SYNTAXE DE LA CONJONCTION
Le parc n^itional de l'Amérique du Nord.
En 1871, le géologue américain Hayden révéla l'existence d'une des plus prodigieuses régions de la terre. On l'a nommée la « Terre des Merveilles ».
C'est au cœur des montagnes Rocheuses, dans la partie la ]\\is élevée de cette chaîne gigantesque, que la nature la tenait cachée. Un formidable rempart de pics et de glaciers la défend. Dans cette enceinte dort le grand lac Yellowstone, une des nappes d'eau les plus élevées du monde. Dans la mèmey enceinte tombent les neiges alimentant les ruisseaux qui deviendront des fleuves géants. Là prennent naissance le Missouri et ses tributaires pour se diriger vers le golfe du Mexique, la rivière du Serpent pour atteindre la Columbia et l'océan Pacifique, la rivière Verte pour se précipiter vers le Colorado et le golfe de Californie. C'est un des plus remarquables points de partage du continent américain.
La dénomination officielle de Parc National manque d'exactitude : c'est moins un parc qu'un groupe de vallées formant comme autant de petits parcs distincts. Ces vallées se trouvent à des altitudes qui ne sont nulle part inférieures à 1800 mètres. La hauteur dei massifs montagneux qui les surplombent varie entre 5030 et 5700 mètres. Aussi ces grandes altitudes font-elles du climat un des plus rigoureux de l'Amérique; même au cœur de l'été, il y gèle presque toutes les nuits après des journées brûlantes.
Les paysages et l'aspect géologique de cette contrée rappellent constamment l'Islande. Comme la grande île du Nord, c'est une terre d'enchantements et de prodiges, où la nature semble avoir wulu mettre en œuvre toutes ses forces et déployer toutes ses magnificences. Comme l'Islande, elle abonde en phénomènes volcaniques, et off're le surprenant spectacle de ces fontaines intermittentes qui lancent dans les airs des colonnes d'eau bouillante et qu'on désigne sous le nom islandais de Geysers. On y compte plus de 10000 bouches d'éruption.
A part l'intérêt géologique, cette partie des montagnes Rocheuses possède encore les plus beaux paysages de l'Amérique du î^ord. La nature y a réuni toutes les beautés alpestres, les vallées verdoyantes, les forêts, les gorges, les lacs, les cascades, les torrents, et, comme cadres sublimes à ces tableaux enchanteurs, des montagnes sourcilleuses dont les éternels diadèmes de neige étincellent sous le ciel pur et lumineux des hautes altitudes.
Jules Lkclerc {La Terre des Merveilles, Hachette et Cie, édit.).