conséquent. Presque toujours due à la violence de l'inflammation ou à un étranglement interne, loin d'augmenter les accidents actuels lorsqu'elle se manifeste, elle les calme au contraire, ce qui trompe presque toujours le malade et les assistants sur l'issue de la maladie, parce que au lieu d'une rémission soutenue, d'un mieux réel, le pouls ne tarde pas à faiblir, la face à pâlir et la mort à emporter le malade.

La gangrène externe est aussi le plus souvent due à 1 intensité de l'inflammation, d'autres fois à l'interruption de la circulation parle fait d'une ligature d'artère, de l'oblitération

d'un gros tronc artériel. (V. Àortite.) Dans ce cas les extrémités du membre deviennent insensibles, les orteils se couvrent de taches jaunâtres, noirâtres, qui s'agrandissent de plus en plus, jusqu'à ce que la mortification soit complète. Celle-ci s'étend ensuite de bas en haut, des extrémités vers le centre [gangrène sénile), jusqu'à ce qu'elle rencontre des tissus assez sains pour résister au travail d'anéantissement vital prêt à les envahir. Alors il s'établit une barrière de suppuration qui détruit le tissu cellulaire, les vaisseaux et les nerfs au moyen desquels les parties gangrénées communiquent avec les vivantes, puis les tissus mortifiés tombent et exhalent une odeur infecte caractéristique. Après leur chute il l'esté une plaie à découvert, suppurante, longueuse, dont la cicatrisation est plus ou moins difficile à obtenir.

Pronostic. — La gangrène est une affection toujours très grave; car lorsqu'elle se limite, s'arrête, est éliminée, ce qui n'a pas lieu toujours, il reste des plaies environnées d'accidents. Il faut aussi tenir compte de la cause, qui souvent est plus redoutable que l'effet, comme dans la pustule maligne par exemple, où la mort arrive avant la formation des escbares gangréneuses.

Traitement. — Il s'agit d'abord de prévenir la gangrène tantôt en attaquant l'inflammation par les antiphlogistiques énergiques; tantôt en opérant des débridements ; tantôt en enlevant les ligatures, en entretenant la chaleur, en guérissant la congélation avec les précautions nécessitées en pareille occurrence; tantôt en détruisant par le caustique ou le feu le point où a eu lieu l'inoculation du virus charbonneux, ou enfin en réséquant les parties broyées et incapables de revenir à des limites de vitalité convenables, selon les causes qui ont produit la maladie.

La gangrène étant développée, on agira différemment suivant qu'il y aura travail de réaction et d'élimination ou absence de phénomènes réactionnels locaux. Dans le premier cas, on appliquera des fomentations émollientes ; dans le second cas des compresses imbibées d'une décoction de quinquina, d'eau-de-vie camphrée, d'une infusion aromatique étendue de chlorure de sodium; on administrera à l'intérieur des anti-

septiques, etc. Après la chute des eschares, on panse la plaie suivant les règles de l'art.

Poudre antiseptique.

Quinquina rouge finement

pulvérisé, 40gram.

Charbon végétal en p., 40 Camphre, 10

Réduisez le camphre en poudre au moyen de quelques gouttes d'éther ou d'alcool et porphyrisez le tout. — Saupoudrer les plaies de mauvaise nature.

Autre.

Quinquina gris, lOOgram.

Charbon pulv. , 100

M. — Panser et saupoudrer les plaies gangréneuses.

Cataplasme antiseptique.

Extrait alcoolique de

quinquina, Sgram.

Poudre de quinquina, 40 Camphre pulv., 5

Rue, 40 Mêlez.

Potion antiseptique.

Quinquina calysaya, lOgram.

Serpentaire de Vir., 5 Eau (décoction), 200 Sirop de Tolu, 40 Camphre délayé dans 1/2 de jaune d'œuf, 1 Par cuillerée. — Affections gangréneuses: putridité des affections typhoïdes.

Mixture de camphre comp.

Camphe, lgram.

Eau de menthe p., 100 — de cannelle, 50 Sucre, 30 En 4 fois de 3 en 3 heures.

Autres formules.

(V. Fièvre typhoïde, Stomatite et Angine gangreneuse.)

GANGRÈNE DE LA BOUCHE. Cancer aqueux. — Affection gangreneuse des parois de la bouche, se manifestant exclusivement chez les enfants.

Causes - — Les prédisposantes sont la faiblesse de constitution, la misère, une mauvaise nourriture, l'encombrement, etc.; les déterminantes sont inconnues. Maladie d'ailleurs très rare, quoiqu'elle se montre parfois épidémique dans ^les hôpitaux consacrés à l'enfance.

! Symptômes. — Prodromes, tels que tristesse, abattement, diarrhée, soif. Bientôt gonflement de la paroi buccale, dur et présentant à son milieu, soit en dehors soit en dedans, une tache d'un rouge obscur; ptyalismc, odeur infecte de l'haleine, écoulement sanieux fourni par les parties malades, puis eschares profondes, sphacèle étendu, perforation de la joue, douleur et réaction en général peu marquées, adynamie, sueurs froides, défaillance et mort. Celle-ci est à peu près

constante, et d'ailleurs la guérison ne peut s'opérer qu'aux prix de cicatrices difformes et indélébiles.

Traitement. — Il faut, si l'on rencontre cette maladie, cautériser largement et profondément le point central avec le fer rougi au feu, puis appliquer des antiseptiques tels que eau-de-vie camphrée, poudre ou décoction de quinquina.

Formulaire .

(V. l'article précédent.)

GANGRÈNE SCORBUTIQUE DES GENCIVES. — On donne improprement ce nom à un gonflement des gencives ayant toute l'apparence d'une affection scorbutique, et qui survient particulièrement chez les enfants à la mamelle. Cette maladie n'est ni de la nature de la gangrène, ni même de celle du scorbut proprement dit, car elle se montré tout-à-fait locale ; et cependant dans certains cas on voit les lambeaux de gencive tomber comme en gangrène.

Traitement. — Il est aussi simple qu'efficace. Il suffit, en effet, de toucher les parties malades avec un pinceau imbibé de suc de citron ou du mélange d'acide hydrochlorique et de miel rosat que voici :

Mélange.

Miel rosat, 15 grain. 1 Acide hydrochlorique, SOgout.

gastralgie. Gastrocbjnie , coliques, crampes d'estomac, cardialgîe , dyspepsie. — Troubles de la sensibilité et des fonctions de l'estomac , sans lésion matérielle de cet organe. Cette maladie est de la nature des névroses, mais souvent elle se rattache comme symptôme concomitant à la gastrite chronique et aux autres états morbides de la muqueuse stomacale.

Causes. ■ — Parmi les prédispositions, notons l'âge de seize à quarante-cinq ans, le sexe féminin, le tempérament nerveux, la vie sédentaire, les travaux de cabinet, l'hypochondrie, les chagrins, l'hérédité, l'idiosyncrasie. — Quant aux causes occasionnelles , ce sont la diète prolongée, l'usage des fruits acides , des substances acres , des salaisons ; les mauvaises digestions , l'abus des viandes blancbes et des boissons émollientes, etc. — Il y a la gastralgie symptomatique

des maladies de l'estomac, celle sympathique de la chlorose , des vers intestinaux , de la leucorrhée , des déviations utérines, de la grossesse, etc.

Symptômes. — La maladie se présente avec un appareil de symptômes variables, qui peuvent se rapporter soit à la dyspepsie ou trouble nerveux de la digestion, soit à la gastralgie proprement dite. — La dyspepsie nerveuse se caractérise par des digestions longues, laborieuses , pénibles , accompagnées de pesanteur à l'épigastre, de malaise général , parfoisd'un développement considérable de gaz dans l'estomac, ou de borborygmes. Suivant M. Chomel, il y a une dyspepsie qui s'exerce uniquement sur les liquides , dans laquelle on éprouve une sensation de gêne épigastrique et l'on sent un bruit de glouglou dans les grands mouvements du tronc.

La gaslralgie proprement dite se manifeste par des symptômes très variables ; mais la douleur en est le principal , douleur spontanée qui ne s'exaspère pas en général par la pression, et qu'au contraire celle-ci semble soulager souvent. Tantôt cette douleur est vive et brûlante [pyrosis); tantôt elle donne la sensation d'un tortillement, de constrictions violentes [crampes d'estomac) , etc. Elle est intermittente , rarement continue. L'appétit est ordinairement conservé , souvent augmenté [boulimie), ou perverti [pica, malacia). Nous avons déjà signalé le bruit de glouglou qui se manifeste lorsque la digestion et l'absorption des boissons ne s'opèrent pas. Quelques malades ont des rapports nidoreux , acides , acres, ou de simples éructations ; rarement il y a des vomissements. La constipation est un symptôme fréquent; elle s'accompagne souvent de flatuosités, de coliques : celles-ci sont parfois suivies de selles liquides qui se montrent après le repas. On remarque souvent dans les accès des palpitations , des angoisses, de la cardialgie; néanmoins la nutrition reste à peu près intacte, le pouls calme, la chaleur normale.

Marche, durée, pronostic et diagnostic. — La gastralgie n'offre rien de régulier dans sa marche, et sa durée est très variable, suivant le régime et le traitement employés. Le pronostic n'est point grave absolument parlant ; mais il faut, avant do le porter, savoir distinguer celte maladie des autres

états morbides qui la simulent , tels que la gastrite chronique, laquelle, clans la doctrine physiologique, régnait en souveraine ; tels que le cancer de l'estomac , les douleurs épigastriques de la névralgie intercostale.

Traitement. — Trois indications fondamentales se présentent :

1° Eloigner les causes , c'est-à-dire modifier le régime , prescrire les émollients si la gastralgie résulte de l'usage des excitants ; les toniques si le contraire existe ; combattre la chlorose, l'hypochondrie , les mauvaises habitudes, etc.

2° Combattre la violence actuelle du mal. Comme il s'agit de procurer un prompt soulagement , on a recours aux opiacés, aux émissions sanguines locales, aux antispasmodiques, aux boissons gazeuses , aux absorbants , aux liniments huileux et laudanisés, etc.

3o Traiter la maladie en elle-même. Ici se présente une longue liste de médicaments narcotiques, antispasmodiques , toniques, amers, excitants, absorbants, empiriques, etc. En effet, l'opium , les sels de morphine, la belladone, le datura, lajusquiame, la valériane, le musc, l'éther, l'eau de laurier cerise, l'hydrochlorate de zinc, l'assa fœtida ; la rhubarbe, les ferrugineux , les extraits de quassia , de petite centaurée, d'absinthe ; la camomille , la menthe , l'écorce et les feuilles d'oranger, la cannelle, l'absinthe, la coriandre, la muscade; le sous-nitrate de bismuth, la magnésie, le charbon végétal ; enfin les eaux minérales, de Vichy , Néris, Pougues; la noix vomique, la strychnine, les alcalins, l'huile de foie de morue, l'iodure de potassium , le nitrate d'argent , l'hydrothérapie , l'électricité, etc. , tels sont les moyens qu'on a opposés à la gastralgie chronique , et qui sont loin de mériter une égale confiance.

Remarquons d'ailleurs qu'aucun ne jouit d'une action spécifique, et qu'ordinairement on les associe entre eux par deux, trois ou quatre. Ne pouvant, faute d'espace, apprécier leur valeur respective, nous nous bornerons à indiquer les formules les plus usitées dans lesquelles entrent les principaux d'entre eux.

Poudre antUjastralgique .

Magnésie, 4gram.

Cannelle en p., 2 Opium brut, 0.05

F. 12 paquets. — 1 ou 2 avant le repas.

Autre.

aa 4 grain.

Magnésie calcinée, Rhubarbe pulv., F. 12 prises.

Autre (Fouquier).

Extrait sec de quinquina

en poudre, 2gram.

Carbonate de fer, 2 Poudre de cannelle, 0,50 cent.

En 2 paquets. — llematinetl le soir.

Autre (Récamier).

S.-nitrate de bismuth, 0,2décig.

Magnésie, j aa Sucre, j

F. 4 prises à prendre dans la journée.

Autre (Ellisen).

Ipécacuanha en p., 0,20 cent.

S.-nitrate de bismuth, 0,30 Opium pur, 0,40 Magnésie, ) a 4 Sucre blanc, )

F. une poudre, divisez en 18 parties égales. — 1 toutes les heures.

Pilules (Artaud).

S.-nitrate de bismuth, lOgram.

Extrait de belladone, 1 F. 40 pilules. — 2 matin et soir.

Autres.

Extrait d'opium, 0,15cent.

Cannelle, 0,30 Sirop d'absinthe, q. s.

F. 6 pilules.— 1 à 3 par jour.

Autres (Schmidtmann) .

Fiel de bœuf épaissi, I al0gram Extrait de gentiane, \ Rhubarbe, 10

Carbonate de fer, 4gram.

F. des pilules de 0.10 cent.— 8

12 dans la journée.

Mixture stomachique.

Saccarure de quinquina, 8gram.

Conserve d'absinthe, 8 Sirop de camomille, 30 Eau de girofle, 130

Dose : 3 ou 4 cuillerées par jour.

Potion (Valleix).

Eau distil. de tilleul, lOOgram.

Acétate de morphine, 0,05 cent.

Sirop de fl. d'oranger, 30gram.

1 cuillerée à café immédiatement après chaque repas.

Liqueur de KœchJin.

Semences de pavot blanc, 80gram.

Eau commune, 300

F. une émulsion. Ajoutez :

Liqueur de corne de

bœuf succinée, 15 gram.

Teinture d'opium, 8 Huile de menthe poivrée , 1 0 gout.

Dose : 2 cuillerées d'heure en heure. Préparation efficace.

Vin chlorhydrique (Caron).

Vin blanc, 1500 gram.

Acide chlorhydrique, 15

Dose : 2 à 3 cuillerées matin et soir.

Mixture absorbante. Craie et gomme, 8 gram.

Sucre, 6 Eau, 250 Cardialgie, pyrosis.

| Autre (Swédiaur).

I Rhubarbe en poudre, 8 gram.

Carbonate de soude, 0,26 décig.

; Sirop de sucre, 30 gram.

Eau de menthe, 250

2 cuill. 3 fois par jour contre le pyrosis.

Autres formules.

(V. Névroses, Acidités, Fla-

TIOS1TKS.)

GASTRITE. — Inflammation de l'estomac. Il faut nécessairement la distinguer en aiguë et en chronique ; cette dernière en simple, avec ramollissement delà muqueuse et avec ulcération.

GASTRITE AIGUË.— Inflammation de l'estomac parcourant rapidement ses périodes. Aucune maladie n'a plus occupé les médecins de l'école de Broussais ; suivant eux, aucune ne serait plus fréquente , tandis que pour le plus grand nombre c'est le contraire. Il faut s'entendre : il est extrêmement fréquent de voir la muqueuse de l'estomac présenter des traces de phlegmasie dans une foule de maladies différentes ; mais on a fort peu d'observations de gastrite aiguë simple ou primitive, laquelle n'existerait même jamais pour beaucoup d'auteurs. M. Valleix prétend posséder dix-sept faits dans lesquels le diagnostic a été rigoureusement porté par MM. Louis, Cossy et lui, et ce sont ces faits qui l'ont guidé dans la composition de son article. (V. Guide du méd. prat.)

Causes. — On est fort mal éclairé sur ce point : les chagrins, les excès vénériens, le travail excessif, le régime excitant, sont considérés comme des prédispositions. Les écarts de régime, l'abus des alcooliques et des purgatifs, l'ingestion de boissons froides ou glacées, le corps étant en sueur, les poisons âcres, les violences extérieures, etc., telles sont les causes occasionnelles de la gastrite simple, dont nous nous occupons exclusivement pour le moment.

Symptômes. — Dans les dix-sept cas rapportés par M. Valleix, la maladie a débuté rapidement neuf fois ; subitement avec frissons suivis de chaleur, une fois ; après un malaise précurseur, sept fois. Dans tous, il s'est développé, dès le début à peu près, une douleur épigastrique spontanée donnant la sensation d'élancements , ou de constriction ou de brûlure, et s'exaspérantpar la pression, mais pas au degré excessif que Broussais avait signalé. Il y avait perte de l'appétit, mais pas dégoût pour les aliments comme dans l'embarras gastrique; mouvement fébrile rarement intense et non accompagné des symptômes généraux si violents qui caractérisent les fièvres graves ; vomissements bilieux avec ou sans

380 NOUVEAU COMPEND1UM.

nausées. La soif n'est pas aussi constante ni aussi vive qu'on l'a dit. La langue s'est montrée le plus souvent large, humide, blanchâtre, et n'a paru rouge sur les bords que dans deux cas, fait encore en opposition avec la croyance générale. Constipation médiocre. La céphalalgie n'est pas constante comme on l'a dit encore , et elle ne s'accompagne pas des symptômes graves des fièvres typhoïdes.

Marche, terminaison. — La maladie a de la tendance à se prolongea- pour peu que le régime ou le traitement ne soit pas convenable; sa durée est de quinze jours en moyenne; sa terminaison est généralement heureuse.

Quant au diagnostic , nous renverrons à l'embarras gastrique, à la gastrite chronique, au cancer de l'estomac et a la gastralgie pour les symptômes différentiels. Ajoutons qu'on a distingué plusieurs formes de gastrite aiguë, mais que la seule distinction importante sous ce rapport consiste a séparer la forme primitive de la secondaire. Or, la gastrite secondaire, «- tout-à-fait sous l'influence de la maladie principale, est assez souvent opiniâtre et rebelle, en raison même de la gravité et de la persistance de cette maladie. Elle contribue, nécessairement, dans les cas graves, à entraîner les malades au tombeau, tandis que la première (gastrite primitive) cède facilement à un traitement approprié. Du reste, comme je l'ai déjà dit, il n'y a point entre elles de différences symptomatiques essentielles (Valleix). »

Traitement.— Essentiellement antiphlogistique; son énergie n'a pas besoin d'être très grande cependant : des boissons gommeuses ou acidulés, la diète, une application de sangsues à l'épigastre, telle en est la base. La saignée locale est faite plus copieuse et répétée si l'inflammation est prononcée : rarement la phlébotomie devient nécessaire. Les boissons seront à une température peu élevée, ou mcme froides et glacées pour calmer les vomissements, auxquels on oppose aussi quelques opiacés soit en potion ou pilule, soil en lavement. Le régime doit être sévère, même dans la convalescence. Il faut combattre la constipation par quelque doux laxatif, tel que l'huile de ricin.

PATHOLOGIE INTERNE. 381 GASTRITE CHRONIQUE.— Inflammation de l'estomac, dont les périodes ont une marche lente et une durée plus ou moins longue. Bien qu'il ne soit pas rigoureusement démontré que cette phlegmasie, quelle que soit sa durée, produise les altérations connues sous les noms de ramollissement, induration, ulcération, dilatation, perforation, cancer, nous les rapporterons à cette affection. Commençons par l'état le plus ordinaire, la gastrite chronique simple.

Causes. — Suivant les uns, elles seraient nombreuses et leur effet très fréquent ; suivant d'autres, elles sont à peu près ignorées, et la gastrite chronique simple serait encore plus rare que l'aiguë, à part les cas de phthisie et d'affections chroniques où elle se montre plus particulièrement.

Symptômes. —D'abord perte d'appétit, douleurs épigastriques, soif, avec ou sans frissonnements au début; nausées et vomissements. Les douleurs sont très variables en intensité et en nature; la pression les exaspère. M. Louis les a trouvées proportionnées aux nausées, qui sont constantes, et aux vomissements, qui manquent dans certains cas. Il y a plutôt constipation que diarrhée ; la langue n'a rien de spécial ; le faciès est peu altéré et les forces se conservent, à moins qu'il ne s'agisse d'une altération profonde ; car nous devons rappeler qu'il n'est question pour le moment que de la gastrite simple à l'état chronique, maladie dont les symptômes se confondent avec ceux du ramollissement blanc, du cancer, etc., et qui se montre quelquefois latente et d'un diagnostic différentiel impossible.

Pronostic. — Il n'a rien de très grave tant que la maladie demeure isolée, indépendante de tout état cachectique.

Traitement. — Il est basé sur l'emploi des saignées locales, des cataplasmes laudanisés, des boissons gommeuses ou acidulées, des narcotiques, du régime et des vésicatoires ou autres révulsifs.

Eaux naturelles de Vichy, de Seltz ; bains, voyages, distractions ; ferrugineux, sous-nitrate de bismuth , et autres moyens employés dans la p-astralgic.

Formulaire.

(V. Gastralgie. |

GASTRITE AVEC RAMOLLISSEMENT DE LA MUQUEUSE. Ramollissement blanc avec amincissement . — Nous ne dirons rien des opinions émises sur la nature inflammatoire ou non de cette altération, dans laquelle le suc gastrique jouerait un certain rôle, après la mort, d'après les expériences de M. Carswell. Relativement aux symptômes, on peut avancer qu'ils sont les mêmes que dans la gastrite chronique simple. Le traitement est identique; mais on comprend qu'il soit moins efficace, puisqu'il s'agit d'une lésion plus profonde.

GASTRITE ULCÉREUSE. Ulcère simple de l'estomac, ulcère perforant. — Cette affection, rare d'ailleurs, est caractérisée anatomiquement par un ulcère plus ou moins profond et étendu qui siège ordinairement à la paroi postérieure et près de la petite courbure de l'estomac; il n'offre qu'une similitude grossière avec l'ulcère cancéreux, en ce que sa base n'est ni dure ni hypertrophiée. Rarement il y a plusieurs ulcérations.

Causes. — Ce sont toutes celles de la gastrite chronique.

Symptômes. — Défaut absolu d'appétit ou appétit bizarre ; tristesse insurmontable, digestion laborieuse, malaise ou douleur sourde à l'épigastre, et quelquefois douleur épigastrique extrêmement vive pendant le travail de la digestion ou même en l'absence de tout aliment dans l'estomac ; amaigrissement plus ou moins rapide, constipation; nausées, vomissements après l'ingestion des aliments; enfin, hématémèse ou vomissement noir : tels sont les signes de l'ucère simple , selon M. Cruveilhier. Aucun ne peut être donné comme constant et pathognomonique.

Marche tantôt rapide, tantôt lente. 11 y a souvent des temps d'arrêt pendant lesquels le malade peut se croire guéri : sontils dus à la cicatrisation de l'ulcère existant ! car on admet la possibilité de cette cicatrisation. — La terminaison par lu mort est néanmoins la plus fréquente. La perforation de l'estomac, lorsqu'elle a lieu, cause une péritonite sur-aiguë, h moins qu'elle ne soit en rapport avec un des organes voisins, auquel cas on remarque des cardialgies, des vomissements de sang', etc.

Traitement. — Peu efficace. Au début, sangsues, bains.

Diète lactée : lait sous toutes les formes. Eaux gazeuses ; carbonate de magnésie, eau de chaux. Cautères, moxas sur l'épigastre.

CANCER DE L'ESTOMAC. Sqalrrhe de l'estomac— Dégé nérescence spécifique des parois stomacales, se manifestant par une tumeur bosselée , avec altération , ulcération de la muqueuse , épaississement de la membrane musculeuse qui finit par s'ulcérer aussi ; dégénérescence d'où résultent tous les symptômes de l'affection.

Causes. — Age mur, habitude des boissons alcooliques prises avec excès; privations, misère, chagrins; hérédité, jeûne; onanisme; abus des acides, des aliments stimulants, des purgatifs. Cette affection est assez commune.

Symptômes. — Début lent; diminution de l'appétit; pesanteur ou douleur épigastrique après le repas : elle peut manquer ; parfois éructations acides ou fétides ou inodores; faiblesse générale ; vomissements , amaigrissement, constipation ; plus tard tumeur à l'épigastre sentie par la palpation , etc.

Les matières vomies sont des boissons , des aliments , des glaires, rarement de la bile ; elles sont rejetées douze, quinze, vingt-quatre heures après le repas. L'épigastre devient douloureux et le siège d'une tumeur caractéristique; l'estomac se rétrécit surtout du coté du pylore, parfois il se dilate. Teinte jaunâtre de la face ; pouls ralenti ; dépérissement progressif. Vers la fin, vomissements continuels de matières couleur chocolat ou noirâtres ; pouls petit, ne s'accélérant que dans l'état de marasme avancé ; mort par suite d'épuisement, ou des complications, ou d'une perforation de l'estomac.

Marche variable, tantôt lente, tantôt rapide, avec ou sans suspension des principaux symptômes. — Durée moyenne : quinze mois. — Pronostic extrêmement grave.

Diagnostic. — Le cancer de l'estomac, lorsqu'il est à son début, peut être confondu avec la gastrite simple, la gastrite ulcéreuse, la gastralgie. Son signe propre, pathognomonique, consiste dans la rénitence cancéreuse ou la tumeur bosselée, circonscrite, qu'on sent par la palpation dans la région épigastrique. Notons encore les vomissements d'aliments pris

depuis un temps assez long, et plus tard les vomissements noirâtres ; l'absence de fièvre, les signes de la cachexie cancéreuse, etc.

Traitement. — Comme palliatif, il est basé sur le régime, les adoucissants, les narcotiques; sur la ciguë notamment, et sur les moyens de combattre certains symptômes incommodes (vomissements, rapports acides, douleurs), tels que les eaux gazeuses, le nitrate de bismuth, l'opium, les cautères, moxas, les liniments calmants sur le creux épigastrique.

Comme curatif, ce traitement est encore à trouver. On a bien préconisé l'extrait et l'emplâtre de ciguë, la belladone, les fondants et les altérants (iode, mercure, or, préparations arsénicales], et une foule d'autres substances, comme les ferrugineux, les pilules de Méglin, etc. ; mais rien ne prouve que ces divers moyens aient réellement guéri le cancer de l'estomac, sur le diagnostic duquel, d'ailleurs, on peut élever des doutes dans la plupart des cas.

Pilules de ciguë.

Extrait de ciguë, 4gram.

Poudre de ciguë, q. s.

F. des pilules de 0,1 décig. — 2 par jour d'abord en augmentant la dose graduellement jusqu'à 20 et 30 par jour.

Pilules de belladone (Bayer).

Extrait de belladone, 2gram.

F. des pil. de 0,05 cent. Roulezles dans la poudre de belladone.

— 1 toutes les 3 heures.

Cataplasme de ciguë.

Poudre de ciguë, 60 grain.

Pommade fondante.

Axonge, 30graui.

Hydriodate de potasse, 5

M. — Pour une friction matin et soir.

Solution iodurée (Meyer).

Iodure de potassium, 0,15cent.

Eau distillée, 150graiu.

1 à 4 cuillerées par jour, augmenter progressivement la dose.

(V. Gastralgie, Canceb.)

GASTRO-ENTKIUTE. — Gastrite et entérite réunies ou simultanées. Après avoir joué un rôle immense sous le règw de l'école physiologique, cette maladie, en tant que considérée à l'état de simplicité, est niée aujourd'hui par presque tous les médecins, qui se refusent à considérer les lièvres continues comme des phlegmasies primitives du canal intestinal. L'histoire de la gastro-entérite ne peut plus être faite ù part,

à moins de répéter celle de la gastrite, de l'entérite, de l'empoisonnement, de la fièvre typhoïde. (V. ces mots.)

gastrorrhagie. Hémcitémèse. — Hémorrhagie de l'estomac et vomissement de sang. Cette maladie se distingue en : 1° idiopathique, qui comprend les formes active, passive, critique et supplémentaire ; 2° symptomatique ou par érosion, ulcération, blessure de l'estomac.

Causes. — Ce sont celles de l'hémorrhagie en général. Mais l'étiologie de cette effection particulière n'en paraît pas moins complexe dans les auteurs, qui regardent comme prédispositions l'âge de quarante à cinquante ans, les maladies du cœur, le tempérament pléthorique ; comme causes occasonnelles les violences extérieures, les altérations de l'estomac, la suppression des règles et des flux habituels ; l'abus des purgatifs, des emménagogues, des boissons alcooliques, etc.; comme causes pathologiques, l'anémie, le scorbut, la peste, la fièvre jaune, les obstacles mécaniques au cours du sang, l'ulcération de l'estomac.

Symptômes. — Il en existe de précurseurs, tels que sentiment de gêne, de tension, de chaleur à l'épigastre ; malaise, anxiété ; goût de sang à la bouche, trouble des fonctions digestives; élévation et plénitude du pouls (molimen hemorrli.). Si le vomissement sanguin n'a pas lieu de suite, on considère comme signes de l'hémorrhagie interne d'abord ceux que nous venons d'énumérer, ensuite la pâleur, le refroidissement, les lipothymies, la sueur froide, etc. Mais comme ces phénomènes appartiennent aussi à l'entérorrhagie (V. ce mot), il faut pouvoir y ajouter la douleur épigastrique, la matité, la fluctuation. Le rejet du sang par le vomissement est un signe plus positif, mais encore faut-il s'assurer de la source vraie de ce liquide, dont la quantité rendue ou exhalée à l'intérieur est extrêmement variable, et telle que tantôt lemalades'en aperçoit à peine, tantôt au contraire il succombe à une hémorrhagie foudroyante. Le sang est plus ou moins foncé en couleur et même noir lorsqu'il a séjourné dans l'estomac, il est plus rouge, vermeil, lorsqu'il est rejeté aussitôt qu'exhalé, surtout quand il provient de l'érosion d'un vaisseau. Ordinairement

les selles qui ont lieu après les accidents contiennent du sang, ce qui s'explique soit par une entérorrbagie concomitante, soit par le passage du sang stomacal dans les intestins.

Marche, terminaison, pronostic — L'hémorrhagie se reproduit ordinairement à plusieurs reprises et à des intervalles très variables. Elle peut soulager lorsqu'elle est stbénique et idiopathique. On l'a vue, supplémentaire des règles, se manifester tous les mois. Sa terminaison est cependant funeste le plus souvent, surtout lorsqu'elle se lie à un état pathologique grave de l'estomac ou de ses vaisseaux.

Diagnostic. - On peut être embarrassé pour déterminer le véritable siège de l'hémorrhagie. Provient-elle des fosses nasales, des poumons ou de l'estomac! le diagnostic s'éclaire de la comparaison des symptômes de l'épistaxis, de l'hémoptysie et de ceux de l'hématémèse. 11 s'agit de plus de savoir si l'on a affaire à une hémorrhagie idiopathique ou symptomatique. Ce sont alors les signes commémoratifs qu'il faut interroger, l'état de santé antérieur ; mais ces questions ne sont pas sans obscurité.

Traitement. — Il n'offre rien qui ne rentre dans la thérapeutique des hémorrhagies en général. Celui de l'hématémèse symptomatique s'adresse à la maladie principale. Dans tous les cas, repos absolu, silence, saignée du pied ou du bras, sauf contre-indication; pédiluves et manuluves sinapises ; faire prendre au malade quelques cuillerées d'eau froide, de petits fragments de glace, ou des boissons astringentes, acidulés, styptiques; appliquer sur l'epigastre des compresses imbibées d'eau froide, de la glace, etc. On a encore préconisé le seigle ergoté, l'opium, les vomitifs, l'huile de térébenthine, etc. , mais les faits n'ont pas encore prononce.

Il faut s'attaquer aux causes en employant soit les ferrugineux, les toniques, s'il y a état scorbutique ; soit les sangsues aux cuisses, les révulsifs, les emménagogues tous les mois, s'il y a suppression des règles; soit les cmollicnts, le régime rafraîchissant, l'exercice, les distractions, etc., s'il y a eu auparavant excès d'alimentation, habitudes trop sédentaires ou tendance à l'hystérie.

Formules astringentes.

(V. Hemorrhagie, Hémoptysie.)

Poudre contre l' hématémèse.

Acétate de plomb, 0,20 cent.

Gomme arabique, 4gram.

M. — D. en 12 paquets. — 3 par jour.

Potion (Laicllav,-).

Acétate de plomb, 0,80 cent.

Teinture d'opium, 4 grain.

Acide acétique an*., 4 Eau distillée, 80

1 cuillerée à bouche toutes les heures.

Autre.

Alun, lOgram.

Eau, 200 Sirop de ratanhia, 60

A prendre en 4 fois à une demiheure d'intervallle.

 ulre.

Extrait de ratanhia, 1 à4gram.

Eau de roses, 120

Sirop tartrique, 30

Pilules de. nitrate d'argent.

Nitrate d'argent crist., 0,10 cent.

Mie de pain frais, 0,50

F. s. a. 10 pilules. — 1 toutes lés trois heures.

Gastroriuiée. Catarrhe stomacal. — Dans toute sa simplicité, cette maladie consiste clans une hypersécrétion de la muqueuse gastrique, sans inflammation aucune. Mais souvent elle s'accompagne de gastrite , et plus souvent encore elle n'est qu'une forme de la gastralgie.

Causes. — Constitution lymphatique, climat et temps humides , aliments doux et indigestes, surtout habitudes de l'ivrognerie.

Symptômes. — Ils consistent tout simplement dans le rejet par le vomissement , le matin avant le repas , de mucosités glaireuses, filantes, dont la quantité, très variable d'ailleurs, peut être considérable. Il y a inappétence, pesanteur épigastrique tant que le vomissement n'a pas eu lieu ; mais après se manifestent toutes les apparences d'une bonne santé. — Le pronostic est sans gravité. Cependant la maladie est de longue durée , et on l'a vue précédant des altérations gastriques profondes.

Traitement. — Air pur, flanelle, sobriété; pour régime : viandes rôties , vin vieux coupé d'eau de Seltz ; abstinence de liqueurs alcooliques, surtout avant le repas. Boissons aromatiques. On peut essayer les vomitifs (ipécacuanha) et les purgatifs (sels neutres).

For mu laire.

(V. Gastralgie.;

388 NOUVEAU COMPEND1UM.

rrnrnuES - « Fente ou crevasse légère survenant à la peau de diverses parties du corps , ou aux membranes muueuses les plus voisines de la surface. . Les ^ observe le plus souvent les gerçures sont les lèvres, le pom tou du mamelon, les cuisses , l'abdomen , l'anus, l'intervalle des orteil etc. ; on les désigne quelquefois par des noms £ - Sers. Nous 'allons dire un mot ^çu^Oe^ à la mamelle, de celles des lèvres et de celles du mamelon.

GERÇURRES DES ENFANTS A LA MAMELLE. - Les nourrissons sont très sujets à des gerçures qui se montrent rùcSemcnt, chez ceux qui sont potelés, aux endroits ou

l'érytbème. , n„n

Traitement - Lotions et bains émollients ; soins de piopj^upoudrer les surfaces malades avec le lycopode : ou am don en poudre. On peut aussi faire des onctions avec le Zt saturnl ou une pommade à l'oxyde de zmc

Pumna*. j Lycopode eu poudre, 4 grau,

Cérat de Galien, 15 g.™, i Fleur de zmc,

GERÇURES DES LÈVRES. - L'action d'un froid vif dé-

âssasKiîsîHS

h la rose la pommade de concombre. Cette légère auecu Jd it pas être confondue ^cY herpès labialis (V. ce mo , n avec le ulcérations scorbutiques, cancéreuses ou syplnut^ues dont le pourtour de la bouche peut être le «cge.

,. , Pommade rosat.

Pommade pour lèvres. ,

Huile dindes d., 100 gra». ^^J^ ^0 Cire blanche, J» ^ d(J roscs paies, 2000

Racine d'orcanette, » d'orcanette, 32

Essence de roses, a^out , J

p Bi B. Dessèchement et | « ■ s- »■

aerci

ires dos lèvres.

GERÇURES DU MAMELON. — Chez les femmes qui nourrissent pour la première fois ou qui ont le mamelon sensible , il se développe souvent, sous l'influence de la lactation et des succions de l'enfant, des excoriations, des fissures qui occupent la base du mamelon et causent d'excessives douleurs. Le mal commence par une rougeur inflammatoire semée de points noirs; puis des gerçures, des fissures se forment bientôt, qui creusent de plus en plus et vont, dans certains cas, jusqu'à détacher le mamelon en quelque sorte. Elles sont , en outre, un empêchement à l'allaitement et une cause de mastoïte. (V. ce mot.)

Traitement — Lotions émollientes, soins de propreté continus, surtout après que l'enfant a tété ; onctions narcotiques ou astringentes ; enfin , cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent : tels sont les moyens à opposer à cette affection. Il n'est pas prudent de laisser le lait s'accumuler dans la glande lorsque déjà l'irritation est si prononcée : il faut opérer la succion au moyen d'un bout de sein artificiel , si la bouche de l'enfant cause trop de douleur.

La prophylaxie consiste à faire usage , avant l'accouchement, de lotions avec du vin ou de l'eau-de-vie tiède, à chercher à développer le mamelon, par conséquent à éviter qu'il soit comprimé par le corset, etc.

Uniment.

Pommade astringente.

Eau de chaux, jaa Part' éë-

Huile d'am. douces, 1

Oxyde de zinc, 5 grain.

Si les douleurs sont très vives ou peut ajouter un peu d'extrait d'opium.

C'érat, 40

Gerçures du mamelon. Afiec-

Beurre de cacao, 4 grain.

Huile d'am. douces, 4

Autre.

Pommade.

Précipite'' blanc, 1 grain.

Axonge, 15

Oxyde de zinc, 0,6 ddeig.

Huile de bergamotte, 0,3

Solution astringent?. Borax, 4 grain.

Gerçures et crevasses du sein, des lèvres, des mains.

Alcool, 15 Eau, 90

GLOSSITE. — Inflammation de la langue. Cette maladie est rare, mais de tout temps on s'en est occupé.

Causes. — Elles sont peu connues ; ce sont presque ton-

jours des irritations directes , telles que blessures brûlure lotion de caustiques, de corps acres , ^"^Q^ venin de quelques animaux, notamment du crapaud, porté sur la langue d'une manière directe ou indirecte.

Symptômes. - On distingue la glossite en svpe^aeUe et en profonde. A la première se rapportent 1 état sec fendillé , noirâtre de la langue dans les fièvres graves ,1 inflammation apbtbeuse, ulcéreuse de cet organe : dans -ta stomatite , etc. - Quant à la seconde ^,mf^^ parencbymateuse , elle se caractérise par une tuméfaction ta Le douloureuse , ordinairement très considérable de la Sngùe qui ne peu! plus alors être contenue dans la bouche. De \ difficulté très grande ou impossibilité de respi er d'aval r et même d'articuler des sons; aspect turgescent de la face , anxiété, menace de congestion cérébrale, mouvement

fébrile, soif. . , -

Marche, terminaison. - La glossite marche ^dément et dans un laps de temps assez court se termine focation , par abcès qui se forme habitue lernent a la base de la langue par gangrène, ou enfin par l'état chronique. Mais ÏÎSUi est encore plus rare et moins connue

^TràXient. - Saignée générale, application de sangsues à la base de la mâchoire , à la partie antérieure du cou , ou ni me sur la langue. Gargarismes adoucissants calmants chèrement acidulés. On a employé les vomitifs, et surtout les purgatifs énergiques, lorsque la déglutition est possible, mais c'est principalement sur la scarification de l'organe tul fie qî il faut le Plus compter : on la pratique longitudina- "ement et profondément des deux côtés de la ligue médiane. Elle produit un dégorgement rapide.

cotjtte. Arthrite goutteuse, rhumatisme goutteux, podaare maladie des riches. Affection particulière don le fZcteres k, plus tranchés consistent dans des douleurs %5£L. Pé» ou rémittentes, occupant ,es articulations le plus ordinairement celles du gros oited, avec &on taent et production lente de tophus dans l'intérieur de

PATHOLOGIE INTERNE. 391 ces articulations qui en sont plus ou moins déformées.

La nature de la goutte est inconnue. M. Chomel pense qu'il y a identité entre cette maladie et le rhumatisme articulaire, à l'exception près cependant que la goutte affecte particulièrement les petites articulations. Mais sait-on ce que c'est que le rhumatisme 1 Broussais considérait la goutte comme une gastro-arthrite; M. Roche la fait dépendre essentiellement d'une suranimalisatlon du sang, due à une alimentation trop succulente, tandis que le rhumatisme dépendrait surtout de l'action de l'humidité et du froid.

Causes. — Il faut les distinguer en prédisposantes et en occasionnelles. Aux premières se l'apportent l'âge mûr, le sexe masculin, l'usage des mets de haut goût et des hoissons alcooliques, la vie sédentaire, les plaisirs vénériens prématurés ou en excès, l'hérédité, etc. — Quant aux causes déterminantes, ce serait la suppression de la sueur, l'action du froid-

Symptômes. — On peut rapporter à deux formes principales toutes les variétés de la goutte admises par les auteurs : forme aiguë, forme chronique.

lo Goutte aiguë. Elle se manifeste par attaques. L'attaque de goutte est très souvent précédée, pendant un ou plusieurs jours, de malaise, de flatuosités, d'anorexie, de crampes, etc.; dans un petit nombre de cas, au contraire, elle survient subitement au milieu d'un état de bien-être inaccoutumé. La douleur est le premier et le principal symptôme. Elle se manifeste ordinairement au milieu de la nuit , et occupe le plus souvent le gros orteil ; elle est vive, brûlante, dilacérante ou pongitive suivant les cas. L'article ne peut supporter la moindre pression; il est le siège d'un gonflement, d'une rougeur et d'une chaleur variables en intensité; les vaisseaux superficiels sont injectés; une sueur visqueuse le recouvre. En même temps se développent des symptômes généraux, tels que soif, anorexie, mouvement fébrile, nausées, rapports acides, etc.

La douleur est d'abord intense, puis elle diminue au bout do douze , vingt-quatre ou trente heures : alors le calme se rétablit. Après ce premier accès, il en revient un

autre, mais moins prononcé et moins long; après celui-ci, un nouveau, et ainsi de suite pendant quinze, trente à soixante jours, ce qui constitue Yatlaque proprement dite. — Les attaques vont en se rapprochant de plus en plus et en laissant, dans leurs intervalles, le malade dans un état de santé de moins en moins satisfaisant. C'est alors la goutte chronique qui commence

2° Goutte chronique ou fixe, irrégulière, mobile, vague, etc. Rarement primitive, elle succède presque toujours au contraire à l'aiguë. La douleur est moins prononcée, plus continue ; elle se dissipe moins complètement : aussi les accès sont-ils peu distincts et les attaques mal dessinées. D'ailleurs cette douleur tend à changer de place, à envahir non-seulement les pieds, mais encore les mains, le coude, etc. Rougeur et chaleur peu marquées, à moins qu'il n'y ait retour à l'acuité. Le gonflement des articulations devient chronique, irrégulier; ces parties sont déformées par les concrétions tophacées qui envahissent les ligaments , les bourses muqueuses, et qui causent de la douleur, de la gêne dans les mouvements. Quant aux symptômes généraux, ils consistent dans l'anorexie, l'embarras gastrique, l'irritabilité, l'insomnie, etc. Les urines sont chargées, foncées en couleur, peu abondantes; il y a ordinairement de la constipation.

Tous les auteurs parlent de gouttes remontées, de gouttes internes; mais ce point de l'histoire de cette maladie est très obscur. Rien ne prouve en effet que la bronchite, la pneumonie, la gastrite, l'angine, etc., qui surviennent chez les goutteux, soient l'effet d'une rétrocession ou d'une métastase de la goutte plutôt que la cause ou une simple coïncidence. Cependant, tout en doutant, il vaut mieux agir d'après la croyance que ces déplacements ont lieu.

Complications, terminaison. — La goutte se complique quelquefois de catarrhe de vessie, habituellement de gravelle, avec laquelle elle aune grande affinité, démontrée par la nature des urines. Sa durée est celle de la vie du sujet affecté; cependant on a cité des cas de guérison. Elle peut faire mourir, soit par la rétrocession, soit par ses complications.

La goutte qui dure très longtemps altère la constitution et produit une sorte de cachexie goutteuse.

Traitement. — Pour l'exposer, nous suivrons la division établie dans la forme de la maladie, et nous parlerons de la prophylaxie. — Goutte aiguë. 11 y a à distinguer le traitement de l'attaque, et à passer en revue les divers moyens employés pour combattre les symptômes aigus. Si Y attaque est violente, les émissions sanguines locales et générales sont indiquées : elles n'ont ni les avantages ni les dangers que les uns et les autres leur ont attribués, mais elles soulagent tout d'abord. On applique des fomentations , des cataplasmes émollients ou narcotiques sur les jointures envahies, autour i1 , .elles on entretient une douce chaleur.

Le Dr Bartella s'est bien trouvé de l'application d'une compresse imbibée de 20 à 40 gouttes de chloroforme : il y a d'abord chaleur, sentiment de brûlure ; mais le calme arrive bientôt au bout de trente à quarante minutes. Quelques narcotiques à l'intérieur (opium, aconit, poudre deDower), diète, repos. Vers la fin de l'attaque, emploi de quelques amers.

Le froid a été employé dès la plus haute antiquité pour faire avorter une attaque de goutte : l'immersion dans l'eau froide' les irrigations, les lotions, et même l'eau à la glace prise à l'intérieur ont eu souvent un plein succès ; mais cette méthode est accusée de produire des dangers, et les préjugés vulgaires seront de plus un obstacle à son emploi.

Quant aux moyens à opposer à la goutte aiguë hors de l'attaque, ce sont les émissions sanguines, les sudorifiques, les antimoniaux, lecalomel, l'extrait d'aconit, la poudre de James, le colchique, les pilules de Lartigue, le sirop de Boubée et autres remèdes secrets. — Il est des cas où, la goutte n'étant point fixée et des organes importants étant menacés, il importe de stimuler, d'irriter l'articulation qui en est habituellement le siège au moyen du cataplasme de Pradier, de frictions avec l'alcool camphré ou le liniment de Pott, etc.

Goutte chronique. C'est contre cette forme que les prétendus antigoutteux abondent. Nous trouvons en tête de la liste les sudorifiques, les alcalins, le phosphate d'ammoniaque, la poudre du duc de Portland, l'iodure de potassium, le colchi-

que, l'hydrothérapie, le massage, les feuilles de frêne, etc.,

cqtic comuter les moyens précédents.

"on emploie les opiacés pour calmer les douleurs les op, nues exctants, les vésicatoires , pour rappeler et fixer la ToTtle; lésâmes et les toniques, pour combattre la cachexie goutteuse en rétablissant les fonctions digestives etc. * Prophylaxie. Elle est basée sur la sobnéte 1 exercice la privation de mets de haut goût, de boissons alcooliques, sur Cage des eaux de Vichy, » qui rendent les accès moin fréquents, moins longs, moins douloureux et qm tendent a diminuer et à faire disparaître les accidents locaux qui en sont la conséquence.»

Pilules aniigout. d'aconit.

Extrait aie. d'aconit, 4gram.

— de gayac, 12 F. 72 pilules. — 1 à 4 par

jour.

Pilules anti-arthritiques (Gall).

Extr. aq. de gayac, 8 gram.

Antimoine cru,

Extr. gom. d'opium, 0,25 cent, F. 20 pilules. — 3 le matin, autant à midi et le soir.

Autres (Vicq d'Azyv).

Savon médicinal râpé, 8 gram.

Extrait de fiel de bœuf, 4

Mêlez et incorporez :

Résine de gayac, i &a 2 gram.

Calomcl, \ Poudre de gayac, 2

F. des pilules de 0,20 cent.— 1 ou 2 matin et soir.

Poudre anlirjoulleusc (Richter).

Calomel, Sulfure d'antim

aa 0,10 cent.

Extrait d'aconit,) Douce amère, Sucre blanc,

M. Faites une poudre ; divisez en 16 paquets.— 1 matin et soir.

Sirop antigoutlev t.

Extrait de gayac, 10 gram,

Teint, aie. desem.}

de colchique, aa 5 gram.

de digitale, )

Délayez l'extrait dans les teintures ; ajoutez :

Sirop de sucre, 1000 gram.

Trois cuillerées à bouche délayées dans un verre d'eau. Augmenter successivement jusqu'à 10 à 12 cuillerées par jour.

Tisane de feuilles de frêne.

Feuil. de frêne en p., 1 gram.

Faites infuser pendant 3 heures dans 2 tasses d'eau. Passez ; renouvelez cette dose soir et matin.

Antigoutteux de Want.

Bulbes de colchique frais, 20 gram .

Alcool à 20", 30

F. macérer pendant une semaine , passez et filtrez. — 1 a 8 gram. progressivement dans une tisane appropriée.

Miiltire contre la goutte (Fiévée).

Teint, de bulbes de colchique, 10 gram.

desem.decolch., 5

Sirop do limon, 100

A prendre dans les 21 heures par cuillerées à bouche dans une

tasse d'infusion de mélisse. Surveiller les effets.

Lessive de soude caust.

Lotions (Turk).

Uniment (Gœden).

à 8", 10,000 grain.

Phosphore, 2,80 cent.

Huile ess. de Sabine, 15 grain.

Saturez avec :

Alumine en gelée, q. s.

Goutte invétérée. Le malade se frictionne de ce Uniment au sortir du bain prolongé.

Ammoniaque, 60

— de térébenthine, 15

Ajoutez :

Térébenthine de Chio, 200gram.

Gomme arabique, 220 Huile d'olive, 100 Alcool à 360 saturé de

Autres formules.

(V. Rhumatisme.)

M. — Faire de 2 à 10 fois par jour des lotions sur tout le corps.

GRAi'ELLE. — V. Calculs rénaux.

GIUPPE. Influença, catarrhe épidémique. — Affection fébrile, essentiellement épidémiqne, caractérisée localement par une inflammation des muqueuses des voies respiratoires et quelquefois en même temps digestives, avec un affaiblissement ou une dépression nerveuse hors de proportion avec les altérations matérielles.

Causes. — Inconnues. Les épidémies de grippe se développent dans les mois froids et humides de l'année. La maladie se transmet par infection.

Symptômes. — Au début, lassitudes, malaise, céphalalgie, abattement, frissonnement. Bientôt le mal de tête augmente, la face devient animée, les yeux brillants et larmoyants, et la dépression des forces augmente. En môme temps se manifestent des symptômes de coryza, d'angine et de bronchite. Il se fait par les narines une excrétion de mucus abondant ; il survient des épistaxis, des douleurs dans les membres (grippe rhumatismale), quelquefois de la diarrhée (grippe abdominale), plus rarement des lipothymies (grippe syncopale). La chaleur est élevée, le mouvement fébrile plus ou moins prononcé, le sommeil agité; parfois il y a du délire.

Marche, durée, terminaison— Les symptômes de la grippe s'exaspèrent vers le soir; ils se dissipent au bout d'un temps qui varie entre deux et huit jours; mais de la toux persiste assez longtemps encore avec une faiblesse marquée. La convalescence est lente.

mmnlicalions. - Ce sont des pneumonies qui présentent ^ZTZ^es païenne,, V*^**^ et l'encéphalite. La bronchite fait, comme nous lavons dit, partie du cortège des symptômes.

Traitement. — Dans les cas simples, on se borne au !epos aux boissons adoucissantes, aux fumigations émolUentes ; vers les voies respiratoires, aux bains de pieds sinapises. A e s moyens on ajoute, suivant l'indication soit que Iques ca niants, soit un laxatif, soit au contraire des demi-lavemen s laudanisés. On a vanté l'ipécacuanha à dose vomitive, le kei mès comme sudorifique et expectorant, etc. Sur la fin le vésicatoires sont très utiles pour dissiper une douleui locale ou un reste de toux. t ,., ,

La saignée ne doit point être employée, a moins qu i > ait complication de pneumonie; encore, dans ce cas , ^ être réservé; et si la réaction était peu vive et la fanW considérable, faudrait-il la remplacer par les contio-stimu Iants ou même les toniques.

Formulaire.

(V. Bronchite, Pneumonie.)

GROSSESSE (accidents de la). - La grossesse a ses incommodités ; elle devient cause de diverses d'accidents plus ou moins sérieux qui se rat tachent les un à 1 influence de la grossesse elle-même, a »^ thique de l'utérus gravide sur le système nerveux, ^ autres à l'action mécanique de ce même organe sur les pai e voi sines • de là la distinction des accidents en sympathtqueset ZlécanUiue, Les premiers se montrent dans la ^prem^ moitié du temps que dure la grossesse; les seconds, au con ™ e se manifestent plus tard, lorsque le développement de Patrice est assez prononcé pour refouler le d^agme les viscères voisins et comprimer les vaisseaux. Mais il > des Options à cette règle. Les accidents sympatlnq c> peuvent persister jusqu'au terme delà gestation; Us pem ee se • rih» tôt et reparaître ensuite. Les mêmes accident neuven dépendre aussi des deux influences combinées; de " peuvent être modifiés par un état pléthorique, ne-

veux ou saburral, de telle sorte que, pour soulager la femme, il est nécessaire de tenir compte de ces divers éléments, et que souvent l'état général doit être combattu tout d'abord, bien qu'il ne paraisse pas lié directement au trouble fonctionnel local que l'on fait cesser.

1° Accidents sympathiques de la grossesse. — En les passant en revue, nous en indiquerons les principaux caractères et le traitement.

Anorexie. Tantôt simple diminution ou perte de l'appétit, tantôt véritable dégoût; quelquefois appétit dépravé (pica, malacia). Ces phénomènes dépendent d'une véritable névrose de l'estomac. — Ils ne réclament pas d'autre traitement que celui de la gastralgie, Les amers, les toniques, les stomachiques sont les remèdes qu'on oppose à cet état, sauf à tenucompte de l'irritation inflammatoire, de la pléthore ou de l'état saburral.

Céphalalgie. Elle peut dépendre d'un état nerveux, de l'hystérie, d'une chlorose; mais elle est plus souvent due à la pléthore. (V. Migraine, Hystérie, Chlorose et Pléthore.)

Diarrhée. Elle est nerveuse ou sympathique le plus ordinairement; elle peut dépendre d'une véritable entérite ou même d'un embarras intestinal. — Boissons légèrement aromatiques, potions diacodées. Toniques s'il y a faiblesse, atonie; émollients dans le cas contraire.

Douleurs des mamelles. Elles s'expliquent par les rapports de sympathie existant entre ces glandes et l'utérus, par le développement qu'elles prennent et la fluxion dont elles deviennent le siège pendant la grossesse. — Embrocations huileuses, liniments narcotiques. Saignée s'il y a pléthore.

Eclampsie. Cette maladie a fait le sujet d'un article spécial.

Ictère. L'ictère des femmes grosses dépend soit du spasme des canaux biliaires, soit de leur compression par l'utérus gravide. — Rien de spécial à dire sur son traitement. (V. Ictère.)

Nausées et vomissements. Ces phénomènes sont ordinairement accompagnés de ptyalisme. Ils se montrent presque constamment peu de temps nprès la conception et durent habituellement jusqu'après le troisième ou le quatrième

mois, pour cesser alors et ne plus avoir lieu pendant le reste de la grossesse; quelquefois néanmoins ils persistent jusqu'au moment de l'accouchement. Les vomissements peuvent être plus ou moins fréquents et opiniâtres ; ils offrent d'ailleurs beaucoup de bizarrerie, et il n'est pas rare de les voir constituer par leur intensité une véritable cause d'inanition, a laquelle il faut même parfois sacrifier la grossesse.-Tisanes et potions aromatiques, opiacées, éthérées; toniques, eaux gazeuses, vin de Colombo ou de quinquina; emplâtre de tbénaque sur le creux épigastrique. Dans d'autres cas, adoucissants, alimentation légère, saignée, glace, etc.; ailleurs, purgatifs, etc. -Un médecin allemand, attribuant le vomissement matinal à une sorte d'état syncopal, propose de faire manger dans le lit les malades, et de ne leur permettre de se lever que deux heures après. On a encore proposé la position horizontale, l'application d'un tampon belladoné sur le col utérin. M. Clertan dit avoir guéri des vomissements incoercibles et rebelles a tous les autres moyens par l'application de sangsues sur cette même partie. Enfin, on s'est trouvé dans la dure nécessite de provoquer l'accouchement.

Mixture (Padioleau). I Poudre tonique.

Poudre de Colombo, 4gram.

Auis vert eu poudre, 1

D. en 20 paquets. — 1 à 2 par jour à chaque repas. — Dyspep .

diarrhée chronique, vomissement.

Eau distillée, 100 gram

Bicarhon. de potasse, 8 Sulfate de morphine, 0,05 cent.

Suc de limon, 30 gram.

1 cuillerée à café de ce suc avecla solution de suif, de morph.

et de bicarbonate, et avaler immédiatement.

Pléthore. Elle s'annonce par la force et la plénitude du pouls, par des pesanteurs et des maux de tète, des étourclissements, des vertiges, de l'insomnie ou de la disposition au sommeil. Cet état est favorisé par l'absence de la menstruation, le défaut d'exercice, le grand appétit , qui augmentent la masse du sang, et par la gêne de la circulation qui se manifeste chez la femme enceinte. - On lui oppose le régime frugal, les boissons délayantes, l'exercice modéré, la saignée. Mais ainsi que nous l'avons fait remarquer en parlant de ia

PATHOLOGIE INTERNE. 399 chlorose, il ne faut pas prendre les étourdissements, les maux de téte-epri accompagnent cette dernière, dans la grossesse, pour des signes d'une véritable pléthore.

Ptyalisme. Ce phénomène accompagne ordinairement les nausées et les vomissements dont nous venons de parler. Il les précède habituellement lorsque la salive qui afflue dans la bouche de la femme est avalée au lieu d'être rejetée. — Infusions de menthe, de mélisse, de camomille.

Toux. Sans parler du rhume, ce symptôme existe souvent chez les femmes enceintes comme phénomène sympathique, ou comme se rattachant soit à la pléthore, soit à la gène de la circulation, soit enfin à l'action mécanique de l'utérus gravide sur le diaphragme. Il faut le combattre parce qu'il peut donner lieu à des accidents sérieux pour la mère et le fœtus par les secousses qu'il détermine. — Le traitement à lui opposer varierasuivant ces circonstances : boissons émollientes , calmants , position convenable, saignée, etc.

Nous passerons sous silence les coliques, les douleurs d'estomac, Vodontalgie, Yéclampsie, etc., parce que ces accidents ou se rapportent à ceux déjà étudiés , ou font le sujet d'articles à part.

2o Accidents mécaniques de la grossesse. — Constipation. Elle résulte de la compression du gros intestin et particulièrement du rectum par la matrice contenant le produit de la conception. Elle devient cause d'insomnie, de céphalalgie, d'hémorrhoïdes, de vomissements, elle peut même déterminer l'avortement par les efforts de défécation qu'elle nécessite. — Il importe donc de vaincre cet état et de le combattre à outrance, dans quelque cas, si l'on veut que la grossesse arrive à son terme. — Nous ne répéterons pas pour le traitement ce que nous avons dit au mot Constipation.

Douleurs de reins. Elles sont ducs à la distension extrême de l'utérus, à la compression des nerfs lombaires, au tiraillement des ligaments larges et des ligaments ronds, au ramollissement des symphyses sacro-iliaques et à l'obliquité antérieure de la matrice qui oblige la femme à porter les épaules en arrière pour rétablir l'équilibre. Il ne faut pas confondre ces douleurs avec les affections des viscères environnants. —

400 NOUVEAU COMPEND1UM.

Bains, position horizontale; s'il y a fatigue des muscles, frictions alcoo-aromatiques ou ammoniacale; en cas de pléthore, saignée. L'usage de la ceinture ventrière est utile tout à la fois pour soutenir la matrice et soulager les reins.

Dyspnée. Causée par le refoulement du diaphragme, elle exige une position convenable, la liberté du ventre et même celle de l'estomac. — Saignée s'il y a pléthore.

Hémorrhoides. Très communes chez les femmes enceintes parce qu'elles reconnaissent pour cause la compression des vaisseaux hémorrhoïdaux par l'utérus, ou la constipation. — Entretenir la liberté de l'intestin au moyen de lavements huileux, de légers purgatifs; faire des onctions avec l'onguent populeum et autres topiques. (V. Hémorrhoides.) Enfin on est quelquefois obligé d'inciser ou de moucheter les tumeurs avec la lancette, ou de les dégorger par les sangsues.

Rétention d'urine. Causée par la compression de l'urètre par l'utérus, il faut soulever celui-ci avec la main, le soutenir à l'aide de la ceinture ventrière, etc. — V incontinence d'urine est due au contraire à la compression du corps de la vessie. — Position convenable; ceinture, liberté du ventre.

hématurie. Pissement de sang. — On appelle ainsi toute miction de sang, c'est-à-dire toute hémorrhagie se manifestant par un pissement sanguin ou sanguinolent. H s'agit le plus souvent d'un simple symptôme qu'il faut rattacher ensuite à une lésion déterminée des reins , des uretères , de la vessie ou du canal de l'urètre; quelquefois cependant l'écoulement de sang peut être, là comme ailleurs, purement îdiopathique. — En tout cas , ce que nous allons dire se rapportera spécialement à l'hémorrhagie rénale, la plus fréquente et celle qui se rapporte le plus directement à la médecine proprement dite.

Causes. — Au nombre des prédisposantes sont les professions sédentaires, les excès de boissons alcooliques , l'abus des plaisirs vénériens , le climat de l'île de France, où l'hématurie est endémique. Les causes occasionnelles consistent dans les plaies, les contusions, l'équitation prolongée, l'action des cantharides , des diurétiques énergiques, la présence des

graviers dans les bassinets , l'inflammation et la désorganisation des reins. L'hématurie survient aussi quelquefois dans le cours des fièvres graves, dans les altérations du sang. Elle peut succéder à une répercussion , se montrer après l'oubli d'une saignée ou la suppression d'une évacuation habituelle, etc.

Symptômes. — Comme dans toute hémorrhagie , l'écoulement du sang 'attire d'abord toute l'attention du médecin , qui doit déterminer sa source avant tout , afin de remédier aux conditions organiques qui le produisent.

La quantité du sang rejeté est très variable, et en général plus grande dans l'hématurie essentielle que dans la symptomatique : de là une grande différence dans l'aspect des urines sanglantes. Celles-ci déposent des caillots variables en grosseur, en couleur et en fermeté. Ces caillots se moulent quelquefois sur les conduits étroits que parcourt le sang, et se montrent au dehors avec une forme allongée qui les fait ressembler à des vers. L'urine peut contenir des globules sanguins sans être colorée; l'urine sanguinolente, dit M. Rayer, se coagule par la chaleur et précipite par l'acide nitrique, et elle offre au microscope des globules d'un 120e de millim. environ.

L'hématurie rénale est souvent précédée ou accompagnée d'un sentiment de douleur , de pesanteur ou de tension aux lombes (hémat. active]. Le malade peut offrir des symptômes nerveux résultant de son émotion à la vue du sang. L'abondance extrême de ce liquide peut produire l'anémie, etc. — Mais il peut arriver que le sang soit retenu dans les voies urinaires ; si l'obstacle est dans l'uretère, il y aura accumulation dans le bassinet, distension, douleur, etc.; s'il se trouve au col de la vessie, celle-ci se distend comme dans la rétention d'urine, etc.

Durée, pronostic. — La durée de l'hématurie ne peut être déterminée ; elle varie en raison des causes qui sont les unes passagères (molimen, congestion, inflammation rénale) , les autres permanentes (altérations organiques). Le pronostic est soumis à cette grande distinction étiologique.

Diagnostic. — D'où vient le sang! Très rarement des uretères. Provient-il du rein ou de la vessie'! Il est difficile de

préciser. Voici ce que dit M. Rayer à cet égard : « Si l'on excepte le cas de fongus de la vessie, de cystite calculeuse ou de tubercules de la vessie avec cystite, maladies dont le diagnostic n'offre pas en général de grandes différences , il y a peu de cas dans lesquels on puisse supposer que le sang rendu avec l'urine est fourni par la vessie. Cependant on voit des hématuries provenant des reins simuler des hématuries provenant de la vessie , et vice versa. J'ajoute que lorsque l'hématurie est vésicale , elle est bien rarement essentielle , et qu'elle est presque toujours précédée des symptômes propres à d'autres maladies de la vessie, à la cystite simple ou calculeuse , au cancer, etc. Cependant on a cité quelques cas d'hématurie remplaçant un flux hémorrhoïdal , et dans lesquels la douleur et les principaux accidents paraissaient circonscrits dans l'hypogastre. » Ce qui distingue l'hémorrhagie urétralo, c'est que le sang sort pur, sans mélange d'urine.

Traitement. — Il diffère naturellement suivant que l'hémorrhagie est essentielle ou symptomatique. Pour éviter des répétitions inutiles, nous renvoyons aux articles concernant l'hémorrhagie en général, et chaque affection dont peut dépendre l'hématurie.

hémoptysie. Pneumorrhaqie, hémorrhagie du'poumon; crachement , vomissement de sang. — Le mot hémoptysie signifie crachement de sang. C'est l'hémorrhagie de la muqueuse des voies aériennes, spécialement des rameaux bronchiques d'un certain calibre. Elle est très fréquente soit comme essentielle, soit plutôt comme symptomatique; elle peut aussi se montrer critique, supplémentaire, etc.

Causes. — Les unes , prédisposantes , sont la jeunesse , l'état pléthorique, l'irritabilité des voies respiratoires , l'hérédité, l'usage peu modéré des alcooliques, les efforts de chant, de déclamation, etc.; les suppressions de flux habituels ;' les maladies du cœur et de l'aorte ; les autres , occasionnelles, se trouvent dans l'exercice immodéré, les quintes de toux, l'acte du coït, l'inspiration de vapeurs irritantes, les coups sur la poitrine, les plaies de cette cavité, l'inflammation du poumon, et surtout sa tubercuhsalion.

Symptômes. — Modérée , l'hémorrhagie se manifeste souvent sans phénomènes précurseurs ; ceux-ci , au contraire , tels que frissons , sentiment de pesanteur , de plénitude dans la poitrine , petite toux sèche , alternatives de pâleur et de rougeur de la face , etc. , précèdent l'hémoptysie abondante. Ou bien ce sont des crachats sanglants que le malade rejette, ou bien le sang sort pur , affluant quelquefois avec une telle abondance dans le pharynx , qu'il s'échappe par les fosses nasales, provoque le vomissement et menace de suffocation. Ce liquide est spumeux et vermeil, à moins que son exhalation ne date déjà de quelque temps, ce qui est rare dans cette espèce d'hémorrhagie ; il est très coagulable , à moins que le sujet ne soit anémique. C'est presque toujours la muqueuse des bronches qui le fournit.

On observe d'autres symptômes : la dyspnée fait des progrès, la toux revient par quintes qui activent l'hémorrhagie. A l'auscultation, râle sous-crépitant à grosses bulles ; à la percussion, rien de notable, si ce n'est de la matité lorsque l'hémorrhagie est très abondante. Il est bien entendu que nous supposons l'hémoptysie essentielle, et que dans le cas de phthisie, il faut tenir compte des symptômes de cette affection. La perte excessive de sang produit de la pâleur au visage, du refroidissement, des syncopes, des convulsions, des sueurs froides et la mort. Si celle-ci n'a pas heu, des signes d'anémie qui persistent plus ou moins longtemps se remarquent.

Marche, durée, pronostic. — L'hémoptysie n'a rien de fixe sous ce rapport; elle se renouvelle à des intervalles très variables, et chaque hémorrhagie dure plus ou moins de temps. Elle disparaît enfin; mais les maladies dont elle est le symptôme prennent un nouvel accroissement. Envisagée comme hémorrhagie, l'hémoptysie n'est grave que par la quantité de sang rejeté; or, il est rare que cette quantité soit assez forte pour causer la mort. Il ne faut pas se hâter de croire la maladie essentielle par cela qu'on ne constate pas la présence de tubercules pulmonaires : plus tard ceux-ci pourront être reconnus.

Diagnostic. — Il faudrait une grande inattention pour con-

fondre la gastrorrhagie , l'épistaxis et l'hémoptysie. Quant à savoir si celle-ci est essentielle ou symptomatique, cette question trouve sa solution dans l'absence ou la présence de signes de phthisie , d'anévrisme ou de toute autre affection du cœur ou des gros vaisseaux.

Traitement.— Si l'hémoptysie est active, accompagnée de pléthore, de plénitude du pouls, la saignée est indiquée ; on conseille aussi les ventouses sèches ou scarifiées, l'application d'un large sinapisme ou d'un vésicatoire entre les épaules. Dans le cas de perte de sang très abondante, il faut recourir aux réfrigérants à l'intérieur et à l'extérieur, aux astringents (ratanhia, acétate de plomb, monésia, tannin), à la ligature des membres, aux ventouses Junod, etc.

L'hémoptysie passive réclame particulièrement les ferrugineux, les astringents; celle qui se montrerait comme phénomène critique serait respectée.

On a mis en usage beaucoup d'autres moyens de traitement. Ce sont les narcotiques, particulièrement l'opium, qui est surtout efficace pour calmer la toux ; les vomitifs, le tartre stibié, par exemple, lorsqu'il y a des signes d'état saburral ; les diurétiques, qui sont au reste peu employés ; le seigle ergoté, la potion de Chopart.

Potion contre l'hémoptysie (PlencE).

Trïtoxyde de fer natif, 8gram.

Sirop de menthe, 30 Eau de cannelle, \

— de mélisse, j aa 15

— de menthe, )

Potion astringente.

Extrait mou de ratanhia, 2gram.

Eau, 100 Sirop de coings, 40 ^

F. s. a. — En quatre fois.

Autre.

Kinapuv, 2 gram.

Eau, 100 Sirop de grande consolide, 30

p s n — Hémoptysie, diarrhée chronique.

Potion (Henriette) .

Ergot de seigle, 1,50 cent.

Teinture de digitale, 1.25 Eau de till. édulcorée, 120 gram.

A prendre par cuillerées tous les quarts d'heure.

Opial de Fernct.

Conserve de grande!

consoudc , jaa 30 gram .

— de roses, ) Bol d'Arménie, 4 j Terre sigilléo, 4 : Sirop de roses, q. s.

Electuairt <lc Barthts.

j Conserve de roses roug. , 125 gram .

Sirop de Tolu, 30 — do pavot, 8 ! A prendre 5 à 15 gram.

Pilules de monésia.

Extrait de monésia, 1 gram.

Conserve de roses, 1

F. s. a. 10 pilules. — 2 toutes les deux heures.

Autres formules astringentes.

(V. HÉMORKHAGIE, DlARRHEK )

héméralopie. — Cécité plus ou moins complète pondant a nuit seulement , la vue revenant presque à l'état normal durant le jour. C'est une affection nerveuse de la rétine dont les causes sont peu connues. Elle règne quelquefois épidémiquement dans les lieux où existent des vapeurs marécageuses froides. Elle dépendrait souvent, selon Lassus, d'un embarras des premières voies.

Symptômes. — Au moment où le soleil quitte l'horizon, le malade éprouve de la céphalalgie, du larmoiement, ses yeux semblent se couvrir d'un nuage, et bientôt il cesse devoir. Pupilles dilatées, insensibles à la lumière; fond de l'œil noir, conjonctive légèrement injectée. Le lendemain ces symptômes se dissipent et disparaissent dès que le soleil s'élève au-dessus de l'horizon. Il y a d'ailleurs divers degrés de cécité ; mais celle-ci va ordinairement en augmentant, et elle devient quelquefois permanente ou amaurotique.

Pronostic. — Il n'est pas sans gravité puisque l'amaurose peut venir à la suite de la maladie.

Traitement. — Il est généralement basé sur l'emploi des vomitifs et des vésicatoires à la tempe, au front, ou du séton à la nuque. Il faudrait saigner le sujet pléthorique, tonifier le scorbutique ou l'anémique.

nÉ.MiOPlE. — Vue partielle, c'est-à-dire obscurcissement d'une partie de chaque objet qu'on regarde , de sorte qu'on n'en voit que la moitié à peu près. Les causes en sont peu connues.

Cette affection ne paraît être réellement qu'une sorte d'amau rose affectant une portion de la rétine. (V. Amaurose.)

nÉMORiuiAGiE. — Mot générique qui exprime tout écoulement de sang hors de ses vuisseaux. Quoique l'histoire do cette maladie se trouve exposée dans celle des hémorrhagies considérées chacune en particulier, nous en rappellerons et

grouperons les principaux phénomènes, ainsi que les moyens de traitement les plus usités.

Les hémorrhagies se distinguent en spontanées et en traumaliques. Il n'est question ici que des premières, parce que les autres sont du domaine de la chirurgie.

Les hémorrhagies, appelées improprement spontanées, se distinguent à leur tour en essentielles et ensymplomatiques, suivant qu'elles sont indépendantes ou l'effet d'une altération d'organe.

Toutes ces hémorrhagies, et surtout les essentielles, se divisent en actives (dues à des causes sthéniques), en passives (dépendantes d'une asthénie générale ou locale), en critiques (se manifestant dans le cours d'une maladie pour la juger), en supplémentaires (remplaçant un écoulement qui devait avoir lieu naturellement par d'autres voies, comme l'écoulement menstruel), en accidentelles (dues à une cause accidentelle indépendante de toute prédisposition), enfin, en constitutionnelles (qui se lient à une disposition spéciale de l'économie, comme sont les hémorrhoïdes , les menstrues).

Causes. — Les causes prédisposantes sont la jeunesse, le tempérament sanguin et pléthorique, les émotions, l'alimentation excitante, l'influence du froid ou des climats chauds, les suppressions de flux habituels ; de plus, pour les hémorrhagies passives, l'anémie, le scorbut, la chlorose, les empoisonnements miasmatiques ; en un mot toutes les cachexies, les affections dans lesquelles le sang a subi une profonde altération. — Les causes occasionnelles trouvent leur source dans les efforts, la fatigue, la course, les violences extérieures, les maladies du cœur et des gros vaisseaux, les inflammations et les altérations organiques qui leur succèdent.

On a vu des hémorrhagies revêtir le caractère épidémique; on en a vu d'intermittentes. — Considérées sous le rapport du siège, elles sont incomparablement plus fréquentes dans les membranes muqueuses que dans les autres tissus; viennent ensuite à des distances de plus en plus grandes 1rs hi morrhagies du cerveau, des parenchymes, de la peau, du tissu cellulaire et du tissu séreux.

Symptômes. — Des signes de congestion vers l'organe qui

doit être le siège de l'hémorrhagie [molimen hemorrhagicum] précèdent ordinairement l'écoulement sanguin actif, quelquefois même on remarque des phénomènes généraux, tels que plénitude, dureté du pouls; mais rien de semblable n'a lieu avant l'hémorrhagie passive.

S'échappantde ses vaisseaux par exhalation, le sang apparaît au dehors, ou est retenu dans une cavité. Dans le premier cas, la nature de la maladie est évidente, surtout si le sang se montre pur, sans mélange d'autres liquides, tels que, urine, mucus bronchique, pus, etc., auxquels cas le diagnostic exige quelquefois beaucoup d'attention. Lorsqu'au contraire l'hémorrhagie est interne, on ne peut arriver à sa connaissance que par des probabilités résultant du palper, qui donne la sensation d'une tumeur formée par le sang extravasé, et des phénomènes généraux résultant de toute perte sanguine un peu considérable, tels que pâleur, refroidissement! faiblesse, vertiges, défaillances, affaiblissement du pouls, sueurs froides, parfois convulsions, mort.

L'état du sang n'est pas sans importance : fluide, ce liquide indique son exhalation récente ; spumeux et aéré, il provient des voies respiratoires ; caillé, noirâtre, il est sorti de ses vaisseaux depuis quelque temps déjà. Mais le point le plus important est de reconnaître sa source, de préciser l'organe qui le fournit. Or, c'est en étudiant chaque hémorrhagie en particulier qu'on s'éclaire sur cette question.

Marche, durée, pronostic. — La marche des hémorrhagies 'est assez irrégulière : les unes, après avoir duré un temps variable, disparaissent sans retour; d'autres, au contraire, se renouvellent avec plus ou moins de fréquence et de facilité. Elles ont en général une grande tendance à se reproduire, soit au même siège, soit dans un autre organe. Les hémorrhagies morbides et les physiologiques se suppléent aisément. Le pronostic varie selon l'espèce d'hémorrhagie ; il est plus favorable dans l'active que dans la passive, dans l'essentielle que dans la symptomatique. Ce pronostic dépend encore du siège de la maladie, comme on peut le voir en se reportant aux diverses hémorrhagies.

Diagnostic. — Tl s'agit d'abord de reconnaître l'hémor-

rhagie : rien de plus facile lorsque le sang apparaît au dehors; mais il y a de l'incertitude quand ce liquide est retenu dans l'intérieur des organes. Une autre difficulté résulte du mélange du sang avec d'autres produits de sécrétion. Le point le plus important toutefois, c'est de décider si l'on a affaire à une hémorrhagie active ou passive, essentielle ou symptomatique. Nous ne faisons que poser les questions à résoudre.

Traitement.. — Dans toute hémorrhagie voici les préceptes thérapeutiques à suivre : hémorrhagie active, si elle est modérée, le repos, le calme, des boissons rafraîchissantes ou acidulées, une position convenable, etc., suffisent. Il est même des cas où il est bon de ne rien faire pour arrêter l'écoulement du sang, dont l'effet favorable est de dégorger l'organe hypérhémié. L'hémorrhagie est-elle abondante et d'une persistance inquiétante'! boissons froides, glacées ; réfrigérants à l'extérieur; saignée si le pouls est plein, dur; révulsifs, etc.

Hémorrhagie passive : la saignée est proscrite parce qu'elle ne peut que favoriser l'écoulement du sang en appauvrissant davantage ce liquide. C'est aux réfrigérants internes et externes, aux astringents, aux révulsifs cutanés, au tamponnement, etc., qu'il faut recourir. On s'occupe en même temps de remédier à l'état général par les amers, les ferrugineux, les analeptiques.

Généralement, il faut respecter l'hémorrhagie qui se montre critique; celle qui s'est déviée doit être rappelée à son siège primitif, ou remplacée par une autre dont les inconvénients seraient moins grands.

Fo mules anli- hèmorrh agiques.

\Y. Tisanes tempérantes et

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