ASTRINGENTES ; LIMONADES
Pilules d'Helvétius; Solution de Scudamore ; Eau de Brociiieiu, de Tisserand, de Pagliaiu, de Lecheli e ; V.w de Kaisel, etc., au DM.
lliérA
Potion aljmineuse.
Alun, figram. Eau de roses, 150 Sirop de sucre, I ^ 9() — diacode, \ Par cuillerées. Hémovrhagies passives.
Pilules aslrinjentes (Cullen).
Poudre de sang-dragon, 10 grain.
Poudre d'alun, 5gram.
Conserve de roses, q. s.
F. 50 pilules ; il prendre dans la journée.
Bols astringents.
Conserve de roses, ôgram.
Extrait de ratanlia, 2 Alun. 0,05 cent.
Opium, 0,01 Poudre de cachou, q. s.
F. s. a. 20 bols. —2 toutes les trois ou quatre heures.
Potion astringente.
Eaucom., 96gram.
Eau de fl. d'or., 30 "
Tannin, 0,Gdécig.
Teinture de cannelle, 2gram.
Sirop d'œillet, 30
1 caill . d'heure en heure. — ■ Hémorrhagies passives.
Autres formules.
(V. Hemoptïsje, Hematémèse,
DlABKHÉE, CtC.)
nifMORRuoiDES. — Dilatations variqueuses des veines du rectum, avec ou sans écoulement de sang. Ce sont des tumeurs sanguines, tantôt apparentes à l'extérieur, tantôt cachées clans l'intérieur du rectum, qui commencent par une dilatation veineuse (forme variqueuse); puis se convertissent en une sorte de tissu érectile (forme érectile), et finissent par devenir dures, vides de sang par suite de l'inflammation adhésive des vaisseaux dilatés [forme sèche; marisques).
Causes.— Ce point de l'histoire des hémorrhoïdes est assez obscur. On considère comme des conditions prédisposantes, l'âge mûr, le tempérament bilieux et hypoehondriaque, la vie sédentaire, l'intempérance, l'hérédité, etc. Quant aux causes occasionnelles, ce sont la constipation, 1 equitation, les chutes sur le siège, l'abus des purgatifs, principalement de l'aloès, l'état de grossesse, et tout ce qui tend à congestionner le rectum. Il y a des personnes chez lesquelles la fluxion hémorrhoïdale est soumise aux caprices d'un rhumatisme chronique mobile
Symptômes. — Ce sujet n'est pas non plus aussi connu qu'on pourrait le désirer, car un très grand nombre de divisions et subdivisions, admises par certains auteurs, ont été abandonnées comme inutiles ou inexactes par les modernes. Aujourd'hui on résume tous les phénomènes hémorrhoïdaux par ces trois mots : fluxion, fumeurs, flux.
La fluxion hémorrhoïdale marque le début de la maladie; elle donne lieu à un sentiment de gonflement, de pesanteur et de douleur à [a région anale, avec accompagnement de consti-
palion, d'envies fréquentes d'aller à la garde-robe , de malaise, de morosité, de troubles digestifs. Cette congestion se dissipe ordinairement pour se reproduire ensuite plusieurs fois à des intervalles variables, avant l'apparition et même la formation des tumeurs ; elle se termine par un écoulement sanguin , ou par résolution simple sans apparence de flux quelconque.
Les tumeurs hémorrhoïdales se forment, à la suite des fluxions, en nombre variable. Tantôt elles se montrent à l'extrémité (hémorr. externes), tantôt elles restent à l'extérieur du rectum (hémorr. internes). Elles forment ordinairement un bourrelet irrégulier qui entoure le rectum. Gonflées par le sang, elles sont d'une couleur violette, noirâtre, recouvertes en partie par la peau, en partie par la muqueuse, ou par la muqueuse seule lorsqu'elles se sont formées primitivement dans l'intérieur de l'intestin et qu'elles ont été repoussées au dehors dans les efforts de défécation. Dans tous les cas, elles causent les divers accidents énoncés ci-dessus avec une intensité proportionnée à leur degré de congestion et d'étranglement.
Quand elles restent internes, la douleur est supportable, et il semble au malade que la pression de l'anus lui apporte du soulagement. C'est le contraire dans les hémorrhoïdes externes, qui rendent plus ou moins douloureuses la position assise, la marche, la défécation, l'émission de l'urine, etc.; qui causent de l'anxiété, de l'agitation, de l'insomnie, l'inégalité du pouls, des flatuosités, et, dans certains cas, un peu d'engourdissement dans les extrémités inférieures, suivant Hoffmann.
Le flux hémurrhoïdal se manifeste dans trois circonstances différentes : ou bien il est provoqué par des efforts de défécation, sans qu'il y ait fluxion bien marquée; ou bien il suit la fluxion et les tumeurs, ou bien enfin il succède à des tumeurs volumineuses et très congestionnées. Dans tous les cas le sang est plus ou moins abondant : tantôt il transsude goutte à goutte, tantôt \\ jaillit ou coule en bavant de manière à compromettre la vie des malades. Mais le flux sanguin ne se montre pas nécessairement dans tous les cas : on
voit souvent les tumeurs se terminer par une sorte de résolution (hémor. sèches), et l'on voit, chez le même individu, les hémorrhoïdes être sèches ou fluentes à des attaques différentes.
Marche , terminaison. — Les hémorrhoïdes se montrent intermittentes ; elles se manifestent par dos attaques, qui comprennent la fluxion, les tumeurs et le flux, et entre lesquelles l'état de santé est presque parfait , à moins que les tumeurs ne soient anciennes, ulcérées ou indurées. Les attaques sont quelquefois périodiques et même supplémentaires des règles, mais le plus souvent cependant elles se montrent irrégulières : dans ces derniers cas, je les ai vues soumises aux influences atmosphériques chez des sujets rhumatisants. La durée des attaques varie de cinq à quinze jours ; celle de la maladie est indéterminée.
La terminaison n'est donc point un sujet important à traiter. Cependant il faut dire que le flux peut compromettre la vie par son abondance ou tout au moins produire l'anémie; que les tumeurs peuvent s'étrangler et tomber en gangrène ; qu'il peut survenir une phlébite suppurative avec tous ses dangers ; que les hémorrhoïdes enfin peuvent être le point de départ ou la cause du cancer du rectum; mais hâtons-nous d'ajouter qu'heureusement ces accidents sont fort rares. Mentionnons parmi les effets de cette affection la chute du rectum, les fissures, les ulcérations des tumeurs, un écoulement muco-purulent habituel par l'anus, la constipation, l'anémie, I'hypochondrie.
Pronostic. — Il est très peu grave , considéré d'une manière générale ; il est néanmoins subordonné , dans les cas particuliers, à un grand nombre de considérants. Les hémorrhoïdes qui se lient à un état général diathésique sont souvent salutaires et ne peuvent être guéries sans danger. Quand elles sont locales, accidentelles, on peut les faire disparaître sans crainte. Ceci s'applique surtout au flux hémorrhoïdal, qui présente son pronostic à part suivant l'abondance du sang perdu. Nous avons énuméré les efforts de la maladie en question, et fait pressentir leur degré de gravité.
Traitement. — il peut se diviser en médical et enchirur-
gical. Le premier est palliatif plutôt que curatif; le second, au contraire, est presque toujours employé dans le but d'une cure radicale.
Traitement médical II comprend les antiphlogistiques directs et indirects, les narcotiques, les purgatifs, les incisions et piqûres sur la tumeur, etc. Lorsqu'il n'y a que simple congestion, le repos, les boissons délayantes, la diète et quelques bains suffisent. Si la douleur est vive, si les tumeurs sont externes et très enflammées, il y a lieu de recourir aux sangsues , à la pblébotomie , même aux fomentations émolhentes ou calmantes, ou bien à une incision peu étendue faite avec la pointe d'une lancette sur les tumeurs, ce qui procure un dégorgement salutaire. C'est ici encore que se présente l'emploi d'une foule de topiques, d'onguents ou pommades qui contiennent soit de l'opium, soit de l'extrait de belladone. Les purgatifs sont utiles pour combattre une des causes les plus tenaces, la constipation : le calomel et le tartrate de potasse ont été particulièrement vantés. — Nous pourrions parler d'une foule d'autres remèdes, tels que l'emploi interne de l'huile de lin récente à la dose de 60 gr. matin et soir (VanRyn), les douches ascendantes d'eau froide (Montègre) ; les applications astringentes, qui ne peuvent convenir que contre le flux hémorrhoïdal immodéré, etc.
Mais d'autres indications importantes peuvent se présenter. Si le bourrelet hémorrhoïdal sorti ne peut plus rentrer et se trouve étranglé, il faut en tenter la réduction au moyen du taxis, d'une douce compression, pendant que le malade est placé sur les genoux et les coudes. Si cette réduction ne peut être obtenue, il faut veiller à ce que les tumeurs ne se gangrènent pas en insistant sur les antiphlogistiques, les mouchetures, les sangsues. - Les fissures et les ulcérations seront traitées par les pommades calmantes, par celle au carbonate de plomb, etc. — La leucorrhée anale peut exiger, outre ces topiques, de légères cautérisations avec une solution de nitrate d'argent' ou des lotions avec de l'eau alumineuse. — Les hémorrhoïdes supprimées doivent être rappelées au moyen des purgatifs aloétiques et de suppositoires irritants, etc. Quant au traitement chirurgical, nous n'avons pas à nous
aa 500 gram
en occuper. Nous dirons seulement qu'il ne s'applique généralement qu'aux hémorrhoïdes anciennes , et qu'il comprend l'extirpation, la ligature, la cautérisation, l'excision.
Onguent anti-hémorrhoïdol.
(V. Onguent pofuleum, O. de Montpellier, au Dict. thér.) Fomentations calmantes.
(V. ce mot an Dict. thér.)
Pommade.
Extrait d'opium, 4gram.
Axonge, 30
Introduire un peu de cette pommade dans le rectum et taire des frictions sur l'anus.
Autre.
Extrait de belladone, 4 grain.
Axonge, 30 Autre.
Carbonate de plomb, ô grain.
Axonge, 30
Pour onctions sur la fissure ou l'ulcération hémorrhoïdale deux fois par jour, surtout après l'acte de la défécation.
Suppositoire sédatif.
Opium, 0,10 cent.
Savon, 0,40
F. s. a. un petit suppositoire qu'on introduit dans le rectum.
Uniment sédatif (Buclian).
Onguent populeum, 60 gram.
Laudanum liquide, 16 Jaunes d'œufs frais, nu 2.
Imbiber des bourdonnets de charpie et les appliquer sur les hémorrhoïdes douloureuses.
Pâte de Ward.
Poivre noir, Racine d'année, Semence de fenouil, 1500 Miel,
Sucre blanc,
On en prend à l'intérieur gros comme une noisette trois fois par jour. Les médecins anglais ont une telle confiance dans ce médicament qu'ils l'emploient dans presque tous les cas sans distinction.
Pilules pour rappeler les hémorrhoïdes.
Aloès en poudre, 0,ldécig.
Soufre sublimé, 0,3 ù 0,5 Miel, q. s.
F. 2 pilules. — En prendre 3 à 5 pareilles par jour.
Autres (Requin).
Aloès succotrin, Poudre de réglisse, \ Miel, q. s.
F. 20 pilules. — 5 à 10 le soir avant de se coucher.
aa 1 gram .
Pommade pour rappeler la fluxion, Axonge, 30 gram.
Aloès succotrin, 4
Frictions sur la région anale trois ou quatre fois par jour.
HEPATITE. — Inflammation du foie. Nous allons l'étudier sous la forme aiguë et la forme chronique.
HEPATITE AIGUË.— Inflammation du foie dont les périodes ne dépassent pas le temps assigné aux maladies dites aiguës. Rare dans nos pays, elle est, au contraire, très commune dans les contrées chaudes.
Causes. — L'hépatite aiguë n'est pas très bien connue dans son étiologie. Cependant on croit que l'âge adulte, le sexe masculin, le régime excitant, l'abus des purgatifs, le tempérament bilieux, les climats chauds, y prédisposent; que les passions tristes, l'usage immodéré des liqueurs fermentées, l'inflammation de l'estomac , celle du duodénum , les contusions , les blessures, les plaies de tête, la péritonite, etc., sont ses causes occasionnelles.
Symptômes. — Survenant le plus souvent dans le cours d'autres maladies plus ou moins intenses , ces symptômes se soustraient à une description spéciale bien précise. Le début est quelquefois marqué par du frisson suivi de chaleur, par de l'anorexie, de la soif. Puis une douleur se fait sentir dans la région du foie; elle est plus ou moins vive, dans certains cas nulle; son caractère spécial serait, suivant les auteurs, de s'irradier vers le cou et l'épaule droite ; mais cette circonstance est moins commune qu'on ne l'a dit. Le volume du foie est augmenté, mais moins que dans la congestion hépatique : on s'en assure par la palpation et la percussion , au moyen desquelles on constate si le foie déborde les fosses côtes et s'il s'élève au-dessus de la huitième côte. L'ictère est un symptôme fréquent et précieux pour le diagnostic lorsqu'il se joint à la douleur; mais il manque aussi dans le tiers des cas.— Le pouls est développé, très fréquent; il y a de l'agitation la nuit, ou de la somnolence, ou du délire; puis survient un état adynamique. Souvent s'observent des nausées, des vomissements. Les urines sont foncées en couleur, rougeâtres, comme dans l'ictère. La respiration peut être gênée soit par le volume du foie, soit plutôt par la douleur diaphragmatique que cause la phlegmasie de la face inférieure de la glande. Appétit nul, bouche pâteuse, etc.
Terminaison, durée. — L'hépatite aiguë peut se terminer par la guérison , même lorsqu'il y a suppuration. Sa durée varie entre deux et six semaines. Par les frissons qui l'accompagnent parfois et qui reviennent le soir, elle peut revêtir l'aspect d'une lièvre intermittente. Les al'cès du foie sont dus à l'inflammation chronique comme à L'aiguë : il en est question plus loin, Maladie très grave en somme.
PATHOLOGIE INTERNE. 415 Diagnostic. — L'hépatite aiguë peut être confondue, si on est inattentif, avec la pneumonie aiguë et la pleurésie du coté droit, avec le rhumatisme des parois abdominales, la gastrite sur-aiguë, la néphrite intense. — Les congestions sanguines du foie sont dues à une stase du sang causée principalement par les affections du cœur ; on ne les confondra pas avec l'inflammation de ce viscère.
Traitement. — Il nous suffira d'énumérer les divers moyens employés sans nous occuper de préciser les indications , car il s'agit d'une maladie facile à traiter, quoique rebelle à la thérapeutique, et d'ailleurs très rare chez nous. Ces moyens sont les émissions sanguines générales et locales, les purgatifs, les vomitifs, le calomel, les frictions mercurielles, les narcotiques sur la fin, les vésicatoires, les eaux minérales, etc.
HÉPATITE CHRONIQUE. inflammation du foie parcourant lentement ses périodes et ne déterminant pas une fièvre intense. Cette maladie, dans son état de simplicité, est peutêtre encore plus difficile à décrire que la précédente, parce qu'on ne possède pas des observations faites avec la précision désirable. Nous allons lui rapporter Y hypertrophie, les abcès, les kystes et hydatides, le cancer du foie, la cyrrhose, en un mot, les diverses affections comprises autrefois sous la dénomination à! obstructions, et nous en exposerons le diagnostic différentiel et le traitement du mieux qu'il nous sera possible en peu de mots.
Causes. — Rien de plus obscur que ce point de l'hépatite chronique. L'âge mûr, pour les prédispositions; les violences extérieures, pour les causes occasionnelles : voilà à peu près tout ce qu'il y a à dire.
Symptômes. — Au début, gêne vers l'hypochondre , troubles intestinaux. Douleur sourde et gravative, quelquefois vive, augmentant par la pression, occupant l'hypochondre droit, s'irradiant parfois vers les lombes, l'abdomen, l'épaule. Augmentation de volume fin foie plus prononcée que dans l'hépatite aiguë; ictère beaucoup plus rare, au contraire. Ces deux derniers signes réunis à la douleur sont palbognomoniques. Trouilles des fonctions digestives, soif, alternatives de
constipation et de diarrhée. Fièvre peu marquée , souvent nulle ; légères exacerbations le soir , dépérissement , fièvre hectique ou purulente. — Il est d'autres symptômes, tels que l'ascite , l'œdème des jambes , etc , qui appartiennent à certaines affections organiques du foie, plutôt qu'à l'hépatite chronique simple. C'est le moment de dire un mot de ces altérations.
Abcès du foie. — Ils succèdent à l'hépatite aiguë ou chronique , à une fonte tuberculeuse dans le foie , à des ulcérations intestinales, suite de dyssenterie. Ils sont ordinairement multiples ; leur diagnostic est obscur et chirurgical , comme l'est d'ailleurs leur traitement.
Hypertrophie du foie. — Elle est partielle ou générale, d'une étiologie très obscure, d'un diagnostic non moins incertain. Cependant « si, sans symptômes violents, un sujet s'offre à l'observation avec un foie développé d'une manière permanente , sans alternatives d'augmentation et de diminution, la forme de l'organe étant conservée, on peut soupçonner l'existence d'une simple hypertrophie. Mais on doit être très réservé dans ce diagnostic , car les maladies qui peuvent donner lieu à une semblable augmentation de volume du foie ne sont pas assez bien connues pour qu'on soit certain que ces signes ne leur appartiennent pas également.»
Atrophie du foie. — « Elle se lie d'une manière presque constante, sinon constante, comme le pense M. Andral, à une hydropisie ascite. Si l'on voit survenir cette dernière affection chez un sujet sur lequel on constate , à l'aide de la palpation et surtout delà percussion, une diminution notable du volume du foie, on pourra penser à une atrophie ; mais il ne faut pas oublier que celte atrophie peut résulter de la cyrrhose, » maladie dont nous avons fait l'histoire à part. Cancer du foie. — Il en a été question au mot CANCER. Hydatides du foie. — Ces kystes remplis de vésicules que Laennec a appelés acéphalocystes, dont les causes sont à peu près inconnues et le développement assez rare, dcterminentde la gêne , de la pesanteur , une douleur irrégulière dans l'bypochondre, une augmentation de volume du foin, telle parfois que cet organe descend jusqu'à l'ombilic, que sa surface est
comme bosselée , rénitente , etc. La percussion découvre , en outre, un bruit particulier, bruit ou frémissement hydcitirjue, qui est rare du reste. L'ictère et l'ascite n'accompagnent que peu souvent cette affection , qui se termine soit par la mort, due à la rupture interne du kyste ou à son inflammation et aux abcès; soit par la guérison, due à l'évacuation deshydatides par les parois abdominales, etc.
Durée , terminaison , pronostic. — L'inflammation chronique du foie se prolonge pendant un, deux , quatre ans , pour se terminer presque toujours par la mort. On dit cependant que la résolution est possible , et que les abcès peuvent se vider et se cicatriser.
Traitement. — Les antipblogistiques sont de rigueur toutes les fois que la région hépatique est sensible, douloureuse ; la saignée, les sangsues , les ventouses , les cataplasmes émoluments, voilà les moyens par lesquels il faut débuter. Ensuite on a recours aux purgatifs (calomel, rhubarbe); aux fondants (acétate de potasse , savon médicinal , bicarbonate de potasse ou eau de Vichy, iode, pilules de Plummer, extraits de pissenlit, de petite chélidoine , de trèfle d'eau). A l'extérieur, les bains thermaux, alcalins, savonneux; les emplâtres de savon, de galbanum ; les cautères , les vésicatoires , les frictions sur la peau ; enfin le régime , les précautions hygiéniques , tel est l'ensemble des moyens mis en usage.
Ces moyens sont trop nombreux et d'une efficacité encore trop douteuse pour que nous nous y arrêtions davantage ; c'est au médecin à choisir ceux qui lui paraîtront le mieux appropriés aux cas qui se présenteront à lui.
Limonade hydrochlorique. | Acétate de potasse, 20gram.
Eau, lOOOgrara.l 2 ou 3 cuillerées a café par
Sirop de sucre, fiO j jour. Obstructions.
Acide li vdrocMor. jusqu'à agréable „., , ,
. ,.' , j i o Pilules ae savon .
acidité, i c , ,. . , , .,.
T, t . ... ,i savon médicinal, 12o grain,
rar demi-verre dans la lourneo. -r, n , , .
J 1 roudre de racine de gm-
Electuaire de Korlun. mauve, 16
Conserve de cocliléaria, 60gram. ( Nitrate de potnsse., 4
Extrait de chiendent, 30 I F. des pilules de 0,20 cent. —
— de pissenlit, 30 ' 6 à 30 pur jour. Obstructions.
Pilules de Plummer.
( V. ce mot au Dtc(. thér.)
Autres formules.
(V. Ictère.)
herpès. — « Affection vésiculeuse de la peau (V. Vésicules) , caractérisée par une éruption de vésicules rassemblées en groupes sur une base enflammée, et disposées de manière à occuper une ou plusieurs surfaces bien circonscrites et séparées entre elles par des intervalles où la peau est restée saine. » On distingue plusieurs variétés d'berpès dont les caractères se tirent du siège ou de la forme de l'éruption : nous les passerons en revue en parlant des symptômes.
Causes. — Elles sont peu connues. La maladie se montre le plus souvent dans le jeune âge et chez les sujets d'un tempérament nerveux et lymphatique. Le froid, l'insolation, une vive émotion, un accès de fièvre, etc. , la déterminent assez fréquemment. L'herpès n'est pas contagieux.
Symptômes. — Une sensation de cuisson , de fourmillement, parfois de brûlure, se manifeste à l'endroit où va se faire l'éruption. Celle-ci s'annonce presque aussitôt par de petits points rouges agglomérés , et le lendemain par la formation, sur cette surface rouge et enflammée, d'une foule de petites vésicules dont le volume varie entre celui d'un grain de millet et celui d'un petit pois , vésicules de forme globuleuse, transparentes, pleines d'un liquide séreux d'une teinte opaline, rapprochées en groupes de 15 à 50, lesquels sont entourés d'une aréole érythémateuse par la rougeur qui les dépasse. Du quatrième au cinquième jour, le liquide devient purulent, puis se dessèche en croûtes brunâtres qui ne tardent ] tomber; dans quelques points, il est résorbé et l'éruption se termine par une légère desquamation. Souventune empreinte rougeâtre et même de vives douleurs survivent à la maladie pendant plus d'un mois. Tel est l'herpès type. — Un mot sur chaque espèce particulière.
Herpès phlyeténoïde. Souvent phénomènes généraux précurseurs. Les vésicules acquièrent le volume d'un pois; elles forment des groupes n'ayant ni forme ni siège de prédilection, mais pouvant acquérir l'étendue d'une pièce de cinq francs,
et succédant quelquefois les uns aux autres de manière à prolonger la maladie.
Herpès labialis. C'est cette éruption boutonneuse qui se montre aux lèvres , soit comme effet direct après le contact d'un corps malpropre, l'impression du froid, etc., soit comme effet critique, dans le cours ou à la fin d'une fièvre intermittente ou autre, d'une phlegmasie viscérale, etc. Les croûtes tombent du septième au huitième jour.
Herpès prseputialis. M. Cazenave distingue cette variété en aiguë et chronique. A Vêtat aigu, ce sont des taches ronges qui se recouvrent bientôt de petites vésicules, et qui ont pour siège tantôt la face externe du prépuce, tantôt la face interne. Dans le premier cas, le liquide des vésicules est résorbe et il y a légère desquamation; dans le second cas, l'inflammation est plus forte, les vésicules sont plus grosses et laissent après elles de petites érosions , le tout accompagné de démangeaison et de cuisson. — A Y état chronique , c'est une succession d'éruptions , une inflammation plus profonde qui rend le prépuce moins extensible, en rétrécit l'ouverture , la convertit en un anneau, lequel diminue chaque jour de diamètre, et met obstacle à ce que le gland puisse être découvert même en partie.
Herpès zona- Cette forme, qui a reçu les noms de feu de Saint- Antoine, feu sacré , et dont quelques auteurs ont fait à tort une espèce à'érysipèle huileux , se distingue surtout par sa disposition en demi-ceinture, et par son siège qui est presque toujours au tronc, à la base du thorax. Le zona est constitué par une série de groupes vésiculeux séparés par des intervalles de peau saine. L'éruption est ordinairement précédée et accompagnée de légers symptômes généraux. Elle est phlyeténoïde, avec rougeur et douleur locales. Les vésicules se dessèchent vers le cinquième jour ; de petites croûtes brunes se forment et découvrent en tombant des taches et quelquefois des excoriations. Les douleurs persistent souvent assez longtemps après la disparition de tous les autres symptômes locaux, ce qui est encore un caractère particulier de cette affection.
Herpès circinnatus. Il est caractérisé par des taches cir-
420 NOUVEAU COMPEND1UM.
culaires sur la circonférence desquelles s'opère l'éruption de très petites vésicules globuleuses auxquelles succèdent de petites squames extrêmement minces et comme farineuses. Les taches, de la largeur d'une pièce'de un franc ordinairement, ont l'apparence d'un disque bien arrondi, et vont, dans quelques cas, en s'élargissant. Leur siège de prédilection est le cou et la face ; leur durée individuelle est de sept à huit jours.
Herpès iris. Variété très rare qui consiste en un groupe de vésicules entouré de quatre anneaux érythémateux de nuances différentes , dont le plus extérieur, qui paraît le dernier, offre une dégradation de couleur rosée se perdant insensiblement dans la teinte naturelle de la peau environnante, et dont le diamètre est à peu près celui d'une pièce de un franc. C'est au front, aux mains', aux malléoles, aux endroits saillants enfin que se montre l'herpès iris.
Herpès tonsurant. Cette forme est confondue par tous les pathologistes avec les teignes, parce que son siège constant est le cuir chevelu et qu'elle est contagieuse. M. Cazenave a cru devoir la rattacher à l'herpès. Plaques arrondies, d'étendue variable , couvertes de très petites vésicules qui se reproduisent en suivant un mouvement d'extension excentrique et continu , et auxquelles succèdent une desquamation qui existe au centre comme à la circonférence. Les cheveux sont rompus très également à trois ou quatre millimètres du niveau de l'épiderme , de manière à former une véritable tonsure. La maladie dure plusieurs mois , quelquefois plusieurs années.
Diagnostic. — Avec de l'inattention, on pourrait confondre l'herpès phlycténoïde 1° avec l'eczéma : ici, base non enflammée ; là, au contraire, surface rouge; 2° avec le pempbygus : ici bulles isolées et larges, là vésicules agglomérées et globuleuses. Le zona ressemble un peu à l'érysipéle phlycténoïde, mais ici, large surface rouge avec vésicules isolées; là , au contraire , fond rouge limité avec agglomération de vésicules en demi-ceinture. L'herpès circiné imite un peu la lèpre vulgaire; mais ici , cercle saillant, surface inégale, squames argentées, pas de vésicules, tandis que là c'est le contraire.
Enfin , le lichen circumscriptus offre un cercle plein , une surface raboteuse, un disque irrégulier, tandis que dans l'herpès circiné, c'est l'opposé.
Traitement. — Très simple en général. Dans les cas légers, repos, tisane rafraîchissante, régime doux; cela suffit. Si la maladie offre des symptômes plus intenses, il y a lieu de recourir aux émissions sanguines générales et locales. Quant aux applications topiques, il faut, dit M. Cazenave, en être très sobre et se borner aux lotions d'eau saturnine, puis aux onctions avec le cérat lorsque les vésicules sont déchirées. — C'est surtout dans Y herpès phlycténo'ide que conviennent les antiphlogistiques. — On sait qu'on abandonne généralement Yherpès labialis aux soins de la nature. — Le prsepulia/is réclame : à l'état aigu , des injections mucilagineuses, émollientes , entre le prépuce et le gland ; à l'état chronique, les lotions alcalines, les bains alcalins et sulfureux , les onctions avec la pommade à l'oxyde de zinc, au précipité blanc ; s'il y a des excoriations , l'application d'un peu de charpie fine imbibée d'eau de Saturne; à l'intérieur, l'eau d'Enghien ou les pilules de Plummer. — L'herpès circiné est combattu par les lotions acides, alcalines ou alumineuses, par des onctions avec la pommade au calomel pour hâter la résolution des plaques.
Contre le zona, on emploie l'eau saturnine, le cérat en onctions sur les ulcérations, ou bien encore l'huile en onctions et par-dessus, l'amidon en poudre ensuite, ce qui forme un enduit inerte qui protège les vésicules (Cazenave). Appliqué de bonne heure sur les plaques du zona, le collodion en arrête la marche et fait cesser toute douleur (Briquet). Les ulcérations qui succèdent aux croûtes seront pansées avec le cérat opiacé saturné. Les douleurs qui persistent après la guérison seront combattues au moyen du vésicatoire. Il faut l'aire remarquer que souvent la maladie affecte des sujets débiles ou âgés qu'il importe de soumettre à un régime tonique.
L'herpès tonsurant est très rebelle. M. Cazenave lui oppose les pommades au calomel, au borate de soude, à l'oxyde de
mercure, au tannin ou au sulfure de chaux, les lotions alcalines, les bains alcalins.
Formulaire.
(V. au Dict. thér. les médica- | pommades, lotions et bains ciments qui servent de base aux I dessus désignés.)
HYDROCÉPHALIE. Hydrocéphale, hydropisie du cerveau. — Epanchement de sérosité dans la cavité crânienne. On la distingue en aiguë et en chronique.
HYDROCÉPHALIE AIGUË. — On n'est pas bien d'accord sur ce que l'on doit entendre par cette expression. Est-ce une exhalation idiopathique et rapide de sérosité dans la cavité de l'arachnoïde (V. Apoplexie séreuse), ou une hydropisie consécutive à un obstacle au cours du sang (V. Hydropisie), ou enfin, un épanchement séro-purulent dû à la méningite simple ou tuberculeuse? (V. Méningite.)
Causes. — Suivant MM. Rilliet et Barthez, cette maladie se produit plus particulièrement dans le cours de l'anasarque consécutive à la scarlatine ou à la néphrite albumineuse, et elle se montre presque exclusivement chez les enfants âgés de moins de six ans.
Symptômes. — « Les seuls symptômes que nous ayons pu rapporter à cette affection sont une grande agitation, des cris ou bien des grognements continuels, remplacés, peu de temps avant la mort, par une prostration extrême avec assoupissement, perte de connaissance, coma ou même insensibilité générale, dilatation des pupilles et fixité du regard. Encore devons-nous dire que ces symptômes n'existaient pas tous à la fois chez tous les individus, qu'ils manquaient même complètement chez plusieurs de nos malades dont l'hydrocéphalie n'a été constatée qu'après la mort (Rilliet et Barthez). »
Pronostic — On comprend combien il doit être gravi puisque l'hydrocéphale, telle que nous la considérons, dit M. Valleix, n'est ordinairement autre chose qu'un accident qui vient accélérer la mort dans le cours d'une autre maladie.
Traitement. — Nul. Cependant voici le moyen que le docteur Veisse, de Saint-Pétersbourg, dit avoir employé avec succès.
Solution.
Sublimé corros., 0,05 cent. I 1 cuillerée à café toutes les Eau distillée, 250 gram. I deux heures.
HYDROCÉPHALIE CHRONIQUE. — Accumulation de sérosité dans la cavité de l'arachnoïde et dans les ventricules du cerveau. Cette affection est congénitale ou acquise.
Causes. — Défaut de développement du cerveau, irritation hypercrinique de la séreuse qui l'enveloppe; affections chroniques de l'encéphale , hydropisie générale.
Symptômes. — Début lent, insensible, excepté dans quelques cas rares où la maladie a pour cause une hémorrhagie intra-arachnoïdienne ou une métastase séreuse. La tête est relativement très développée; cédant à l'épanchement, les os s'écartent, se disjoignent; les sutures et les fontanelles sont plus ou moins ouvertes, ce qui peut se constater à la palpation, et l'on détermine parfois de la fluctuation. Toutefois il est des hydrocéphales, ceux de naissance surtout, dont la tête n'est pas sensiblement augmentée de volume parce que le cerveau est au contraire arrêté dans son développement. Du côté des fonctions on remarque d'abord de la faiblesse, de la vacillation des muscles volontaires, puis de la tristesse, parfois de la céphalalgie. La vue est faible, l'œil sans regard et comme affecté de mouvements presque incessants. L'intelligence s'obscurcit, la parole devient difficile, il survient de l'anesthésie, de la paralysie, enfin de l'oppression.
Marche, pronostic. — L'hydrocéphalie fait des progrès incessants, quoique lents ; elle peut cependant rester stationnaire pendant très longtemps. Néanmoins elle finit par emporter le malade, et cela d'autant plus tôt que l'épanchement se forme plus rapidement. Nous parlons de l'hydrocéphalie qui survient après la naissance, car la maladie mérite à peine ce nom lorsqu'elle est congénitale, tant elle est lente dans sa marche, quand elle n'est pas assez développée tout d'abord pour causer des troubles graves.
Traitement. — Il repose sur la combinaison des purgatifs, des diurétiques, des mercuriauxou de l'iodure de potassium et de la compression. On a employé encore les applications irritantes, les vésicatoires sur la tête, les toniques et le fer à l'intérieur, etc. Mais, on le conçoit, tous ces moyens n'ont pour ainsi dire aucune efficacité réelle.
Pommade (Gœlis).
Onguent de genièvre , 25gram.
Onguent rnerc., de 10 à 15
Matin et soir des frictions sur la tête préalablement rasée. Dans l'intervalle des frictions la tête doit être couverte d'un bonnet de laine.
hyduopéiucarde. HydropéricartUte. — On a compris pendant longtemps sous cette dénomination tous les épanchements dans le péricarde ; mais on doit entendre par là exclusivement l'épanchement de sérosité qui se produit en l'absence de toute inflammation. Il s'agit donc d'une bydropisie, bydropisie rarement active, presque toujours au contraire passive.
Causes. — L'hydropéricarde se rattacbe aux maladies du cœur et des gros vaisseaux qui occasionnent les autres hydropisies. On ne cite aucun fait démontrant sa production sous l'influence des altérations du sang.
Symptômes. — Les plus importants se révèlent à la percussion et à l'auscultation. Il y a matité étendue et souvent voussure de la région précordiale, éloignement des bruits du cœur, absence du bruit respiratoire. Pas de réaction fébrile, à moins qu'il n'existe une pblegmasie concomitante quelque part. Il faut noter de plus la faiblesse du pouls, les palpitations, les lipothymies, la gêne du décubitus dorsal, le soulagement dans la station assise, et d'autres phénomènes qui appartiennent d'ailleurs à d'autres maladies du cœur.
Pronostic. — Grave par son siège, cette bydropisie l'est encore davantage par ses causes.
Diagnostic.—' Il s'agit d'abord de reconnaître l'existence de
Bain alcalin (id.|.
(V. Bain au Dici. Ihêr.) Deux bains par semaine.
Poudre de calomel (id.).
Calomel, 0,30 cent.
Sucre blanc, 15gram.
F. 30 paquets. — 1 le matin et le soir, en même temps qu'on fimnloifi les formules ci-de»sus.
l'épancliement péricardique, puis de décider si cet épanchement est le résultat d'une péricardite (V. ce mot) ou d'une simple hyperexhalation séreuse.
Traitement. — Il rentre dans celui de l'hydropisie en général que nous exposerons plus loin, et dans celui de la péricardite
HYDROPHOBiE. — Horreur des liquides. On la distingue en rabique |V. Rage), et en non rabique. Celle-ci se divise elle-même de la manière suivante :
1° Simple horreur des liquides. Elle se développe quelquefois dans la grossesse, dans certaines affections nerveuses, et n'a rien de grave.
•2° Hydrophobie symptoniatique. Symptôme très rare de certaines maladies, des fièvres graves le plus souvent, dont il aggrave au plus liant degré le pronostic. A l'horreur des liquides se joint la constriction du pharynx, des convulsions, le crachotement, parfois même l'envie de mordre.
3° Hydrophobie rabi forme. C'est la rage spontanée, qu'il ne faut pas confondre avec la rage par virus rabique. Elle est causée par la peur d'avoir été mordu par un chien enragé, elc. Le point le plus intéressant de son histoire est le diagnostic; il faut la distinguer de la véritable rage dont elle présente quelquefois tous les symptômes. Or, ce diagnostic repose sur les considérations suivantes : absence de cicatrice de morsure celle-ci n'ayant pas eu lieu ; ou si elle existe, absence des signes propres à la cicatrice rabique (V. Rage) ; développement des accidents au bout de quelques heures ou de quelques jours; longue durée de ces accidents; pronostic moins grave, tandis que dans la rage c'est le contraire qu'on observe.
Traitement. — On le divise en moral (persuasion, raisonnement pour les uns, pratiques superstitieuses et empiriques pour d'autres, etc.), et en physique (antispasmodiques, bains prolongés, émissions sanguines, selon les cas).
HYDROPIITUALM1K. Hydropisie de l'œil. — L'augmentation des humeurs de l'œil est générale ou partielle. — Ses
causes sont peu connues et d'ailleurs indiquées dans leurs sources premières à l'article Hydropisie.
Symptômes. - Si l'hydropisie est générale, le globe de 1 œil est 'saillant, volumineux; il semble vouloir se détacher de l'orbite; ses mouvements sont bornés et gênés. Conjonctive lâche, injectée, quelquefois ulcérée ; cornée saillante, concilie, un peu opaque; pupille dilatée et immobile; sclérotique distendue et bleuâtre, etc. Le malade est myope; il éprouve des douleurs qui croissent en raison de la distension des tissus oculaires. Le globe de l'œil peut s'enflammer et se vider etc.
L'hydropbthalmie partielle peut êtrebornée, soit a la chambre antérieure, alors la cornée est refoulée en avant, 1 iris repoussé en arrière, etc. ; soit dans la chambre postérieure, e dans ce cas, au contraire, l'iris fait saillie en avant et peut venir s'appliquer contre la cornée; douleurs très grandes, menace de cécité.
Traitement. — Emissions sanguines générales et locales ; puis diurétiques, purgatifs, calomel, soufre doré d'antimoine, frictions mercurielles, vésicatoires. (V. Hydropisie.) Application de sachets aromatiques, de compresses imprégnées d une liqueur astringente. En dernière ressource, ponction de 1 œil.
HYDROPISIE. - Expression générique par laquelle on désigne tout épanchement de sérosité, quels que soient sa cause et son siège. Ma1S chaque hydropisie reçoit, suivant 1 organe qu'elle occupe, un nom spécial : de là Yanasarcjue et 1 œdème, Yascite, Y hydropéricarde, Y hydrothorax, Ihydrocêphale,etc, à l'histoire particulière desquels nous renvoyons lr> lecteur.
Nous ne voulons retracer ici que les caractères communs à toutes ces affections, afin d'éviter des redites fast.dieuses. Or tout épanchement de sérosité resuite soit d une augmentation d'action des vaisseaux exhalants, soit d'une diminution d'action des absorbants, ou, enfin, de ces deux phénomènes réunis, lesquels dépendent de causes très différentes.
Causes. - Il faut d'abord noter les circonstances pathoogiques dans lesquelles l'hydropisie se produit, puis élu 1er les causes de ces états morbides hydroproducteurs. - 1 oui* col
PATHOLOGIE INTERNE. 427 lection séreuse a pour point de départ soit une irritation bypérhémique ou sécrétoire des organes qui en sont le siège et qui se nomment tissu cellulaire, membrane séreuse (bydropisie idiopathique] ; soit une altération du sang qui permet à la partie aqueuse de ce liquide de transsuder à travers les surfaces séreuses (bydrop. passive) ; soit une gêne de circulation au cœur ou dans les gros vaisseaux, d'où stase sanguine et épanebement séreux (bydrop. symptomatique, bydrop. mécanique).
L'bydropisie idiopatbique, active, a pour causes un refroidissement subit, les suppressions et rétrocessions, les irritations directes, toutes les circonstances enfin susceptibles d'activer l' exhalation des cellules séreuses ou des membranes de même nom. L'bydropisie passive dépend de l'anémie, d'un état cacbectique quelconque un peu avancé, de la néphrite albumineuse, de toutes les causes d'appauvrissement du sang. L'bydropisie symptomatique se rattache aux lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux, aux maladies chroniques du foie, aux engorgements des viscères, aux obstructions des gros troncs veineux, en un mot, à tous les obstacles au libre cours des liquides.
Symptômes. — On peut les diviser en physiques, en mécaniques, en physiologiques. Les premiers consistent dans l'augmentation de volume de la partie où se forme l' épanebement; dans la matité du son qui varie de siège selon les déplacements du liquide épanché, et surtout dans la fluctuation, qui est un signe pathognomonique quand elle peut être produite. — Les seconds se tirent de la gêne, du trouble que détermine mécaniquement la collection séreuse dans les fonctions des organes voisins.— Enfin, les signes physiologiques se rattachent aux troubles fonctionnels causés par la lésion primitive d'une part, et d'un autre coté par la gène fonctionnelle dont il vient déjà d'être parlé. (V. chaque bydropisie en particulier.)
Complication. — - Outre cette action toute mécanique de la collection séreuse sur les organes voisins, il faut noter cette fâcheuse tendance des parties tuméfiées par l'infiltration intercellulairc à s'enflammer, cette disposition qu'a la peau
distendue, amincie, moins nourrie de sang et de calorique, à se prendre d'inflammation de mauvaise nature ou érysipélato-gangréneuse, à l'occasion d'une égratignure ou d'une moucheture soit accidentelle, soit faite dans le but d'évacuer la sérosité.
Terminaison, pronostic. — La terminaison a lieu, soit par la résorption de la sérosité épanchée et sa disparition par les urines ou les garde-robe, plus difficilement par les sueurs; soit par une rupture spontanée de la peau (V. Œdème, Anasarque), ou par une ponction pratiquée à l'aide du trocart dans la poche séreuse, soit enfin, ce qui est rare mais démontré, par une sorte de métastase, de disparition subite de l'épanchement coïncidant avec des accidents cérébraux. La terminaison de la maladie ne peut, dans tous les cas, être considérée comme définitive que du moment où la cause pathologique a disparu elle-même. Mais comme cette cause est presque toujours incurable, il en résulte que le pronostic est très grave. Toutefois, les hydropisies idiopathiques disparaissent facilement avec l'irritation des surfaces exhalantes qui les a produites.
Traitement. — Dans toute hydropisie, il faut s'occuper d'abord de la cause pathologique et la combattre suivant les règles de l'art. C'est ainsi que les antipblogistiques sont indiqués dans l'hydropisie idiopathique active; les analeptiques, les toniques et les amers dans l'hydropisie passive, due à l'anémie, aux altérations miasmatiques du sang, aux cachexies; qu'enfin le traitement des maladies du cœur, des obstructions du foie, des oblitérations des vaisseaux, etc., est le seul qui puisse donner des résultats durables dans l'hydropisie symptomatique , la plus grave de toutes au reste.
Mais il y a le traitement du symptôme pathognomonique, c'est-à-dire de l'épanchement. Celui-ci se dissipe de luimême, soit avec l'irritation qui l'a produit dans l'hydropisie idiopathique, soit avec l'appauvrissement du sang dans l'hydropisie passive. Néanmoins, on peut hâter la résorption du liquide épanché au moyen des diurétiques et des hydragogues. Ces moyens constituent le traitement banal de l'hydropisie
on général , clans les cas surtout où la lésion primitive per- : istant et augmentant sans cesse l'épancbement, on se voit forcé d'activer certaines sécrétions pour affamer les absor- 1 a nts.
Il est aussi des procédés chirurgicaux qui consistent à donner issue : 1° à la sérosité infiltrée dans le tissu sous-cutané au moyen de mouchetures ; 2° à la sérosité épanchée dans les cavités séreuses au moyen de la ponction, laquelle est suivie ou non d'une injection irritante pour amener l'adhérence des parois de ces cavités. — Nous renvoyons à l'histoire particulière de chaque hydropisie et arrivons au but spécial de cet article, qui est d'indiquer les principales formules employées dans cette classe de maladies.
Tisane diurétique.
Décoct. de chiendent, lOOOgram.
Acétate de potasse, 2 Sirop des 5 racines, 80 M. — Par petites tasses.
A utre.
Espèces apéritivcs, 2 grain.
Pariétaire, 10 Eaubouil. (demi-heure
d'infusion), Nitrate de potasse, >irop des 5 racines
Autre.
Digitale fraîche, lOgram.
Triturez avec sucre, 20
Faites infuser dans Eau, lOOOgram.
Oxymel colchique, 50
Par petites tasses. Hydropisies rebelles.
Potion diurétique (Codex).
Oxymel scillitique, 20gram.
Eau distillée d'hysope, 100 — — de menthe, 30 Alcool nitrique, 2
M. — A prendre en deux fois.
A titre.
Infusion de pariétaire, I25gram.
Acétate de potasse, H
Sirop des 5 racines, 30 gram.
Oxymel colchique, 8 Alcool nitrique, 2
Pilules diurétiques.
Scille en poudre, 1 grain.
Digitale, ) „ , , .
Calomcl, |aa O,odccig.
Sirop de gomme, q. s.
F. 20 pil. — 2 à 4 par jour.
Autres (Parmentier).
Savon médicinal, 10 gram.
Gomme ammoniaque, 5 Nitrate de potasse, 5 Scille en poudre, 5 Sirop simple, q. s.
F. des pilules de 0,2 décig. — 2 à 6 par jour.
Pilules diurétiques hgdragogues.
Sciile, \
Digitale, j aa 5 grain.
Scammonée, )
Sirop de gomme, q. s.
F. 100 pilules. — 2 à 12 par jotre jusqu'à effet diurétique et purgatif bien prononcé. Très efficaces.
A utres.
Remplacez dans la formule précédente la poudre de digitale par 0,05 cent, de digitaline.
aa 5gram.
Pilules de Dupuy .
Scille en poudre, Digitale pp., Assa fœtida, Extr. de trèfle d'eau,
M. F. 100 pilules. — 2 le matin et 2 le soir. Grande efficacité dans les hydropisies accompagnées d'asthme et de palpitations.
Pilules hydragogues.
Assa fœtida, 2gram.
Scille en poudre, 2 Extrait de coloquinte, 1 Poudre de digitale, 1
M. F. 20 pilules. — 2 toutes les trois heures. Hydropisies sympto matiques ; remède énergique.
Autres (Franck). Ext. de coloquinte comp. , 1 grain .
Poudre de gomme gutte, 1 Calomel, 0,5décig.
Sirop de gingembre, q. s.
M. F. 12 pilules.— 6 le matin et 6 le soir.
Autres.
Scille en poudre, 1 „ . , r. . V ) aa 10 gram Ext. de coloquinte,
F. 100 pilules.
aa 15 gram.
Électuaire hydragogue.
Scammonée d'Alep,j Jalap,
Scille en poudre, Résine de jalap, Sirop de nerprun,
M. — 6 à 13 décig.par jour.
Hydropisie.
Vin hydragogue (Debreyne).
Jalap concassé, 8 gram.
Scille id., 8 Nitrate de potasse, 15 Vin blanc, 1000
F. macérer pendant 24 heures.
— 3 à 9 cuillerées par jour en trois fois. Hydropisies rebelles.
Frictions diurétiques.
Teinture de scille, ) ,A
, ,. .. ' aa 00 gram.
1 — de digitale,)
En frictions sur l'abdomen ou les cuisses,
Autres formules.
(v. diuretiques, sudorifiques, Purgatifs, Pilules de Boxtius, de Baker, au Dict. f/ie'r.)
HYDROPISIE DE L'OVAIRE. Kyste , hydropisie enkystée de L'ovaire. — Accumulation d'un liquide quelconque dans une ou plusieurs poches dont l'ovaire est creusé. Il ne s'agit donc pas d'une véritable hydropisie, mais plutôt de kystes.
Causes. — On sait peu de chose à cet égard : on accuse les violences extérieures, l'inflammation, l'altération, la distension des vésicules ovariques de produire cette maladie , et l'âge critique, les excès vénériens, etc. , d'y prédisposer.
Symptômes. — Début latent, sans douleur ; quelquefois celle-ci existe dès le principe, mais c'est plutôt lorsque la tumeur est déjà d'un certain volume qu'elle se manifeste, accompagnée de pesanteur, parfois de tiraillements dans les lombes, les aines. Plus tard, le ventre devient sensible ù la pression. A la palpation, on découvre la turaour qui est d'une
forme plus ou moins arrondie et volumineuse. Quand son volume est très considérable , elle est plus difficile à circonscrire ; car elle peut remplir tout l'abdomen. Alors elle refoule les intestins du côté opposé, elle gêne les fonctions digestives et circulatoires, d'où dyspepsie, amaigrissement, constipation, palpitations, œdème aux extrémités inférieures, douleurs névralgiques, etc. Le ventre est fréquemment déformé; le coté où s'est formée la tumeur est plus saillant que l'autre et rend un son mat. Du reste , pas de symptômes de réaction générale.
Mais la tumeur offre des différences suivant qu'elle est uniloculaire ou multiloculaire. Dans le premier cas, elle est globuleuse, plus régulière; et si elle est très volumineuse , elle peut simuler une véritable ascite, donnant lieu à une fluctuation sensible lorsque le liquide n'est pas épais. Dans le second cas, la tumeur est inégale, comme bosselée, et chaque bosselure offre une différence dans l'élasticité, la mollesse, la capacité, etc. Nous devons faire remarquer que le kyste uniloculaire peut lui-même être formé de plusieurs cavités, mais celles-ci communiquant les unes avec les autres, on ne les distingue pas aussi bien que dans le kyste multiloculaire, qu'il vaut mieux appeler multiple.
Marche, durée, terminaison. — Marche très lente, durée extrêmement prolongée quelquefois, même lorsque la tumeur a acquis un développement considérable. La maladie donne lieu cependant à des troubles de la menstruation, parfois aux premiers signes de la grossesse, tels que gonflement des seins, vomissements, etc. Elle se termine soit par la dégénérescence cancéreuse des parois du kyste , soit par la rupture de celui-ci dans la cavité péritonéale, dans l'intestin , dans la vessie môme, cas qui sont presque nécessairement mortels.
Diagnostic. — L'bydropisie ovarique offre des points de ressemblance avec la grossesse utérine , surtout lorsqu'elle est uniloculaire , ainsi qu'avec l'ascite; mais l'étude des antécédents, des prodromes, de la forme du ventre, etc., ne permettra pas de tomber dans une erreur de diagnostic.
Traitement. — Peu de chose à dire sur ce point. Emis-
sions sanguines, purgatifs hydragogues , mercuriaux et fondants, compression, ponctions suivies ou non d'injections iodées, incision ou extirpation, tels sont les moyens médicaux et chirurgicaux qui sont employés. Nous nous dispenserons de les apprécier.
iiydrorachis. Spina bifida. — Cette maladie consiste dans une tumeur molle formée par une collection de sérosité renfermée dans la séreuse spinale, faisant hernie à travers un écartement des lames et des apophyses épineuses des vertèbres. Hydropisie du canal rachidien, elle est à celuici ce qu'est l'hydrocéphalie à la cavité crânienne. Elle se manifeste chez le fœtus ou dans les premiers temps de la vie extra-utérine, par une tumeur de volume variable, pédiculée, dont la compression provoque des symptômes de paralysie aux membres inférieurs , paralysie qui peut d'ailleurs être permanente. Pronostic très grave.
Traitement. — On se borne à contenir la tumeur et à la garantir des violences extérieures en la recouvrant d'une pelotte concave appropriée à sa forme. On a essayé la ponction et les injections iodées.
iiYDUOTHOUAX. Hydropisie de poitrine. — Epanchement de sérosité dans les cavités pleurales , sans inflammation. Cette hydropisie n'est pour ainsi dire jamais idiopathique; elle se manifeste comme complication ou effet des maladies du cœur.
Symptômes. — Les signes physiques de l'hydrothorax sont ceux de la pleurésie avec épanchement; mais les symptômes généraux sont moins appréciables ou nuls, et le changement de niveau de l'épanchement est variable, suivant la position du malade, ce qui n'a pas lieu dans la pleurésie à cause des fausses membranes qui emprisonnent ordinairement la collection séro-purulente.
Traitement. — Il consiste dans l'emploi des moyens propres à combattre et l'affection primitive , et l'épanchement. (V. Hydropisie.)
iiyim: RTUOPiiiE. — Exagération dénutrition, de poids et de volume des organes, sans autre altération de texture.
Cotte expression désigne une classe de maladies pour l'explication étiologique desquelles on a créé le mot irritation nutritive.
Causes. — Surcroît d'action de l'organe ou du tissu; travail morbide particulier, peu connu dans sa nature, survenant dans cet organe ou dans ceux qui l'avoisinent et réagissent sur lui.
Symptômes. — Exagération fonctionnelle en rapport avec l'exagération nutritive; trouble des fonctions résultant de l'augmentation de vitalité de la partie hypertrophiée; trouble des organes sur lesquels agit mécaniquement l'organe grossi.
On distingue les hypertrophies en simples, avec induration, avec transformation des tissus. Les plus importantes à connaître sont celles du cœur, de l'estomac, du foie.
Traitement. — Tout se borne au repos de l'organe , à l'éloignement des causes d'irritation; à l'emploi des préparations iodées, mercurielles, etc.
hypochoivdiue. Mélancolie. — Monomanie triste [h/pcmanie) consistant dans une méditation exagérée sur son moi physique, sur sa santé, et dans la crainte exagérée d'être affecté de maladies qu'on juge très dangereuses ou mortelles.
Cette affection est de la nature des névroses cérébrales ; sans être rare, elle n'est pas non plus aussi fréquente qu'on le croit.
Causes. — Les unes, prédisposantes, sont le sexe masculin, le tempérament nerveux , l'âge de trente à quarantecinq ans, l'oisiveté, les travaux de cabinet, le célibat; les autres , occasionnelles , consistent dans la lecture des livres de médecine, les prédictions sinistres, la perte d'un parent, d'un être chéri, la spermatorrhée , les affections chroniques du canal intestinal.
Symptômes. — Pour leur étude , il faut d'abord diviser la maladie en idiopathique et en symptomatique. — Dans l'hypochondrie idiopathiqve, on distingue trois périodes : 1" exagération du sentiment de conservation; faux jugements sur son état de santé; tristesse, préoccupation , concentration de toutes les idées sur les maladies dont on se croit atteint; be-
soin de changer souvent de médecin et de remèdes; égoïsme, impatience, irritabilité, caprices. — 2° Accidents nerveux très variables : spasmes, constations de la poitrine, de l'abdomen; digestions difficiles, douloureuses; palpitations; accidents hystériformes, bydrophobiques. — 3° Enfin, affections organiques consécutives, se déclarant à l'estomac, au foie, au cœur, etc.
L'hypochondrie secondaire ne diffère de l'idiopatbique qu'en ce que les troubles moraux ont pour point de départ une affection physique chez les sujets prédisposés. Ceux-ci ne se trompent pas en se croyant malades, mais ils se trompent sur la gravité de leur maladie. Ce sont le plus souvent des viscéralgies gastro-intestinales qui engendrent le délire hypochondriaque.
Marche chronique. — Durée très variable, en général fort longue. — Pronostic sans gravité absolument parlant, soumis d'ailleurs à la lésion préexistante ou consécutive quand elle a lieu.
Traitement. — A une affection toute morale, comme l'est l'hypochondrie au début, il faut opposer des moyens moraux, tels que distractions , voyages , intérêts mis en jeu , occupations attrayantes, etc. Le médecin doit avant tout capter la confiance de son malade. Il entrera d'abord dans ses vues, ses idées, quitte à le désabuser ensuite. Il lui administrera des remèdes inertes auxquels il aura l'air d'attacher une grande importance; il usera d'autres supercheries, comme celle qui consiste, par exemple, à faire croire au monomaniaque qu'il l'a débarrassé d'un animal qui le rongeait , etc. - Il va sans dire qu'on ne négligera pas d'opposer des moyeni convenables à la maladie dont pourrait dépendre l'hypochondrie.
hystÉralgie. Métralgie, utéralgie. - Névralgie dcl'u térus. Elle est idiopathique ou symptomatique.
Causes. — L'hystéralgie idiopathique se rattache à Téta nerveux général ou local de la femme; elle accompagne fré quemment les troubles de la menstruation; quand elle c; symptomatique, sa cause est 1 état pathologique primit.f.
Symptômes. — Ils consistent dans des douleurs vives, exacerbantes, avec sentiment de chaleur ardente aux parties sexuelles; parfois accidents hystériques. Absence de toute réaction. L'examen au spéculum est nécessaire pour savoir si cette névralgie est essentielle ou consécutive à quelque altération de la matrice.
Traitement. — Bains, demi-bains; injections et lavements laudanisés, opium à l'intérieur. Combattre les causes ou les complications. (V. Dysménorrhée, métrite chronique, névralgie lombo-abdominale.)
hystérie. Maux de nerfs, vapeurs, attaques de nerfs, hystêralcjie. — Névrose de l'appareil générateur de la femme, dont les symptômes principaux consistent dans un sentiment pénible de strangulation, la sensation d'une boule qui remonte de l'hypogastre ou de l'épigastre à la gorge, souvent des convulsions accompagnées ou non de troubles sensoriaux ou intellectuels, et qui revient par accès apyrétiques.
Causes. — L'hystérie appartient exclusivement à la femme, dans l'âge de quinze à trente-cinq ans surtout; cependant on a cité quelques cas d'accidents hystériformes chez l'homme. Le tempérament nerveux, le séjour des grandes villes, les veilles, les plaisirs du monde, les affections morales tristes, l'abus des plaisirs vénériens, la masturbation, comme aussi la continence, sont ses causes prédisposantes. Une vive émotion, le trouble de la menstruation, l'imitation, les diverses altérations de l'utérus, etc., telles sont ses causes occasionnelles.
Symptômes. — Il est difficile d'en exposer le tableau à cause de leur extrême variété de forme; car, en effet, depuis les agacements nerveux, les vapeurs, les maux de nerfs, jusqu'aux attaques convulsives avec perte du sentiment et de la connaissance, on peut suivre leurs degrés et mobilité. Les ■ prodromes sont presque constants : ceux de l'invasion première consistent dans des modifications de caractère, d'humeur, d'appétit; ceux des accès; en céphalalgie, éblouissements, tristesse, troubles des sens, bâillements, rire et pleurs
sans motif, éructations, perversion de l'appétit, etc., etc. Les
accès sont ou convulsifs ou non convulsifs.
Dans la forme convulsive, l'accès débute par des cris, une constrictionà l'épigastre ou à la gorge. La malade tombe en proie à des convulsions très irrégulières, avec mouvements étendus, violents, assez difficiles à contenir. Elle éprouve la sensation d'un corps étranger [boule hystérique), qui remonte jusqu'à la gorge et qui la provoque à se frapper, a se déchirer la poitrine. Quelquefois c'est une douleur aiguë dans un point du corps (clou hystérique). Les paupières sont habituellement fermées, mais agitées, la tête est un peu renversée en arrière; la face animée, vultueuse. Respiration laborieuse, accélérée ou lente; sentiment de suffocation dû à la constriction de l'œsophage et du pharynx; voix souvent rauque; cris déchirants, gémissements, sanglots, rire convulsif; parfois syncope plus ou moins complète et prolongée, mort apparente. La perte de connaissance n'est pas constante; quand elle existe, elle est complète ou incomplète ; dans le premier cas la malade ne se souvient plus de ce qui s'est passe. On a remarqué quelquefois du délire gai ou furieux, des phénomènes d'extase et de somnambulisme, etc.
La forme non convulsive offre les mêmes symptômes à peu près, moins les convulsions, comme la boule hystérique, la suffocation, la céphalalgie, les troubles des fonctions d.gestives, les crampes, les frémissements, les bouffées de chaleur les pleurs, le sentiment de brûlure ou de froid, etc.
Marche, durée, terminaison. - L'hystérie se manifeste pai des accès, qui. plus ou moins rapprochés et nombreux, cou stituent des attaques. Quelquefois les accès affectent le typ intermittent. La durée des accès est variable. Des cris, de soupirs, des pleurs ou des éclats de rire, une urine mcolor ou limpide, et, dit-on, une excrétion utérine ou vaginale qx lubrifie les parties sexuelles, en annoncent la fin. Apres l a taque, les malades éprouvent un brisement de membres, sor irritables, ne recouvrent que lentement leur entière présenj d'esprit; quelques-unes offrent de la raideur tetan.que, l'oneBtbésie, de la paralysie dans un on plusieurs membres
d'autres restent aphones, sont prises de douleurs névralgiques, etc.; mais enfin tous ces accidents finissent par disparaître. La maladie a une durée très variable : elle peut se prolonger toute la vie, ou cesser à l'occasion de la première menstruation, de la cessation naturelle des règles ou d'une maladie intercurrente, etc.
Diagnostic. — Si on se rappelle les symptômes de l'épilepsie, on doit reconnaître leur analogie avec ceux de l'hystérie. M. Landouzy, qui a donné une excellente description de cette dernière, a établi, dans un tableau synoptique, les différences qui distinguent ces deux maladies. Nous nous Dornerons à rappeler les caractères que voici : l'épilepsie affecte les deux sexes; elle est très souvent congénitale, son invasion est instantanée, sans prodromes ; l'épileptiquc ne pousse qu'un cri , il perd toujours connaissance, ses convulsions sont toniques, les doigts fléchis sur le. pouce ; il a la face tuméfiée, la bouche écumeuse ; après l'accès il y a état comateux, hébétude; enfin, l'altération de l'intelligence est progressive et va parfois jusqu'à la démence. Il faut encore distinguer l'hystérie clel'éclampsie et de la catalepsie. (V. ces mots.)
Traitement. — Il a pour but de prévenir les accès, de les combattre, de guérir la maladie, de s'attaquer aux symptômes.
1° Traitent, pr 'oentif. Eloigner les causes et tout ce qui peut exciter les désirs vénériens; conseiller les distractions, l'exercice, la gymnastique, les voyages, les occupations multipliées, le mariage dans les cas d'un amour contrarié, etc.
2o Traitem. des accès. Enlever les ligatures qui peuvent gêner les mouvements des malades, desserrer leurs vêtements, les éloigner des murs et des meubles contre lesquels elles peuvent se heurter et se blesser ; donner accès à un air frais ; affusions froides sur la face ; faire respirer de l'éther, du chloroforme, des odeurs fortes; employer les antispasmodiques (valériane, assa fœtida, musc, camphre, teinture d'Hoffmann) et les narcotiques (belladone, datura, opium). On a encore préconisé l'ingestion forcée de l'eau froide dans l'estomac (Cruveihier), les lavements d'eau froide (Chiappa), l'inspiration de
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l'acide carbonique (Nepplc), sans parler des émissions sanguines, des ventouses sèches, des ligatures aux membres, etc.
3» Traitent, curatif. C'est ici surtout qu'il importe de combattre les causes, c'est-à-dire les affections de l'utérus, la chlorose, les dérangements de la menstruation, etc.; de prescrire le changement de régime, d'habitudes, le mariage s'il y a lieu, etc. En même temps on a recours aux antispasmodiques et aux narcotiques comme ci-dessus, sans compter divers autres moyens dont l'efficacité est douteuse, tels que le carbonate d'ammoniaque, l'huile de cajeput, le nitrate d'argent, le sulfate de quinine. Ce dernier cependant peut être efficace dans le cas de périodicité dans les accès.
4° Traiiem. des symptômes Ces symptômes, qui peuvenl réclamer des moyens à part, sont des douleurs névralgiques la paralysie, les coliques, le hoquet, le météorisme, la syncope. (V. ces mots.)
Potion anti-hystérique.
Sirop d'armoise comp., 30gram.
Teinture d'assa fœtida, 1 Eau distill. de valériane, 60 .. de fi. d'or., 60 Etlier sulfurique, 8
F. s. a. — Mettez le tout dans une fiole bien bouchée. — 1 cuillerée à cai'é d'heure en heure.
Pilules anii-hyslériques (Debreyne).
Camphre ) 12
Àssa lœtida, \
Extrait do belladone, 4
— aq. thébaïque, 1 Sirop de gomme, q. s.
F. 100 pilules. — Depuis 1 jusqu'à 6 dans les 24 heure?, on augmentant progressivement .
Autres (Daily).
Poud.decastoroumA
— de s«ccm. I ;ul 4
— d'assa fœtida,
— do valériane,/ Camphre, 0,00 cent.
5 grain
Sirop de Karabê, q- s
F. des bols de 0,30 cent. — 0 j 8 par jour.
Autres.
Extrait de valériane, Castoreum, Camphre, Thridace,
F. s. a. 56 pilules. — 1 à 6 pa jour.
Autres.
Iodure de zinc et de
morphine, 0,0025 dimil
Poudre de guimauve, 1 ^irop dégomme, q. s.
F. s. a. 6 pilules. — 1 ou 2 pt jour.
Gouttes anti-hystériques (Bhikell), Extrait de belladone, 40 gran Alcool, 500
D'abord 2 ou 3 gouttes pi jour ; augmenter grûduellemj jusqu'à 30 et 40 gouttes.
Autres.
Chlorure de zinc, l6gtd
Alcool rectifié, 30 gram.
Etlier sulfurique, 60
2i\i gouttes deux fois par jour dans 1/2 verre d'eau sucrée.
Esprit fétide de Fulde.
Alcool rectifié, 125 gram.
Castoreum, 16
Assa fcetida, 8
Esprit de corne de cerf, 4 gram.
Opium , 4
F. digérer pendant 4 jours, filtrez. — 4 gram. dans infusion do tilleul.
(V. EriLEPSiE.)
ictère. Ictéricie, jaunisse. —-Coloration jaune des divers tissus , principalement de la peau et des conjonctives , due à la présence des éléments de la bile dans le sang. L'ictère dépend d'un trouble de la sécrétion biliaire [ictère idiopalhique) ou d'une maladie du foie ou de son appareil d'excrétion [litière symptomatique); dans tous les cas, il y a ou résorption de la bile toute formée , ou rétention et accumulation de ses matériaux dans le sang. Nous terminerons par quelques mots sur {'ictère des nouveau-nés.
Causes. — Ce sont, pour l'ictère idiopatbique ou spasmodique, les affections morales vives, et particulièrementla colère, la frayeur et le chagrin ; pour l'ictère symptomatique , les maladies chroniques du foie, les obstructions des canaux biliaires ou leur compression par des tumeurs cancéreuses , hydatiques, etc. ; enfin, le retentissement d'une lésion plus ou moins éloignée sur l'appareil biliaire, une perturbation profonde de l'économie : telles sont les causes de l'ictère qu'on appelle sympathique et qui rentre dans la forme idiopatbique. On dit que les femmes sont plus sujettes à cette affection que les hommes ; que les climats chauds y prédisposent, ainsi que le tempérament bilioso-nerveux; mais on ne sait rien de précis à cet égard. L'ictère peut se développer sous forme épidémique. — Il y a aussi un ictère à forme grave.
Symptômes. — Le début de l'ictère idiopathique est le plus souvent précédé de phénomènes de courbature, de troubles digestifs, d'anorexie, de nausées, sans qu'on puisse dire si ces phénomènes sont causes ou effets de la jaunisse qui va devenir visible à l'extérieur; quelquefois cependant celleci se déclare tout-à-coup après un accès de colère ou une vive émotion. La coloration jaune se montre d'abord sur les
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sclérotiques , puis s'étend à la face , aux ailes du nez , au front, ensuite à la poitrine, aux bras , au cou , etc. D'abord faible, elle devient plus foncée, verdâtre , quelquefois d'un vert sombre et noirâtre. La peau devient le siège de démangeaisons très incommodes , qui manquent dans certains cas ; elle est aride , souvent brûlante , parfois au contraire sudorale, onctueuse ; elle peut présenter aussi une desquamation furfuracée.
La région du foie est tantôt douloureuse, tantôt indolente; le foie ne se montre cependant pas augmenté de volume (nous parlons de Y ictère simple, spasmodique). L'urine est foncée, safranée, bourbeuse vers la fin, généralement peu abondante. Les selles , au contraire , se montrent décolorées et blanchâtres tant que la bile ne reprend pas son cours. Ajoutons à cela de l'anorexie , du dégoût pour les aliments gras , de la céphalalgie, quelquefois des vomissements, mais rarement de la fièvre.
L'ictère sijmptomatique se manifeste lentement, progressivement. Aux phénomènes ci-dessus il faut ajouter les troubles occasionnés par la maladie du foie qui lui donne naissance.
Nous avons parlé d'un ictère à forme grave : il débute soit d'une manière bénigne, &oit avec des symptômes graves, tels que syncopes répétées, débre, bémorrbagies , crampes, vive cardialgie , prostration , insomnie , frissons répétés , etc. 11 survient ensuite des vomissements, du délire, du coma, des paralysies, la dilatation des pupilles , le refroidissement de la peau , l'anéantissement du pouls , etc.
Marche, durée, pronostic. — L'ictère peut être distingué en aigu et en clironique. Le premier est apyrétique ou fébrile : apyrétique lorsqu'il se montre simple, spasmodique; fébrile lorsqu'il dépend d'une affection inflammatoire du ioie, de l'estomac ou du duodénum. L'ictère causé par l'obstruction calculeuse des canaux biliaires peut reparaître et cesser à diverses reprises, suivant que cette obstruction recommence ou disparaît. — La durée de l'ictère idiopatbique est de dix-huit à quarante jours; lorsqu'elle dépasse ce terme, on doit craindre l'existence d'une maladie du foie L ie-
tère grave peut se terminer par la mort en deux ou trois jours. Le pronostic varie donc : favorable dans l'ictère simple , il offre plus de gravité dans le symptomatique ; dans la forme grave , il est extrêmement fâcheux , puisque sur seize cas rassemblés par M. Ozanam, il n'y a eu que deux guérisons; et cependant cet auteur n'a pas trouvé de lésions anatomiques propres à ce genre d'ictère.
Diagnostic. — On ne prendra pas pour un ictère la teinte jaune paille des cachexies, ni la teinte jaune cire de la chlorose, ni la couleur pain d'épice due aux empoisonnements paludéens, ni celle terreuse de l'ictère saturnin, ni l'espèce de cyanose produite par le nitrate d'argent pris à l'intérieur.
Traitement. — Voici celui de l'ictère idiopatliique : il se compose d'un grand nombre de moyens , tels que la saignée, les sangsues, les alcalins, les acides, les vomitifs, les fondants, les narcotiques , etc.', dont nous ne pouvons apprécier l'action encore mal déterminée, faute de faits bien observés. — On se borne aux boissons abondantes : limonade , petitlait , bouillon de veau ou aux herbes, eau de carotte, etc. ; on peut les rendre laxatives en y ajoutant 2 à S gr. de crème de tartre ou d'un sel neutre. La rhubarbe seule ou unie au calomel est très employée. — Les bains, les fomentations calmantes, quelques narcotiques à l'intérieur sont surtout indiqués dans l'ictère essentiellement spasmodique ■ Régime doux et végétal, eaux gazeuses ; repos, précautions hygiéniques. — Le traitement de l'ictère grave est à faire : en attendant, vomitifs , vésicatoires. — L'ictère symptomatique ne réclame pas d'autre traitement que celui de l'affection hépatique qui le produit.
Tisane (Hufeland).
Crème de tartre, 15gram.
Eau de fontaine, 1500 Faites bouillir ; ajoutez :
Citron écrasé, n° 1.
Sucre, 180gram.
Potion anti-iclérique (ici.).
Extrait de pissenlit, I -de 6héliao:„e;t aal2Sram-
Tartre tartarisé, 15 gram.
Teint, aq. de rhubarbe, 30 Eau de menthe poivrée, fiO — distillée, 120 Sirop de menthe, 30
1 cuill. ;'i bouche toutes les deux heures.
NOUVEAU COMPEND1UM.
Pilules (id.).
Poudre de rhubarbe, ] Extrait de pissenlit, /
— de chélidoine,) aa 4gram.
Savon médicinal, l Gomme ammoniaq. , ) Aloès, 0,15 décig.
F. des pilules de 0,1 décig. — 12 le matin, à midi et le soir.
Autres (Storli).
Extrait de ciguë, 30 gram.
Masse pilulaire de Bel-
losto, 0,8 décig.
M. F. 60 pilules. —1 à 2 par jour.
Autres (Buchan).
Aloès en poudre, | Rhubarbe id. j aa 4 gram Savou médicinal, )
Emplâtre (Richter).
Extrait de ciguë, 30 gram
— de jusquiame, 15
— de belladone, 4 Acét. d'amm. liquide, q. s.
Prenez la moitié du mélange étendez-le sur du cuir, et appliquez sur l'hypochondre.
Autres formules.
(V. Hépatite chronique.)
ICTÈRE DES NOUVEAU-NES. — Il est beaucoup d'enfant qui, du troisième au cinquième jour de leur naissance, pré sentent une coloration ictérique de la peau dont les cause sont encore mal appréciées. En effet, les uns l'attribuent a froid, au spasme des conduits biliaires ; d'autres à l'absorptic des matières jaunes que contiennent les intestins, etc. Mai: dans tous les cas, cette légère affection paraît être un éti normal, physiologique, plutôt qu'une maladie, car elle se dis sipe spontanément et sans accidents, surtout lorsque le noi veau-né se vide bien. Cependant, il ne faut pas oublier qi ces faibles êtres peuvent être atteints d'un véritable ictè: comme les adultes.
Traitement. — Favoriser l'évacuation du méconium < prescrivant de l'eau d'orge miellée, l'allaitement par la mè ou par une femme nouvellement accouchée, quelque lux; tif , etc. — L'ictère symptomatique serait combattu par 1 bains, les fomentations, les lavements émollients, par une < deux sangsues en cas d'inflammation du foie, etc.
Formu ïatVfl.
(V. RÉTENTION DU MÉCONIUM.)
ichtiiyose.— Affection squameuse (V. Squames), caract risée par un épaississement de l'épiderme qui prend la forr de squames plus ou moins larges, dures, sècLes, d'un Ma
grisâtre, comme imbriquées, comparables aux écailles des poissons, et ne reposant jamais sur une surface enflammée.
Causes.— La maladie est congénitale et héréditaire, ou accidentelle. Les femmes y sont infiniment plus prédisposées que les hommes.
Symptômes. — L'ichthyose offre plusieurs degrés. D'abord elle est ordinairement générale lorsqu'elle est congénitale; partielle dans le cas contraire. Elle présente tantôt des petites parcelles épidermiques brisées et une exfoliation continuelle ; tantôt de véritables écailles grisâtres ou nacrées, entourées de plusieurs cercles noirâtres, imbriquées et de grandeur très variable. Il n'existe ni chaleur, ni douleur, ni démangeaison.
Durée indéfinie pour l'ichthyose héréditaire ; limitée quelquefois, quoique toujours très longue, pour l'accidentelle.
Traitement. — Peu de chose à faire. On assouplit la peau passagèrement au moyen des lotions mucilagineuses, des bains répétés, des bains de vapeur. Wilian a préconisé le goudron à l'intérieur et en topique. Bntt a guéri une ichthyose accidentelle bornée aux bras, en recouvrant successivement ceux-ci de vésicatoires.
iléus. Folvulus, colique de miserere, passion iliaque. — Ce mot a été employé pour désigner tous les obstacles au cours des matières fécales, mais particulièrement l'étranglement interne et l'invagination que nous allons décrire séparément.
ETRANGLEMENT INTERNE. — Trois espèces : 1° rétrécissement ou oblitération causée par une pression externe ; 2° rotation d'une partie de l'intestin autour d'un axe formé par une autre partie ; 3° étranglement causé par des anneaux, des brides cellulo-mcmbraneuses, l'adhérence de l'appendice vermiforme, etc.
Causes. — Elles viennent d'être indiquées.
Symptômes. — Douleur aiguë et subite dans les intestins à l'occasion d'un effort, d'un écart de régime, de l'ingestion d'une boisson glacée; distension rapide de l'abdomen avec constriction de la poitrine ; anxiété ; bientôt nausées, vomissements bilieux, puis stercoraux ; constipation. Pouls petit,
chaleur faible, face altérée, yeux enfoncés. L'obstacle au cours des matières fécales est plus ou moins complet ; c'est ce qui fait que les accidents ne sont pas continus, et que des sortes d'attaques en caractérisent la marche ; mais la mort en est constamment la conséquence.
Diagnostic. — Il est facile, en tant qu'il s'agit de constater l'arrêt des matières fécales ; mais il faut préciser si cet arrêt est dû à une tumeur, à un étranglement herniaire, à une invagination, etc.
Traitement. — Il est à peu près impossible de l'exposer rationnellement, et nous devons nous borner à indiquer les moyens qu'on a tentés. Ce sont les applications de sangsues et de topiques calmants, les purgatifs doux, tels que le calomel, l'huile de ricin, l'eau de Sedlitz, la strychnine, la belladone, le marteau-mayor, et, en désespoir de cause, l'entérotomie.
Poudre contre l'iléus (Homolle).
Strychnine pure, 0,02 cent.
Sucre blanc, lgram.
Magnésie calcinée, 4
M. — Divisez en 20 prises à prendre d'heure en heure. M. le docteur Homolle a rapporté trois cas de succès obtenus par ce moyen.
Mais y avait-il étranglement ou simple engoûment?
Potion (Giraud).
Eau de fleur d'oranger, 375 gram.
Sirop de pavots blancs, 60 Extrait de belladone, 0,10 cent.
Une cuillerée tous les quarts d'heure.
Solution
Huile de morphine, 30 gram.
Extrait de belladone, 4
Frictions sur le ventre toutes les demi-heures avec de la flanelle imbibée de ce mélange.
Lavement (Hanius).
Racine de belladone, 4 gram.
Eau (infusion), 200 '
Autre (Abercrombie).
Feuilles sèches de tabac, lgram.
Eau (infusion), 200
Iléus, quels que soient la forme et le stade.
INVAGINATION INTESTINALE. Intus-susception, valvulus, etc. — Cet accident se produit plus souvent que le précédent, et est beaucoup plus grave dans le gros intestin que dans le grêle ; il se montre aussi plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes. Les enfants y sont exposés.
Symptômes. — Us rappellent edix de l'étranglement interne. Nausées et vomissements d'nbo/d, puis coliques vio-
lentes, selles plus ou moins interrompues ou constipation opiniâtre; ensuite fièvre, soif, anxiété, régurgitations, vomissements, hoquet, altération des traits, etc. Dans les derniers temps, signes de péritonite.
La mort est la suite ordinaire de ces symptômes ; quelquefois cependant la guérison a lieu, et dans ce cas il y a expulsion par les selles d'une partie souvent considérable de l'intestin, laquelle est suivie d'une hémorrhagie intestinale. Cette hémorrhagie et cette expulsion peuvent d'ailleurs déterminer la mort.
Pronostic. — Très grave; cependant la guérison peut avoir lieu, surtout lorsqu'il y a élimination d'une portion de l'intestin grêle; cette élimination parait même constituer la seule chance favorable.
Diagnostic. — Dans l'invagination, tumeur étendue, de forme cylindrique, allongée, suivant le trajet du gros intestin, et siégeant presque toujours dans le flanc gauche ; dans l'etranglement, au contraire, absence de tumeur, ou bien celle-ci se trouve dans une partie quelconque de l'abdomen et n'a ni la forme ni la direction de celle de l'invagination.
Traitement. — Il se compose des saignées et sangsues contre les phénomènes inflammatoires, des topiques émollients et narcotiques, de quelques laxatifs à l'intérieur, des opiacés pour calmer l'agitation, etc. M. Delotz a obtenu, dans deux cas, d'heureux effets de l'huile d'olive , à haute dose : c'est un moyen innocent que l'on peut essayer.
Autrefois on faisait avaler des corps pesants, tels que du mercure, des balles de plomb, etc., pour entraîner l'intus-susception; mais on n'avait pas remarqué que celle-ci se fait par le bout supérieur et que ces corps ne pouvaient agir sur le plissement anormal, contre lequel on a proposé depuis d'insuffler l'intestin par l'anus.
impétigo. Dartre crustacée ou croûteuse, gourmes, etc.— Eruption de pustules psydraciées (V. Pustules) très rapprochées les unes des autres ou confluentes, suivies de croûtes épaisses, jaunâtres, irrégulières, rugueuses, laissant après elles des empreintes assez persistantes.
Ub NOUVEAU COMPENDIUM.
Causes. — Etat maladif général, misère, malpropreté, ivrognerie; contact de substances irritantes sur la peau, affections morales. Les constitutions lymphatiques, les femmes et les en" fants y sont surtout exposés. Cette affection n'est pas contagieuse.
Symptômes. — Nous distinguerons l'impétigo en aigu, chronique, et, d'après sa forme, en larvalis et en granulata.
1° Impétigo aigu. Il débute par des taches rouges un peu saillantes et douloureuses, sur lesquelles apparaissent bientôt de petites pustules plus ou moins rapprochées, quelquefois confluentes, de la grosseur d'un grain de millet, qui s'ouvrent et dont le liquide purulent se dessèche et forme des croûtes jaunes, lesquelles, semblables d'abord à des larmes d'ambre, s'épaississent ensuite, deviennent rugueuses et ressemblent à des fragments de miel desséché {melitagra flavescens, d'Alibert). Ces croûtes sont molles et peu adhérentes d'ailleurs, parce qu'elles résultent d'un suintement continuel qui sourd à travers leurs fissures. Leur chute découvre une surface excoriée sur laquelle se forment bientôt des croûtes pareilles. Au bout de quinze jours environ, ces croûtes deviennent moins épaisses , plus sèches et le suintement diminue. — Lorsque l'inflammation locale est plus prononcée, la douleur plus vive, l'éruption développée sur une surface érysipélateuse, on a Ximpetigo ertjsipelaiodes, qui est précédé plus constamment de phénomènes généraux.
2" Impétigo chronique. Ou bien il y a une succession d'éruptions aiguës dans le même point ou dans des régions différentes du corps; ou bien l'affection se perpétue sur place sans aucune trace d'acuité. Dans ce dernier cas, les croûtes, continuellement grossies par le suintement purulent, deviennent très épaisses, noirâtres, se détachent facilement, mais se reforment de même. — Les croûtes peuvent devenir énormes, verdâtres, rugueuses, enveloppant parfois un membre tout entier à la manière d'une écorec d'arbre : c'est l'impétigo scabida, qui affecte surtout les individus à constitution détériorée, et qui peut se compliquer d'œdème, d'ulcérations.
Suit aigu ou chronique, l'impétigo se distingue en sparsa, c'est-à-dire dont les pustules sont disséminées, éparses et
n'affectent aucune forme particulière ; et en. figurât a, c'est-àdire dont les pustules, plus ou moins agglomérées, occupent une surface variable, ovale ou circulaire et assez bien circonscrite.
.'3° Impétigo larvalis. C'est cette forme qu'on observe surtout chez les jeunes enfants et qu'on désigne encore sous les noms de croûtes de lait, teigne muqueuse, suivant qu'elle occupe la face ou le cuir chevelu. Dans le premier cas, l'éruption est plus ou moins étendue ou limitée ; les croûtes sont verdâtres, minces, sur une surface rouge, avec suintement abondant, souvent démangeaisons vives, engorgement des ganglions lymphatiques voisins, coryza, ophthalmie, otite. Dans le second cas, les cheveux sont collés et enfermés d'ans dos croûtes irrégulières, jaunâtres recouvrant une surface variable. « Là où existait une éruption en apparence si grave, dit M. Cazenave, souvent sillonnée de tissures, de crevasses, d'où l'on voyait souvent, sous l'influence de l'action des ongles des enfants, le sang ruisseler, mêle à un liquide séropurulent, non-seulement on n'observe jamais de cicatrice, mais on ne retrouve plus qu'une teinte rosée qui ne tarde pas à se dissiper. »
4° Impétigo granulata. C'est la teigne granidée qui a pour siège exclusif le cuir chevelu, et qui est caractérisée par de petites croûtes séparées, grisâtres [galons), lesquelles deviennent dures, bosselées, et fournissent des granulations sèches, friables, qui restent éparses çà et là dans les cheveux. Quelquefois une odeur nausé abonde s'exhalede la tête, et des poux y pullulent.
Durée variable. — Terminaison ordinaire : la guérison, qui s'annonce- par la diminution de la sécrétion purulente et par une légère desquamation. — Pronostic favorable, même dans les ras d'impétigo larvalis d'un aspect hideux. Cependant il peut survenir une alopécie.
Tiî.vitkmkxt. — Dans l'impétigo aigu, boissons rafraîchissantes ou acidulés, lotions émollienfes, régime doux; quelquefois émissions sanguines, bains tièdes, un ou deux laxatifs. — L'impétigo chronique exige une thérapeutique moins simple, à en juger par le grand nombre de remèdes vantés.
Cependant il cède souvent aux bains et douches de vapeur. Nuisibles dans l'état aigu, les bains sulfureux sont efficaces ici, ainsi que les alcalins. Parlons aussi des lotions de même nature ou acidulées. Lorsque la maladie est très limitée, la cautérisation avec la solution de nitrate d'argent ou le protonitrate de mercure est très utile. Dans les cas très rebelles, on a employé les arsenicaux.
L'impétigo larvalis ne réclame que des lotions avec des liquides émollients ou le lait de la nourrice, des bains; à l'intérieur le sirop de pensée sauvage.
Dans l'impétigo granulata, il faut couper les cheveux, faire tomber les croûtes ; puis recourir à quelque pommade alcaline ou mieux ayant pour base le calomel.
Pommade.
Calomel, Axonge,
Autre.
Beurre frais, Oxyde de zinc, Opium en poudre, Impétigo ehonique.
2 à 5 gram .
0,15 cent.
Autre.
Proto-nit. de merc, 1,30 cent.
Axonge, 30 gram.
Pour cautériser les petites surfaces impétigineuses.
[Y. Eczéma.]
incontinf.ack D'uniNE. — Ecoulement involontaire de l'urine, soit continu , soit intermittent. L'incontinence est complète ou incomplète, idiopathique ou symptomatique.
Causes. — L'incontinence permanente se remarque principalement chez les vieillards ; l'intermittente, chez les enfants. Il sera question de cette dernière à la suite de cet article.
Dans la vieillesse, l'incontinence est plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Elle est presque toujours symptomatique soit d'une lésion du cerveau ou de la moelle épinière, soit des affections organiques de la vessie ou de tumeurs développées dans le bassin et s'opposant à la distension de la vessie, soit de la grossesse. L'urine peut encore s'échapper involontairement, mais d'une manière passagère, dans les violentes émotions, les convulsions, l'asphyxie, etc.
Symptômes. — Un écoulement d'urine par l'urètre ayant lieu d'une manière continue et sans douleur, sans distension préalable de la vessie, voilà ce qui caractérise la maladie dans
l'âge avancé. Le contact inévitable de ce liquide irritant produit sur le scrotum et les cuisses des rougeurs, des érythèmes et de véritables ulcérations qui compliquent gravement l'affection. Reste maintenant à déterminer la cause organique ou physiologique qui produit cette affection, dont la durée est soumise à cette même cause.
Diagnostic. — Il faut distinguer l'incontinence de la rétention suivie de l'issue de l'urine par regorgement; dans cette dernière, si l'on introduit la sonde dans la vessie, on donne issue à une quantité plus ou moins considérable d'urine, ce qui n'a pas lieu dans la première. Quant à l'incontinence intermittente, on ne peut se méprendre à son égard. (V. Incontinence nocturne.)
Traitement. — Combattre la cause, telle est l'indication fondamentale à remplir. On peut, on doit combattre le phénomène de l'incontinence en lui-même par les bains et les émollients, par les toniques et les révulsifs, par les diaphoniques et les frictions ou par les tétaniques et les vésicatoires, selon qu'on suppose l'existence d'un élément inflammatoire ou asthénique, rhumatismal ou paralytique, etc. Mais ces divers moyens sont exposés avec plus de détails à l'article suivant.
incontinence noctuiine d'uuine. — C'est l'incontinence qui se produit pendant le sommeil et qui se montre principalement chez les enfants.
Causes. — On a remarqué que les enfants faibles, lymphatiques y étaient plus disposés que les autres, les filles plus que les garçons. Mais en outre, c'est ou l'irritabilité de la vessie ou l'atonie du col qui en est la cause occasionnelle.
Symptômes. — L'émission involontaire de l'urine, voilà toute la maladie. Tantôt l'enfant, quoique dormant, a conscience de ce qui lui arrive : il rêve qu'il lâche de l'eau (irritation de la vessie) ; tantôt au contraire il n'éprouve pas la moindre sensation et, ne se souvient de rien (atonie); enfin il en est, croit-on, qui pissent au lit par paresse : delà la distinction de ces malades en rêveurs, dormeurs et paresseux. Ils sont en général faillies, pâles, sans énergie. Beaucoup
sont des masturbateurs. L'affection peut durer très longtemps, parfois jusqu'à la puberté : elle se passe ordinairement après la seconde dentition-
Traitement. — Les moyens sont moraux, internes et externes. Mais d'abord disons que si l'irritabilité de la vessie est grande, évidente, ce sont les bains, les fomentations émollientes et narcotiques qui réussiront le mieux. — Les moyens moraux, qui consistent à menacer les enfants, à leur faire honte, sont inefficaces, souvent ont des inconvénients graves. Cependant on doit fustiger les paresseux, les réveiller souvent pour les faire uriner. — Les moyens internes consistent dans les toniques (vin de quinquina, analeptiques), les ferrugineux, les toniques astringents comme le ratanbia, les cantharides, la noix vomique ou la strychnine, enfin la belladone, préconisée par MM. Mondière, Bretonneau et Trousseau. — Quant aux moyens externes, voici leur énumération : applications d'eau froide, bains de rivière ou de mer, bains froids par immersion, bains aromatiques, ventouses; vésicatoires à l'bypogastre; emploi de l'électricité, de la sonde.
Préparations ferrugineuses.
(V. Chlorose.)
Pilules (Mondière).
Ext. denoix vomique, 0,40 cent.
Oxyde noir de fer, 4gram.
F. 24 pilules. — 3 par jour.
Autres (Popta).
Cantharides en poud., 0,50 cent.
Camphre, 0,50 Savon de Venise, 4graui.
M. F. 40 pilules. — 1 à 2 trois fois par jour chez les adultes.
indigestion. — Suspension accidentelle de l'acte digestif chez des sujets d'ailleurs assez bien portants, et qui aupara vant digéraient convenablement; car on ne doit pas considéra comme des indigestions les troubles dyspcpsiqucs qui se ma nirestent si souvent chez les individus gastralgiques ou affec tés de lésions organiques de l'estomac L'indigestion, ains définie, est un acte anormal purement nerveux.
Diminuer les quantités pour les enfants.
Pilules de belladone (Trousseau).
Poudre de belladone, 0,10 cent.
Extrait de belladone, 0,05 F. 10 pilules. — 1 le soir, puis 2.
Uniment. Esprit de genièvre, 60 grain.
Huile de girofle, 2 Baume de muscade, 2 En frictions sur l'hypogastre.
Causes. — Elles sont nombreuses, pas toujoms très appréciables. Le grand âge, les travaux intellectuels prolongés, les excès vénériens, la convalescence de maladies longues, etc., prédisposent à l'indigestion, qui est déterminée principalement par les émotions vives, la vue d'un objet dégoûtant, un travail inaccoutumé, l'ingestion d'aliments lourds, compactes, de boissons glacées, le rbumatisme viscéral, etc.
Symptômes. — Du malaise, un état de langueur et d'abattement précédent les symptômes de l'indigestion, qui consistent dans de la pesanteur , de la plénitude à la région épigastrique, puis du dégoût, des nausées, des boquets et des rapports plus ou moins fétides. L'estomac est distendu, parfois douloureux ; le pouls est faible, plutôt lent qu'accéléré. Chez quelques sujets il survient des phénomènes de congestion cérébrale (indig. apoplectique). Ces symptômes se terminent ordinairement par des déjections alvines abondantes, précédées de borborygmes (indig. intestinale); souvent aussi ont lieu des vomissements de matières mal digérées, acres, acides, brûlantes. Après les évacuations le calme revient et la santé se rétablit promptement.
Diagnostic. — Plusieurs états morbides peuvent simuler l'indigestion. Ce sont : le choléra sporadique, l'étranglement interne, la colique hépatique, l'apoplexie et l'empoisonnement. Nous renvoyons à ces diverses maladies pour les différences qui les séparent de celle qui fait le sujet de cet article.
Pronostic— En général favorable. Cependant on a vu survenir la rupture de l'estomac; et l'indigestion apoplectique n'est pas sans avoir causé la mort quelquefois.
Traitement.— Pour le formuler, on peut reconnaître plusieurs degrés à l'indigestion :
lo Simple embarras à la région épigastrique avec rapports acides ou nidoreux : boissons aromatiques, élixir de longue vie, ou bien vomissement provoqué à l'aide des barbes d'une plume ou du doigt porté dans le pharynx. — 2° Malaise plus considérable, anxiété, efforts de vomissement impuissants : administration de 5 à LO cent, de tartre stibié ou de 1 à 2 gram. il ipéca. —3° Tension très prononcée de l'épigastre, douleur et anxiété extrêmes : il faut employer la pompe stomacale en
vue de désemplir l'estomac ou de prévenir sa rupture. — 4» Indigestion apoplectique : la saignée peut être ici nécessaire, sans préjudice des moyens précédents.
INFECTION PUBULENTE. V. Phlébite.
insectes. V. Piqûres venimeuses.
iritis.— Inflammation de l'iris. On la distingue en ai u et en chronique,
IRITIS AIGUË. — Inflammation de l'iris parcourant rapidement ses périodes.
Causes. — Violences extérieures, opération de la cataracte, suppressions et rétrocessions, inflammations de l'œil, surtout celles qui se développent sous l'influence d'un état diathésique, tel que la syphilis et le rhumatisme.
Symptômes. — L'iritis existe rarement à l'état simple et isolée. Nous la supposerons telle cependant dans cet article, renvoyant au mot Ophthalmie pour ses caractères particuliers, lorsque la maladie est complexe. — 1er degré. Léger resserrement et immobilité de la pupille, qui est un peu altérée dans sa forme et sa couleur ; aspect terne de la surface de l'iris ; vue légèrement obscurcie. Peu de douleur et de photophobie, — 2- degré. Augmentation des symptômes précédents, obscurcissement des humeurs de l'œil, petits flocons de lymphe plastique flottant au milieu d'elles {hypopion). La sclérotique offre en arrière du cercle ciliaire un anneau rouge formé par des vaisseaux très fins, parallèles, radiés. Altération de couleur de la grande et de la petite circonférence de l'iris, dont la surface antérieure est inégale, couverte de villosités ot de taches. Pupille déformée, immobile, obstruée par de la lymphe coagulable. Photophobie, larmoiement, douleurs profondes; fièvre plus ou moins forte, insomnie, etc. — 3e deyre. Les symptômes ci-dessus s'aggravent; il y a conjonctivite plus intense; l'iris est refoulé d'arrière en avant et présente une forme convexe du côté de la cornée. Formation de petits abcès près du bord de l'iris, sous l'aspect de petites élevures de couleur jaune, rougeâtre; souvent la chambre antérieure se remplit de pus {hypopion). La cornée se ternit, devient trouble;
PaTHOLOuIL 1XTJ i:N
le malade éprouve souvent dans l'œil comme des éclats de lumière ; il perd la vision. Douleur vive, atroce; réaction prop< >rtionnée.
Terminaison, pronostic. — L'iritis aiguë est susceptible de résolution dans le premier et même le deuxième degré; dans le troisième, la vue est très compromise, souvent perdue pour toujours. Le pronostic est donc grave.
Traitement. — Quelles que soient l'espèce, l'intensité et la période de l'iritis, dit M. Rognetta, son traitement peut se résumer en une phrase : emploi des remèdes antiphlogistiques et dilatateurs de la pupille. Donc émissions sanguines générales et locales répétées suivant l'exigence des cas ; frictions belladonées à la tempe, sur les paupières. Mais à ces moyens fondamentaux on joint le calomel à dose altérante, associé ou non à l'opium, jusqu'à salivation commençante ; les purgatifs, l'onguent mercuriel en friction, seul ou uni à l'extrait de belladone; enfin, les vésicatoires. Si les chambres sont remplies de pus, il convient de donner issue à celui-ci par une incision à la cornée, car l'absorption en est impossible.
Le traitement se modifie suivant la nature syphilitique ou rhumatismale de l'iritis : aux moyens généraux susdits on ajoute, dans le premier cas, le mercure ou l'iodure de potassium, suivant la date récente ou ancienne de la vérole; dans le second cas, la teinture de colchique, le soufre doré d'antimoine, les sudorifiques, etc.
Formulaire.
(Y. Ihitis chronique.)
1RITIS CÏTRONIQUE.— Symptômes. — Quand l'iritis revêt la forme chronique, elle débute ordinairement d'une manière obscure et arrive lentement, à la production de la lymphe, à lo diminution ou même la perte de la vue. Il y a presque absence tic douleur ou de rougeur , aucune altération physique de l'œil. L'inflammation est donc obscure, s'étend lentement de l'iris aux autres éléments anatomiques de l'œil. Cependant elle ne ! •: pns que de produire des altérations graves et en partie ailier Vatrésie, c'est-à-dire le froncement du bord pupillairo
454 NOUVEAU COMPENDIU.M.
et la formation d'une fausse membrane qui oblitère le champ de la pupille. L'atrésie est complète ou incomplète.
Les oculistes distinguent des iriiis spécifiques qui sont, comme nous l'avons déjà dit, de nature rhumatismale, goutteuse ou syphilitique. — L'iritis syphilitique offre seule des caractères spéciaux. L'iris présente des espèces de condylomes d'un jaune rougeâtre, près du bord pupillaire, quelquefois de petites élévations tomenteuses. Le petit cercle iridien et les condylomes ont une teinte cuivrée ; le cercle sclérotical est d'un rouge terne; les douleurs sont plus vives la nuit que le jour, etc.
Thaitement.— Sauf l'activité moindre avec laquelle on doit l'employer, le traitement est le même que pour la forme aiguë de l'iritis.
Pommade belladonée.
Extrait de belladone, 2gram.
Axonge, 15
Autre (Siebel).
Onguent mercuriel, 8 grain.
Employé en frictions en un jour.
Autre (id.).
Onguent mercuriel, 2gvam.
Extrait de belladone, égrani. Eau, q. s. pour dissoudre.
Gros comme une noisette, 5 ;\ (i fois le jour, enfrictions. Opbthalmies violentes avec pbotophobie.
Poudre de calomel.
Calomel, 0,40à 0,75 cent.
D. en 4 ou 8 paquets à prendre en 24 heures.
ivresse. — Nous n'avons pas besoin de définir cet état, qui dépend de l'ingestion d'une quantité de liqueurs alcooliques plus ou moins considérable. L'ivresse présente plusieurs degrés, dont les plus prononcés consistent dans un état comateux avec face turgescente, yeux saillants, respiration stertoreuse, résolution des membres, ou dans une sorte d'attaque apoplectique et une suspension de toutes les fonctions. L'odeur vineuse ou alcoolique qu'exhalent les malades vient éclairer le diagnostic. Dans les cas douteux, M. Lalaux propose d'administrer au malade un ou deux lavements composés chacun de deux cuillerées de chlorure de sodium fondu dans quatre verres d'eau : ce moyen détermine de suite des fèces d'une odeur d'aigre qui décèlent l'ivresse, et le malade recouvre en partie sa connaissance.
ThaitemEiN'T. — Nous venons d'indiquer le moyen proposé
par M. Lalaux. Si les accidents sont graves, il faut l'aire vomir. L'ammoniaque, à la dose de 7, 8 à 12 gouttes dans un verre d'eau sucrée ou d'eau de menthe, dissipe les symptômes généraux. On combattrait la congestion cérébrale, si elle avait lieu, par les sangsues aux apophyses mastoïdes et même par la saignée.
kÉloide. — Tumeur aplatie, saillante de quelques lignes, résistante au toucher, d'une forme irrégulière et variable, luisante et recouverte d'un épiderme un peu ridé, ce qui lui donne l'aspect d'une cicatrice de brûlure au troisième degré ; n'étant le siège ordinairement d'aucune douleur, se montrant unique, occupant le plus souvent la partie antérieure moyenne et médiane de la poitrine, et pouvant rester indéfiniment stationnaire.
Causes et traitement inconnus. On conseille pourtant les frictions iodurées et les douches de vapeur.
kératite. Cornéite. — ■ Inflammation de la cornée. Elle mérite une description spéciale suivant qu'elle se montre aiguë ou chronique. De plus, elle produit des effets qu'il faut étudier à part.
KÉRATITE AIGUË. — On la distingue en superficielle , moyenne et profonde , et en partielle ou générale.
Causes. — Toutes celles des conjonctivites , ou plutôt les conjonctivites elles-mêmes, surtout les purulentes, et toutes les ophthalmies.
Symptômes. — Il en est de communs à toutes les formes de la maladie, et de spéciaux à chacune d'elles. — 1° Sympt. communs. Au début, teinte verdâtre (vert d'eau) de la cornée : pour la voir , il faut placer le malade à l'ombre. Cette teinte passe au vert brunâtre lorsque l'inflammation persiste. La surface de la cornée est semée de très petites granulations , tantôt disséminées, tantôt agglomérées. Cette membrane revêt une teinte jaunâtre, qui s'étend de la circonférence au centre lorsque l'inflammation pénètre plus avant et poursuit sa marche. A un degré encore plus avancé, la teinte devient roussâtre , et marche au contraire du centre vers la
456 NOUVEAU COMPEND1UM.
circonférence; il y a pbotophobie et larmoiement très prononcés. Ces deux phénomènes appartiennent à l'iritis et à la rétinite, et, suivant M. Sichel, à la sclérotite. La kératite détermine des taches , des suffisions , des abcès , etc. , sur ou dans l'épaisseur de la cornée.
2° Kératite superficielle ou vasculaire. Le brillant de la cornée est terni comme une glace sur laquelle on vient de souffler. Son poli se perd , et sa surface se couvre de petites granulations qui ne sont bien visibles qu'à la loupe. La conjonctive voisine présente une vascularisation qui se prolonge sur la cornée, sous forme de petits filets de sang, déliés et mobiles , ou d'une plaque semi-lunaire ou triangulaire dont la pointe , dirigée vers le centre, se termine souvent par une petite pustule ou une plaque bleuâtre. Lorsque l'inflammation est intense, la membrane superficielle de la cornée se soulève quelquefois sous la forme d'une phlyetène , qui donne lieu à un petit abcès dont l'ouverture s'opère, soit en dehors, pour donner lieu à une ulcération cornéale , soit en dedans , pour déterminer une kératite plus profonde. Photophobie et larmoiement peu marqués.
3° Kératite moyenne ou interstitielle. La transparence de la cornée est ici profondément troublée : cette membrane revêt les teintes ci-dessus désignées. A une ligne environ de sa circonférence existe un cercle formé de vaisseaux fins, droits, rayonnés et fixes, cercle qui prend une couleur grisâtre lorsque la maladie persiste avec intensité [cercle arthritique). Il y a épanebement de lymphe plastique entre les lames et la cornée, et souvent abcès; photophobie et larmoiement des plus prononcés ; douleurs sourdes et profondes ; troubles de la vision.
4o Kératite profonde. C'est l'inflammation de la courbe cornéale interne. Elle est peu connue. Le tissu de la cornée est sain, mais il existe des nébulosités dans la chambre antérieure, etc.
Marche, terminaison , pronostic. — Dans la plupart des cas, après trois ou quatre jours, ces variétés de kératites se confondent, se combinent. Quelquefois même tous les éléments de la cornée sont pris d'emblée, et l'inflammation a
PÀTHC ILOGI E INTKRN E .
une marche très rapide, comme dans les ophthalmies purulentes. Alors la cornée, infiltrée de lymphe plastique dans l'espace de deux ou trois jours, de vingt-quatre heures même, a l'aspect d'une plaque de lard. La maladie étant simple, peu intense, la résolution peut être complète; souvent il reste une opacité plus ou moins tenace. Enfin il peut survenir l'ulcération et la perforation de la cornée. Le pronostic varie donc selon ces cas.
Traitement. — Il faut débuter par les antiphlogistiques , les saignées générales et locales , les purgatifs , les vésicatoires. Si , dans les conjonctivites, les topiques sont les principaux moyens de traitement , dans la kératite au contraire, ce sont plutôt les remèdes internes, et parmi eux le calomel à dose altérante ou purgative. — Cependant les collyres astringents, celui au nitrate d'argent, par exemple, est utile dans la kératite superficielle. — Dans la kér. interstitielle , après les émissions sanguines, ou mieux en mémo temps, le calomel à la dose de 4, 6 ou S décigr. par jour; les frictions mercurielles autour de l'orbite , avec mélange d'extrait de belladone en cas de complication d'iritis; enfin, les petits vcsicaloires autour de l'orbite appliqués un à un tous les trois jours : tels sont les moyens à mettre en usage. — Ce traitement doit être plus actif encore dans la kératite profonde.
<~>pium brut en p., 0,06
KERATITE CHRONIQUE. — Cette forme succède à l'aiguë ou est primitive.
Causes. — La constitution scrofuleusc prédispose singulièrement à la kératite chronique, qui est surtout fréquente dans l'enfance, et qui résulte quelquefois aussi du frottement des paupières affectées de conjonctivite granuleuse contre la cornée.
Symptômes. — Si l'inflammation commence par le centre
(v. Iritis.)
Poudre altérante (Desmarrcs).
ilornel, 0,30 cent.
Collyres.
(V. Conjonctivite.) Pommades belladonées.
F. 3 paquets égaux. — 1 le matin, à midi et le soir. En môme temps frictions avec onguent mercuviel et extrait de belladone. Cesser les mereuriaux dés les premiers prodromes de ptyalisme.
NOUVEAU COMPENDIU.M.
de la cornée, celle-ci devient pâle et s'obscurcit ; elle perd son poli et se couvre de granulations ; la vision est un peu troublée ; mais il n'y a ni douleur ni larmoiement. Mais si le mal augmente, la cornée prend une teinte opaline lactescente, des flocons de lymphe plastique s'interposent entre ses couches, et il y a alors des douleurs , une vascularisation légère de la circonférence , de la photophobie et du larmoiement. D'autres fois l'inflammation débute par la circonférence : on aperçoit Y anneau arthritique, duquel émanent des filets sanguins dont les uns, appartenant à la conjonctive, sont superficiels et irréguliers, et les autres profonds et parallèles. Vascularisations diverses de la cornée, trouble de la vue, dépôts de lymphe plastique disséminés çà et là. — Durée longue; pronostic sérieux.
Traitement. — Les indications sont assez différentes selon l'étendue, l'ancienneté de l'inflammation et ses effets. On commence d'abord par combattre l'inflammation, s'il y a lieu, comme dans la kératite aiguë. Puis , si la kératite est superficielle, on insuffle du calomel, du bismuth en poudre; on instille du laudanum, des collyres astringents. Si elle est vasculaire , il faut exciser , scarifier ou cautériser les vaisseaux de la conjonctive extra-cornéale ; ulcéreuse, se comporter comme il est dit plus bas.
Quand il s'agit d'un cas ancien , il faut exagérer momentanément l'état de la cornée afin d'activer ensuite le travail de résorption des dépôts plastiques, en instillant de la teinture d'iode mitigée. — Traiter les granulations de la paupière.
Collyres.
(V. Conjonctivite.) Autre (Tavignot).
Nitrate d'arpent, 1
Kératite très chronique, pour ohtenir l'excitation suffisante.
Pommade (kl.j.
Instiller une fois par jour.
Opérer le mélange chaque fois pour éviter la décomposition de la teinture.
Beurre lavé très frais, 2 grain.
Camphre, O.Oôccnt.
Précipité rouge por-
phyr., 0,10 à 0,20
Eau distillée, 20 grain.
Autre (Desmarres),
1 ou 2 fois par jour gros comme un grnin de blé. Kératite chronique sans photophobie.
KÉRATITE (effets de la). —L'inflammation de la cornée (V. plus haut Kératite) n'est suivie que trop souvent d'altérations qui, par leur gravité et leur marche, méritent une description à part. Tels sont les abcès, le.- ulcères, le ramollissement et les taches ou taies.
ABCES DE LA CORNÉE. — Symptômes. — Les uns siègent en un point du centre de la cornée où ils se circonscrivent plus ou moins, et se présentent sous l'aspect de petits grumeaux entoures d'une aréole opaiine, apportant un obstacle plus ou moins grand au passage des rayons visuels; d'autres, et c'est le plus grand nombre, se forment plus près de la sclérotique, affectant une forme semi-lunaire {onyx) et troublant beaucoup moins la vision. Les premiers se résolvent , ou bien ils s'ouvrent soit dans la chambre antérieure, ce qui donne lieu à un hypopion, soit plutôt au dehors après une durée de plusieurs semaines. Quant aux seconds, ils paraissent avoir plus de tendance vers la résolution.
Traitement. — On cherche à obtenir la résolution par les moyens dont il a été parlé plus haut. Quand les symptômes inflammatoires auront à peu près disparu, on favorisera la résorption du pus par l'emploi des pommades ophthalmiques. Lorsque les petits abcès n'ont aucune tendance à disparaître ni à se faire jour au dehors , il est indiqué de les ouvrir au moyen de la lancette; après, on se comporte comme dans le cas d'ulcère de la cornée.
Pummacks ophthalmiques.
(V. Blépuaeite.)
ULCÈRES DE LA CORNÉE. - Symptômes. - Ils se rapportent à six variétés. — l« variété. La petite ulcération succède à l'ouverture d'un abcès ou d'un dépôt de matière plastique établi entre les lames superficielles de la cornée ; souvent elle existe au sommet d'un paquet vasculaire de forme triangulaire, et siège plus près de la cornée que du centre. Le fond de l'ulcère est inégal, grisâtre; il se déterge, se cicatrise lentement. Il y a peu de doulcui et de larmoiement; mais les taches qui en résultent ensuite sont larges et
opaques. — 2e variété. L'ulcère débute par une tache nébuleuse qui se couvre bientôt d'une pellicule, laquelle fait place à une exulcération à fond blanchâtre. — 3e variété. Le point de départ est souvent la rupture d'une petite phlyctène. L'ulcération est tantôt superficielle, tantôt profonde ; sa surface ne différant pour ainsi dire pas du tissu propre de la cornée , il en résulte qu'elle est peu visible et que pour l'apercevoir il faut la regarder de côté. L'épiphora et la photophobie sont au plus haut degré. Les vaisseaux qui aboutissent à l'ulcère sont plus développés près de son bord. L'injection vasculaire diminue peu à peu et finit par disparaître ; mais l'ulcération persiste longtemps encore , alors même que les malades se croient guéris. — 4e variété. Ici c'est un abcès large et profond qui donne lieu à un ulcère inégal à fond grisâtre, lequel sécrète une matière demi-purulente. La cornée se perfore, et après cet accident on voit s'élever peu à peu du fond de l'excavation une sorte de bulle formée par la hernie de la membrane de l'humeur aqueuse. — 5e variété. Au début , simple excoriation des lames superficielles de la cornée, laquelle s'étend de la circonférence de cette membrane vers son centre, et, négligée, donne lieu à un véritable ulcère. — 6e variété. Cet ulcère, qui s'établit le plus souvent tout près du bord sclérotical, est beaucoup plus long que large, et de forme un peu circulaire {ulc. en coup d'ongle); son bord externe, formé par la conjonctive rouge et épaissie, est taillé à pic ; son bord interne est taillé en biseau. L'ulcération est vivace, s'étend en profondeur, produit l'épiphora et la photophobie au plus haut degré, et se couvre quelquefois de végétations.
Traitement. — Avant tout, c'est Yophthalmie, la kératite ou la conjonctivite qu'il faut combattre. La maladie principale calmée ou guérie, l'ulcère qui en est l'effet disparaît assez souvent de lui-même. Cependant, dans la plupart des cas il réclame un traitement particulier, qu'il faut modifier lui-même selon chaque variété. Ainsi, dans la l,c et la 2e variété, on emploiera les insufflations de poudre de calomel, de tuthie , les collyres au sulfate de zinc et au nitrate d'argent surtout ; on cautérisera ou on excisera les vaisseaux, etc. — Dans ta
3e variété, collyres astringents, et préférablement encore la cautérisation par la pierre infernale. — 4e variété : émollients, émissions sanguines; dans quelques cas, collyre au sulfate de zinc. — 5e et 6e variété : collyres astringents. Vésicatoires sur les paupières (Velpeau).
Formulaire.
(V. Kératite, Taies, Conjonctivite.)
RAMOLLISSEMENT DE LA CORNÉE. — La cornée, ramollie h la suite de la kératite, devient plane, s'affaisse sous la seulepression des paupières, ou bien elle s'avance en avant et s'allonge en cone. Dans ce dernier cas, c'est le staphylôme, lequel est opaque ou transparent selon que la cornée a été plus ou moins altérée dans sa diaphanéité.
Le staphylôme opaque est partiel ou général, unique ou multiple. Il se forme plus ou moins lentement, dure un temps très variable. Quand il est partiel, il se termine par une sorte d'induration, par dégénérescence fongueuse ou par rupture et évacuation des humeurs de l'œil. Dans tous les cas la vi sion est à peu près complètement perdue.
Traitement. — C'est celui de la kératite ou de l'ophthalmie qui produit l'altération en question.
Formulaire.
(V. Conjonctivite, Kktîatite.)
TACHES DE LA CORNÉE. V. Taies.
laryngite. — Inflammation du larynx. Nous la diviserons en: 1" aiguë simple; 2n chronique simple; 3° ulcéreuse, renvoyant aux mots Croup, Œdème de la glotte cl Aphonie les autres espèces de laryngite.
LARYNGITE AIGUË SIMPLE. Angine, cynanche. — Inflammation simple ou franchement inflammatoire de la membrane muqueuse laryngienne. M. Cruveilhier la divise en muqueuse et en sous-muqueuse. Cette dernière constitue l'œdème de la glotte. (Y. ce mot.)
Causes. — Variations atmosphériques, action du froid, sup-
pression de la sueur, respiration de vapeurs irritantes, grands efforts de la voix, ingestion de boissons trop chaudes, etc. Cette maladie accompagne souvent les fièvres éruptives et se montre épidémique et même contagieuse comme elles (Blache).
Symptômes. — L'inflammation du larynx se distingue en légère et en intense. Dans le premier cas elle ne se manifeste que par un peu d'altération du timbre de la voix, de la sensibilité vers le larynx et une impression désagréable causée par l'inspiration d'un air froid. Du reste ni fièvre ni aucun trouble vers les autres organes.
La laryngite intense débute par une douleur à la partie supérieure du larynx, la sensation d'un corps étranger dans cet organe, de la toux, la difficulté de la déglutition des liquides. Bientôt la voix devient rauque, puis elle s'éteint; la respiration est embarrassée, sifflante, très pénible, et des symptômes d'aspbyxie se manifestent. Enfin, après des efforts de toux, il y a expuition de crachats muqueux , blanchâtres, spumeux. En même temps le pouls s'accélère, la fièvre s'allume, et des phénomènes cérébraux, tels que délire ou coma, se manifestent quelquefois.
Marche, terminaison. — La laryngite aiguë parcourt rapidement ses périodes, car sa durée est de six à huit jours en moyenne. Elle se termine souvent par la mort, suite d'asphyxie, surtout chez les enfants ; plus fréquemment encore, heureusement, par résolution. La suppuration n'est pas très rare, et elle est l'indice d'un état cachectique général.
Diagnostic. — La pharyngite, le croup, la laryngite ulcéreuse, l'œdème de la glotte, les corps étrangers dans le larynx, telles sont les affections qui présentent une certaine analogie symptomatique avec la laryngite aiguë simple, mais qui cependant s'en distinguent chacune par des signes tranchés.
Traitement. — Etant particulièrement antiphlogistique, sa vigueur doit être proportionnée au degré de l'inflammation. Ainsi, dans la laryngite légère, boissons émollientcs, légers sédatifs, température douce, repos do l'organe vocal.
La laryngite intense réclame l'emploi de la saignée, des sangsues sur la région du larynx, des fumigations émollientcs
et narcotiques, de quelques opiacés à l'intérieur, des lavements purgatifs, des sinapismes, etc. S'il y a menace de suffocation, il faut recourir aux vomitifs, surtout chez les enfants (tartre stibié chez l'adulte, sirop d'ipéca, dans le jeune âge]. Le calomel est employé par les médecins anglais soit comme purgatif, soit comme altérant.
Enfin, on peut ajouter à ces moyens les frictions avec l'huile de croton tiglium autour du cou, ou bien le vésicatoire au devant de cette partie ou à la nuque. Comme remède extrême, se présente la trachéotomie.
M. le docteur Delioux a vu l'aphonie produite par la laryngite aiguë disparaître promptement après l'administration, par cuillerée d'heure en heure, d'une potion contenant 1 à A gram. d'éther.
LARYNGITE CHRONIQUE SIMPLE. — Inflammation laryngienne parcourant lentement ses périodes et n'affectant que la muqueuse. Il faut, en effet, ne pas confondre avec cette affection ces laryngites chroniques suivies d'altérations plus profondes, et qui font de continuels progrès.
Causes. — Le jeune âge est exempt de cette maladie, qui n'est d'ailleurs pas très commune à un degré prononcé, et qui parait dépendre des grands efforts de voix, des excès alcooliques, des fatigues corporelles, de l'inspiration de substances irritantes, du froid, etc.
Symptômes- — La laryngite chronique se montre légère ou intense. La première forme ne se caractérise guère que par la raucité ou l'extinction de la voix, avec gêne de la respiration, quelquefois toux, mais sans la moindre réaction générale* Quand la maladie est plus prononcée, l'enroûment, le râlement de la voix, sont plus intenses, ou bien c'est une aphonie complète avec douleur du larynx, toux provoquée par une sensation de gène, expectoration de crachats jaunâtres, gène de la respiration, toujours sans symptômes généraux bien sensibles, à moins qu'il n'existe une complication.
Durée, terminaison . — La première est illimitée ; la seconde a heu par le retour à la santé ou par le passage à l'état ulcéreux chez les individus prédisposés aux tubercules. Toutefois,
il s'élève des doutes sur la question de savoir si, dans ce dernier cas, la laryngite n'est pas primitivement ulcéreuse.
Diagnostic. — Il importe de ne pas confondre la laryngite simple chronique avec la laryngite ulcéreuse, la laryngite syphilitique, l'aphonie nerveuse. (V. ces mots.)
Traitement. — D'abord il faut éteindre toute trace d'inflammation aiguë par l'emploi des moyens qui ont été indiqués à l'article précédent. Quand la laryngite est tout-à-fait chronique, on l'attaque par les révulsifs, les narcotiques, les vapeurs, les caustiques, les astringents, etc. 1° fiévulsi/s : ce sont les vésicatoires, le séton, la pommade stibiée, l'huile de croton tiglium, la potasse caustique pour l'établissement de petits fonticules sur les cotés du larynx. — 2° Narcotiques : l'opium à l'intérieur, le datura slramonium en fumigations, la belladone, sont les plus usités. — 3° P'apeurs : on en a employé de sèches (fumée de goudron, de résine, de jusquiame, etc.), d'humides (fumigations émollientes, pures ou rendues balsamiques par l'addition de quelques gouttes de teinture de benjoin et de baume de Tolu). — 4° Caustiques : le plus employé a été la solution de nitrate d'argent plus ou moins concentrée et portée à l'aide d'un fragment d'épongé fixé à une baleine recourbée par la chaleur. — 5° Astringents : c'est en poudre principalement qu'on les emploie. Le malade se les insuffle par aspiration au moyen d'un tube de verre, ou bien on lui fait les insufflations à l'aide d'un instrument que M. Bretonneau a imaginé.
Solution caustique.
Nit. d'arg. cristallisé, 4 grain.
Eau distillée, 0 h 30
Insufflation pulvérulente.
Sulfate de zinc, 0,05 cent.
Sucre en poudre, 1,80
Acétate de plomb, 0,10 cent.
Sucre en poudre, 0,70
Autre.
Nit. d'argent, 0,0.5 0,05 0,0£
Sucre en pond., 3,6(1 1,80 1.2C
Autres.
Poudres decalonicl, d'alun, di nitrate de bismuth , pures oi mélangées avec du sucre.
LARYNGITE ULCÉREUSE. Phthisie laryngée. — Inflammation chronique du larynx avec ulcérations. Ces ulcéra tions peuvent être dépourvues de toute complication diathé
FATHOLOGIE INTERNE. 405
sique , mais on peut affirmer que neuf fois sur dix au moins elles sont sous la dépendance du vice tuberculeux, syphilitique ou cancéreux , ce qui fournit à la maladie ce caractère important , qu'elle donne lieu à la consomption et à la mort le plus souvent.
Causes. — Les prédispositions sont le froid, les efforts de la voix, l'aspiration de poussières irritantes, etc. Les hommes y sont plus sujets que les femmes, l'âge de vingt à cinquante ans plus que les autres périodes de la vie. Quant aux causes déterminantes, nous les trouvons les mêmes que pour la laryngite simple , plus la tuberculisation pulmonaire, l'infection syphilitique et le vice cancéreux.
Symptômes. — La laryngite ulcéreuse est aiguë ou chronique. La forme aiguë est assez rare. Elle débute presque toujours dans le cours d'une autre maladie par un mal de gorge, une gène de la respiration, un mouvement fébrile, si celui de l'affection primitive avait cessé. Bientôt la voix s'altère, s'éteint; la phonation est douloureuse , elle excite de la toux ; la respiration est gênée , parfois sifflante ou ronflante. Douleur laryngienne à la pression, pendant la déglutition. Fièvre plus ou moins marquée. La maladie donne lieu souvent à Y œdème de la glotte. (V. ce mot.)
Voici maintenant les symptômes de la laryngite ulcéreuse chronique. Début lent, insidieux , par un simple enroûment qui ne se dissipe pas, et s'accompagne tôt ou tard au contraire de douleur. Altération de la voix ; enroûment qu'augmentent les variations de l'atmosphère, l'approche de la menstruation, les plaisirs vénériens; plus tard aphonie complète. Toux fréquente, pénible, que provoque l'action de parler, d'avaler et même de respirer. La respiration est difficile; le passage de l'air sur les parties altérées du larynx fait entendre un bruit strident pendant les efforts de phonation. La déglutition est douloureuse, gênée; celle des boissons est quelquefois impossible, et les liquides sont rejetés par les fosses nasales. L'expectoration est laborieuse , composée de crachats variables, mais d'aspect tuberculeux en général. De toutes ces formes de crachats , dit M. Valleix , celles qui paraissent appartenir plus particulièrement à la laryngite ulcé-
reuse chronique sont les crachats purulents, concrets et pelotonnés. La présence d'un fragment de cartilage carié est un signe pathognomonique.
Nous ne dirons rien des signes fournis par l'auscultation du larynx; le cri sonore, le bruit de corde de basse, signalés par M. Barth et Stokes, sont rares et difficilement perceptibles. On a parlé aussi d'une sorte de crépitation à la palpation. L'inspection du fond de la gorge ne peut éclairer le diagnostic, si ce n'est en signalant la présence d'ulcérations syphilitiques sur le voile du palais ou la muqueuse pharyngienne.
Quant aux symptômes généraux , ils consistent dans une fièvre lente, le dépérissement , le marasme , indices presque certains de phthisie pulmonaire concomitante. Si la laryngite ulcéreuse est simple, la consomption est infiniment plus lente; si elle est de nature syphilitique , on remarque les signes de la cachexie de ce nom.
Durée , terminaison. — La laryngite ulcéreuse aiguë ne dure pas plus de quinze jours et se termine le plus souvent d'une manière funeste ; à l'état chronique, sa durée est indéterminée, son pronostic non moins grave. Cependant on peut espérer que le sujet guérira si sa maladie ne se complique pas de tuherculisation pulmonaire. Souvent l'œdème de la glotte en est le dernier terme.
Diagnostic. — Il appelle l'attention du praticien sur les caractères différentiels de la laryngite simple, de l'œdème de la glotte, du pseudo-croup et de la laryngite ulcéreuse. De plus, il s'agit de décider si celle-ci est simple , tuberculeuse, syphilitique ou cancéreuse , ce qui offre des difficultés très grandes. Enfin on a agité , sans la résoudre , la question de savoir si la phthisie pulmonaire peut être consécutive à la laryngite ulcéreuse.
Traitement. — L'état aigu sera combattu énergiquement par les émissions sanguines , les émollients, quelques narcotiques et les vésicatoires. — L'état chronique réclame à peu près les mêmes moyens que la laryngite chronique simple. II faut y ajouter seulement le traitement de la phthisie pulmo-
nairo, s'il y a lieu , ou bien celui de l'infection vénérienne et des accidents secondaires.
Les purgatifs, les pédiluves, les lavements excitants, etc., ne sont que de simples adjuvants.
Formulaire.
(V. Laryngite chronique simple, Phthisie pulmonaire,