‹ Nouveau cours de grammaire francaise, Volume 2Chapitre 92 sur 119 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

EXERCICES

462. Exercice. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par un des adjectifs : léger , broché, cûelé,persuadé,tnort-né,fatiffuéfheureuXf dur, demirnu, nu, ci-joint, proche, possible, paille, qu'on écrira selon la règle.

Les abat-jour se font en papier ou en soie — .

Les rubans de gaze — et les boutons d'acier — ont été à la mode il y a quelques années.

La plupart des savants, — de leur infaillibilité, affirment que le monde finira par le refroidissement du soleil.

L*astracan est fourni par les peaux d'agneaux — .

Cette petite fille a Tair — ; je trouve même qu'elle n'a pas l'air — ; elle répondait à peine à cette personne à Tair — qui l'accompagnait.

Une — heure après le coucher du soleil, il devient dangereux de rester — pieds, la tête et les bras — , au bord de la mer.

Cette arme est arrivée de Saint-Étienne, avec la description — de son mécanisme.

Des baraques foraines .sont dressées tout — de la ville; les enfants s'y rendent le plus —.

Les gants — furent autrefois très à la mode.

468. Exercice. — Lire ou copier les phrases suivantes en écrivant les nombres en lettres.

Que de découvertes la science n'aura-t-elle pas faites en l'an 2000 !

Cet ouvrage comprend au moins 1500 pages, et je n*en suis encore qu'à la page 80.

En 1099, les Croisés attaquèrent Jérusalem et s'en emparèrent le 14 juillet.

Les champs de neige, nommés névés, ne fondent jamais dans les Alpes à partir d'une hauteur de 2500 mètres.

Le cratère du Vésuve est d'une profondeur d'environ 115 mètres.

Jeanne d'Arc fit lever le siège d'Orléans en 1429.

Le grand chimiste français Chevreul est mort en 1889, à l'âge de 105 ans.

Les milles d'Allemagne valent en moyenne 1500 mètres.

Le mille anglais vaut un peu plus de 1609 mètres.

Le mille marin vaut 1852 mètres.

A Rome, aucun citoyen ne pouvait posséder plus de 500 arpents de terre.

Napoléon I" régna pour la seconde fois pendant 100 jours, du premier mars 1815 au 22 juin de la même année.

464. XUercioe. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant les tirets par les mots convenables et en les écrivant correctement.

Mon fils et — frère sont sortis depuis ce matin.

Notre salubre et — poétique Bretagne a été pendant longtemps inconnue des touristes.

Ces malheureux ont été complètement ruinés dans un incendie; ils n'ont pas même pu sauver — effet.

Si l'acrobate se tord — membres et si le chanteur force — voix, ils perdront bien vite l'un et l'autre -- moyen d'existence.

L'affection que l'on ressent pour — enfants ne doit pas empêcher de convenir de — travers.

Chaque fois que le vent souffle violemment, j'ai mal à — tête.

Le graphite et le diamant sont des charbons naturels; — apparence — est cristalline.

Mon père et — mère ont été projetés hors de leur voiture en revenant du théâtre; — bras seuls ont reçu quelques contusions.

Quelle désolation doivent ressentir des parents qui perdent — fils unique \

Le renne et le cerf embarrassent — corne dans les rameaux des arbres.

Ouand les anciens voulaient fonder une cité, — prêtre posaient un autel à l'endroit désigné et y allumaient le feu sacré.

465. Exercice. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par même, quelque ou tout qu'on écrira selon la règle.

— les membres de cette famille ont leur travail tracé dans l'exploitation de la ferme.

Les — causes produisent les — effets.

Mon enfant, habituez-vous de bonne heure à ne pas compter sur d'autres que sur vous — .

Les ruisselets, — les plus petits, finissent par porter leurs eaux à la mer.

Les occasions nous font connaître aux autres et encore plus à nous — . (La Rochefoucauld.)

Les journaux, les livres, les brochures — parviennent rapidement dans les campagnes les plus reculées.

Il a versé — pleurs.

— sincères que soient parfois les menteurs, personne n'ajoute foi à ce qu'ils disent.

— soit votre situation, regardez plus bas que vous et non plus haut.

Nous avons reçu — bone amis à dîner; nous étions — vingt convives.

Nous sommes — mortels.

Presque — Lisbonne était accouru pour voir cette course de taureaux.

La paresse, — languissante qu'elle est, ne laisse pas que d'être souvent la maîtresse des autres passions; elle usurpe sur — les actions et sur — les desseins de la vie. (La Rochefoucauld.)

Charles P' d'Angleterre méritait une — autre destinée.

— autre pierre que le marbre ne saurait convenir à la construction de ce palais.

466. Exercice. — Lire ou copier le texte suivant en remplaçant chaque tiret par un adjectif.

Le singe.

Le singe, c'est le charlatan qui affiche à la foire, le hâbleur qui (( caquette au plus dru », chez qui les mensonges coulent de

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source comme le bavardage; agité du besoin de remuer, de parler, d'inventer, comme une machine détraquée qui tourne sans pouvoir s'arrêter. A peine le dauphin a-t-il fait une question qu'il lui a donné six réponses. Cette volubilité d'esprit, de mouvements, de langage, en fait un bouffon — et un farceur de — étage. Qband on lui présente la tiare, il l'essaye en riant; il fait autour « deà grimaceries, tours de souplesse, singeries, passe dedans ainsi qu'en un cerceau ». Il n'est fait ni pour s'asseoir, ni pour marcher, mais pour sauter et grimper. Geoffroy Saint-Hilaire disait que sa structure -- l'a lancé sur les arbres. Ses — jambes flexibles se détendent d'elles-mêmes comme un ressort, et, quelque part qu'elles le jettent, avec ses — mains et sa queue il a toujours de quoi s'accrocher et se balancer, et garder — deux ou trois membres pour s'agiter en contorsions — . Quand par hasard tout est occupé, il a ses joues et ses mâchoires qu'il fait grincer, et ses — yeux spirituels qu'il tourne en un instant de cent côtés. S'il friponne les gens et leur débite des contes, c'est par naturel, pour son plaisir, par besoin d'imagination, plutôt qu'avec calcul et pour son profit.

Taine. (La Fo7itaine et ses fables. Hachette et Cie édit.)

467. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent -donner lieu les adjectifs en italique dans les phrases suivantes?

Qui est le stupide que la beauté d'un tel spectacle n'élève à la contemplation? (Malherbe, xvi' siècle.)

Vous m'avouerez que d'un ivre à un ivrogne il y a bien de la différence. (Id.)

La férocité naturelle fait moins de cruels que l'amour-propre. (La Rochefoucauld.)

Transforme en généreux les cœurs les plus avares. (Corneille.)

Je sais. Seigneur, je sais, pour grand que soit mon crime. Que ta miséricorde est un profond abime; Je me résigne entier à son immensité. (Id.)

Dieu n'exauce point les prières des injustes, (Racine.)

Ce qui est dans les grands splendeur, somptuosité, magnificence, est dissipation, folie, ineptie dans le particulier, (La Bruyère.)

Le présent est pour les riches, et l'avenir pour les vertueux et les habiles^

EXERCICES. 131

Vous n'alliez pas nus pieds pour faire moins de bruit? (Scarron.)

Elle monta seule et mis pieds sur Téchelle. (Sévigsé.)

Je ne songe seulement pas à me recoiffer, et je suis nue tète. (Marivaux.)

De demie lieue [il] ne dist ne o ne non. [Saxons^ xii* siècle.)

Avecque demye douzeine d'hespaignolz [épagneuls] et deux lévriers. (Rabelais, xvi* siècle.)

A la cruelle bataille devant Constantinople moururent feuz de bonne mémoire les rois Lisuart et Perion. (D, Flores de Grèce, XVI" siècle.)

468. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les adjectifs en italique dans les phrases suivantes?

Moult fu grans la renommée par les terres. (Villehardouin, xin* siècle.)

Il rendroient à li la cité et toutes les choses, sauves \ov y ies. (Id.)

Donne-moi sauve assurance de tant d'ennemis inhumains. (Marot, XVI* siècle.)

Grands chaînes d'or, dont maint beau corps est ceint. (Id.)

n est vrai ; mais si peut-on feindre Aucunes fois une amitié Qui n'est pas si grand la moitié Comme on la démontre par signes. (Id.)

Vous avez vos ports francs pour les gros paquets qui ne viennent point de votre gouvernement. (Voltaire.)

Un conquérant, afin de perpétuer son nom, extermine le plus d'hommes possible. (Fontenelle.)

Tous les autres bateaux périrent, exceptée la nacelle où estoient ces deux petits enfans. (Amyot, xvi* siècle.)

Ils mirent le feu aux maisons qui étoient le plus proche de la muraille. (D'Ablancourt.)

Il n'y a point d'autre nation qui ait des dieux aussi proche d'elle, comme notre Dieu est proche de nous. (Sacy.)

Toutes difficultés sont expugnables à l'assiduité du soin. (Malherbe. XVI" siè«le.)

Ainsi est-il des contrées évitables au sage. (Id.)

Ce plaisir est feiiUe de peines. (Id.)

Un pilote bien suffisant et bien habile de son métier. (Id.)

469. -Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les adjectifs en italique dans les phrases suivantes?

Le [temps de la vie] de l'homme ne sera plus que de six vingts ans. (Sacy.)

On y voit des vieillards de cent et six vingts ans, qui ont encore de la gaieté et de la vigueur. (Féselon.)

Elle sera au comble de sa joie. (Racine.)

Il semble ppurtant qu'il adressa sa parole à Electra. (Id.)

La nuit du trente-unième mai. (Id.)

La Suède et la Finlande composent un royaume large d'environ deux cents de nos lieues, et long de trois cents. (Voltaire.)

Si un chef n'a eu que le bonheur de faire égorger deux ou trois mille hommes, il n'en remercie pas Dieu. (Id.)

11 reçut sur sa tête un coup de sabre. (Racine.)

Les gens de bien même tombent dans ces infidéHtés. (Fléchier.)

Le chagrin me paroît une incommode chose;

Je n'en prends point pour moi sans bonne et juste cause;

Et mêmes à mes yeux cent sujets d'en avoir

S'offrent le plus souvent que je ne veux pas voir. (Molière.)

Après avoir ainsi traité Et la même innocence et la même bonté. (Id.)

Faites chascun baron en sa terre envoyer. (Saxons, xii* siècle.)

Obligez nous bâiller par chascun an deux millions d'or. (Rabelais, xvr siècle.)

Et les larmes de la paupière

Sèchent d'elles-méme à nos yeux. (Lamartine.)

Vous allez épouser quelques cent mille écus. (Dorat.)

De quelques belles paroles que vous ayez accompagné l'excuse de votre silence, je ne la saurois prendre que pour une accusation du mien. (Malherbe, xvi* siècle.)

EXERCICES. 155

Pour moi, j'étois toute ébaubie. (Sévigné.) Je veux bien rimmoler toute entière (ma gloire) à mon roi. (Corneille.)

Elle est toute en larmes. (Racine.)

Une force et une dignité toute édifiante. (Id.)

Votre âme en m'écoutant paroit toute interdite. (Id.)

470. Exercice. — Lire le morceau suivant en indiquant les changements orthographiques survenus depuis celte époque. — Transcrire en prose moderne le même morceau.

Le loup, la mère et l'enfant.

Un loup, ayant faict une queste Car la mère qui d'amour tendre

De toutes parts, en fin s'arreste En ses bras son lils alla prendre,

A l'huys d'une cabane aux champs, Le baisant amoureusement

Au cry d'un enfant que sa mère Avecques luy la paix va faire

Menaçoit, pour le faire taire. Et le dorlottant pour l'ai taire,

De jetter aux loups ravissans. Luy parle ainsi llatfeusement.

Le loup qui l'ouït, en eut joye, " Nenny, nenny, non, non, ne pleure:

Espérant d'y trouver sa proye; Si le loup vient, il faut qu'il meure;

Et tout le jour il attendit Nous turons le loup s'il y vient.

Que la mère son enfajit jette. Quand ce propos il ouït dire,

Mais le soir venu, comme il guette. Le loup gmmmelant se retire :

Un autre langage entendit. Céans l'on dit l'un, l'autre on tient.

Antoine de Baïf (1532-1589).

EXPLICATIONS

Queste signifia d'abord recherche^ ici : battue, chasse.

Huys, porte {du lat. ostiufn), se retrouve encore dans l'expression à huis clos. Dérivé : huissier.

Outt, entendit.

Pour Vallaire. Pour le faire taire.

Nenny et plus anciennement nennil, vieille négation tombée en désuétude.

Céans, en ce lieu-ci. Ce'ans était composé de l'adverbe ça et de eus qui est le latin intus [dedans).

L'on dit Vun, Vautre on tient. — On dit une chose et on en fait une ru ire.

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