LES INVASIONS. — ALARIC
OU ariens, à la discrétion desquels la ville était livrée. Le feu se joignit au pillage ; le fracas des maisons que dévorait l'incendie, les insultes, les cris , l'épouvante, les tortures répandaient de toutes parts une horrible confusion, et comme si le ciel se fût armé lui-même pour châtier cette superbe dominatrice des nations , un furieux orage sejdignit aux ravages des Goths; la foudre renversa plusieurs temples, et réduisit en poussière les idoles que les empereurs chrétiens avaient épargnées pour Tornement de la ville. Cependant la majesté de la religion chrétienne contint les Barbares. L'église de Saint-Pierre et celle de Saint-Paul furent désignées, par le vainqueur lui-même, comme des lieux de refuge. Tous les vases sacrés de Péglise de Saint-Pierre , apportés à Alaric, furent renvoyés aux prêtres, et l'on vit les soldats, frappés d'admiration pour les Vierges chrétienfies, les conduire eux-mêmes aux asiles marqués pour Jes soustraire à tous les outrages.
Alaric était le maître de l'Italie, mais sa mission de châtiment était remplie ; il mourut quelques niois après la sac de Rome , à Cosenza , dans la Galabre , au moment où il se disposait à soumettre la Sicile et à passer en Afrique. Les Visigoths lui creusèrent une tombe dans le lit d'une rivière dont ils détournèrent les eaux; on combla ensuite la fosse , on rendit à la rivière son cours naturel, et l'on égorgea les prisonniers qui avaient été chargés du travail (411). Ataulphe, beau-frère d'Alaric, fut élu roi à sa place. Ce nouveau chef, qui voulait d'abord achever la destruction de l'empire romain , s'allia bientôt avec Honorius , dont il épousa la sœur Placidie^ faite prisonnière au sac de Rome , et qu'il délivra de plusieurs compétiteurs qui avaient succédé à Constantin. Mais il se brouilla bientôt avec Pempcreur, fut vaincu par l'un des généraux d'Honorius, et se YeWt^ ^w'^^^è^-