SS HISTOIRE DU UOTEH &GB
gne, oii il fut assassiné par un de ses ofïiciers (415). H eût pour successeur Sigéric, qui se rendît si odieux en égorgeant les enfants d'Ataulphe et en maltraitant PI* cidie, qu'il fut assassiné au bout de sept jours, et le* Visigoths élevèrent sur le pavois (bouclier) Wauu, beau-frère d'Ataulphe. Celui-ci fit alliance avec Hooorius, à qui il renvoya sa sœur, et, se mettant au service de l'empire, il écrasa les Alalns d'Espagne, refoulais Vandales et les Suèves en Galice et au nord de U Laitanie, rétablit la domination romaine, et reçut en récon»pense le pays situé entre les Pyrénées, la Garonne etli mer. U fit de Toulouse la capitale de ce nouveau royann» des Visigoths, qu'on désigna aussi sous le nom de Sef limante, à cause des sept cités qu'il comprenait : Bo^ deaux, Poitiers, Saintes, Angouléme, Périgueux, Agfiit Toulouse (419). Tuéodoiuc I" succéda à Wallîa. Quaml Honorius mourut, quatre royaumes barbares étaient d^ fondés dans l'empire : celui des Suèves, gouverné Hermanrich, celui des Vandales, qui avaient pour ni Gondéric, frère deGEnsÉaic, celui des Visigoths, et celui des Burgondes, gouvernés par Gondicairc. Il ne tait que trois diocèses intacts , ceux d'Italie , de Home d If Afrique (424).
m àe Talcnlinlrn It»'4t&l ; AlllU et Ctnsfrlb
P Honorius était mort sans laisser de postérité: ThÉ(>* nse H ou le Jeune aurait pu réunirencore une fois lott oapire dans les mêmes mains, mus il fut effrayé di nids d'un tel fardeau, et céda l'empire d'Occident àVi^ riNiEN m, fils de Placidie, sa tante, qui avait épouîAk &s la mort d'Ataulphe , Constance , général d'Hoiia^ i, dont elle eut deux enfants : Valontinien, alors Ig» ft cinq ans, et Honoria, qui épousa plus tard le terriblt .. Pladdie ^uverna au nom de ma ûUi G«Ua|fi|
LES INYASIOIfS. -" ATTILA ET GBNSERIC. 229
cesse se montra zélée pour Torthodoxie, et elle éleva sou fils dans de grands sentiments de respect pour la religion, mais elle eût le tort de ne pas lui donner une éducation assez virile, et ce prince, endormi dans la mollesse et la débauche, ne prit aucune part aux événements de son règne. L'impératrice mère partagea d'abord sa confiance entre deux généraux habiles et braves, le patrice Ae- Tius, qui commandait en Gaule, et le comte Boniface, qui était gouverneur de l'Afrique. Aétius, qui voulait dominer seul, entreprit de perdre Boniface : il lui manda secrètement que Placidie avait juré sa perte, qu'elle était sur le point de le rappeler à la cour, et que, s'il quittait l'Afrique, sa mort était assurée. En môme temps il faisait entendre à Placidie que Boniface avait le dessein de se rendre indépendant en Afrique : « Pour démasquer sa trahison, lui dit-il, vous n'avez qu'à lui envoyer l'ordre de revenir à la cour; il n'obéira pas, et vous serez en droit de le traiter en rebelle. » Placidie crut trop facilement Aétius; Boniface, rappelé, refusa en effet d'obéir; on envoya contre lui des troupes qui le pressèrent vivement ; dans cette extrémité, fermant l'oreille aux sages avis de son illustre ami saint Augustin, évoque d'Hippone, il n'écouta que son désespoir, et appela à son secours les Vandales d'Espagne, dont Gense- Ric ou^aiseric venait d'être élu roi (429).
Quand Boniface et Placidie reconnurent la fourberie d' Aétius, il était trop tard. Les Vandales ariens, conduits par un roi élevé dans la religion catholique, et qui avait par ambition renié le Dieu de sa mère, avaient trouvé des partisans chez les Maures, ennemis du nom romain, et chez les donatistes schismatiques; ils s'emparèrent de toute l'Afrique , à l'exception de Cirta, d'Hippone et de Carthage. Boniface, vaincu, vint s'enfermer dans Hippone ^ dont les exhortations de saint Augustin encoura-
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gèrent les habitants à la résistance. Mais ce grand saint mourut pendant le siège (28 août 430); Hippone succomba quelque temps après ; toute l'Afrique fut couverte de ruines , de sang et de carnage , châtiment trop mérité par l'abominable corruption de cette contrée, qui avait produit d'abord tant de saints. Genséric organisa rapidement sa conquête. Yalentinien avait été obligé de reconnaître le nouveau royaume (435); la prise de Ca^ thage (439) donna à Genséric une forte position maritime, et dès l'année suivante, ses flottes étaient late^ reur de la Méditerranée.
Boniface était rentré en grâce auprès de Placidie, qui lui donna la dignité de patrice (1) et la charge dettiattre de la milice, enlevées à Aétius. Celui-ci prit les armes; Bonifacc le vainquit, mais, blessé par lui dans le coitibat, il no tarda pas h mourir de sa blessure (432). Aétius, d'abord exilé, fut rappelé presque aussitôt ; on avait besoin de son épée.
Attila.
Les Huns , qui étaient restés paisibles pendant vingt ans (370-396) après avoir vaincu les Visigoths* se répandirent ensuite en Asie Mineure et en Thracc, à l'instigation m(^me du ministre Rufin. Au commencement du règne de Yalentinien , ils avaient soutenu un usurpateur nomme Jean, qui fut vaincu au bout de quelques mois, et Aétius, pour s'en débarrasser, leur avait abandonné la possession de la Pannonie. Les Huns étendaient alors leur domination sur ces immenses contrées qui confinent d'un côté à la mer Baltique et au Pont-Euxin, et de
(1) Le patrice était supérieur à tous les grands officiers de la couronne , et avait ses entras libres chez l'empereur tous les jours et k toute heure.
LES IMYABIONS' — ATTILA BT 6ENSËB1C. 3S1
pe se prolongent au delà de la mer Caspienne , dans l'on appelle la grande Tartarie. Ce peuple était un t d'effroi universel. Menant la vie nomade , campant
des tentes, vivant presque toujours à cheval , les » méprisaient les aises de la vie ; d'une laideur hi- B, ils avaient les yeux petits et ronds, le nez écrasé j mblaient faits pour inspirer la terreur aux peuples linés de Tempire. Eh 433, deux frères, Attila et a, régnaient sur eux. Attila, après avoir soumis, de ert avec son frère , les Tartares d'Asie, les Slaves, irmanie orientale et formé un immense empire, se rrassa de Bléda (444), et se prépara à remplir sa ion de fléau de Dieu, comme il s'appelait lui-même
le sentiment qu'il avait des terribles exécutions Dieu le chargeait (1). Son extérieur seul inspirait oi : il avait une tête difforme par sa grosseur, des
petits et étincelants, le nez écrasé , le teint basané le démarche fîère et menaçante.
siège de sa puissance était en Pannonie, non loin ablement de la ville actuelle de Bude. Il tourna )rd ses armes contre Tempire d'Orient, et fit éproule sanglantes défaites aux généraux de Théodose rane , qui songea à se débarrasser de lui par une son. Attila en fut instruit et Théodose dut se soupe à un honteux tribut pour apaiser le roi barbare, imbassadeurs envoyés par Théodose à Attila le reirent au lieu de sa résidence, en même temps que res ambassadeurs envoyés par l'empereur d*Occi-
Le palais d'Attila était un grand bâtiment en bois, lutôt une simple enceinte dans laquelle étaient ren-
Le sentiment comman est qu'Attila fit périr son frère, mais le tratt douteax à quelques historiens, qui se fondent sur le silence riYtiBS grecs à cet égard.
382 HISTOIBE DU MOYBlf AGB.
fermées plusieurs tentes superbes. Le roi s'y était renda p pour recevoir les ambassadeurs, et il y avait été accoeilli m par une troupe do jeunes filles qui chantaient dans leur langue des vers à sa louange. Les ambassadeurs , après l'audience, furent invités à un grand festin. On leur présenta d'abord à boire à la santé du prince ; puis on les fit asseoir sur des sièges disposés autour de la tente. Attila était au milieu avec ses enfants et les principam chefs autour de lui, à différentes tables qui n'avaient chacune que trois ou quatre convives. On servit différents mets dans des plats d'or et d'argent. Attila seul, | revêtu d'habits fort simples, ne mangea et ne but que dans des vases de bois. Après le repas, des Scythes chanr tèrent des vers dans lesquels on célébrait ses victoires^ et un autre Scythe joua une espèce de comédie. Attila resta sérieux et immobile. Mais le plus jeune de ses fib étant entré et étant venu se placer auprès de lui, ses yeux prirent une expression plus douce et plus souriante, et il déposa un baiser sur la joue de l'enfant. Ainsi ces Barbares avaient une espèce de civilisation, ils connaissaient les magnificences du luxe ; ce qui leur manquait, c'étaient les sentiments d'humanité qu'inspire le christianisme (450). Théodosc mourut quelques mois après avoir obtenu la paix d'Attila. II eut pour successeur Margien, que l'impératrice sainte Pulchérie, sœur de Théodosc le Jeune, épousa à cause de son mérite et de ses vertus. Le nouvel empereur répondit fièrement à Attila, qui lui demandait le paiement du tribut annuel : (( J'ai de l'or pour mes amis et du fer pour mes ennemis, o Attila jura de châtier cette audace, mais il ne se trouvait pas prêt, et, d'ailleurs, des motifs puissants l'attiraient en Occident. Genséric, roi des Vandales, était en guerre avec Théodoric , roi des Visigoths; un des fils de Clodion, roi des Francs, dépouillé de la royauté par soi)
ELES INViStONS. — ATTILi ET GEKSÉBIC. 233
;ûVÊE, était venu implorer la protection d'Attila, elHonoria, sœur de Valcntinien III, qui s'était flancée eile-iuilme au roi des Huns par ambition, l'appelait pour être délivrée de l'espèce de captivité dans laquelle on la rutenait. Attila s'élança sur la Gaule, à la tète de cinq ceut mille combattants, Huns, Gépîdes, Hérulcs, Ostrogotbs, Burgondes, Francs, Suèves, Quades, etc. Strasbourg, Tongres, Mayence, Trêves, Melz, Reiras, Arras furent saccagés ; Paris dut son salut aux prières de sainte Geneviive. Orléans résista vigoureusement, encouragé par son évéque saint Âignan; cette résistance donna le tranps à Âétius d'arriver avec Théodoric et Mérovée , au moment où les Huns commençaient à entrer dans la ville. Repoussé d'Orléans avec perte, Attila songea à se retirer vers le Rhin, Troyes était sur son chemin; ii en fit le siège. Là se trouvait un autre évéque, saint Loup, qui, pour sauver son peuple, se rendit avec son clergé audevant du farouche guerrier : o Qm es-tu7 demanda-t-il d'une voix calme à Attila. — Je suis le fléau de Dieu, répondit le rfli des Huns.'— Respectons donc ce qui nous vient de Dieu, répondit l'évèque; mais si tu es le Beau dont il veut nous châtier, songes que tune dois faire que ce qui t'est permis par la main qui te gouverne, n Troyes fut sauvée. Quelques Jours après, Aétius atteignit les Huns dans les champs Catalauniques , vastes plaines qui s'étendent entre la Seine et la Marne. L'Occident n'avait pas encore vu deux armées si nombreuses en présence. Les campagnes, hérissées de fer plus loin que la vue ne pouvait s'étendre , présentaient un spectacle terrible , qui devint affreux par la fureur des combattants. Les Visigoths perdirent leur roi Théodoric , mais ils eurent la principale part à la victoire; Thorismond, fils et successeur de Théodoric, fut blessé à la tête et renversé ; Mérovée se distinnaa à la tête des Francs^ et
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Gondicaire périt h la tête des Burgondes. Attila, vaincu, céda aux Romains et à leurs alliés le champ de bataille jonché de cent quatre-vingt mille cadavres, et il se hâta de repasser le Rhin (431).
L'année suivante le vit reparaître , mais cette fois en Italie. Le printemps decette année futextraordinairement doux, et permit aux armées de se mettre de bonne heure en campagne. Attila et ses bandes, déjà fatiguées du repos de rhivor, avides de vengeance et de pillage, et renforcées des innombrables tribus que le nord versait continuellement sur le midi, reprirent aussitôt leurs courses, franchirent les Alpes Juliennes, et vinrent mettre le siège devant Aquilée. La place était forte et bien défendue, et Attila désespérait déjà de s'en rendre maître, lorsqu'il aperçut des cigognes s'envoler du haut d'une des tours qui protégeaient les remparts, et porter au loin leurs petits qu'elles avaient enlevés de leur nid. Il vit ou feignit de voir dans ce fait un présage de la chute d'Aquilée; il fil donner un nouvel assaut, la ville fut prise et convertie on un monceau de ruines. Les habitants de la Vénétie, épouvantés du sort d'Aquilée, se réfugièrent dans les îles îi moitié inondées qui embarrassent les bouches de TAdige , du Pô , de la Rrenta et du Taglîamento, et c'est ainsi que furent fondées Grado, Torcello, Chioggia et surtout Venise, qui devait s'élever plus tard à un si haut degré de puissance et de prospérité. Milan, Pavie, Vérone, toutes les villes de la Haute-Italie tombèrent au pouvoir des Huns. L'empereur Valentinien, épouvanté, se réfugia à Rome, auprès du pape saint Léon le Grand ; les évoques et les papes se trouvaient les seuls défenseurs des peuples dans ces malheureuses circonstances. Attila avait établi son camp sur les rives du Pô; de là, il se disposait à envahir l'Italie centrale et à s'emparer de Rome. L'empereur, \e sèival ^W^ \^^\v^\^, dése»-
LES INVABIOnS. — ÂTTILik ET GBISSÉBIG. 235
pérés , se tournèrent vers le pape , et Léon accepta la dangereuse mission de se présenter devant le fléau de Dieu. Le 11 juin 452, le pape, accompagné de plusieurs illustres et saints personnages, se mit en route pour aller trouver Attila. Il le rencontra sur le bord du Mincie, non loin de l'endroit où cette rivière se jette dans le Pô, à l'endroit même où on trouve actuellement la petite ville de Peschiera. Avant de pénétrer auprès du roi barbare, il revêtit ses ornements pontificaux, et, suivi de ses prêtres et de ses diacres, il aborda Attila. On ne sait pas au juste ce qui se passa dans cette mémorable entrevue, mais ce qui est certain, c'est qu'Attila changea tout à coup de résolution ; il se contenta d'exiger un tribut annuel, et quitta l'Italie. La tradition rapporte que lorsque saint Léon eut quitté Attila, les Barbares demandèrent à leur chef pourquoi il avait montré tant de respect au pape, au point de lui obéir en tout ce qu'il lui avait commandé. Attila répondit : « Ce n'est point la personne de celui qui est venu me trouver qui m'a inspiré une crainte si respectueuse , mais j'ai vu auprès de ce pontife un autre personnage d'une figure beaucoup plus auguste, vénérable par ses cheveux blancs, qui se tenait debout, en habits sacerdotaux, une épée nue à la main, me menaçant, avec un air et un geste terrible, si Je n'exécutais pas fidèlement tout ce qui m'était demandé par l'envoyé. » Ce personnage était l'apôtre saint Pierre (452). Attila mourut l'année suivante , d'un excès de débauche, au milieu du festin qu'il célébrait pour un nouveau mariage. Sa mort délivra l'Italie d'une grande crainte; elle fut le signe de la chute de son immense empire. Les Barbares qu'il avait soumis se révoltèrent contre ses fils. Les Gépides s'emparèrent des lieux qu'occupaient les Huns, et dominèrent dans la Dacie ; un des fllsd'AUJJa mnensL quelques bandes etv kÀ^^dL^wXx^^
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fluns s'établirent dans le pays qui fut plus tard la Hoi^ grie.
Gensérlc.
Les Romains ne s'étaient pas longtemps montrés reconnaissants de leur miraculeuse délivrance, et Valentinien, qui n'avait plus sa mère Placidie pour le retenir, se plongeait de plus en plus dans la débauche. D outragea la femme d'un de ses principaux ofiBci^ffS^ nommé Maxime. Celui-ci, pour se venger, persuada à l'empereur qu'Aétius aspirait à l'empire. Là-dessus, le vainqueur d'Attila fut mandé au palais; il y entra seul et sans défiance; Valentinien, sans lui demander aucune explication, tira son épée et le tua (454). Mais, quelques mois après, deux Barbares, attachés à Aétius, et poussés par Maxime, assassinèrent Valentinien au milieu même de Rome (455). Maxime fut proclamé empereur. Il força l'impératrice Eudoxie, veuve de Valentinien, à l'épouser. Celle-ci se vengea en appelant Genséric , qui se hâta de répondre à son appel. Le 12 juin 455, il débarqua dans le port d'Ostie. Les Romains ne songèrent pas même à se défendre : l'empereur, le sénat, les fonctionnaires publics cherchèrent leur salut dans la fuite. Le peuple, furieux d'un tel abandon, massacra Maxime avec son enfant, au moment où il s'échappait de la ville ; mais tout son courage s'épuisa dans cet acte de vengeance. Trois jours après, Genséric était aux portes de Rome, et il s'étonnait lui-même de ne voir aucun préparatif de d^ fense. Le pape seul s'occupa de sauver encore une fois ce peuple ingrat et lâche. Revêtu des ornements pontîr ficaux, suivi de son clergé et des notables de la ville, il se rendit à la rencontre de Genséric. Dieu ne permit pas que son serviteur obtînt le salut complet de la ville; ^méritait d'être dx&Uèe^ V\tv\i&Te.^%%\ûwdA«aint Léon
usa INYASIOnS. — ODOAGAS. 287
servit seulement à sauver la vie des habitants et à préserver la ville de l'incendie ; mais Genséric réserva à ses soldats le pouvoir de piller toutes les richesses publiques et particulières. Le Barbare tint parole : le sang ne coula pas, rincendie n'exerça pas ses ravages, mais pendant quatorze jours, du 15 au 29 juin, les Vandales, avec leurs ^és lés Alains et les Maures, dépouillèrent les églises, les palais, les maisons de tous les trésors qu'il leur fut possible d'enlever, et les entassèrent sur leurs vaisseaux. Quand ils ne trouvèrent plus rien à piller, ils enchaînèrent les citoyens, dans Tespoir d'obtenir une rançon de leurs parents ou amis. Soixante mille captifs furent ainsi conduits à Carthage; Eudoxie et ses deux filles furent menées également en captivité (455). Les Vandales dominèrent alors dans la Méditerranée. La Mauritanie et la Numidie furent entièrement soumises en 456, la Sardaigne tomba en leur pouvoir en 461, et la Sicile, quelques années plus tard.
Les derniers empereurs d^Ooddeot (ft&5-466); Odoacre.
A partir de la mort de Maxime, les empereurs se succédèrent rapidement, et le pouvoir réel fut exercé par le comte Ricimer, Suève de naissance, âme forte et vigoureuse, également capable d'actions héroïques et de grands forfaits, intrépide dans les périls, fécond en ressources, mais sans foi et n'écoutant d'autre loi que son ambition.
Theodobig II, devenu roi des Visigoths (453-466) par l'assassinat de son frère Thorismond, et qui se regardait comme le lieutenant de l'empereur, offrit la pourpre^ après la mort de Maxime , au sénateur arverne Avitus, beau-père de saint Sidoine Apollinaire, et qui avait le titre de préfet des Gaules. Le sénat romain i:«eo\iw>i\ V^
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nouvel empereur, qui abandonna TEspagoe à Théodorie. Ricimer, qui venait de se distinguer contre les Vandales, en Corse, ne put longtemps supporter Avitus; il le battit près de Plaisance, et le fit sacrer évéque de cette ville. Mais Avitus ne se trouvant pas en sûreté dam sa ville épiscopale , voulut se retirer en Gaule. Il périt en chemin, on ne sait où, ni do quelle mort (456).
Ricimer gouverna quelque temps seul au nom de Ma^ cien et de Léon V% empereurs d'Orient (45G-457) ; puis il nomma empereur, du consentement de Léon, MajooiEN , qui était vraiment digne de cet honneur. Majoriea s'occupa sérieusement du bien de ses peuples, et, après avoir rétabli l'ordre à l'intérieur, résolut d'arrêter le» incursions des Vandales en allant les attaquer en Afrique même. Déjà sa flotte était prôto ; Genséric, aidé de quelques traîtres, la surprit et l'incendia (4G0). Forcé de regagner riLalie, Majorien fut déposé à Tortone, à la suite d'une sédition, et llicimer le fit assassiner (464).
SÉVÈRE (Lil)ius Severus) fut proclamé par les légions dlllyrie et agréé par Uicimcr, qui gouverna sous son nom (4G1-4G5), sans pouvoir le faire reconnaître par l'empereur d'Orient. Quand Sévère mourut, on soupçonna llicimer de l'avoir empoisonné. Près de deux ans d'interrègne suivirent cette mort. L'empereur Léon envoya enfin, pour gouverner l'Occident, Anthémius (Procope), qui fut reçu à Rome aux acclamations du sénat et du ])euple, et qui, en donnant sa fille à llicimer, fit espérer de longues années de paix et d'union. Mais la concorde ne dura guère entre le beau-père et le gendre; ni les ravages des Vandales^ ni les progrès des Yisigoths dans la Gaule, sous leur roi Eurig ou Evaric, qui avait succédé à son frère Théodoric II après l'avoir assassiné, ne purent ramener l'union entre llicimer et Anthémius. L't'/n/)crcur Léon envoya Olybrius, gendre de Valenti-j