‹ Nouveau cours d'histoire universelle v.3,pt.1, 1860Chapitre 23 sur 45 · LE MONDE BABBARE. — SLAVES · texte numérisé non relu

LE MONDE BABBARE. — SLAVES

Ibères, qui forment une race à part, mais dont l'histoire se confond avec celle des Celtes et des Pélasges. Les Ibères et les Pélasges avaient été tous englobés dans l'empire romain; presque tous les Celtes avaient subi le même sort, à rexception de ceux qui habitaient l'Irlande et le nord de TÉcosse; les Germains et les Slaves, souvent vaincus, n'avaient pu être soumis, et devaient à leur tour renverser leurs vainqueurs.

Les Slaves*

Les Slaves forment une partie des anciens peuples désignés sous le nom de Sarmates par les Grecs et les Romains. Leur langue, qui appartient à la famille indo-européenne, fait penser qu'ils sont d'origine japhétiquc; leurs institutions, leurs mœurs et leur religion prouvent une origine asiatique. Leur nom, qui ne se rencontre pas dans les historiens ay^nt le quatrième siècle de Tère chrétienne, dérive de slava, gloire, ou de sIqvo, parole ; eux-mêmes désignaient sous le nom de Niemzen ou usuels les peuples germaniques, parce qu'ils ne comprenaient p^s leur langue (1). Ils peuplèrent très-anciennement les vastes contrées qui s'étendent des monts Ourals à h Vistulc, et de la mer Noire, du Caucase et de la mer Caspienue à la mer Blanche et à la Baltique ; ils touchaient donc aux peuples germaniques sur los rives de la Vistule et sur les côtes de la mer Balitique. Ils se divisaient en trois grandes fonctions : les Wendes

OU Vénètes au nord, les Antes au centre, souvent confondus avec les Wendes par les historiens grecs, et les Slavines au sud. Les Wendes finirent par s'étendre de la mer Baltique jusqu'aux Alpes illyriennes et carniques;

(f) L'iîUt misérable auquel furent réduits plusieurs tribus slaves fit donner plus tard le nom ^'esclaves aux hommes rcduits en secvvtvkdâ*

204 HISTOlfiS DU MOYBN AGS.

ils comprenaient, outre les Wendes proprement dits, les Vindilesy qui restèrent dans la Prusse actuelle; les Vandales y que l'on range plus communément parmi les peuples germaniques ; les Obotrites, les LeckeSf les Tchèques, les Slovaques, etc.

Les différentes tribus slaves vivaient indépendantes les unes des autres; celles qui avoisinaient les Germains soutinrent des guerres fréquentes contre eux dès les temps les plus reculés, et elles s'avancèrent dans les contrées que ceux-ci abandonnaient pour pénétrer plus à Touest et au sud. Ainsi, dès le premier siècle de Père chrétienne, il y avait des Slaves fixés dans les contrées situées entre la Vistule et l'Oder, que les Marcomans et les Quades avaient quittées pour s'établir dans la Bohême et la Moravie. Les conquêtes de Trajan au deuxième siècle mirent les Slaves en contact avec les Romains.

Les institutions des Slaves avaient un caractère patria^ cal qu'elles ont en partie conservé jusqu'à nos jours. Chaque tribu était gouvernée par les Anciens {Staroêty)\ les prêtres avaient une grande influence dans les affaires. Une noblesse héréditaire se forma peu à peu des grands propriétaires {lecky)y et c'est dans son sein que Ton choisit les rois {knèzes)^ qui exerçaient le pouvoir conjointement avec elle. Ces rois n'étaient guère que des chefs de tribus ; en temps de guerre on choisissait un chef temporaire sous le nom de woivode, chef de guerre. La religion, qui ne reconnaissait d'abord qu'un seul dieu, dégénéra en un polythéisme qui divinisait la nature et constituait une véritable idolâtrie. Les Slaves reconnurent cependant toujours un dieu suprême, Boh, créateur du monde et source de la lumière ; les divinités inférieures, diasis, étaient diviséesenbonnesetmauvaises; les divinités grecques, romaines et germaines finirent par pénétrer chez eux, et Us curent une Gérés, Ztu;a,uu dieu de la çucrre,

LE HONDB BABBAfiE. — GEBMAINS. 205

Tkm\ Zwatovity etc. Peuple essentiellement agricole et sédentaire, de mœurs simples et douces, mais légers et inconstants, les Slaves se laissèrentsouvcnt dominer par leurs voisins ; ils ne faisaient pas des esclaves de leurs prisonniers de guerre, mais eux-mêmes n'étaient que trop souvent réduits en esclavage. On ne connaît pas leur écriture primitive ; ils adoptèrent plus tard, au neuvième siècle, Talphabet grec, qu'ils reçurent de saint Cyrille , l'apôtre des Moraves et d«s Slaves.

Les GermaiDs.

On pense que les Slaves descendent de Japhet par Riphat, troisième fils de Gomer, et les Germains, du même patriarche par Thogorma, autre fils de Gomer. Leur ïace s'étendit dans tous les pays compris entre le Rhin, le Danube, le Volga et la mer du Nord, mais plus particulièrement dans cette vaste contrée qui reçut d'eux le nom de Germanie^ et qui forme aujourd'hui ce que Ton appelle l'Allemagne.

La Germanie, du temps d'Auguste, était comprise entre le Rhin, à l'ouest, la mer Germanique et le golfe Godanus(mer Baltique), au nord, et le Danube, au sud; la limite orientale, assez incertaine à cause des guerres continuelles entre les Germains et les Slaves, paraît avoir été la Vistule, une partie des Karpathes et la Moravie. Presque tout le pays était couvert d'immenses forêts, dont la plus célèbre, située dans le nord, est la forêt Hercynienne [Harz-Wald^ forêt de pins), à laquelle César donne une longueur de soixante jours de marche et une largeur de neuf jours. Les principaux fleuves,* outre le Rhin, le Danube et la Vistule, étaient l'Amise (Ems), la Visurgîs ( Weser), l'Albis (Elbe), le Viadrus ou Suebus (Oder), et, parmi les affluents du Rhin, le Nicer (Secker), ieMœDus (Mein), et laLupp'ia ^lA^i^eV

sec ' aon

Du temps lie TacitH, au deuxième siècle^ les gramliB

con fédérations de-n Suèves, des C/iérusques et îles ilfarc^

j«flKï, contre lesquelles les Romainsavaionteuàluttcr,*'*'

talent dissoutes, et les Germains étaient pai'Iagés en trail

grandes divisions plutôt géographiques que politiques:

les' Islévons, les Ingévons et les Hermioiia. Les Islèvonii

établis entre le Rhin, le Mein, l'Yssel et le Weser, co%

prenaient les tribus des BriKlères, des Marses, des Dk

banles, des Chamaves, des Teactères, des Usipètet, an

Sicambres, etc. Les Ingévons, établis sur le littoral i

la mer du nord , de l'cmboucbure du Rhin £t la Baltiqui

divisaient en Frisons, Chaugues, Angrivariem et ffll

l&n. Les //er^niofiseomprenaientlous les autres peupl<ai|^

''\(Utes, Suèiies, Lygiens, Bastarnes, etc. Aus Suèves. S

Ltachaient les Hermundures, les àlarcomaTU, les Qi»

les tongobards (Lombards), les Angles, les h

les (Bourguignons], les Vandales et les GqI&s.

Cet état de choses changea encore pendant le coït

du deuxième siècle. Du milieu du troisième à la fio^

quatrième , la Germanie présente quatre grandes GOOfj

dérations et plusieurs peuplades isolées. Au nord |

trouvaitla confédération des Sa;con«(5ac/(î, courte éfi

.brassant une partie des Hermioiis, entre autres]

igles, et des Istévuns, entre autres les Frisons. Snr.

droite du Hhin inférieur était là confédération i

tes, qui comprenaient les Istévons et quelques 11

ions; leur nom venait de la framée ou francis<[i4

•,nhe, espèce de hache qu'ils lançaient contre leurs i

imis, ou du mot wrattg, loup, brigand, qui caract4i

es mœurs pillur<lcs et féroces de leurs bandi

Rhin supérieur était la confédération des i

mans, AlaniansouAllemands (a//-fliann, tousbamia

ou allmàniley communauté) formée d'hommes da tt

sortes à& tribus, omis surtout (ie t^

IpRîme

i -110>DE BAnBAIIE.

ime confédération, placée sur le Danube, élait celle des Goths (Gètos et Scythes), qui comprenait les Wisfgoths à l'ouest, les Ostrogolhs à l'est, les Otipîdes (les tralneurs) au nord, el les Héralrs, vaincus soumis aUK Goths, Les principales peuplades isolées étfiicnt Celles des Marcomans [Bohême actuelle], des Quades (partie de la Bohême et la Moravie actuelle) , des Longobards (longue-lance ou longue-barbe) et des Burgtmdes, qui s'étaient avancés vers ie sud-ouest. Il faut «jouter à tous ces noms celui des Alains, fraction des Qoths qui s'allia aux Burgondes vers la fin du quatrième siècle, et dont les débris se confondirent plus tard ftvcc les Vandales.

S ir, — MtxnTS. foiiluniM el rdig'ion des Germains.

Une grande taille , Une force extraordinaire , des tthe- ■veux blonds, des yeux bleus, la peau blanche, formaient les caractères physiques distinclifs de la race germani- 'que. Accoutumés dés l'enfance aux inlempérics de leur 'felimat, les Germains marchaient presque nus, n'ayant qu'un court manteau ou une peau de bête sur les épaules. Les hommes libres portaient la chevelure longue; ceux du nord la laissaient retomber en boucles sur leurs âpaules, les Suèves la relevaient et la reliaient en aî- |;relte au sommet de la tôte, quelques peuplades l'oignaient de beurre. La nourriture de ces peuples était fort simple : la viande des animaus sauvages ou de leurs troupeaux, les fruits sauvages, le lait suffisaient îi leur ïppétif ; ils buvaient de l'eau, de la bière, de l'hydtomel, Et du vin qu'ils recevaient des colonies romaines. S'ils se contentaient de peu dans leur manger, ils ne buvaient pas

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chez eux, comme chez tous les peuples barbares, ainsique la passion pour tous les jeux de hasard, l'amour des querelles, qui dégénéraient souvent en rixes sanglantes, et des haines qui se transmettaient de père en fils.

Mais ces défauts étaient compensés par des vertus que les Romains dégénérés ne connaissaient plus : la pureté des mœurs domestiques, le courage et l'hospitalité. Les Gernoiains n'épousaient qu'une seule femme; l'adultère était extrêmement rare parmi eux; c'était un crime de refuser sa maison à un hôte connu ou inconnu, et le courage était si commun , que les femmes ellesmêmes ne reculaient pas devant les fatigues de la guerre. L'amour de la liberté animait également les deux sexes; on vit plus d'une fois des femmes égorger leurs propres enfants et se tuer ensuite elles-mêmes pour échapper à l'esclavage.

Les Germains n'avaient pas de murailles pour défendre leurs villes. Les Suèves méridionaux paraissent n'avoir pas connu la propriété territoriale individuelle; on distribuait tous les ans les terres entre les familles, et une partie de la population les cultivait, pendant que l'autre partait pour des expéditions lointaines. Les Germains du nord étaient plus fixes sur le sol. Chaque père de famille se bâtissait une cabane , loin de toute autre habitation, dans un champ isolé, où l'attirait le voisinage d'un bois ou d'une fontaine. Un groupe de ces habitations éparses formait une bourgade , mark [vieu»)^ et une réunion de bourgades formait un district ou canton, gau {pagus). L'ensemble des cantons constituait le territoire de la peuplade. C'était principalement les femmes et les esclaves qui cultivaient les terres; les hommes se livraient à la chasse , quand la guerre ne les occupait pas. La guerre, la chasse, la culture de la terre et le soin des troupeaux formaient ainsi les sérieuses

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