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II. Apprenons-le des obligalion? du prédicateur

I" P. L'Église nous presse vivement de nous attacher à l'étude de nos saints livres. C'est par le ministèie de la prédication qu'elle remplit la ditine mission qui lui a été confiée : Docete omnes génies, aiatth. 28. 19.' Mais quelle est cette science qu'elle nous charge d'enseigner aux peuples, sinon la science de Dieu, de ses mysières, de ses volontés ; et où la trouveronsnous, sinon dans les livres qui en contiennent le précieux dépôt?

L'Église veut que nous puisions à cette source les eaux salutaires de la doctrine, pour en arroser les âmes el leur faire porter les fruits de

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la vie éternelle. Voilà pourquoi elle ordonne que de bonne heure on nous inspire Tamour dos saintes lettres, et que, dés le début de notre éducation cléricale, on nous initie à cette étude, qui domine toutes les études ecclésiastiques. L'un des premiers ordres qu'elle confère a pour fonction de lire le texte sacré en présence des fidèles, et dans la dernière de nos ordinations, parmi les grâces qu'elle sollicita pour nous fut celle-ci : Ut in lege Domini die ac nocte méditantes, qiiod léger intcredant, quod crediderint doceant. Voilà aussi ce qu'elle nous recommande avec instance dans les assemblées de ses Pontifes, dans les écrits et par l'exemple de ses docteurs.

Le Concile de Cologne dit, en parlant des prêtres et des pasteurs : yunquàm à ma ni bus eorum liber legis, hoc est Biblia, deponatur. Le quatrième de Milan désire qu'ils emploient à étudier TÉcrituie tout le temps que leur laissent les travaux indispensables du ministère ; qu'ils ne passent aucun jour sans en lire quelques pages, et qu'ils mettent à cette sainte occupation toute la diligence dont ils sont capables : Quotidiè ex sacris bibliis Icgite. Sacrarum litterarum sludia diligentcr colite.

C'est le même langage dans tous les Pérès et les interprètes : Necesse est, ut qui ad officium prœdicationis excubant, à sacice Icctionis studio non recédant. S. Greg. Pn-it. p. 2. c. \\.) — Vaca

lectioni divinœ, in meditatione Scripturariim ; habcto in divinis lectionibvs frcqiieniiani. (S. Isid. Hisp. De cùntempta sœc.'] — Divincis Scï'iptitras sœfiiiis lege^ iinô nunquàm de main'bus tu/s sucra leciio depoiialar : disce qvod doceas. Sinl divi'tœ Scripturœ sonpcr in maulbus tuis, c( jufjiter in mente wlvantnr. Tenenil codicem soninns obrepat , et cadentem faciem pagina sancta SUscipiat. (S. Hier. In. diversis epist.) — Sempcr sis^ quoad potes, in exercitio Scripturriruni..; adhùc replico : Semper sis in exercitio Scripllirarum. ^Petr. B!es. De epUc. c. 2.)

Nous savons jusqu'où les saints docteurs ont porté cet amour de l'Ecriture. Saint Bei'nard, à force de la lire, se l'était tellement appropriée, que non-seulement le fonds de sa doctrine, mnis sa pensée, son expression, sa phrase, tout est de l'Écriture.. Prenons donc pour nous ce que l'ange de l'Apocalvpse dit à saint Jean : Accipe libruni, et dévora illnm ; et le Seigneur à Ezéeliiel : Coniede volumen istud, etvadcns loquere ad fiUos Israël. 'Ezech. 3. 1. Dévorons ce divin livre, digérons-le par la méditation, afin qu'aprés nous en être rassasiés, nous soyons en état d'en nourrir les fidèles. Sommes-nous entrés sur ce point dans les vues de l'Eglise?

H'' P. L'étude de vos saints livres est la co)iséquence nécessaire des obligations du prédicateur. Quel est son emploi? Quelles sont les fins du ministère qu'il exerce?

Ambassadeur de Dieu auprès des hommes, il doit recevoir de Dieu même la parole qu'il est chargé de leur porter ; envoyé du ciel, il doit en parler le langage. Or, cette parole de Dieu, ce langage du ciel, où les prendrons-nous si ce n'est dans la sainte Écriture? Si nous n'en tirons pas la substance de nos discours, avonsnous le droit de dire avec les prophètes : Os Domini lociitum est? — Hœc dicit Dominus ; et avec saint Paul : In me loquitur Chrishis.

Le même apôtre nous découvre dans l'Écriture divinement inspirée quatre propriétés, qui correspondent aux quatre fins de la prédication : enseigner les vérités de la foi : Omnis scriptura divinilùs inspirata utilis est ad docendiim ; réfuter les erreurs contraires à ces vérités saintes : Ad arguendum; combattre le dérèglement des mœurs et les réformer : Ad cûrripiendum ; diriger les âmes dans toutes les voies de la justice : Ad erudiendum in omni justitiâ. La science de la sainte Écriture peut seule nous mettre en état de remplir toutes ces obligations du ministère évangélique.

Nous avons presque toujours ou des vérités^ austères à établir, ou des vices à censurer; c'es^ un combat continuel entre nous et notre audi-' toire. Pour triompher de tant d'oppositions, les raisonnements humains ne suffisent pas ; faut le poids d'une autorité qui entraîne et su) jugue. Un homme n'a pas le droit de s'imposeï

à un autre hommo. Dieu seul domine les esprits et les cœurs. L'empire de sa parole, telle qu'il a bien voulu nous la donner dans nos saints livres, se fait sentir même à ceux qui sont le plus étrangers aux idées religieuses ; comptons sur sa vertu, mais non sur nous.

Bossuet nous représente Jésus-Christ comme un divin conquérant, qui par ses ministres veut régner sur les cœurs ; ^( mais, ces cœurs sont retranchés contre lui, et pour les abattre à ses pieds... que ne faut-il pas entreprendre? Il faut renverser les remparts des mauvaises habitudes, détruire les conseils profonds d'une malice invétérée, abattre toutes les hauteurs qu'un orgueil indompté et opiniâtre élève contre la science de Dieu*... Que ferez-vous, faibles discoureurs? Renverseroz-vous ces remparts en y jetant des fleurs? Croyez-vous que ces superbes hauteurs tomberont au bruit de vos périodes?.. Pour vaincre tant de résistances.., il faut des armes plus puissantes... Il faut que la parole de Dieu sorte de notre bouche, vive, pénétrante, animée... Pour que nos discours aient de la force, il faut que nous soyons remplis de la doctrine céleste, que nous soyons nourris et rassasiés du meilleur suc du christianisme. »

^ Consilia destruentes, et omnem altitudinem exlollentem se adversùs scientiam Dei. //. Cor. 10. 4.

Saint Augustin affirme que nous excellerons plus ou moins dans la prédication, suivant que nous serons plus ou moins versés dans la science des Écritures : Sapienter qxds dicit tanto magis vel minus, quanta, in Scrip taris sanciis magis miiiiisve profecit. C'est en les étudiant que nous apprendrons à parler cette belle langue.de la piété, du zèle, de l'onction, qui répand tour-à-tour sur le style des images touchantes, majestueuses ou terribles'. C'est là que nous trouverons des traits, des comparaisons, qui intéresseront vivement les auditeurs; là que nous puiserons ce patbélique qui saisit et enlève, qui fait entrer la componclion dans les cœurs; cette énergie d'éloquence apostolique, qui arracbe les âmes à la tyrannie des passions, ou les fait avancer rapidement dans la vertu solide.

0 pasteur, dans quelque état de santé ou de maladie que soit votre troupeau, conduisez-le dans les riches plaines de l'Écrilure; il y trouvera le pâturage le mieux assorti à ses besoins : Et pascua inveniêt. 'Joan. 16. 9.) Mais, demande saint Bernard : Qnomodô in pascua divinorurh ploquiurum educet yrerjes dominicos pastor idiota ^ >. rni. 76. in Gant. Prenez la résolution de vous adonner plus sérieusement à l'étude nos saints livres: ^4. pour v^n- îM^'^'pnr'M^ ?»

' CflnJin. .Vlaiiiv.

messe, souvenez-vous que la parole de Dieu et l'Eucharistie sont nécessaires et à la vie de votre àme, et à l'exercice de votre minis'.ère. La Bible et l'autel sont deux tables dressées par le Sauveur dans son Église ^ ; ce sont deux festins auxquels un bon prêtre se porte toujours avec ardeur. Dans l'un, il mange le pain des anges, le corps adorable de Jésus; dans l'autre, il se nourrit de vérité. Le premier lui donne celte vigueur sacerdotale que réclament ses fonctions; le second, en l'éclairant, le fait pénétrer jusqu'au dedans du voile où est le Saint des saints. 0 mon Dieu, faites que je goûte la douceur de la manne Eucharistique et celle de l'Écriture. Embrasez moi d'un tel désir de méditer voire loi, que j'en fasse désormais ma plus douce occupation et mes chastes délices. SîiU caslœ deliciœ meœ Scripturœ tuœ; nec jallar in eis, nec fallu m ex eis. S. Au g. Conf. l.^

1er ?. L'Église veut qaa nous nous attachions à l'étude de l'Écriture sainte. Lnn des prciiiicTi ordres nii"e! e coulere a pour lonclion de lire le texte sucré ! Pour les prêlres, elle dciDi.uile l'amour des sa nts li\r<s : Ut in lege Doraini die ac nocte med tantes, quod htjeint credant. quod crtdideriat doceant. Le qiiuirièm-î concile û^. Mi an, ce.ui de Colo^iii.' el plusieurs autres reconimaiRleiil celle élude avec iiislaiice.

' tmit. i. 4. c. 11.

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