‹ Nouveau cours d'histoire universelle v.3,pt.1, 1860Chapitre 25 sur 45 · LIS INVASIONS · texte numérisé non relu

LIS INVASIONS

(Gioqaiènie siècle).

Quatre divisions : Fin de l'empire d'Occident; les Royaumes barbares; l'Empire d'Orient; l'Église.

$ W. — Fin ée Vempire â>*Oeeident ( 306-476 ). Règne d^Honorios (395-424) ; Alarlc et ftadagalte.

La mort de Théodose le Grand, arrivée le 17 janvier 895, partagea définitivement l'empiro en deux : les deux races grecque et latine ne s'étaient jamais complètement fondues, l'empire d'Orient devint un empire grec de langue et d'habitudes, l'empire d'Occident n'eut plus que le temps de mourir. Argadius, l'alné des deux fils do Théodose, eut l'Orient, Honorius l'Occident; le premier n'avait que dix-neuf ans, le second n'était que dans sa onzième année. Petit, mal fait, laid, noir et imbécile, Arcadius avait les yeux endormis comme un serpent, et le parler lent et traînant; Honorius, avec plus de grâces extérieures, n'était ni moitis fainéant ni moins incapable. Leurs tuteurs régnèrent sous leur nom : le Gaulois Ru/in en Orient, et le Vandale Stiligon en Occident.

Le père de Stilicon avait commandé les auxiliaires Germains sous Valens; Stilicon lui-môme avait gagné la faveur de Théodose par les services qu'il lui rendit dans une ambassade dont il fut chargé auprès de Sapor III, et il était devenu le neveu de- l'empereur en épousant sa nièce Séréna. ISommè ^é^vét^il de l'infante-

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rie et tuteur du jeune Honorius, il lui fit épouser sa fille, et, prétendant que Théodose lui avait laissé la tutelle des deux empereurs, il ne supportait qu'avec impa*tience l'autorité dont Rufîn jouissait en Orient. Celui-ci n'était pas moins ambitieux, mais il employait la ruse où Stilicon employait la force. Il aspirait au titre de beau-père d'Honorius ; trompé dans ses espérances par l'eunuque Eutrope^ qui fit épouser à Honorius Eudexie^ fille du Franc Bauton, il déchaîna les Barbares contre l'empire, dans le dessein de profiter du désordre pour arriver lui-même au pouvoir suprôitie. A son instigation secrète, Alàrig, chef des Visigoths, ravagea la Tfarace et la Macédoine^ passa les Thermopyles, dévasta l'Attique, où il n'épargna qu'Athènes, et pénétra dans le Péloponnèse, pendant que les Huns, excités aussi par Ruftn, ravagaient les provinces orientales et pénétraient jusqu'à Antioche. Stilicon, qui était occupé à protéger la frontière du Rhin, accourut pour sauver Tempire d'Orient; il atteignit les Goths en Thessalie. Rufln, qui craignait plus son triomphe que les ravages des Barbares , fit donner Tordre par Arcadius à Tarmée d'Orient de ire- ▼enir à Gonstantinople : Stilicon dissimula, et renvoya les Orientaux sous la conduite du Goth Gainas, qu'il avait secrètement chargé de tuer Rufin, ce qui fut exécuté (27 novembre 395). Eutrope prit la place de Rufin. Pendant ce temps, les Visigoths continuaient leurs ravages. Stilicon se tourna enfin contre eux, et enferma Alaric sur le mont Pholoé, en Arcadie. Soit imprévoyance, soit connivence, il laissa échapper les Visigoths. Arcadius le déclara ennemi de l'empire; Stilicon, pour se venger, poussa Gaïnas à renverser Eutrope, qui fut décapité quelque temps aprt'îs. Gaïnas, devenu général des troupes de l'empire d'Orient, aspirait plus haut ; il voulait s'empa- Ttt de la personne d'Arcadius : le complol te\ia\ttL\ K\-

cadius le proscrivit; Gainas périt en combattant contre les Huns. Les Visigoths, quoique épargnés par Stilicon, avaient été contenus; Arcadius, pour se débarrasser d'eux complètement, conclut la paix; Alaric, proclamé roi par les Visigoths, fut nommé gouverneur dîllyrie, et chargé de faire la guerre à Stilicon, qu'Arcadius considérait comme un ennemi personnel. C'était lancer les Barbares sur l'empire d'Occident La première grande invasion commença (402).

Alaric franchit les Alpes, passa TAddaet le Pô, et poursuivit Honorius jusqu'au château d'Asti, mettant tout à feu et à sang sur son passage. Stilicon seul ne s'abandonna pas au milieu de la terreur universelle. Entraînant avec lui des Alains et d'autres Barbares, il défit les Visigoths à Pollentia et à Vérone , et contraignit Alaric de regagner presque seul llllyrie (403). Honorius célébra les victoires de son général par un pompeux triomphe, à la suite duquel il donna le dernier combat de gladiateurs à Rome. Constantin avait interdit ces combats, mais les mœurs avaient été plus fortes que les lois. En cette circonstance , un moine nommé Télémaque sortit tout exprès de sa solitude pour mettre fin à ces jeux repoussés parThumanité aussi bien que par la religion. Il se jeta dans le cirque au milieu des gladiateurs, et s'efforça de les séparer. Les spectateurs le massacrèrent, mais le sang du martyr porta ses fruits , et les combats de gladiateurs furent définitivement abolis. Quant à Honorius, il se hâta de transférer sa résidence de Milan, où il avait failli être surpris par Alaric, à Ravenne, derrière les marais de l'embouchure du Pô.

Une nouvelle invasion vint bientôt l'effrayer. A la tête de deux cent mille Barbares , Radagaise pénétra en Italie et s'avança jusqu'à Florence; c'était un second avertissemenï pour Rome, qui voyait l'ennemi s'avancer

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"près encore qu'Ataric. Sfilicon sauva l'empire à Fésules ; la Tiiîm , la soif et ta maladie diicimèrent les restes des Germains vaiacus ; Radagaise fut pris et eut la «te tranchée [«5).

Mftis les flots des Barbares, contenus d'un côté, se précipitaient de l'autre. Pendant que Stilicon battait les envahisseurs de l'Italie, les Alains, les Vandales, les Suèves et les Burgondes se jetaient sur la Gaule , qui fut ravagée du nord au midi, el dont plusieurs évéques furent mis k mort. Un autre fléau se joignit à celui-ci, La Grande-Bretagne se révolta, et donna la pourpre à un soldat nommé Constantin, qui défit les Barbares dans le nord de la Gaule, mais qui repoussa les troupes de Stilicon et conquit l'Espagne pour son compte. Tout était en confusion : des Barbares attaquaient l'empire , d'autres Iff défendaient. Ces derniers finirent par appeler en Espagne les Suèves , les Vandales et les Alains, répandus dans la Gaule méridionale, et l'Espagne fut perdue pour l'empire, à l'exception du pays compris entre la côte de la Tarraconaise el les sources de l'Èbre, du Tage et du Duero (i09). Les Suèves s'établirent dans l'ancienne Galice , les Alains dans la Lusitanic et les Vandales dans la Bétique, qui reçut d'eux plus tard le nom de Vandalousie ou Andalousie. La Grande-Bretagne se détachait en même temps de l'empire, et l'Armorique (Bretagne française] suivait cet exemple, du consentement même dHonorius, qui allait reconnaître également le royaume des Burgondes fondé sur les bords du Rhûne.

L'ambition de Stilicon devait encore augmenter le mal. Ce ministre tout-puissant convoitait toujours l'empire d'Orient. Profitant de la mort d'Arcadius, à qui TiiÉo- DOSB II venait de succéder ,'i l'âge de huit ans, il s'entendît avec Alaric pour enlever l'Illyriê à l'empire grec, par exciter les souçtions. i'Snwi-

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