‹ Nouveau cours de méditations sacerdotales, ouChapitre 34 sur 96 · II. Le prclre liède s'eu éloign · texte numérisé non relu

II. Le prclre liède s'eu éloign

î'"'" F. Tou^ kb motifs du zèle se réunissent pour faire estimer et aimer te ministère de la confession. L'aiTiour de Dieu et de l'Église, Fainour du prochain, et le plus sai^e amour de soi-même.

1'* Que faites-vous, ô prêtre, quand vous usez.

selon les règles qui vous sont, prescrites, de l'auriuste pouvoir de délier ies consci'^nces ? Vous accomplissez les magnifiques desseins du Seigneur dans la réparalKmdu plus beau de ses ouvrages , l'àme humaine ; vous renversez le mur odieux qui le séparait de cette créature si tendrement aimée et l'empêchait de s'unir à elle; vous anéantissez .le péché, dont l'injure avait blessé toutes ses mfmies perfections ; et combien de nouveaux outrages vous lui épargnez , en combattant les causes qui le produisent! Vous comblez les vœux de Jésus-Christ, qui par vous recueille le plus doux fruit de ses souffrances et de sa mort; vous faites rentrer l'Esprit saint, dans des temples où il se plaisait,

l'où il n'était sorti qu'à regret ; vous préparez aux anges et aux élus des compagnons de leur éternelle félicité... Quelle gloire pour Dieu! Quelle joie et quel ti'iomplie pour ceux qui l'aiment! Dico vohis, quod ità guudium erit in cœJo super uno peccatore pœmtentiam agente, quàm super nonaguita iiorrm jusiis qui non indigent pœnitentià. (^Luc. 15. 7.) Quelle consolation pour l'Église! Elle pleurait la mort de ses enfants, et vous les rendez pleins de vie à sa tendresse.

2° C'est aussi cette fonction qui vous donne un droit particulier au nom glorieux de sauveur de vos frères, puisque c'est en l'exerçant que vous concourez le plus directement, le plus

immédiatement à leur ?aUit. Quand vous vaquez cà la plupart des autres occupations du ministère, le prône, le catéchisme, etc., vous préparez les âmes à la vie de la grâce ; quand vous conlessez, vous leur donnez celte vie. « Si le prédicateur gagne des âmes à Dieu, disait le P. Eudes, le confesseur les sauve. Celui-là montre aux hommes les volontés du Seigneur, celui-ci les fait exécuter ; le premier indique des remèdes sûrs pour la guérison des maladies spirituelles , le second applique ces remèdes aux malades et les guérit. » D'où il résulte que le plus heureux succès du prédicateur, à parler en général, est de préparer celui du confesseur. Saint Liguori avait coutume de dire : (( Le prédicateur sème , le confesseur moissonne. » Et il ajoutait : «. Le prélre qui n'aime pas le confessionnal, n'aime pas les âmes. »

S- A part ces immenses intérêts, quand le hon prêtre ne consulterait que ceux de sa propre sanctification , il se porterait avec ardeur au ministère de la confession. Là surtout, nous exerçons la miséricorde, et dans ce qu'elle a de plus excellent ; nous sommes donc assurés de l'ohtenir ^ Comment Dieu n épancherait-il pas sur nous le trésor de ses grâces, quand il nous voit occupés à l'œuvre de sa prédilection : sa-

1 Beali miséricordes , quoniara ipsi misericordiam consequentur. Mallh. 5. 7.

crifiant pour lui plaire, non-souicmont noire repos et nos inclin;ilions, mais souvent noire sanic? Comment n'exaucerait-il pas les prièi'es que lui adressent pour nous, dans leur reconnaissance , les âmes affligées que nous avons consolées, les pécheurs dont nous avons brisé les chaînes, et qui se trouvent si heureux depuis que nous les avons déchargés du poids de leurs remords ?

Mais de plus, ce ministère nous offre à chaque instant et l'occasion et le motif de pratiquer les plus excellentes vertus. Combien d'actes de patience , d'humilité, d'abnégation.., peuvent grossir le trésor de nos mérites, dans-uneou deux heures passées au confessionnal? La nécessité où nous sommes de nous accommoder à tous les besoins de ceux qui se présentent, de toucher des âmes insensibles, d'échauffer des âmes froides, de soutenir et de former à une vie parfaite des âmes pieuses que la Providence nous confie ; les leçons de vigilance, de crainte de Dieu, de charité.., que nous donnent quelquefois nos pénitents ; les merveilleuses opérations de la grâce , les prodiges de miséricorde, dont nous sommes les témoins et quelquefois les* instruments.. ; que de puissants excitateurs, que de secours pour hâter nos progrès dans la sainteté sacerdotale 1 Le prêtre fervent trouve donc dans ce ministère obscur et sans éclat, tout ce qui sollicite le plus vivement son estime.

IP P. C'est presque toujours la tiédeur qui en éloigne. On paraît préoccupé du soin de son salut, et on l'est bien davantage du soin de son repos. Ce ne sont pas tant les dangers du ministère de la confession, que les peines qui y sont attachées que l'on redoute : on recule devant les sacrifices qu'il faudrait s'imposer pour le remplir dignement.

. Il est très-vrai que cette fonction a ses dangers; ils sont même plus sérieux que ne paraissent le croire des prêtres imprudents, qui s'y jettent sans préparation et l'exercent sans précaution; mais ces dangers, Jésus Christ les a prévHs. Aurait-il négligé de nous fournir les moyens de nous en garantir? Nous envoie-t-il seuls et sans secours sur un champ de bataille, où nous combattons pour lui? Croyons à sa sagesse, à sa puissance, h son amour. Les tentations du confessionnal, comme toutes les autres, si nous le voulons, loin de nous être funestes, tourneront à notre profit spirituel : Fidelis Dcus est, qui non patietur vos tenlari supra idquod potesiis, sed faciet etiam cum teiir tatione provent um. {I. Cor. 10. 13.) Il y a des grâces d'étal, disons-nous tous les jours; l'état le plus nécessaire au monde en serait-il privé? Où est le péril, là est le moyen d'en triompher, quand c'est pour Dieu et pour sa gloire qu'on s'y expose.

Étrange ilhision! On craint de se perdre dans un emploi qui n'est que l'exercice de la plus ;

hi-roïque charité ; et l'on ne voit pas ij^rand og-er pour son salut dans une vie iàche et sque inutile, dans une espèce d'indifiérence r le malheur éternel des âmes rachetées prix du sang de .lésus-Christ I La cause lie de tant de répugnance pour le confesnnal, c'est qu'on n'a pas le courage de se vhincre. Il faudrait s'instruire, sacrifier ses i:i'ûts, s'immoler.. ; et l'on est amateur de ses ;ti-js. De même que Tahuégalion est le caracie V dis inctif de la vraie sainteté, l'assiduité au ifessionnal, dans le prêtre et le pasteur, est lime la pierre de touche du vérilahle zèle. ! ) mon Dieu, augmentez-le dans vos ministres, en augmentant leur loi! Eclairez-les sur la valeur infinie du talent que vous leur avez confié en leur disant : Accipile Spirituni sanclum ; quorum remiser itis peccata , remiltuntur eis. Faites-, leur comprendre de quelle responsahilité ils se chargent, lorsqu'ils laissent inutile entre leurs mains, Un pouvoir duquel vous attendez votre gloire la plus chère, TÉglise sa consolation, les âmes leur salut; pénétrez-les d'une sainte compassion pour tant d'inibrtunés pécheurs qui vont périr, et qu'ils pourraient sauver avec un peu de patience et de charité au saint trihunal. Montrez-leur de quels soins paternels vous entourez le bon prêtre qui, par amour pour vous, 5e dévoue à la i'oncliou la plus pénible, la plus crucifiante pour la nature: faites-leur entrevoir

la riche couronne que vous lui réservez dans l'éternité bienheureuse.

En vous préparant à la messe et dans votre action de grâces, offrez à Jésus-Christ sacrifice pour sacrifice. 11 s'immole pour vous, immolezvous pour lui, en acceptant dans les intérêts de sa gloire les ennuis, les souffrances, toutes les peines attachées au ministère de la réconciliation .

I^r P. Tous les motifs du zélé se réunissent pour faire estimer et aim°r le ministère de la confession . 1° L"umoiip de Dieu el de lÉgiise. Au saint iribunal j'aide le Soignour à ré|>aP0P le plus beau de ses ouvrages; j'anciinlis le péché, le grand ennemi de sa gloire. Je comb'.e les vœux de Jésus-Christ, en uiil.sunt sa morl. Je fais rentrer TEspi il saint dans des sanctuaires où il se plaisait... Quelle consoaiion po'jr l'Église ! Je lui rends pleins de vie ceux dont elle pleurait la mort. 2° Lumour du prochain. Nulle part ailleurs je ne travaille plus inimudialemenl au sulut de mes frères. Le plus heureux succès du prédicutcur est de préparer celui du confesseur. 3° L'amour de m. propre sanctification. Là surloul j'exerce la miséricorde ; je suis donc assuré de Tobionir. Là j'ai l'occasion et je suis pressé de pratiquer les plus excellente^ vertus.

Ile p. La tiéde.ur seule ordinairement éloigne de ce laborieux luinislère. Cette fonction sans doute a des dangers ; mais le Sauveur les a prévus et il nous donne des moyens efficaces pour nous en garantir. Croyons à sa sagesse, à sa puissance, à son amour. Il y a des grâces détal ; le plus nécessaire de tous les états en serait-il privé •' La vraie cause de tant de répugnance pour le confessionnal, c'est qu'on n'a pas courage de se vaincre.

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