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LXIX. MEDITATION

L'adniiniilratirjii des Sacrements.

Sic nos existimet homo ut ministros Chrisli, et dispen-

satores mysterioruni Dei : hic jam quœritur inter

■ dispensalores, ut fideJis quisinveniatur. /. Cor. i. 1,2.

!. Combien nous devons estimer ceUe fon tion. Jî. Qu'avoiis-aous ù faire }ioiir la bien remplir ■?

I^*" P. Excellence et dignité de cette fonction. Rappelons-nous ce que sont les sacrements : Nihil sanctiîis, nihil xitilius, nihitqne exccllentixis aat mufjis divinuni . (Hit. Rom. Leur oiigine est céleste, leur institution est divine, leurs effets sont des dons pour l'éternité, des miracles Ils ferment l'enfer, ils ouvrent le ■

cio] ; ils rontlent la vie aux morts, el l'amilié de Dieu ta ceux qui l'avaient perdue; ils donnent, augmentent ou font recouvrer la justice, qui nous assure des droits ta la gloire éternelle : Per quœ omnh vera jiistitia vel incipit, vel cœpta aiicjelur, vel amissa reparalur. (Conc. Trid. sess. 7. in Proœm.) Ils ont coùté à Jésus-Christ tout son sang, dont ils contiennent et appliquent les mérites infmis, découlant eux-mêmes, dit saint Augustin, de son côté ouvert, ou plutôt de son cœur : De Christi latere manantia. (Deciv.Dei. 1. lo., Le même saint Docteur n'ose décider si l'action, qui justifie l'homme par les sacrements, n'est pas quelque chose d'aussi grand, ou de plus grand que celle de la création : Judicet qui potcst utrûm majus sit jiistos creare, quàm impios justiflcare. Tract. 72. in Joan.; Quoi qu'il en soit, ajoute-t-il, si de part et d'autre il faut la même puissance, lajustitication demande assurément plus de miséricorde : Certè si œqualis ulrumque polentiœ , hoc major is est misericordiœ. (Ibid.j

0 prêtre, quel honneur Dieu vous a fait en vous établissant le dispensateur de ses mijstères! Jugez-en par cette réflexion. Si un prince mettait la clef de ses trésors entre les mains de l'un de ses courtisans ; s'il lui donnait le pouvoir d'ouvrir ou de fermer les prisons dans toute l'étendue de son empire, ou même le droit de vie et d>^ mort sur ses sujets, que pan-

serail-on de cette faveur?.. Cependant eiie ne serait rien comparée à celle que vous avez reçue de Dieu... Roi immortel des siècles il a remis entre vos mains les trésors de sa £!:ràce, les clefs de son royaume.., et vous faites usage de ces immenses pouvoirs lorsque vous administrez les sacrements. Ah! que vous méritez bien dans ces heureux moments de fixer sur vous les regards du ciel et de la terre : Speciaculum facti sumns mundo, et angelis, et hominihus. (Juelle gloire pour Dieu, quelle joie pour les anges, quels avantages pour les hommes et pour vous, si vous remplissez saintement la noble tache qui vous est imposée !

Mais aussi quel désordre, quel scandale, si la langueur de votre foi et l'habitude d'agir sans réflexion, dégradaient cette fonction sublime, et l'abaissaient au niveau des actions matérielles. Méditons ces paroles de saint Paul : Hic jam quœritur inter dispensatores, ut fidclis ijuis inveniatur. Ce n'est pas seulement ici et f)endant la vie présente, qu'on reclienche dans /' dispensateurs qu'ils soient fidèles; c'est îiincipalement au dernier jour, et en présence rlii souverain Juge, qu'il sera fait un examen <cvère de leur fidélité à exercer un emploi si important. Serions-nous prêts à le subir en ce moment?

'1' V. Qu exige de nous cette divine dispensa' . ns parler de la doctrine des sacrements

qu'iiii^ pasteur doit posséder en maître^ connaissanl exactement leur nature, leurs effets, les dispositions qu'ils demandent, la signification des cérémonies qui les accompagnent; sans parler aussi du soin qu'il doit prendre d'en instruire ses ouailles, on peut dire que ce minislcre nous oblige à une triple fidélité : envers Dieu, envers l'Eglise, et envers le .prochain : Ut fidells quis invenialur.

Nous devons respecter Dieu dans ses dons, répondre à sa confiance par noire zèle à procurer sa gloire. C'est donc pour nous une obligativ.-n rigoureuse de veiller à l'honneur des sacrements, préparant soigneusem.ent les fidèles à les recevoir, et ne négligeant rien pour en écarter toute profanation. Mais quel attentat, si le ministre les profanait lui-même! s'il touchait des mystères si saints avec des mains impures! Quantum scclus sacra mystcria poUuto orc conficere, vel in fœdas manus sumere, contrectare, atque aliis porrigere et ministrare ! (Catechism. Conc. Trid.) Les théologiens décident, que celui qui, par le devoir de sa charge, administre les sacrements, s'il est en état de péché mortel, commet autant de nouveaux péchés mortels, qu'il conlère de sacrements distincts. Le "bon prêtre se purifie même des fautes légères par un acte de repentir, avant de remplir cette fonction, en même temps qu'il adresse à Dieu quelque fervente prière, pour obtenir d'être le dign^i instrument de sa erâce.

Nous devons à l'Église et au prochain l'observation ponctuelle de tout ce qui est prescrit, non-seulement pour assurer la validité des sacrements, mais pour exciter la foi, la piété, la religion des peuples. Dans le cinquième concile de Milan, il 'est ordonné aux prêtres : Ut sanciissima sacramentel... non solitm pure, sanctè, religloscque ipsi tractent; verùm etiam ritus ac cœremonias teneant alque adhiheant, qiiœ in illis adniinistrandis sanctœ Ecclesiœ mstituto atque usa comprobatœ sunt. Les cérémonies, qui sont si propres à élever les âmes aux choses célestes et à toucher les cœurs, produiront-elles le moindre fruit, si elles sontfaites avec précipitation, sans modestie, sans gravité? Rien n'était plus édifiant, disent les historiens de saint Charles, que la manière dont il administrait les sacrements. Il se recueillait et méditait un instant avant de commencer, et, pendant l'exercice de son ministère, ses yeux, ses mains, tous ses mouvements, toutes les attitudes de son corps, étaient en parfaite harmonie avec les grandes choses qu'il accomplissait. Le peuple se plaisait tant à l'église en le voyant remplir ses fonctions, qu'il y eût passé des jours entiers ; il paraissait être sous le charme de la piélé du saint Cardinal ' : Vide, iqitur, 6 sacerdos; mi-

' Popiilum intégres ferè dies variis runcLionum sacrarum exepcitationibus intentum suaviter in ecclesiâ retinebat.

aisierium tuum, ut illad Iwnorifices, aut saltem ne illad dedecore afficias ; vide , ne similis fias aquœ taptismali, ut safienter monet D. Gregorius, quœ peccata baptizntorum dilucns, illos ad cœleste refjimm mitUt, et ipsa posteà in cloacam descendit. 'Abelly. Sacerd. christ.

Examinez quelle a été votre conduite touchant l'administration des sacrements. L'avezvous regardée comme l'une des principales fonctions de votre état? Pouvant être à tout moment dans la nécessité de la remplir, avezvous pris soin d'être toujours dans la pureté de conscience qu'elle exige? N'entrez-vous point brusquement, et sans aucune préparation, dans une occupation si sainte? Y observez-vons religieusement toutes les prescriptions de l'Église? Quelle édification y donnez-vous aux assistants? Reconnaissez humblement devant Dieu que vous avez commis en cette matière un grand nombre de fautes, et faites tous vos efforts pour mériter désormais d'être compté parmi les fidèles dispensateurs des mystères de Dieu.

1er p. Excellence et dignité de cette fonction. Rappelons-nous ce qiie ^o^l les sacrements : Nihil sanctius, nihil utilius, nihil excellentius aut magi^ divinum. Leur origine esl célesle, leur inslilulion est divine, leurs effets sont des miracles de grâce. Saint Augustin n'Ose décider si l'action qui justifie l'homme

par les sa'^rements p/est pas quelque chose d'aussi grand que ciMIe de la crénlioii. 0 piètre, quel honneur D.eu vous fait, en vous éiab.issani le dispensateur de ses raysières !

11*^ P. Qu'exige de nous cette divine dispensation P \j{\f'.[y\\)\t' ndélilé. — En\er§ hieu, le respecter dans ses dju-. iNous devons veiller à l'honneur des sacrements; n les ;idiniui<lrer que dans de saintes dispositions : Qui sa cti 7Î0/1 sunt^ sancta tructnre nou debent ,• y prépa er so^une.isemenl les tidèle>. — Euvits i Église et le prochain : ne rien né;i'ig<M', non-seiiU-menl i our assurer la validlé des sacrements, mais pour « xciler la foi, la piélé, la reli-rlon de^ peuples. Un concile opdonut; aux p;ê res : Ut saactissima îacramenta... non solàm pure, saxctè relitjiosèque ipsi trac'e 't ; verùm etiani ritus ac cœremonias teneant ntque adhibeaut... RifU n'était p'u^ édifunt que de vou* suinl Charles adinini-lrer les sacrements.

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