CHAPITRE PREMIER
Etiologie.
L'étiologie a pour objet la connaissance des causes morbifiques. Ces causes sont infiniment nombreuses; elles se trouvent partout, dans tout ce qui nous environne, en nous-mêmes et dans le jeu de nos organes ; il en est aussi qui préexistent à la naissance : de là leur division en internes, externes et congéniales.
Les causes des maladies reçoivent encore beaucoup d'autres qualifications. Ainsi, on appelle prédisposantes celles qui modifient l'économie peu à peu, d'une manière presque insensible, mais réelle; occasionnelles celles qui provoquent le développement de la maladie; déterminantes celles qui produisent constamment une même affection. Enfin, on distingue encore des causes accessoires et principales, des causes physiologiques, chimiques, mécaniques, etc.
ARTICLE PREMIER
Des causes externes.
Les causes externes sont : les unes prédisposantes, les autres occasionnelles et déterminantes.
SECTION PREMIÈRE
Contes externes prédisposantes.
Ce genre de causes se rapporte particulièrement à l'influence exercée par l'atmosphère et ses variations, par l'état d'humidité et de sécheresse, de chaleur, de froid, d'électricité, de viciation de l'air, par le manque ou l'excès de rayons lumineux, etc.; en d'autres termes, par les circumfusa, les applinata, les percepla et les ingesla, dont 1 étude est du ressort de l'hygiène. Ces causes s'exercent tantôt sur
i NOUVEAU COMPENDIUM.
chaque individu isolément, selon les conditions d'habitudes, de profession, d'habitation, d'alimentation, etc., dans lesquelles il se trouve, tantôt sur un plus ou moins grand nombre à la fois, soumis à des influences atmosphériques ou hygiéniques communes dans une même contrée, dans les ateliers, les prisons, les camps.
SECTION il.
Causes externes occasionnelles.
Toutes les influences hygiéniques dont il vient d'être fait mention peuvent agir comme causes occasionnelles de maladie; mais on doit plus particulièrement considérer comme telles les causes spéciales, les spécifiques et les contagieuses.
§ I. Causes spéciales. — Ce sont celles qui produisent toujours le même effet primitif : telles sont la privation de l'air respirable pour l'asphyxie, l'action du calorique pour la brûlure, celle du froid pour la congélation, l'ingestion des alcooliques pour l'ivresse, de l'opium pour le narcotisme, etc. On les désigne plus communément sous le nom de déterminantes, mais elles ont quelque chose de plus constant, de plus marqué, de plus spécial, enfin, dans leur manière d'agir.
§ II. Causes spécifiques.— Comme les précédentes, elles produisent des effets qui sont toujours identiques; mais ce qui les distingue essentiellement, c'est qu'elles transmettent en même temps à l'économie un principe particulier sui generis qui développe chez les individus soumis à son action, par voie de contagion ou d'inoculation, la même série de phénomènes morbides.
§ III. Causes contagieuses. — On appelle ainsi les principes qui émanent des affections dites contagieuses et les virus. Ces causes agissent par contagion, c'est-à-dire qu'elles se transmettent par l'air, le contact, le frottement ou l'inoculation d'un individu à un on plusieurs autres, qui, eux-mêmes, deviennent des éléments de propagation de cette maladie dont les caractères restent toujours identiques.
Il y a trois sortes de maladies contagieuses : 1° celles dont le principe contagieux a pour véhicule l'air ou qui naissent dans un milieu rempli de miasmes infectieux, d'où la contagion par infection; 2° celles qui ne peuvent se transmettre qu'à l'aide du contact ou de l'inoculation du germe morbifère, appelé virus, d'où la contagion virulente; 3° enfin, celles qui se développent sous l'inilucncc d'une imagination frappée du tableau de certaines affections nerveuses, comme
l'hystérie, l'épilepsie, les spasmes, et qu'on appelle maladies par imitation.
A. Infection. — Ce mot signifie, en pathologie, l'action délétère sur l'économie de miasmes ou d'effluves provenant de végétaux en décomposition ou d'animaux malades ou morts. Absorbés par les surfaces cutanée et muqueuses, ces miasmes agissent primitivement sur le sang ; ils altèrent ce liquide d'une manière qui n'est point encore connue, donnent lieu aux maladies dites par empoisonnement miasmatique , lesquelles varient par leur nature, leur degré d'intensité, selon la qualité et la quotité des miasmes absorbés.
Les effets toxiques de ceux-ci offrent une analogie symptomatique assez marquée. Ils consistent généralement clans une défibrination plus ou moins sensible du sang, dans une fluidité de ce liquide, dans de la faiblesse, de l'atonie, de l'adynamie, une teinte jaune terreuse des tissus, etc. Les empoisonnements miasmatiques constituent la grande classe des fièvres continues et intermittentes, des pestes, des typhus (y compris le choléra), et de beaucoup d'autres affections dont les véritables causes sont mal étudiées et plus mal connues encore.
Les maladies contagieuses épidémiques sont singulièrement favorisées dans leur développement et leur propagation par l'infection qu'elles produisent dans leur foyer, et souvent ne doit-on qu'à cette infection leur caractère contagieux. C'est ce qui fait qu'il est si difficile de faire la part de la contagion et de l'infection, et qu'on est s1 peu d'accord sur la propriété contagieuse ou non de certaines maladies épidémiques.
Il est une autre espèce d'infection dont la source se trouve au dedans des organes eux-mêmes. Je veux parler de l'infection par résorption purulente , provenant de foyers de suppuration, de désorganisations cancéreuses ou tuberculeuses, fis phlébites, mêlant au sang et fournissant à l'absorption des principes délétères dont les effets varient suivant la nature et la quantité de ces principes, mais qui se traduisent presque constamment par des frissons irréguliers, un trouble profond de l'innervation, de l'adynamie avec ou sans vomissements, l'altération des traits, la petitesse du pouls, des sueurs froides et la mort.
B. Virus. — On désigne ainsi un principe particulier, insaisissable, inconnu dans sa nature, dont la propriété essentielle et caractéristique est de faire naître chez un individu sain, soumis à son action, une affection semblable à celle qui lui a donné naissance, affection
qui, h son tour, en détermine une pareille, et ainsi de suite sans dégénérer.
C'est dans des produits de sécrétion morbide que résident ordinairement les principes virulents ; mais si leur existence n'est point contestée aujourd'hui, on ignore toujours en quoi ils consistent et quelle est leur nature. On sait cependant que le virus de la gale n'est autre chose qu'un insecte.
Les virus sont susceptibles de perdre leur propriété contagieuse sous l'action de l'humidité, de la chaleur, de la lumière. Leur activité est généralement plus grande à une époque plus rapprochée de l'invasion de la maladie dont ils sont la cause ou l'effet. Cependant, si l'on veut les inoculer, il convient de les recueillir dans la période de complet développement de cette maladie et avant celle de diminution.
On nomme incubation le laps de temps que les principes contagieux mettent à développer dans l'économie les accidents qui résultent de leur absorption. Ils déterminent d'abord un effet local au point d'insertion ; puis ils donnent lieu à des symptômes généraux plus ou moins intenses. Dans quelques maladies, comme la rougeole, la scarlatine, la variole, etc., les effets généraux précèdent les locaux, mais ces affections dépendent non d'un virus proprement dit, inoculable à volonté, mais d'un principe morbifique insaisissable, doué de propriété contagieuse. Les accidents causés par les virus sont généralement absolus, sans rapport de cause à effet avec la quantité de matière, virulente absorbée; mais celle-ci n'a pas la même action sur toutes les organisations, dont quelques-unes, en petit nombre toutefois, lui sont réfractaires.
Il ne faut pas confondre le virus avec le venin. Celui-ci n'est point engendré par un être malade; il est propre à l'animal qui le porte, et il ne peut être transmis par celui qui a été soumis à son action à d'autres individus. Le venin est une cause morbifique déterminante, purement et simplement, tandis que le virus est un germe qui se transmet indéfiniment.
C. Imitation. Cette cause a été admise par les médecins du siècle
dernier. Elle s'exercerait dans certaines affections nerveuses , telles que la chorée, l'hystérie, l'épilepsie. On rapporte que, dans l'hôpital de Harlem, des accidents nerveux que l'on rattachait h la chorée se propagèrent avec une facilité si grande que Boerhaavc fut obligé de menacer les enfants de se servir du cautère actuel pour faire cesser Cettê espèce d'épidémie, De nos jours cependant on révoque en doute
ce genre de cause ; et lorsque l'on voit se manifester des attaques d'hystérie ou d'épilepsie daus les conditions qui peuvent faire croire à l'imitation, il paraît plus raisonnable et plus logique de les attribuer à une impression profonde, h une sorte de terreur à la vue de l'épileptique.
ARTICLE II
Bes causes iuterues.
Comme les précédentes, elles doivent être distinguées en prédisposantes et en occasionnelles ou déterminantes.
SECTION PREMIÈRE
Causes internes prédisposantes.
Nous les trouvons dans les différentes conditions individuelles d'âge, de sexe, de constitution, de tempérament et d'idiosyncrasie.
§ I. Age. — Certains tiges sont bien plus disposés que d'autres à certaines maladies , quoique beaucoup d'affections se développent à toutes les époques de la vie. L'enfance est sujette aux orages de la dentition, aux feux volages, gourmes, convulsions, adénites scrofuleuses, à la coqueluche, au croup, aux fièvres éruptives, au rachitisme, à la teigne, aux affections vermineuses. — "L'adolescence devient souvent, par la rapidité de l'accroissement, line source de maladies graves, telles que les inflammations viscérales, la pléthore, l'hémoptysie, la phthisie pulmonaire, l'épistaxis, etc. En outre, cette époque est traversée chez les jeunes filles par les accidents de la première menstruation. — La jeunesse est exposée aux mêmes troubles, de plus aux accidents de la syphilis, dont ne la préserve pas toujours une conduite réservée et sage, sinon sans reproche. — - L'âge rnHr possède en partage l'hypochondrie, le flux hémorrhoïdal, le cancer et la plupart des maladies organiques , à l'exception des scrofules. — Dans la vieillesse , c'est le ramollissement et l'hémorrhagie du cerveau , les affections de la vessie et de la prostate, la surdité, la cécité, la paralysie.
Suivant les anciens, il y avait dans la vie certaines années fixes, appelées climatéricjues, où les maladies étaient plus fréquentes et plus graves; elles se comptaient par sept, selon les uns, par neuf selon d'autres. La quatorzième et la vingtième année étaient considérées comme très défavorables, Ces théories ont peut-être quelque chose
NOUVEAU CO.UPENDIUM.
de vrai, mais on les a oubliées. Tout le monde convient cependant que l'époque de la puberté dans les deux sexes et celle de la cessation des règles ou temps critique, chez les femmes, sont très fécondes en maladies.
§ II. Sexes. — Les deux sexes sont à peu près également sujets aux mêmes maladies, si on excepte cependant les affections nerveuses, auxquelles les femmes sont plus exposées à cause de leur sensibilité morale plus développée et de leur vie sédentaire, et tout le cortège des désordres matériels et physiologiques de l'appareil génital et mammaire.
§ III. Tempéraments. — Le tempérament sanguin prédispose à la pléthore, aux phlegmasies aiguës, aux hémorrhagies, aux affections du cœur. — Le nerveux, à l'hystérie, à l'hypochondrie, aux convulsions, à la mélancolie, à la manie, au trouble des sensations et d.s facultés intellectuelles. — Dans le tempérament bilieux, il y a prédisposition au flux bilieux, aux exanthèmes, aux phlegmasies membraneuses, aux maladies organiques, au cancer. — Le lymphatique est assailli par les affections catarrhales, les écoulements chroniques, les scrofules, le scorbut, le rachitisme, etc.
§ IV. Constitution. — « Une constitution très forte, dit M. Chomel, semble être plutôt un préservatif pour toutes les maladies qu'une prédisposition à quelques-unes. Néanmoins, on a observé que les individus qui en sont doués sont plus sujets que les autres aux maladies aiguës et aux inflammations violentes en particulier. Ceux qui sont d'une constitution faible, au contraire, sont exposés à des maladies fréquentes et légères, à des indispositions habituelles, et la plupart d'entre eux succombent à des maladies chroniques. La disposition de chaque partie du corps n'est pas sans influence dans l'étiologie des maladies : c'est ainsi qu'une tête grosse et un cou court annoncent une prédisposition à l'apoplexie; qu'un thorax bombé à gauche indique un cœur volumineux et disposé à l'hypertrophie, etc. »
SECTION II
Causes internes occasionnelles et causes déterminantes.
Les suppressions d'évacuations habituelles, les rétrocessions d'exanthèmes, les répercussions dartreuses, l'omission d'une évacuation nécessaire, d'une saignée ou d'un purgatif, etc., telles sont les causes occasionnelles dont il est question. — Lc9 ruptures d'organes et les
perforations spontanées, l'état de grossesse, voilà des causes déterminantes, tout étant elles-mêmes le plus souvent des états morbides.
ARTICLE IH
Des causes congéniales.
On appelle congéniales les causes de maladies dont l'influence s'est exercée avant la naissance. Les unes préexistent à la fécondation et sont héréditaires; les autres ne se développent qu'avec la vie fœtale : elles peuvent être dépourvues du caractère d'hérédité.
SECTION PREMIÈRE
Causes congéniales héréditaires prédisposantes.
Nous entendons par là certaines prédispositions morbides que le père ou la mère, ou tous les deux ensemble, transmettent à Luienfant. Les maladies dont le principe peut être héréditaire sont assez nombreuses: tels sont les dartres, les tubercules , le cancer, les scrofules, la goutte, sans compter les prédispositions aux inflammations viscérales, aux hémorrhagies, etc., etc., que l'homme peut tenir des auteurs de ses jours. Il arrive quelquefois que les dispositions morbides se transmettent des aïeux aux petits-fils, en épargnant les père et mère de ceux-ci, ainsi que cela se voit pour la goutte, par exemple.
SECTION II
Causes congéniales héréditaires déterminantes.
Toujours transmises par le père et par la mère, ces causes consistent dans un véritable germe de maladie, ou même dans cette maladie elle-même, qui manifeste ses symptômes ou effets soit avant, soit après la naissance, comme cela se voit pour la syphilis.
SECTION m.
Causes congéniales héréditaires prédisposantes.
Elles ne sont autres que les prédispositions individuelles déjà étudiées.
SECTION IV
Causes congéniales non-héréditaires déterminantes.
Ce sont celles, fort peu connues, qui produisent les vices do eon •
formation, les monstruosités, etc. Elles se rapportent au fœtus ou à la mère, ou à tous les deux en même temps.
ARTICLE IV
manière d'agir des causes considérées eu général ; distinction des maladies, relativement aux causes qui les produisent.
Nous venons de voir combien est immense le nombre des causes des maladies, et combien leur nature est variable. Or, comme elles se combinent d'une infinité de manières, eu égard à leur nombre, à leur espèce, à l'intensité de leur action, etc., il s'ensuit nécessairement que leurs effets doivent varier à l'infini. C'est ce qui a lieu. Il ne faut donc pas s'étonner si les maladies présentent des physionomies si variées, non-seulement entre affections de nature différente, mais encore entre celles de même nature, affectant les mêmes or< ganes, et même entre celles qui atteignent les mêmes individus placés eu apparence dans les mêmes conditions. En effet, en supposant le cas le plus simple, c'est-à-dire qu'une cause déterminante vienne produire une affection en rapport avec la nature de son action, les mille et mille prédispositions internes et externes ne sont-elles pas là pour imprimer à la maladie, suivant leur combinaison, qui n'est jamais la même, un aspect ou une manière d'être qui ne se ressemble jamais non plus ? D'où il suit que le médecin aura beau voir, il ne verra jamais assez, pas plus qu'il ne viendrait à bout d'opérer toutes les combinaisons dont sont susceptibles les vingt-quatre lettres de l'alphabet ; d'où il suit encore que les succès et les insuccès en médecine sont un peu dus au hasard, et que l'art de guérir n'arrivera jamais à rien de positif, de mathématique, tant que les maladies ne seront pas soumises dans leur marche, leur manière d'être tout entière, à des lois fixes et déterminées, ce qui malheureusement ne pourra jamais arriver h cause du nombre des inconnues dont ce problème se complique.
Relativement aux causes qui les produisent, les maladies se distinguent en innées, acquises, sporadiques , endémiques, épidémiques , contagieuses; en essentielles, symptomatiques et sympathiques.
Les maladies innées ou congénitales sont celles que l'enfant apporte eu naissant; elles ne sont pas toutes héréditaires, de même quo les maladies héréditaires ne se montrent pas toutes au moment de la naissance. Toutefois, lu même affection peut être héréditaire et innée.
" Les maladies acquises sont celles qui ne commencent qu'après la naissance, et qui ne dépendent point d'une disposition héréditaire. Toutes les maladies peuvent appartenir à cette série, à l'exception des vices de conformation.
« On nomme sporadiques les maladies qui n'attaquent qu'un seul individu à la fois ou quelques individus isolément. Elles sont dues particulièrement à l'action des causes prédisposantes, car on ne donne point cette épithète aux affections produites par des causes spécifiques. On ne dit point d'une plaie, d'une fracture, de l'asphyxie, qu'elles sont sporadiques (1). Ce mot ne s'applique qu'aux maladies dont le développement paraît spontané.
« On appelle endémiques les affections produites par un concoure de causes qui agissent continuellement ou périodiquement dans certains lieux, de sorte que les maladies qui en résultent s'y montrent sans interruption, ou du moins y reparaissent à des époques fixes, en frappant, dans tous les cas, une plus ou moins grande proportion des habitants : telles sont le goitre et le crétinisme dans les gorges du Valais , les fièvres intermittentes dans la plupart des endroits marécageux.
» Les maladies épidémiques, qui, comme les précédentes, attaquent à la fois un grand nombre d'individus, ou deviennent beaucoup plus fréquentes qu'elles ne le sont communément, n'ont qu'une durée limitée et ne reparaissent point à des intervalles réguliers. » Leurs causes sont le plus souvent inconnues ; elles résident sans doute dans certaines qualités de l'atmosphère, engendrées là même où apparaissent ces maladies, ou transportées par la contagion ou les vents; mais ces qualités ne sont pas appréciables : d'où l'ancienne doctrine des causes occultes.
Parmi ces maladies, il eu est doue quelques-unes qui sont dues à la contagion ou à l'infection. Il est difficile de faire la part de l'une et de l'autre, car que plusieurs habitants d'une même maison tombent simultanément ou successivement malades, on peut attribuer ce résultat aussi bien à l'action infectieuse de l'air (contagion par infection ) qu'à la contagion proprement dite.
L'inoculation devrait être une circonstance propre à faire distinguer entre elles les maladies contagieuses et épidémiques. Mais si elle est
(i-i Pour M. Chôme], les causes de ces maladies sont spécifiques; il vaudrait mieux les appeler spéciales déterminantes, et réserver la première appellation pour les omises «AMentei exclusivement.
12 NOUVEAU COMPLNDli M.
quelquefois possible et évidente, comme pour la vaccine, la syphilis, le plus souvent elle ne peut être ni démontrée, ni récusée, parce que dune part les effets à elle attribués peuvent être dus à l'infection , et d'autre part la non-apparition de ceux-ci peut dépendre de ce que les conditions spéciales de la transmission du contagium ne se sont pas rencontrées, car chaque maladie contagieuse peut avoir un mode d'inoculation ou de propagation différent.
L'importation est de nature à jeter plus de lumière sur ces questions , quand une maladie qui était inconnue dans un pays vient à s'y développer tout-à-coup à l'occasion de l'arrivée de quelques étrangers, ou par l'effet de la propriété qu'elle possède de se transporter d'un lieu à un autre, bien que les circonstances qui favorisent ces pérégrinations soient encore fort peu connues.
Ajoutons que telle maladie qui naît sous l'influence de l'encombrement des malades, qui est infectieuse dans son origine, peut être contagieuse dans sa transmission ultérieure.
On appelle essentielles, primitives ou idiopathiques , les maladies qui résultent immédiatement des causes morbifiques; «ymplomattguM ou secondaires celles qui dépendent d'une autre affection dont elles ne sont, à proprement parler, qu'un symptôme. Leur distinction est d'une importance très grande; elle est capitale en quelque sorte dans le diagnostic, quelquefois dans les principes de la science eux-mêmes, car il est telles affections qui, considérées comme primitives par les uns, sont mises au rang des secondaires par les autres. Citons pour exemple la courbure des os, leur ramollissement, les ulcères des intestins dans la maladie typhoïde , certaines hydropisies , hémorrhagie3, etc.