LE MONDE BARBARE. — GRBHAINS
occupations des Germains; il n'y avait chez eux ni commerce, ni industrie.
Ëtat des personnes.
La population se divisait en quatre classes : les esclaves, les serfs, les hommes libres ou nobles et les chefs. Les esclaves se recrutaient de deux façons : par la guerre et par le jeu. Les prisonniers de guerre formaient la classe la plus nombreuse , mais il n'était pas rare que le Germain ruiné par le jeu de dés ne payât sa dette de sa liberté. L'esclave était l'entière propriété de son maître, qui pouvait même le tuer impunément, mais, en général, il était traité avec assez de douceur, employé au service de la maison , à la culture des terres, à la garde des troupeaux, et il accompagnait son maître à la, guerre. Les serfs, que Tacite compare aux affranchis des Romains , étaient des espèces de colons ou fermiers perpétuels attachés à la glèbe. Ils avaient un domicile propre, un foyer, une famille, mais ils payaient à leur maître une taxe annuelle en grains, viandes et vêtements. Il est probable qu'ils se formaient des anciennes populations vaincues , auxquelles on refusait les privilèges de citoyen , mais qu'on astreignait au service militaire. On les appelait lites^ laies, lides ou lazes, noms qui se retrouvent dans celui de leude , et que l'allemand moderne a conservés sous la forme leute, gens. Les hommes libres ou nobles ^ ethelings^ formaient la société môme de la tribu; on distinguait parmi eux les chefs de famille et les grands propriétaires, descendants des anciens chefs ou des prêtres, et qui avaient le droit de siéger dans les assemblées de la tribu, tandis que les nonpropriétaires n'avaient pas ce droit. Les chefs de famille et les grands propriétaires dont on vient de i^^ccVex ç.çycv%-
la qualité de la personne lésée. Le coupable qui ne piiyait pas l'amende était exclu de la société , et le lésé pouvait lui déclarer la guerre [faida), parce quil était alors considéré comme troublant la paix publique (fréâa],
Organisation militaire.
C'est dans l'organisation militaire des Germains que l'on trouve les causes immédiates de leurs invasions et de leurs conquêtes. Tout homme libre avait chez eux le droit de porter les armes ; les serfs étaient privés de ce droit. En cas de guerre , tous les hommes libres en état de porter les armes étaient soldats. On les convoquait tous dans les guerres nationales pour défendre la frontière : c'est ce qu'on appelait Vhériban ( heerbann, ban de guerre). Les femmes et les enfants suivaient l'armée sur des chariots. Les fantassins constituaient le fond de l'armée; les chefs et les principaux nobles combattaient à cheval. Peu de guerriers portaient le casque et la cuirasse ; ils n'étaient protégés que par un bouclier long et étroit, en osier ou en bois. Leurs armes offensives étaient la lance, la framée, espèce de pique courte et très-acérée, une massue de pierre, la hache d'arme à deux tranchants, l'épée, le poignard, la fronde, Tare et les flèches. Quelques peuplades avaient des armes particulières, comme la francisque des Francs, la longue lance des Lombards, le couteau ou glaive très-court des Saxons, etc. L'ordre de bataille le plus ordinaire était le coin. Avant le combat, les Germains entonnaient le chant de guerre appelé hardit, ou barrit, en tenant leurs boucliers devant leur bouche pour augmenter le bruit et effrayer l'ennemi.
A côté de rhériban, il y avait la bande, La bande était une espèce de communauté çu^mèY^ composée des
RIE UONDE BUlBALllî. — (iEUHAINS, ires non-propriétaires qui se mettaient au sewl I d'un riche propriétaire pour faire la guerre sous sq ^ duile. Le chef ainsi choisi devenait le Aer^ojr. Lei ' nbres de la bande s'appeliiient compaijttotis {comités;. '] ; c'étaient les leudes ou gens du chef, auquel ils junt lidélité. Les handes ainsi organisées élaientnaturel«- !nf ennemies du repos ; ellescherchaient continuelle- I t à piller et à faire la guerre au dehors ; les ; ide l'empire romain excitaient surtout leurcnpidité; ' mt les baiidci guerrières qui envahirent ['empira™ id l'invasion avait un hiit d'établissement et non At^ lie pillage, les femmes et les enfants des guerriepl ccompagnaient , et le pays conquis voyait a blir une nouvelle population qui dominait la popqj n vaincue et lui prenait une partie de ses terres.
lUtes les institutions sociales des Germains étaient^ données par la religion; la religion présidait i , aux assemblées générales, que les prêtres présia it, et dont ils exécutaient les sentences capitales;. f lerre, puisque c'étaient aussi les prêtres qui étaienl épositaires des enseignes militaires, et qu'ils aoil pagnaient l'armée avec le droit exclusif d'inQigei luoitions corporelles aux guerriers ; aux ordalies ogj nents de Dieu, qui remettaient à certaines é comme les combats singuliers, le soin de décidei nnocence ou de la culpabilité des accusés. Les prfa n'avaient cependant pas autant d'influence chez leg laJDs que les druides chez les Gaulois. Certaineal ■esses germaiuiis, à qui l'on attribuait le don de eoftr' ( e l'avenir, jouissaient d'une grande estime parmi » Une A'eiles est restée célèbie d»n& l'h
la qualité île la personne lésée. Le coupable qui o^
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Oresnisalion mlUliirc.
C'est dans l'organisation militaire des Germains qa{ l'on trouve les causes immédiates de leurs invasionsi de leurs conquêtes. Tout homme libre avait chez eux 1 droit de porter les armes; les serfs étaient privés île c droit. En cas de guerre, tous les hommes libres e de porter les armes étaient soldats. On les convenu* tous dans les guerres nationales pour défendre la fcol tière ; c'est ce qu'on appelait Vhériban [keerbann, de guerre). Les femmes et les enfants suivaient l'arma sur des chariots. Les fantassins constituaient le fond d l'armée; les chefs elles principaux nobles combatlain à cheval. Peu de guerriers portaient le casque et la o ' passe; ils n'étaient protégés que par un bouclier long 1 étroit, en osier ou en bois. Leurs armes ofTensivI étaient la lance, la Framée, espèce de pique courte! très-acirée , une massue de pierre , la hache d'armo deux tranchants, l'épée, le poignard, la fronde, l'art 4 les flèches. Quelques peuplades avaient des armes pi ticuliëres, comme la francisque des Francs, [a looj lance des Lombards, le couteau ou glaive très-courtd Saxons, etc. L'ordre de bataille le plus ordinaire éUtU coin. Avant le combat, les Germains cntnonHÎent le ch* de guerre appelé bardit , ou barrit, on tenant leurs 11 cliers devant leur bouche pour nugmenter le bruit et! frayer l'ennemi.
A côté de t'bériban, il y avait la bande. La bande * e^tèoe de conimunautè guerrièrç i
LE UONUE ilÂURAKË. — (lEItUAINS. '2[i
Jiommes libres non-propriétaives qui se mettaient au service d'un riche propriétaire pour faire !a guerre sous sa ponduile. Le chefaîusî choisi devenait lo Asr:;o?. Les piembres de la bande s'appelaient compaf/rtons [comités; p'af) ; c'étaient les /««des ou gens riiichef, auquel ils ju- ^ieot fidélité. Les bandes ainsi organisées étaientnaturelement ennemies du repos; ellescherchaient continuellement à piller et à faire la guerre au dehors; les possesions de l'empire romain excitaient surtout leurciipidité: sont les batides guerrières qui envahirent l'empire. )uand l'invasion avait un but d'établissement et non de ^mple pillage, les femmes et les enfants des guerriers es accompagnaient, et le pays conquis voyait aussitôt rétablir une nouvelle population qui dominait la popit- Btion vaincue et lui prenait une partie de ses terres.
Toutes les institutions sociales des Germains étaient sanctionnées par la religion; la religion présidait à tout, aux assemblées générales, que les prêtres présidaient, et dont ils exécutaient les sentences capitales; à lu guerre , puisque c'étaient aussi les prêtres qui étaient lïs dépositaires des enseignes militaires, et qu'ils ac-" compagnaient l'armée avec le droit exclusif d'infliger des punitions corporelles aux guerriers ; aux ordalies ou jugements de Dieu, qui remettaient à certaines épreuves, comme les combats singuliers, le soin de décider de l'innocence ou de la culpabilité des accusés. Les prêtres n'avaient cependant pas autant d'influence chez les Germains que les druides chez les Gaulois. Certaines prêtresses germaines, à qui l'on attribuait le don de connaître l'avenir, jouissaient d'une grande estime parmi Une, d'elles est restée célèbie dftn& Vtes>-
214 HtSTOTBE DU MOYEN AOB.
toire ; c'est Velléda^ de la nation des Bructêres, qui ftil, au temps de Vespasien, l'âme de la guerre de Givilis contre les Romains. Ces prophétesses, qui étaient vierges, s'appelaient Atrunes [ail, runen^ instruites en tout).
Les Germains n'avaient pas de temples proprement dits, mais seulement des enceintes sacrées; ils avaient peu d'idoles, immolaient rarement des victimes humaines à leurs dieux, et suivaient une espèce de religion naturelle liiélée de quelques pratiques superstitieuses et de graves erreurs dont la déification des forces de la nature était la principale. Ils reconnaissaient tin Dieustt- Tfrème{ Allvatefj pët*e de tout) qu'ils nommaient TeïïUé ou Tuisko, d'où ils prétendaient tirer leurnom de TiMrfsehes ou Teutons, qu'ils se donnaient à eux-mêmes. Ce Dieu suprême avait pour épouse laTetre [Hertha otl Erde) , dont le culte était surtout répandu sur les côtes de la Baltique. Le fils de la Terre, Mann^ personnification de la race humaine, était le père des Germains ( Wehr Mann, homtnes de guerre) par ses trois fils Ingévon, Istévon, Hermion, qui sont évidemment un souvenir altéré des trois fils de Noé, comme le Mann des Germains rappelle le Menou des Indiens, le Menés des Égyptiens, le if^on des Lydiens et le Minos des Grecs. D'autres tribus, surtout celles des bords de la Baltique, mettaient au-dessous deTeutsch Odin, Wodanou. Wodin, qui finit par être connu de tous les Germains comme le dieu de la guerre; mais il y avait un autre dieu qui présidait aussi aux combats et qu'on nommait Tiu ou Ziu. Thot, Thunor ou Donnar, dieu du Tonnerre, répondait au Jupiter des Romains; Freyr et Freyja, sa sœur, le soleil et la lune; Frla ou Fréa, la mère des dieux et l'épouse d'Odin; etc. Au-dessous des dieux venaient les Géants, supérieurs aux hommes , et les Nains, leurs inférieurs. 1^8 Géants étaient la^Tsonti\fvc^l\ow A^s %tftxvde6 forces
LE MONDE BABBARE. — GEBMAINS. 215
nature : on cite Fomiœfy l'antique géant, appelé Ymir, Vsrtoff (maLiière primitive) ou Chaos ^ et Is Hier, ou jEgi, géant de la mer, Kari, géant du Logif géant du feu ; les trois NomeSy déesses monsles supérieures aux hommes et aux dieux et repréit la fatalité comme les Parques, savoir : Urth ou h, arbitre du passé, Verthandij du présent, et ', de l'avenir. Les Nains représentaient les forces eures de la nature, celles qui agissent au sein de ?e. Il y avait un nain établi à chaque point cardil'étaient ISordhri^ Sudhri, Austri et Vestri, Il y avait quatre empires : celui des dieux, Asgard (du nom Ues^ autres divinités adorées par les Germains); des hommes, celui des géants et celui des nains; ux royaumes extérieurs, celui de la lumière et du et celui des frimas et de la glace. Les Germains ient à une autre vie, mais ils se faisaient un paraleur façon , le WalhaHuy où ils pouvaient se tailler èces tout le jour, et, guéris tout aussitôt, s'asseoir te au banquet nocturne (1).
[, — Histoire des Germains jusqul'aux grandes invasions.
Temps iDcertains.
( Germains se crovaient autochthones ou indigènes, leurs mœurs, leur langue , qui appartient comme
des Slaves à la famille indo-européenne et qui > quand on l'étudié sérieusement, une>-étonnante mblance avec le sanscrit, langue savante de l'Inde,
grec, tout démontre qu'ils viennent de l'Asie,
î. Tacite, de moribus Qerm.; MuUer, Bis t. du Moyen Age; poD, les Origines de la Société Moderne; Périgot, dans le gén, de Biog, et (Vhistoire*
216 aiSTOIBE DU MOYBN AGE.
comme les Pélasges, les Hellènes, les Celtes et les Slaves. On ignore à quelle époque ils vinrent se fixer en Germanie; quelques historiens conjecturent que ce dut être vers le temps où lesKymris pénétrèrent en Gaule, c'est-à-dire vers le septième ou le sixième siècle avant Père chrétienne. Ils arrivèrent par le bassin du Danube, et se divisèrent en trois bandes : Tune s'établit dans la partie occidentale et centrale de la Germanie , à Test du Rhin et au nord du Danube ; l'autre remonta le cours dd^l'EIbe et peupla les côtes de la mer du Nord, de Tembouchure du Rhin à la Baltique ; la troisième suivit le cours de roder, forma les peuples des bords de la Baltique et se répandit dans la Scandinavie (Suède, Norvège et Danemarck). L'émigration du Gaulois Sigovèse (vers 588 av. J.-C. ), qui emmena une partie des Volces Tectosages dans la région couverte par la forêt Hercynienne, est le plus ancien fait connu de l'histoire de la Germanie. Le navigateur Pythéas, qui vivait au quatrième siècle avant rère chrétienne, vit les Guttones ou Goths établis en Scandinavie , et il nomme les Teutons comme riverains de la mer Baltique. On trouve encore les Germains nommés parmi les alliés des Gaulois dont triompha le consul Marcellus en 222 av. J.-C.
Les Romains en Germanie (lia av. J.-C. à 70 après J.«C.).
Mais c'est à la grande invasion des Cimbres et des Teutons (113 av. J.-C.) que Thistoire des Germains commence à présenter des faits considérables et circonstanciés (1). Les Germains firent trembler Rome pendant plusieurs années, mais les victoires de Marius arrêtèrent cette redoutable invasion, qui fut différée de cinq
(0 Voy, Histoire romaiMy pa^es W4 et soivantefi. '
LE KONDE BARBABE. — GEBMAINS. 2lT
siècles. La conquête de la Gaule par César, commencée par la défaite du roi des Suèves Arioviste, refoula encore aadelà du Rhin quelques tribus qui s'étaient établies dans le nord de ce pays. César passa deux fois le Rhin, et battit les Usipètes et les Tenctères ; il permit ensuite aux Tongres de venir repeupler le pays situé entre le EUiin et l'Escaut, dont il avait fait lui-même un désert m exterminant les Éburons. Cependant César ne fit aucun établissement au delà du Rhin. En 36 av. J.-C.^ flgrippa transporta les Ubiens sur la rive gauche du Rhin ôt sur le cours supérieur de ce fleuve ; Cologne devint plus tard leur capitale. D'autres peuplades s'établirent 3ncore, avec l'agrément d'Auguste, entre le Rhin et les Vosges.
Peu après commencèrent une série de guerres qui ne furent pas toujours heureuses pour les Romains. Les Si« cambres, les Usipètes et les Tenctères, irrités de l'avidité de (juelques centurions romains envoyés dans leur pays par le gouverneur de la Gaule, les tuèrent, et battirent une armée romaine, à laquelle ils enlevèrent une aigle (16 av. I.-C.). Auguste chargea Drusus de venger cet affront. Drusus fit quatre campagnes. Dans la première (12 av. J.-C.), il embarqua ses troupes sur le Rhin, pénétra le premier des Romains dans l'Océan Germanique (mer du Hord), battit les Bructères et les Chauques, et construisit un fort à l'embouchure de l'Ems. Dans la seconde, il {^avança jusqu'au Weser, et ne s'arrêta que parce qu'il nanquait de vivres. Dans la troisième il soumit les Cattes ît les Sicambres, et, dans la quatrième (9 av. J.-C), il l'avança jusqu'à l'Elbe. Le fleuve fut franchi par Domiîus, son successeur, mais Tibère, envoyé après Domîius, fit de l'Elbe la limite des possessions romaines , et, )Our pacifier entièrement le pays, il transporta quarante mile Sicambres en deçà du Rhin. C'esl a\o\:^ V,^ îcç^^i.'s»
BiST, DV MOYEU AGE, V^
J.-C.) que JUarbad ou Maroboduus, roi des MarcomaBs, transporta son peuple des bords du Rhin et du Danube au cœur môme de la Germanie, dans le pays des Bolcus (Bohômo), où il devint voisin des Quades. D'abord allié des Uomains, que les victoires de Tibère sur lesBnictèrcs, les Chérusques, les Cbauques et les Longobards rendaient redoutables, Marbod songea bientôt à réunir toutes les tribus méridionales contre Rome, pendant que le Chérusque Hermann ou Arminius soulevait les peuplades du nord , que les Romains venaient de soumettre. Yarus fut vaincu et massacré avec ses trois légions (10 après J.-C.), et cette défaite rendit leur indépendance aux Germains du nord. Le désastre de Yarus fut vengé par (jermanicus, qui défit les tribus confédérées et vainquit Ainiinius lui-même à Idistavisus, sur les bords du Weser (16 après J.-G.).
Les Germains auraient pu encore résister, si la division ne s'était mise parmi eux. Marbod , d'abord allié d'Arminius, se brouilla avec lui. Les iionmins profitèrent de ces divisions; Marbod, vaincu et abandonné de ses sujets, se réfugia chez les Romains, à Ravennc , où il vécut d'une pension que lui fil Tibère; Arminius, devenu odieux à ses compatriotes^ dont il menaçait la liberté, périt assassiné (121). A partir de celte époque, les Romains conservèrent la supériorité ; les Ghérusques étaient affaiblis, les Chauques furent vaincus par Ccrbulon, et il n'y eut guère, pendant longtemps, d'entreprise sérieuse que celle du Ralave Givius, qui, encouragé par la prêtresse Yelléda, se révolta en 70, et battit les Uomains dans une première rencontre, pendant que Sabinus se mettait à la tète de quelques peuplades gauloises ; battu ensuite par Céréalis, Civilis se réfugia dans l'île des Bataves, et obtint ralliance romaine.
LE MOIfPB BABSARB. ^ (tBBIUINS. 219
Transformations intérieures (70-211).
Les choses restèrent dans le même état pendant près *na siècle et demi : Trajan conquit la Dacie en 106, les eutenants de Marc-Aurèle repoussèrent, en 167, les bauques, qui avaient envahi la Belgique, et Marc-Aui]ê lui*même fit la guerre aux Marcomans et aux Qua- ^. Mais, dans le même temps, d'importantes transfor* lations s'opérèrent dans la situation des tribus germaines* » plupart des tribus que les Romains avaient eu à com* ittre succombèrent sous les coups des tribus plus lerrières du centre , et formèrent des nations plus re^ mutables. Les principaux peuples nouveaux qui se coustuèrent ainsi sont les Alémans ou Allemands, qui se indirent maîtres des contrées situées sur les bords du eiu et du Danube ; les Francs, qui firent la conquête de lUte la rive droite du Rhin, jusqu'aux lies des Bataves, mt le nom disparaît presque entièrement à partir do site époque ; les Saxons, qui étendirent leur domination ir le nord de la Germanie depuis l'embouchure de Slbe jusqu'à la Frise ; les Longobards, qui conquirent le partie de la Germanie centrale; les Goths, qui s'étendent de la mer Baltique jusqu'aux Carpathes, au Danube , à la mer Noire, après avoir soumis à leur empire les ibus germaniques et slaves des rives de la Yistule ; enfin s Alains, fraction des Goths^ qui se fixèrent à l'est, ms les contrées situées au nord du Caucase.
Les Germains sur les terres de l*emplre (SI 1-376).
La guerre recommença à l'occident et à l'orient. Les llemands, les premiers, envahirent la Gaule et l'Italie Éll ), mais ils ne parvinrent pas à se fixer dans ce pays, lalgré leurs fréquentes incursions. Les Francs commen-
330 HIStOIBS DU MOYIN Âû%.
Gèrent leurs incursions sous Gordien III (241 ) ; ils envahirent la Belgique, où ils finirent par s'établir, en reconnaissant l'autorité des Romains et en leur payant un tribut annuel (341). Les Burgondes se fixèrent, vers 260, dans le midi de la Germanie, à Test des Allemands. Les Saxons, devenus maîtres de tout le littéral de la mer du Nord, se mirent à ravager les côtes de la Gaule septentrion nale et de la Grande-Bretagne, où ils laissèrent des colo^ nies (280). Presque tous les empereurs du troisième et du quatrième siècle eurent à combattre ces barbares et à ré« parer les ruines amenées par leurs incursions. Les Francs avaient une fois traversé toute la Gaule, et livré au pillage pendant douze ans, TEspagne et les côtes de l'Afrique. Les Barbares d'Orient se montraient cependant alors plus redoutables, surtout les Goths, dont les trois grandes fractions formaient un vaste empire. Ils avaient passé le Danube sous le règne de Caracalla (212) ; ils ravagèrent la Thrace et la Grèce, et battirent l'empereur Dèce à Nicopolis ( 251 ). Les côtes de la mer Noire, les îles de TÂrchipel, la mer Adriatique même étaient exposées à leurs ravages. Les victoires de Claude le Gothique ne les arrêtèrent qu'un instant. Aurélien, désespérant de les vaincre, leur abandonna la Dacie ( 272 ). La paix régna un demi-siècle entre les Romains et les Goths (272-322). Alors se formèrent deux royaumes Goths : celui des Visigoths, en Dacie, sous la dynastie des Baltes^ et celui des Ostrogoths, sous la dynastie des Amales, Alliés des Romains, les Goths assujettirent à leur domination les Vandales, les Gépides, les Burgondes, les Sarmates, les Bourguignons et les Quades. Les Visigoths recommencèrent la guerre en 322. Constantin les vainquit et les rendit tributaires. Valens eut encore à les combattre avec leur roi Athanaric; il leur envoya l'évoque Ulphilas, qui en convertit une grande çaïUe k Varlanisme (^369).
LE MONDB BIBBAIE. — GVBMÀINS. 321
Quelques années après arrivèrent les Huns, qui battirent les Alains et les entraînèrent après eux, et qui fondirent sur le&Ostrogoths, gouvernés par Ermanarich oa Hertnanric (376). Ermanarich avait cent dix ans, et n'avait rien perdu de sa force et de son courage, mais il fiit assassiné par deux Goths de son armée, d'autres disent qu'il se tua de désespoir. Son fils Vitimer périt dans une bataille. Les Yisigoths, en voyant le danger s'approcher, s'étaient divisés en deux parties : ceux qui étaient païens se réfugièrent avec Athanaric dans les Carpathes; les chrétiens, sous la conduite d'Alav et de Fritigem, demandèrent des terres à Valens, qui les établit dans la nrace (377).
On a vu précédemment (1) comment les Yisigoths se révoltèrent contre Valens, qui périt dans les flammes après la bataille d'Andrinople (378), et comment Théodose parvint à pacifier cette partie de l'empire. Ceux des Ostrogoths qui avaient fui les Huns reçurent des terres dans la Phrygie et dans la Lydie ; les Yisigoths s'engagèrent à cultiver celles de la Thrace et à défendre les rives du Danube ; quarante mille Barbares furent admis dans les troupes impériales (382), et lorsque Théodose mar- . cha contre Arbogaste et contre Eugène, Alàrig, chef des Yisigoths, l'accompagna dans son expédition, et contribua à la défaite des usurpateurs (394).
(1) Page 180.
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