DU NOM OU SUBSTANTIF SECTIONS I, II
EXERCICES
361. Exercice écrit. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant d'un trait les noms abstraits.
Les oiseaux de France.
L*oiseau de nos contrées, humble d'habit, riche de cœur, se plaît auprès du pauvre. Peu, très peu, cherchent les beaux jardins, les allées aristocratiques, l'ombrage des grands parcs. Tous vivent avec le paysan. Dieu les a mis partout. Bois et buissons, clairières, champs, vignobles, prairies humides, roseaux des étangs, forêts des montagnes, même les sommets couverts de neige, il a doué chaque lieu de sa tribu ailée, n'a déshérité nul pays, nul site; de sorte que l'homme ne pût aller nulle part, si haut monter, si bas descendre, qu'il n'y trouvât un chant de joie et de consolation.
Le jour commence à peine, à peine del'étable sonne la clochette des troupeaux, que la bergeronnette est prête à les conduire et sautille autour d'eux. Elle se mêle au bétail et familièrement
s*associe au berger. Elle sait qu'elle est aimée et de Thomme et des bêtes, qu'elle défend contre les insectes. Elle se pose liardiment sur la tête des vaches et le dos des moutons. Le jour, elle ne les quitte guère, le soir elle les ramène fidèlement.
L'oiseau des champs pai* excellsnce, l'oiseau du laboureur, c'est l'alouette, sa compagne assidue, qu'il retrouve partout dans son sillon pénible pour l'encourager» le soutenir, lui chanter l'espérance. Espoir, c'est la vieille devise de nos Gaulois, et c'est pour cela qu'ils avaient pris comme oiseau national cet humble oiseau, si pauvrement vêtu, mais si riche de cœur et de chant.
MicHELET {L'Oiseau, Hachette et Cie, adit.).
362. Exercice oral ou écrit. — Analyser logiquement la phrase : Le jour commence à peine^ à peine... etc.
363. Exercice oral ou écrit. -- Relever dans le texte ci-dessus : 1* dix noms dérivés; — 2* dix verbes qui ont donné des noms; -- 3* dix adjectifs qui ont donné des noms.
364. Exercice oral. — Donner dix noms d'oiseaux granivores, — dix noms d'oiseaux insectivores, — dix noms d'oiseaux carnassiers, — dix noms d'animaux domestiques.
365. Exercice écrit. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant d'un trait les noms propres. — Expliquer les noms propre».
Le Télëmaque et le duc de Bourgogne.
Il a manqué au Télémaque une grande épreuve : le duc de Bourgogne n'a pas régné. Je sajs tout ce que le duc de Saint-Simon dit de ce prince, et je sais aussi quelles larmes la France entière a versées sur sa tombe. Le cri des contemporains est venu jusqu'à nous ; leur désespoir et leur deuil a longtemps survécu dans le cœur de la postérité Par malheur, ces enthousiasmes sont trop communs en France : je m'en défie. Le duc de Bourgogne aurait-il été un vrai roi? Télémaque sur le trône aurait-il été un homme? Le premier acte du duc de Bourgogne aurait tranché la question. L'élève, le disciple destiné à avoir toujours un maître, aurait appelé Fénelon à la cour, en aurait fait un premier ministre, ou mieux encore un conseiller intime, un directeur spirituel et temporel. Le petit-fils de Louis XIV, le roi, l'homme, au risque d'être accusé d'ingratitude envers Fénelon, l'aurait laissé dans l'archevêché de Cambrai. Avec Fénelon, à Versailles, jamais le duc do Bourgogne n'eût pu être que le sujet et l'élève ; Fénelon seul aurait été le roi. Minerve aurait gouverné, T«lémaque aurait vi^lli dans
EXERCICES. 73
une éternelle enfance. Fénelon n'était pas de ces hommes avec lesquels on partage le gouvernement, il était de ceux auxquels '• faut tout ou rien. Fénelon possédait le cœur du prince, comment n'aurait-il pas eu tout? Sous des formes profondément respectueuses, il n'y a pas un mot dans ses lettres au prince qui ne sente Tempire, l'empire froid, absolu, le commandement sans réplique. Après tout, eùt-ce été un si grand malheur pour la France que d'être gouvernée par Fénelon? Je ne sais: Mentor me fait peur. J'aurais craint que Fénelon ne voulut faire de la France entière un enfant, un élève, un Télémaque ou un duc de Bourgogne. La tyrannie systématique du bien m'inspire presque autant d'antipathie que la tyrannie du mal. Peut-être vaut-il mieux pour tout le monde que Fénelon soit resté un grand évêque exilé, le duc de Bourgogne, un jeune prince enlevé à l'amour de la France, et le Télémaque, un roman.
S. DE Sacy {Variétés littéraires, Perrin et Cie, édit.).
3GG. Exercice oral. — Expliquer les nuances de sens qui distinguent les mots : Expérience, épreuve^ essai. — Malheur, infortune, adversité, disgrâce, misère, détresse. — Pouvoir, autorité^ puissance, empire, domination. — Ecolier, élève, disciple.
367. Exercice. — Ti a nscrire le morceau suivant dans l'orthographcr moderne et expliquer, oralement les changements orthographiques survenus depuis cette époque.
Le vieillard de Vérone.
bienheureux qui a passé son âge Dedans le clos de son propre héritage.
Et n'a de vue éloigné sa maison, En jeunes ans et en vieille saison; Qui, d'un bâton et d'un bras secouru.
Va par les champs où jeune il a couru.
Les siècles longs pas à pas racontant.
Du toit champêtre où il est habitant.'
Nul accident d'inconstante fortune Ne lui montra sa fureur importune, Ni n'a été par peines et dangers Sa soif éteindre aux fleuves étrangers.
Il u'a senti, suivant le fait des armes, La froide peur des assaulx et alarmes.
Ni marchandant a expérimenté D'être en la mer des ondes tourmenté, ■ Et de procès n'ouït oneques le bruit
Qui empeschàt de son aise le fruit ; Mais tout rural et inexercité, A peine a vu la prochaine cité, ! • ' Se contentant loin de mur et de tour,
De voir à plein le beau ciel tout autour.
Melw de Saint-Gelais (1491-1558).
explications
Son âgcj sa vie.
De vue éloigné.,., n*a pas perdu de vue sa maison.
Par peines et dangers, à travers peines et dangers, par = per.
Le fait des armes, le métier des armes.
Marchandant, en faisant le marchand, en commerçant.
De son aise le fruit, la jouissance de son bien-être.
Inexercité, sans expérience.
A plein, pleinement.
Tout autour, c'est-à-dire tout autom* de lui.
Ces vers sont la traduction de l'Idylle IX du poète latin Claudien.
3C8. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire histoi-iquc peuvent donner lieu les phrases suivantes? (Les mots à remarquer sont
en italique.
j*ai vu plusieui's jurisconsultes et grands hommes d'État s'étendre sur cet affaire (le duel). (D'Aubigné, xvi" siècle.)
A soti bel aise aura lieu de s'instruire (La^Fontaine.}
Certainement il entendait combien était grande l'abîme de nos péchés. (Calvin, xvi'^ siècle.)
Et là notaient les comètea si aucuns étaient. (Rabelais, xvi* siècle.)
Ils sont un énigme inexplicable à eux-mêmes. (Massillon.)
Chaque cité avait sa diocèse, (Calvin, xvi" siècle.)
' Son mépris parait trop, ma doute n'est point vaine. (Rotrou.)
11 a donné cette duché à son fils. (Sévigné.)
Il avait une cicatrice que couvrait une petite emplâtre, (Hamilton.)
Autrement il aurait pensé faire une échange et non pas un plaisir. (Malherbe, xvr siècle.)
EXERCICES. 7S
Ta gerite (les Juifs), qui murmurait parmi les longs erreurs de ce désert sauvage. (Du Bellay, xvi* siècle.)
Puis il .e mettait à son étude principal pdiT trois heures-ou davantage. (Rabelais, ivi** siècle.)
Comme il ne se servit que d'wwe vieille évangile et qu'il ne dit que de vieilles vérités, son discours parut vieux. (Sévigné.)
Il leur permit de sortir leur honneur sauve. (Montaigne, XVI* siècle.)
S'il était possible que les fourmis eussent l'entendement tel que les hommes, ne feraient-t7« pas la même division d'une aire en plusieurs provinces? (Malherbe, xvi" siècle.)
369. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les phrases suivantes? (Même observation que plus haut.)
Jamais idole, quel qu'il fût,
N'avait eu cuisine si grasse. (La Fontaine.)
Mais je veux qu'Attila endure un tel insulte au milieu de sa cour. (Corneille.)
Mille autres nous inonderont
D'un déluge d'écrits stériles
Et à*opttscules publies. (Gresset.)
On ne se 'pique point à' une reproche qu'on peut faire à tout le monde. (Malherbe, xvi* siècle.)
Ah! si d'une autre chaîne il n'était point lié,
h' offre de mon hymen l'eût-ii tant effrayé? (Racine.)
Je n'ai plus qu'à mourir, mon épiiaphe est fait, (Corneille.)
La conlre-poison doit être plus forte que la poison, afin qu'c//e domine. (Paré, xvi* siècle.)
Devinez où s'en alla cette diablesse d'orage. (Sévigné.) -
Tout semble en ce rencontre avoir juré ma perte. (Th. Corneille.)
Puis donc que telle est ma sort ou ma destinée... (Rabelais, xvi** siècle.)
Le roi et la reine de Danemark vont voir ce comte d'Oldembourg dans sa comté. (Sévigné.)
De même que l'ancre empêche que la navire ne soit emportée. (Ros^suet.)
SECTION m